Une sensation nouvelle... l'ennui...

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Une sensation nouvelle... l'ennui...

Message  Netza le Ven 03 Avr 2009, 11:55

- Tues-le, achèves-le... Il ne doit en rester aucun... aucun vivant...

La voix du maitre résonnait dans l'esprit du chevalier. Son épée virevoltait, coupant têtes et membres des citoyens effrayés. Ceux qui échappaient à la lame glacée mourraient d'effroi, avant de sentir leur corps se couvrir de pustules répugnants, gonflant leurs gorges jusqu'à l'étouffement...

- Encore, tues-les tous, jusqu'au dernier !

Impérieuse.
La voix commandait à l'esprit.
Tel un automate, le chevalier continuait sa sinistre moisson.
Le gout du sang, éclaboussant ses mains, son arme, son torse, une partie de son visage, s'insinuait doucement entre ses lèvres...
Quel gout exquis qui venait se rajouter à l'ivresse du combat...

Des bribes d'images, souvenirs tronqués d'un passé oublié, venaient se supperposer au monde réel.
Soldat, il l'avait été.
Avant...

Mais que lui restait-il de son passé ?

Une jeune femme, dans cette masure à moitié détruite, avait semblé le reconnaitre. Elle lui avait tenu des propos pour le moins étranges...
Cela n'avait rien évoqué en lui. On lui avait demandé de l'achever. Ordonné était le terme plus exact. Alors sa lame s'était abattue sur le cou offert par l'inconnue.
Etrange sensation que celle éprouvée lorsque la victime de son coup ne fait pas le moindre geste pour se défendre...
Quoique. Si le généralissime lui ordonnait de se jeter d'une falaise, ne le ferait-il pas ?
Obéissant jusqu'aux bouts des ongles, le chevalier, puisque c'était ainsi qu'on le nommait, poursuivait mission après mission.

Bientôt, le village des croisés, son fort, son port, ne furent plus que cendres. Les adversaires avaient été battus. Ceux qui n'avaient pas succombés étaient partis à bord de navires, fuyant la mort et la désolation portées de main de maitre par les chevaliers en armure noire.


- Rejoins le généralissime, tiens-toi prêt pour l'assaut.

Nouvel ordre impérieux.

Le chevalier invoqua son destrier. Il grimpa rapidement, suivant ses frères d'arme vers une destination inconnue.

Au bas d'un défilé, les troupes se massaient lentement. Surgissant du sol, ou marchant lourdement, les non-morts s'agglutinaient autour de leurs chefs.
Le maitre n'était pas la. Mais le chevalier s'en fichait, il ne répondait qu'aux ordres du généralissime.
Ce dernier prit la parole, rapidement, pour désigner leur objectif...

Une chapelle, défendue par une poignée de fous.

L'assaut fut donné. Les hordes s'élancèrent vers le bâtiment chétif.
L'élan fut brisé par la détermination des défenseurs.
S'il fallait leur reconnaitre deux valeurs, ce seraient cette détermination et leur aptitude au combat.
Malgré l'énorme déséquilibre entre les forces en présence, la défense tenait bon.

Le chevalier se mesurait aux soldats. Son épée rencontrait plus de résistance ici. Les coups reçus étaient aussi plus violents.
Jusqu'à ce qu'un coup, plus violent que les autres, le fasse basculer en arrière.

Le voile noir s'installa...

Les voix, perçues comme lointaines, se mélangeaient dans son esprit. La plupart, il ne les avaient jamais entendues auparavant...
Et pourtant, il reconnut celle de son généralissime lorsqu'il se retourna contre le maitre.
Le chevalier ne parvenait pas à se relever, il était cloué au sol.

Des cris, encore. Le maitre qui hausse le ton, puis...

Le calme...

Le chevalier parvint à se redresser, et à ouvrir enfin les yeux.

Un taurent était penché sur lui. De ses pattes, une lueur diffuse verdâtre venait répendre une douce châleur sur les blessures du chevalier...
Ce même tauren que le chevalier avait quelques instants auparavant compté dans les rangs ennemis...
D'un geste brusque, il écarta la patte du tauren, et se releva pour se rendre aux côtés de son généralissime.
Ce dernier lui donna un ordre bref. Rejoindre les troupes et reprendre l'Acherus.

Les abominations faisaient trembler sous leurs pas la citadelle volante.
Au centre de la grande salle, le Recousu menait ses troupes. Il n'avait aucune intention de laisser une poignée de misérables serviteurs du maitre faire secession...
Mais les efforts combinés des chevaliers le poussère à prendre la fuite... Ses troupes, désorganisées, furent balayées. L'Achérus reprise.

Le généralissime confia à ses chevaliers, une lettre présentant officiellement son allégeance aux autorités de l'Alliance, tout comme aux autorités de la Horde.
La Lame d'Ebène ne choisirait pas son camp entre les deux factions, elle lutterait contre le maitre qui s'était joué d'eux.

Le chevalier revêtit une armure moins provocante, dépourvue de fioritures.
Puis il emprunta le portail ouvert vers la capitale des hommes...

Il traversa rapidement les rues en direction du chateau.
Les signes d'hostilité furent nombreux. De peur aussi.

Les gardes eurent peine à le laisser entrer, mais son passe-droit semblait les laisser plus perplexes que méfiants.
Le roi lui tint un discours étonnant, et ordonna que l'on laisse libre accès à toute la cité aux chevaliers de la Lame d'Ebène.

Le chevalier s'inclina devant cette autorité à laquelle son généralissime avait prêté allégeance, avant de quitter le palais.

Les rues de la ville humaine étaient agitées.
Oh, pas autant qu'un champ de bataille. Mais les cris, les bruits, les cliquetis des armures rutilantes y étaient tout aussi présents.

Le chevalier venait d'accomplir sa dernière mission, son généralissime ne lui ayant rien précisé d'autre que d'apporter le serment.

Il laissa alors son regard détailler chaque rue, chaque maison, chaque pierre...

En dehors du combat, il ne savait rien faire.
Hormis marcher...

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