[Récit] L'éternité n'attends pas ...

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[Récit] L'éternité n'attends pas ...

Message  Naeternam le Sam 12 Sep 2009, 19:10

(bonsoir amis rolistes. Je profite de ce post pour me présenter brièvement, roliste dans l'ame (même si mon premier contact avec le rp wowien a été Elwyn et ses petites "sauteries" >< ) je rode sur kirin tor depuis quelques mois maintenant et vous avez peut être pu me croiser en mode rp, ig assez tard le soir. N'étant pas assez original pour faire autre chose, je rp avec mon perso en mode "darkikoolol" (enfin en plusss mieux, sans le kikoo et le *rire bête*).

Il y a quelques mois j'ai aussi commencé à écrire un récit sur le fofo jdr offi, récit qui a avorté par ma faute. Puis trouvant dommage de le laisser dans cet état, je l'ai réécrit. Voici donc le prologue de "L'éternité n'attends pas".

En espérant que ce récit vous plaira pig)


« Le destin est ce qui semble tracé nos petites vies, nos minuscules consciences. Il se joue de nous, nous tendant des pièges, faciles à éviter pourtant, mais la fatalité nous entraine inéluctablement vers lui. D'où vient t-il ? Qu'est il ? Je ne pense pas qu'il appartienne jamais au genre humain de comprendre les réponses à ces questions. Nos capacités intellectuelles sont trop limités, et notre espérance de vie trop courte. Mais ceux de l'autre coté de la Grande Mer, ces êtres millénaires doivent connaître et arriver à appréhender l'ensemble. Eux doivent connaitre ces secrets terrifiants, comme l'existence de ces autres abominations innomés et innommables. Vous allez surement vous dire que je suis fou, et peut-être auriez vous raison en pensant cela. Mais vous n'avez pas vu, pas senti. Vous n'avez pas été terrifié par la connaissance. [...]»

Sir Maner-kaïr, retrouvé mort, brulé


« L'archimage avait raison. L'ami de mon oncle a essayé de me protéger, mais ma soif inexpugnable de connaissance m'a forcé à ouvrir ce qui n'aurait pas dû l'être. L'horreur que j'ai découverte ces derniers jours dépasse de loin mes cauchemars les plus fous. Je n'aurait pas du. Non. La connaissance est ce qu'il y a de pire en cet univers. Les bruits de pas sur mon toit, la nuit, sont de plus en plus insistants. Je les entends maintenant, ils me parlent de leur voix vicieuse et pernicieuse. Il va falloir que je prenne un de ces molosses avec lesquelles la milice patrouille. Mais à quoi bon ? Ils sont partout. On ne peut leur échapper, on ne peut lui échapper. Comment ai-je pu vivre toutes ces années ? sans les voir ? les entendre ? les toucher ? Ils savent pour moi, ils savent pour tous. Ils vont vouloir venir me chercher. Quelle mort atroce à du subir mon pauvre oncle, mais ce n'est pas la fin pour moi, je refuse. »

Sir Aertaïr, retrouvé mort, pendu


« Par la souffrance et la douleur de la masse, l'Homme de cornes et de crocs viendra. Par le désespoir et la mort de la foule l'Homme de cornes et de crocs assiéra son règne. »

« Son père sera le feu qui sans cesse se tarit et sa mère les cendres qui jamais n'arrêterons d'être ravivés »

« Lors du passage de l'Homme de cornes et de crocs, le grand dragon céleste ouvrira sa gueule et avalera le tiers de la voute céleste. Des cieux descendront malédictions et tourments. »

« Le nom de l'Homme de cornes et de crocs fera trembler d'épouvantes les milles et une génération futures. »

« L'Homme de cornes et de crocs commandera à l'innombrable. L'Homme de cornes et de crocs décidera de l'inconcevable. L'Homme de cornes et de crocs commettra l'innommable ».

« Telles ont été, sont et seront notre Sainte Parole. »

Traduction approximative du Nécronomicon, livre IV, chapitre IX, verset 9-14




On frappa à la porte. Ce son importun arracha le nain à sa méditation. Il se leva, saisissant le tromblon trainant sous le bureau, le braqua sur la porte et demanda d'une voix forte :

« Qui est ce ? »
« C'est moi »

Le nain reconnu, au son de sa voix l'humain qui était, depuis quelques temps, son disciple. Il baissa le fusil, mais le garda en main. Il entrouvrit la porte pour s'assurer qu'il s'agissait bien du grand homme imberbe et chevelu. Il le trouva effectivement au seuil, son visage éclairé par la lumière de la lampe à huile qu'il tenait à la main.

« Allez, entre. Dépêche toi. » lui dit-il en ouvrant complètement.

L'humain se faufila dans l'ouverture que lui laissait le nain. Puis il demanda d'un ton enjoué :

« Alors ? »
« Alors quoi ? »
« Vous avez trouvé de nouveaux éléments ? Je vous avais dit de me mettre au courant. »
« Écoutes mon gars, je bosses comme je peux, je te tiens au courant. Mais ces foutus textes gardent obstinément leurs secrets. Ca va finir par être du même niveau que l'origine de nous autres, nains. »
« Peut-être que si vous ouvriez la source du problème, la solution deviendrait ... »

Le petit être bourru lui coupa la parole.

« Surtout pas ! C'est ce qu'ils veulent, j'ai encore plusieurs vies humaines devant moi et j'aimerais en profiter. »
« Mais, pourtant … Alors laissez moi le faire. »
« Ah ça non mon p'tit, ce livre, c'est le mien et je le garde. Ce serai trop bête de mourir pour ça... »
« Mais il nous …. me faut savoir. Deux de mes aïeux, si ce n'est plus, sont morts pour lui. J'estime que nous nous devons d'achever leur œuvre. »
« Ce ne sera surement pas en commettant les mêmes erreurs que lui que nous avancerons. Tu devrais aller te coucher. »
« Non ! Je ne peux plus trouver le sommeil depuis quelques jours ... »

Tout en prononçant ces mots, l'homme, jusque là immobile alla inspecter la couverture d'effroi de l'immense grimoire appuyer contre un mur de la pièce, la caressant du même geste passionné que le nain et tant d'autres avant lui. S'ensuivit un court moment de silence que le propriétaire des lieux brisa.

« Le sommeil ne peut venir que si on le cherche. »


L'homme ne répondit pas, toujours absorbé par la contemplation de l'affreux objet.

« Petit, c'est la connaissance qui les a tués, ne fait pas la même bêtise. »
« De toute façon quelle importance maintenant ? Ils ont eu la bête »
« Tu parles de ce qui s'est passé en Kalimdor ? »
« Oui …

Le nain éclata de rire. un rire qui était dû, non pas à un quelconque comique de la situation , mais à un malaise pour lequel il valait mieux éviter de pleurer.

« Parce que tu crois qu'ils l'ont eu ? Parce que tu crois qu'il suffit d'une centaine, que dis-je ? D'un millier d'entre nous pour vaincre un seul d'entre eux ? Parce que tu crois que la mort est une barrière pour eux ? Eh bien ! Tu te trompes ! Ils sont la mort ! Ils sont notre début et notre fin ! Je ne sais pas comment ces idiots ont fait pour croire qu'une telle horreur puisse connaître sa fin. Une monstruosité comme celle-ci ne peut trépasser. Ce serait trop simple si tout ça s'arrêtait là ! Je pense que ce n'est que le début. »

La voix du nain devenait de plus en plus forte, au fur et a mesure qu'il parlait. Puis, il ria à nouveau.

« Seriez vous fou ? »
« Peut être. Mais je ne fais que dire ce que je sais. Comprends tu pourquoi nous ferions peut être mieux de bruler ce maudit bouquin ? »

Son rire s'était éteint. Tout deux regardaient le sol, perdus dans leurs pensées. Un nouveau silence s'installa.

« Nous ferions mieux d'aller nous coucher et de profiter des dernières heures de nuit avant que le soleil ne se lève de nouveau. »
« Oui … nous coucher.... Pour mieux mourir.... et les voir de nouveau se lever ... »

Tankair alla vers la porte, ignorant le sage qui élucubrait sur un obscur sujet.

« Sur ce bonne nuit »

Le nain ne répondit pas. Alors que la porte venait de se refermer, il revint à lui. Las, il se dirigea vers sa chambre. Avant de sortir de la pièce, il crut entendre un bruit. Ce genre de craquement nocturne venant de n'importe où, surgissant et disparaissant tout aussi vite.

Alors qu'il sortait, en jetant un dernier coup d'œil au grimoire, il y eu un second craquement, plus distinct cette fois, ressemblant fort à un bruit de pas.

Il referma la porte derrière lui.


« Elles vont ébranler les fondements de notre nation, notre civilisation, de notre race. Nous ne sommes que de simples jouets dans les mains d'entités d'une puissance telle que nous ne pouvons la concevoir. Ces entités ce sont tues ces dernières années, ces derniers siècles, mais la découverte de ce livre ne signifie qu'une seule chose : leur retour imminent. Ce sera peut être dans des millénaires, aussi bien que l'an prochain ou même demain. Nous n'aurions pas du savoir. Ce n'est pas tout, ces choses en ont enfanté d'autre toutes aussi immonde. Ce sont leurs espions, leurs agents, ceux qui leurs préparent le retour. Elles sont partout autour de nous, cachés.

Que la Lumière nous préserve car nous ne sommes pas seuls »

Page arrachée tachée de sang volant désormais au grée du vent.

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Re: [Récit] L'éternité n'attends pas ...

Message  Naeternam le Sam 12 Sep 2009, 19:10

Il pleuvait, encore et encore. L'eau continuait de tomber sur les arbres de la forêt d'Elwynn sans discontinuer, transformant les chemins de terres battues en bourbier et faisant déborder de ses berges l'affluent de ce grand fleuve se jetant des centaines de kilomètres plus loin dans la Grande Mer. Les nuages de ce déluge cachait la lune, il faisait nuit noire.

Mais ce temps abominable n'était pas la préoccupation de l'humain qui courrait sur un sentier détourné menant à la capitale du plus puissant des royaumes de l'humanité. Sa barbe de trois-jours retenait des gouttes qui déferlaient sur lui par centaines. Cette douche forcée n'enlevait pas le sang qui maculait sa chemise en soie à moitié déchirée ainsi que son pantalon noir. L'eau qui coulait sur ses joues avait un goût salé, un goût de larmes. Larmes dégoulinant de ses yeux écarquillés. Il voyait trouble, gêné par le sang, la pluie, et ses propres pleurs Ses mains tremblantes serraient un immense volume contre son torse. Ce même livre était aussi couvert du fluide rouge. La respiration de cet homme était rauque et irrégulière.

Ce que venait de vivre ce forcené, aurait suffit à rendre n'importe quel homme sain d'esprit dément. Heureusement pour lui, la folie avait déjà ses racines dans son esprit avant cette nuit.

L'une des seules personnes en qui il avait réellement confiance était maintenant morte. Déchiqueté par quelque chose d'horrible défiant les lois habituelles de la physique, de l'imagination, de par ses capacités et son apparence. L'humain dépenaillé avait été réveillé par des hurlements à lui en crever les tympans. Enfilant rapidement ses vêtements, il était descendu juste à temps pour assister au coup de grâce de l'assassin. La mort a été, pour son mentor, le prix de la connaissance.

Il se devait de ne pas répéter la même erreur, il ne devait … Mais la damnation est inéluctable, il le savait maintenant. Il aurait du le savoir bien avant.

La pluie tombait alors qu'au loin apparaissait les remparts d'Hurlevent. Il redoubla son effort. Une pierre dans la boue le fit trébucher, il s'étala face contre terre sur le chemin. Derrière lui, la chose se rapprochait.

Elle l'avait suivi depuis qu'il avait fuit de chez son précepteur. Il ne l'entendait pas, ne la voyait pas, ne la sentait pas, mais il savait.

Le jeune homme se releva tant bien que mal et tenta d'essuyer la couverture du précieux grimoire souillé. La cathédrale n'était plus très loin, il espérait qu'elle suffirait à le protéger. L'immense pont levis pénétrant dans Hurlevent était, comme à son habitude baissé et les portes grandes ouvertes, cela dû au fait que la guerre était un fléau lointain depuis que Stromgarde avait unifié les nations sous sa bannière.

Les deux gardes qui malgré tout veillait sur l'imposante muraille, virent, du haut de celle-ci un humain couvert de boue , tenant un immense volume et avec une lueur malsaine brillant dans le regard, pénétrer dans la capitale. Ils ne dirent rien et ne virent pas l'aberration qui suivait l'individu de très près.

Après encore une dizaine de minutes de course effrénée, Il gravit deux à deux les marches du perron de l'ancestral bâtiment. Il tomba de nouveau alors qu'il arrivait dans la nef. Il était trop tard maintenant. La chose était sur lui, il eu juste le temps de se retourner pour entre-apercevoir le monstre qui s'approchait puis ce fut la Lumière, suivi peu après des ténèbres.



« Pourquoi ? Car nous sommes tous CONDAMNÉS ! »

Ermite nain, retouvé mort, le corps déchiqueté.

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Re: [Récit] L'éternité n'attends pas ...

Message  Naeternam le Dim 13 Sep 2009, 13:47

Chapitre 1


Je… La dernière…

Tout a fini avec cette hache filant vers moi, et mon corps ensanglanté tombant …tombant sans s'arrêter ...

Et tout a recommencé avec ces deux yeux bleus, et cette voix … Cette voix enjôleuse, prometteuse, vicieuse et pernicieuse …

Je ne comprenais pas … J’étais en paix … La paix ?

Puis le voix a cessé de me parler … Je me suis enfuie sans regarder derrière moi … d'où ? Vers où ?

Ne comprenant pas …

Ne voulant pas comprendre …


Taled ouvrit les yeux. Il avait chaud malgré que la température de cette fin de Printemps était tout à fait supportable. Il se releva à moitié et il se souvint : il avait rêvé, ou plutôt cauchemardé. Il avait revu Argus, sa chère Argus. Il avait revu ce qui avait été perpétré dessus, le sang, le sang des innocents qui y avait été versé.

Il se mit debout en essayant de chasser ces idées noirs de sa tête. Il se dirigea vers sa garde robe, réfléchissant à ce qu'il devait porter pour le conseil. Il détestait tous ces protocoles, mais il était contraint de s'y plier depuis qu'il avait accédé à son rang. Il opta pour une ample robe bleu brodé d'or.

Il claqua des doigts. Deux draeneï pénétrèrent dans la pièce. Il désigna du regard le vêtement et se laissa habiller.

Alors qu'il sortait de sa chambre pour déboucher sur une des allées principale de l'Exodar, il ne put s'empêcher de penser de nouveau sur ces choses noirs qui hantaient son esprit depuis longtemps. Il marcha durant une dizaine de minute, toujours accompagné de ses deux gardes, mêlé au peuple,à ceux de sa race, passant devant les immenses projections holographiques de ceux qui avaient été les ennemis de son peuple, ceux qui lui avait tout pris.

Il pénétra enfin dans la tête de l'Exodar : la salle du conseil. Cette pièce avait été crée par les draeneï dans le vaisseau Naaru juste après son atterrissage. Semblable à celle qui s'était trouvé sur la planète d'origine de Taled : immense, grandiose, de pur style argusien, sans portes, de façon à être à la vue de tout le monde, avec en son milieu une grande table ronde. Sur Argus celle ci n'avait que trois sièges, mais ici il y en avait sept. Pour le moment, seul un d'entre eux était occupé, y était assis un draeneï à la barbe blanche et aux yeux brillants.

-Je vous salue, prophète Velen, lui dit il en exécutant les gestes rituels.
-Je vous salue, conseiller Taled, lui répondit-il.

Étant arrivé le premier, comme toujours, il s'assit à la droite du Primarque. Un à un d'autre Exilés arrivèrent, saluant tout comme lui le vénérable Draeneï.

Enfin, le conseil commença. Comme d'habitude, celui-ci débuta par l'annonce des nouvelles. Puis vinrent les différents débats sur les diverses décisions à prendre pour le bien de la race et de la nation. Taled participa activement, répondant aux questions, en posant en retour, lançant arguments et contre-arguments. Malgré tout, son esprit était ailleurs, perdu dans ses pensées, mais il accomplissait son devoir car il le devait. Il avait été choisi pour être un conseiller et il ne pouvait s'y soustraire.

Enfin après ce qui lui paru une infinité, les prières rituelles à la Lumière furent faites, clôturant ainsi le conseil. Il les prononça avec conviction, mais seulement dans la voix. Il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de croire, il n'était même pas sur d'avoir jamais eu la foi, malgré les Naarus qui semblaient pour les autres des preuves irréfutables. Mais, là encore, c'était son devoir de croire et il le faisait du mieux qu'il le pouvait.

Un à un, les nobles draeneï présents se retirèrent. Lorsque ne resta plus que lui et le Prophète, il se leva, se dirigeant vers la sortie.

-Conseiller Taled ?

La voix de Velen l'interrompit. Il se retourna vers lui, alors que le vénérable aïeul se levait pour se diriger vers lui. Quand il arriva près de lui, il s'arrêta et reprit.

-Mon ami, tout va pour le mieux ? Demanda d'une voix douce le vénérable Prophète.
-Oui … Tout comme hier et l'an dernier ainsi que les siècles passé.
-C'est à dire ?
-Je ne peux m'empêcher de ressasser ce qui ne devrait l'être.
-Je tiens à vous rappeler que vous êtes essentiel pour notre race, vous avez un devoir. Vous ne pouvez permettre à vos sentiments de vous empêcher de l'accomplir. Nous connaissons tous votre passé, et je pense que cela doit être un poid très lourds. Mais vous êtes fort, et c'est cette force que vous devez mettre au service de votre peuple
-Je … Je comprends, Prophète.
-Bien vous avez la permission de vous retirez.

Alors qu'il se retournait vers la sortie, ses sentiments resurgirent, encore. Il essaya de les refouler. Mais le souvenir était bien trop fort.

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Re: [Récit] L'éternité n'attends pas ...

Message  Naeternam le Lun 14 Sep 2009, 18:41

Joe affutait son couteau comme à son habitude, nonchalant et sifflotant derrière son masque rouge. Il était dans la force de l’âge, ses longs cheveux blonds encadraient son visage sec d’apparence à cause de la cicatrice lui barrant la joue droite. Malgré ce détail, il se trouvait plutôt beau garçon .

Il releva la tête pour voir où était maintenant posté son compagnon. Edwynn scrutait la route d’un air inquiet à partir d‘une petite bute de terre. N’ayant rien d’autre a faire, il toisa encore son compagnon. Ce dernier était dans une tenue de cuir souple, pratique mais mal coupés et peu élégants, contrairement à ceux de Joe. Son visage était grêlé par toutes ces années de banditisme qu'il avait derrière lui. Ses cheveux aussi longs que la plupart des autres membres de la bande étaient crasseux et, à la connaissance de Joe, n'avait jamais été coiffé. Il avait toujours pensé qu’Edwynn négligeait volontairement son apparence pour il ne savait quelle obscure raison. Enfin c’était son problème…

Le soleil commençait à disparaitre à l’horizon et les gros nuages qui commençait à s’amonceler au dessus de la tète des deux compères ne présageait rien de bon quand au temps à venir. Comme résigné Edwynn soupira. Il cessa sa surveillance pour aller s'assoir en face de son « collègue » qui rangea son arme.

-Maigr' journée, hein ? »
-A qui’le dit tu ? J’pense qu’on va se faire engueuler par l’chef si on arrive pas à lui trouver un butin convenable. T'as une idée de pourquoi c'te caravane est pas passé ?
-Non. 'fin je pense qu'ils ont du être prévenus ou retardés, une conn'rie du genre. Et le chef … il fera bin plus que nous engueuler si on lui ramène quedal, espérons juste qu’un glandu se point’ra ‘vant le coucher du soleil pour compenser...
-'spérons … répondit Joe sur un ton pensif. Après quelques minutes de silences, il reprit : Sinon t’as entendu parler de s’quiss’pass à Stormwind ? Parait que le roi est rev'nu ...
-Foutaises ! Moi j’ai ‘tendu dire que c'tait qu'un pauv' guignol et qu'il avait perdu la tête.
-Mouaip, 'fin, ca chang' pas not' bisness' toute ces conn'ries, hein ?
-Ouais …

Le silence se fit entre les deux hommes alors que le soleil finissait de plonger sous l'horizon. Edwynn se racla la gorge et reprit :

-T'aurais pas du pinard ?
-Si, mais l'chef veux pas qu'on picole pendant le service. Il dit qu'on a les idées moins claires lo'sque qu'on pass' à l'action et il dit aussi que les Défias doivent être une honnête confrérie d'voleurs...

Ils se regardèrent dans les yeux quelques secondes.

-Mais on s'en fout de c'que dit l'chef, hin ?

Ils éclatèrent de rire pendant que Joe débouchonnait la bouteille de vin, une de celles volées à Comté-du-Nord, avant de la porté à ses lèvres et en avaler goulument une longue gorgée. Il la passa ensuite à son compagnon.

-Et bah … Bon va p'têt falloir qu'on rentre. Bordel, le chef, il va nous passer un savon.
-p’tet bin … Oh, vinondidiou ! V’là qui se met a flotter. !

La pluie commençait bel et bien à tomber, déversant subitement des trombes d’eau sur les deux hommes alors que des éclairs zébraient le ciel devenu noir en quelques instants.

Joe jura :

-P’tin, on a même pas un p'tit truc sous l’quel nous abriter.
-C’est bin not’ jour…J'espère que ma p'tite femme m'a préparer un truc bien chaud pour quand j'vais rentrer, dit Edwynn en gloussant.

On y voyait plus beaucoup, sous cette pluie devenu diluvienne. L'eau dégoulinait le long du visage des deux hommes, génant encore plus leurs visions. Au moment où tout deux se levaient, près à rentrer, Joe cru distinguer une forme, au nord, se découpant sur le chemin de terre battue, devenue boue. Il plissa les yeux. Il s'agissait bien d'une silhouette, marchant avec difficulté. Le défias retint Edwynn par l'épaule et pointa du doigt leur futur victime.

-On a p’tet pas perdu not’ journée ! S’exclama Joe devenu tout sourire sous le masque.
-Ouaip !

Les deux larrons s’avancèrent à la rencontre de l’inconnu luttant contre la pluie qui avait encore redoublé d'intensité. Il était tête baissé quand ils arrivèrent à sa hauteur.

-Hé là, mon brave, z’êtes perdu ? Si que oui on peux pt’et vous aidé ... contre rénumération ! Dit le voleur à la balafre.

L’inconnu arrêta sa marche mais ne répondit pas, il était comme en train de reprendre son souffle.

-Hola ! On t’cause, l’ami, file nous ton argent toute suite ! l’apostropha Edwynn.

C’est alors que Joe remarqua l’immense claymore dans le dos de l’individu. Il lui semblait qu’elle rougeoyait. Il dit alors à son compagnon :

-Heu, t’as vu son épée ?
-T’inquiète pas, on est cinq et l’aut’ semble tout frèle.

En effet parvenue à cette distance, on pouvait voir que l’inconnu était plutôt maigre, mais il était très grand pour un humain, trop grand. Joe vit aussi à ce moment les deux protubérances qui déformaient le haut de sa capuche.

Un son parvint soudain aux oreilles des deux hommes : une voix féminine sortant de la capuche. On aurait dit qu’elle s’adressait à eux. Ce n’était pas du commun, ni aucune autre langue ayant une quelconque ressemblance avec ce que Joe avait auparavant entendu.

La température devait avoir baissé très rapidement, car Joe sentit un frisson lui traverser l'échine.

-Allez, ta gueule ! File ta bourse et on s’en ira ! Ordonna t-il sans en démordre malgré l'angoisse que lui inspirait ce qu'il avait entendu quelques secondes auparavant.

L’inconnue leva alors brusquement la tête. Joe sursauta, on ne voyait rien du visage de la femme, rien a part ses yeux : deux flammes bleus impénétrables et anormales qui le fixaient et dont il ne pu supporter le regard plus d'une demi-seconde. Ils ne pouvaient être naturels. C'était une abomination qu'ils avaient face à eux.

Le bandit remarqua alors que ce qu’il avait pris pour une simple bure était une armure de plaques complètes, noir de jais, tout comme l'intérieur de la capuche/. Les deux épaulières étaient des cranes cornus, noirs eux aussi, qui semblaient le regarder de travers de leurs yeux vides. La cuirasse du torse qui moulait incontestablement une poitrine féminine était aussi ornée d'un autre crane. Une ample pièce de tissu, descendant jusqu'au pied et fendue en son milieu recouvrait les jambes. La claymore ne rougeoyait pas, on aurait plutôt dit qu‘elle était imbibée de sang. L’ensemble dégageait une impression morbide et le pire de tout était ces deux flammes bleus qui le fixaient obstinément.

Le défias se sentit défaillir, il jeta un coup d’œil à coté de lui, Edwynn était aussi rassuré que Joe. Sans la pluie, il aurait vu une goutte de sueur couler le long de son front.

-Ta ... bourse … fit-il d’un ton plus hésitant.
-On ferai peut-être mieux de ... filer, lui dit en déglutissant son compagnon.
-Nan, on vas pas fuir d’vant une gonzesse, hin ?

Edwynn ne lui répondit pas, il fixait leur victime. La claymore, toute aussi étrange que celle-ci, s’était brusquement retrouvée dans sa main. La pluie continuait de tomber drue, formant flaques et bourbier.

-Une dernière fois, ta bourse… mieux vaudrait ... n’pas verser de sang, nan ?

L’individu ne répondit pas, les flammes fixait désormais la lame, qui, Joe s’en rendit compte horrifié, suintait bien le sang et en faisait tomber de grosses gouttes sur cette route de terre battue. Ce sang s’écoulait comme un ruisseau à flanc de colline, sortant d’on ne sait où. Les flammes arrêtèrent leur contemplation et recommencèrent à fixer les deux voyous.

-T’es sur de s’qu’on fait ? Lui demanda peureusement Joe.
-On à de la réserve tu te souvient ? Répondit Joe en vérifiant la position des trois autres dans les buissons.
-Même…
-T'vas pas te chier dessus ? Trouillard…

Joe avait du mal à dissimuler sa propre peur derrière son ton sur de lui. Il était sur que ce n'était pas quelque chose de normal qu'ils avaient face à eux, c'était une abomination. Ses deux yeux, qui réflexion faite ressemblaient plus à deux braises ardentes le confirmait. Le brigand sortit lentement sa rapière de son fourreau, tandis qu’Edwynn faisait de même avec sa dague.

La Chose, Joe n'aurait pu la qualifier autrement, parla de nouveau, comme adressant une dernière supplique à ses agresseurs de sa voix des plus étranges qui, une fois de plus, semblait faire vrombir l'air et refroidir l'atmosphère.

S’en fut trop pour Edwynn, qui se rua sur elle, son couteau dirigé vers l'endroit où devait se trouver la gorge de la femme.

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Re: [Récit] L'éternité n'attends pas ...

Message  Naeternam le Mar 15 Sep 2009, 18:33

Ce fut sa dernière action, sa lame ricocha contre quelque chose de dur avec un bruit de métal entrechoqué alors qu'une main ganté de saronite attrapait le bandit au col, le soulevant de terre et le rapprochant de l'objet de sa terreur. La grande épée s'enfonça alors dans le corps d'Edwynn jusqu'à la garde, au niveau de son coeur. L'assassin regarda le brigand, dont le visage était à quelques pouces, dans les yeux durant quelques secondes. Puis elle lâcha le défias et le repoussa de la main gauche, tandis que de la droite elle dégageait son arme. Edwynn tomba inerte, raide mort sur le sol boueux.

Le monstre approcha son immense épée de la bouche de ce qui était un homme bien vivant quelques secondes plus tôt.

Il se passa alors quelque chose de terrifiant. Du sang commença à émerger à gros bouillons de la blessure béante qu'avait causé la lame impie, se répandant partout sur le cadavre et le sol. Il semblait impossible qu’un corps puisse en contenir autant, et pourtant il coulait, coulait comme un torrent. Ce fluide vitale était quasiment noir, épais de vue et il en émanait quelque chose de maléfique.

Joe était pétrifié et à deux doigts de rendre son déjeuner, lorsque la pointe de la claymore vint au contact de la blessure. Instantanément, le sang remonta la lame formant des symboles runiques complexes sur cette épée qui n'avait, quelques instants plus tôt, aucun ornements, et le sang continuait de couler, sortant de l’ancien camarade du bandit.

Soudainement Edwynn se convulsa, les yeux semblant prêt à sortir des orbites et le sang s’arrêta de couler. Mais l’horreur n’en était pas fini pour autant, les symboles runiques de la lame remontaient rapidement le bras de l’inconnue et se répandirent sur l’armure qui était maintenant davantage rouge bordeaux que noir de jais. Et, aussi soudainement qu'il était apparu, le sang disparu avec un bruit de succion, comme avalé par l’armure. Il n’y avait eu aucun autre son sinon celui de la pluie qui tombait, tombait et tombait toujours.

Ce spectacle immonde n’avait duré que quelques instant et d’Edwynn ne restait plus qu’un cadavre desséché qui n'avait plus une goutte de sang,.

Joe siffla alors qu'il se jetait sur la meurtrière et abattait de toutes ses forces son arme sur elle. Trois hommes sortirent alors des fourrées bordant la route. Le brigand ne put s'empêcher de détourner ses yeux vers eux durant une demi-seconde. Demi-seconde qui suffit à l'étrangère pour se décaler, et le surprendre. Il ne put modifier son orientation avant que la jambe recouverte de fer lui fasse perdre l'équilibre. Il tomba face contre terre, alors que le boucher se retournait et parait un coup assené par un des homme embusqué. C'était aberrant, alors qu'elle portait une lourde armure de plaques, elles se déplaçait avec autant de prestance et de rapidité que les hommes en cuir. Joe se remit debout, alors que le râle d'un de ses hommes se faisait entendre. La claymore l'avait éventré, après que sa propriétaire ait esquivé une lame qui passa à quelque millimètres de sa capuche.

Le Défias essaya de s’enfuir tandis qu’elle se retournait vers la deuxième de ses victimes. Mais il trébucha sur quelque chose, il se releva tant bien que mal, et jeta un coup d’œil derrière lui. Il était trop tard, pour les autres comme pour lui. Elle s’avançait déjà, son ignoble épée à la main. Le défias essaya de quémander clémence, mais aucun mot ne sorti de sa bouche sinon les quelques balbutiements inintelligibles venant de sa gorge ouverte par la lame. Et, tandis qu’il tombait au sol, il sentit son sang quitter ses veines aspirés par quelque force occulte. Il entrouvrit les yeux puisant dans ses dernières forces. Son bourreau avait enlevé sa capuche. Il ne put qu’entre apercevoir ses longs cheveux blancs, sa peau d’un bleu très pâle et ses yeux et son visage fin, à moitié caché par l'imposant gorgerin de plaques qu'elle portait et qui montait un peu plus haut que son menton. Mais sa dernière vision furent ses yeux, ces yeux horribles et terrifiants qui aurait hanté ses nuits si il avait vécu.

Et puis… ce fut le noir.

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