Golem [Théra]

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Golem [Théra]

Message  Jaëlil le Mar 22 Juin 2010, 19:49

Noir.

J'entends des voix. Elles sont douces. Je découvre la douceur. J'écoute. Ce sont des sons mélodieux. Je découvre la mélodie.

Lumière.

J'ai ouvert les yeux. C'est la première fois que j'ouvre les yeux. Je suis assaillie. J'ai peur, je crois, même si je ne connais pas encore les mots. J'ai peur. Je m'agite un peu, et je suis surprise de sentir mon corps, alors je me fige. Et je vois son visage. Ses yeux. Elle me parle. Je ne comprends pas, mais je m'apaise. Sa voix est douce.

« Bonjour, jeune fille. Nous allons passer un long moment ensemble. »

Noir.

J'ai refermé les yeux. C'est un pouvoir formidable que j'ai. Je rouvre les yeux, l'agression et le monde reviennent, je les ferme, c'est la paix. Seuls restent les sons. Elle est encore là. Elle me regarde, je le sais quand j'ose affronter le monde. Elle parle. J'aime le son de sa voix. Je découvre l'amour. Je m'endors.

Noir.





Lumière.

Je me suis accoutumée, maintenant. Je n'ai plus si peur, je n'ai plus si mal. Je m'amuse, même. J'ouvre ma main. Je ferme ma main. J'ouvre ma main. Je découvre toute l'étendue de mon pouvoir. Et il est formidable ! Elle m'a désigné ça, et Elle m'a dit, c'est ta main. Elle a un savoir qui m'émerveille. Je commence à comprendre ses mots. Au fur et à mesure. Je n'arrive pas encore à les dire. Mais je joue beaucoup. C'est merveilleux. Je me concentre, et des sons sortent. Ca n'est pas aussi mélodieux que sa voix à Elle, mais je fais beaucoup d'efforts. Elle m'a donné un nom, je sais ce que c'est: Lorsqu'Elle fait ce son, il me désigne, et je dois répondre. Elle m'a appelée 17.

Je suis heureuse.





Mouvement.

Je marche, maintenant. Je suis debout, je commence à tenir. Je me suis acharnée, surtout lorsqu'Elle m'a encouragée. Elle dit que je fais de grands progrès, alors j'en fais toujours davantage, même si je me fais mal. La douleur, je commence à la connaître. Parfois, Elle me fait mal. C'est nécessaire, et je ne dois pas avoir peur -Elle l'a dit. Mais j'ai mal. Je ne pleure plus, ou plus trop, parce que ça lui déplait. Et je ne veux pas lui déplaire. Elle me dit que je suis courageuse, alors, puisque ça a l'air d'être bien, je continue.

J'ai bien vu que lorsqu'Elle me fait mal avec la lumière bleue et violette qui me brûle, Elle n'est pas toujours contente. Ca m'effraie. Je ne veux pas lui déplaire ! Elle a l'air si contrariée. J'aimerai bien être parfaite pour Elle. J'ai encore plus mal quand Elle perd son sourire ou quand Elle s'en va avec cet air sévère. J'arrive à dire quelques mots, même si ma langue est maladroite. Je chante, quand je suis seule. Parce qu'Elle me laisse seule, parfois, mais je l'attends. Elle revient toujours.

Et je suis heureuse.





Rencontre.

J'ai appris à compter, et je tiens un crayon, maintenant. J'aime dessiner. Je joue aussi souvent au jeu du chant et de battre des mains. J'aime tellement battre des mains ! Ca fait du mouvement, ça fait du son, ça me fait rire. Alors quand je ne dessine pas, je bats des mains, ou je cours. Elle a ramené d'autres gens, mais ils ne sont pas restés. Le premier que j'ai vu, je crois que je ne devais pas le voir. Il avait l'air d'avoir très mal, du moins il faisait pareil que moi, quand j'ai mal. Je l'ai regardé longtemps, et il a fini par dormir, je crois. Elle a dit qu'il était défunt. Je ne sais pas ce que ça veut dire, défunt. Ca n'a pas l'air d'être bien. Elle m'a inspecté un moment, m'a demandé ce que j'en pensais: Je n'en pensais rien de particulier, mais je lui ai posé beaucoup de questions sur lui, sa forme, ce qu'Elle voulait et pourquoi ça n'était pas sage d'être défunt. Elle aime que je sois curieuse.

Je me suis vue, dans un miroir, Elle m'a expliqué que c'était moi, que c'était comme ça qu'on me voyait. Je suis très déçue. Je n'ai pas de belles oreilles comme elle, je suis petite, je n'ai pas les mains si fines. Je me sens pataude. Lourde. Pesante. Alors je me suis entrainée à être très souple et rapide, et forte aussi. Elle dit que c'est ma caractéristique, la force. J'espère que c'est assez bien. Je me compare aux autres, et depuis que j'ai appris à compter, je sais qu'il y a eu 16 avant moi, et que nous en sommes à un peu plus de 20. Ca m'a fait bizarre. Je ne saurais pas dire. Mais j'aurais aimé être la seule. Je repasse parfois dans le miroir. J'espère que mes cheveux vont changer de couleur, et mes oreilles pousser. Mais ça ne vient pas.

Je suis agacée.





Anniversaire.

Aujourd'hui, alors que j'avais le mal nécessaire, que j'apprends à aimer quand même -Puisqu'il devient rare, et qu'Elle n'en a plus tant besoin, et que j'ai tellement peur de la lasser- Elle s'est tournée vers moi, et Elle m'a dit, sais-tu, cela fait déjà un an que nous sommes ensemble. C'est rare, a-t-elle ajouté, tu mérites un nom. Elle m'a pris la main, et j'étais heureuse, si heureuse qu'elle ne me fasse pas défunte parce que j'étais devenue inutile, que j'ai cru pleurer. J'ai été étonnée que le bonheur fasse mal. Elle m'a dit, ton nom sera Théra, et je lui ai sauté au cou. Elle s'est laissée faire, et je suis restée un moment comme ça, avant qu'Elle ne se détache. Elle m'a dit qu'elle allait m'entrainer bientôt, que j'étais prête et qu'après tout, Elle avait bien des idées encore pour moi.

Je suis exaltée.

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Re: Golem [Théra]

Message  Jaëlil le Ven 25 Juin 2010, 08:07

Essoufflement.

Je m'entraine. Tous les jours. Je dois m'entrainer. Elle ne me demande pas de le faire aussi souvent. Mais moi je me le demande. Je veux qu'elle soit fière. Vraiment fière. Je veux mériter mon nom. Je veux être au dessus des numéros -Tous. Surtout depuis que j'ai parlé, un peu, avec l'un d'eux. Il m'a dit qu'il avait un nom à lui, j'ai crié pour ne pas l'entendre quand il a voulu me le dire. Il ne l'a pas mérité, pas du tout, il ne l'écoute jamais. Il lui a même dit des choses horribles. Ca s'appelle des injures, je n'en avais jamais entendu, mais dans la mélodie de sa voix -Qui n'était pas harmonieuse, pas du tout- j'ai bien compris qu'il lançait des mots pour faire mal. Il a même craché. J'ai été choquée, j'en suis restée comme ça, sans rien trouver à faire. Elle a été furieuse, Elle l'a puni très fort. Elle m'a expliqué, ensuite, ce qu'il s'était passé. J'ai eu envie de lui faire mal, d'un coup. Je lui ai dit, Elle a sourit. Elle m'a dit que c'était de la colère, que c'était bien que j'en ressente maintenant, mais que je ne devais pas l'écouter. Je n'écoute qu'Elle.

Je ne veux pas être comme lui. Il ne fait jamais ce qu'on lui demande. Je ne comprends pas comment on peut ne pas faire ce qu'Elle demande. Ca me laisse toujours prostrée, à force de ne pas comprendre et de chercher. Je ne comprends pas toujours les numéros, mais je pense que c'est pour ça qu'Elle les prend et qu'Elle les regarde de tous les côtés, en faisant des expériences: Pour savoir ce qui ne fonctionne pas très bien chez eux. Je lui ai demandé, Elle a sourit. J'aime tellement son sourire. C'est pour ça que je m'entraine autant, même à en avoir mal, même à m'en sentir proche de m'effondrer. Je ne veux surtout pas qu'elle regrette un jour de m'avoir donné un nom rien que pour moi. Elle a dit que j'étais une bonne fille.

Je suis si fière.





Colère.

J'ai tant de peine à la contenir. Je me sens envahie, brutalement, avec la gorge et les poings qui se serrent seuls, ou presque. J'ai envie de mordre, de saisir, d'arracher, tout en même temps et sans aucune retenue, alors que je fais toujours tellement attention, pourtant. Je ne dois pas écouter, je m'en souviens bien, mais la colère peut hurler si fort. Je ne l'ai pas fait, pas encore, mais j'en ai l'envie chaque fois que je le regarde. Les autres numéros ont parfois été indociles, mais lui, on dirait qu'il le fait exprès. Il fait toujours l'inverse, il a beau être puni, il recommence, je ne le supporte plus. Il a tenté de m'amadouer, mais ça n'a pas pris -Elle est intelligente, bien plus que lui, et Elle m'avait avertie que certaines personnes faisaient ainsi. Pour finir, il m'a appelée « débile ». Je ne savais pas ce que ça signifiait, mais je n'ai pas aimé de suite, Elle n'a pas aimé non plus lorsque je lui ai demandé ce que ça signifiait. Depuis, il n'arrête pas de me le redire. Débile, débile, débile. Dès qu'Elle a le dos tourné.

J'ai mal en dedans.





Refuge.

Il est sorti une bonne chose, et une seule, de ce numéro que je ne supporte plus, qui m'insulte quand il me voit passer, ranger les choses, prendre soin des plantes et de le nourrir. Il m'a demandé si Elle était ma mère, je lui ai demandé, ma mère ? Il m'a répondu, oui, ta maman. Et il a soupiré, et il m'a appelée Débile, et j'ai eu envie de lui écraser la tête contre le fond de sa cage jusqu'à ce qu'il y a dedans gicle, alors j'ai soupiré aussi et je lui ai donné son repas avant d'aller m'enfermer avec des livres. Mais j'ai répété le mot. Maman, Maman, il sonne bien: Ca m'a rappelé comme j'aimais le jeu de battre des mains avant que je ne m'en lasse. Quand elle est rentrée, j'ai essayé, je lui ai dit: Maman ? Elle m'a regardé, avec un peu de surprise, et elle a dit, oui ? Ca m'a suffit à être assez heureuse pour valoir tous les « débiles » du monde. Je pense à ce mot, maintenant, quand j'ai mal, ou quand j'en ai assez de m'entrainer. Maman.

Je suis tellement chanceuse.





Épreuve.

Je suis tellement désolée, Maman. Je voulais bien faire, je ne voulais que bien faire ! Maman s'est absentée, alors, comme d'habitude depuis que j'ai un vrai nom, je me suis occupée de l'entretien, j'ai chanté, j'ai dessiné, puisque Maman s'est intéressée à ce que je dessinais et qu'Elle m'a dit qu'on pourrait en faire quelque chose là aussi. Et je suis allée donner à manger aux numéros, et il était là encore, à me dire, « débile, débile », mais je n'écoutais pas. Je n'avais pas même les mains crispées, je souriais, et je souriais encore plus à voir que la colère avait choisi de crier sur lui plutôt qu'en moi. Il s'énervait, je me sentais au dessus de lui. Je lui ai posé son plateau et j'ai rangé bien lentement, pour lui montrer qu'il ne me faisait rien, et il s'est passé quelque chose.

Il a injurié Maman, malgré son absence, il a dit des choses terribles sur elle, il n'arrêtait pas, il a continué sur moi quand je lui ai dit de s'arrêter, et il riait quand je lui criais de se taire, et je voulais juste qu'il arrête, je voulais juste que Maman rentre et voit qu'il s'était bien comporté pour une fois, je voulais juste lui montrer comme il me faisait mal, et j'ai agrippé, et j'ai tiré, et ça a cogné contre quelque chose, alors j'ai serré de l'autre main et j'ai frappé, et j'ai frappé, et quelque chose a craqué, et j'ai serré encore, et j'ai senti quelque chose de mouillé, et j'ai lâché parce que c'était dégoutant, et il est tombé. Et il ne bougeait plus. Et j'ai eu peur, d'un coup.

Je me suis roulée en boule, en face de lui, contre le mur, et j'ai attendu Maman, j'ai pleuré je crois, deux ou trois fois, j'ai dormi peut être, il n'a pas bougé du tout. Elle est rentrée, finalement, et j'ai recommencé à pleurer, mais sans faire de bruit pour ne pas lui déplaire. Elle a regardé, Elle a soupiré, et avant qu'elle ne demande, j'ai tout raconté. Elle m'a demandé si je comprenais pourquoi il ne fallait pas écouter la colère, je lui ai répondu que oui, elle m'a demandé si j'allais l'écouter encore un jour, je lui ai dit que non, plus jamais, jamais de la vie. Elle m'a demandé de ranger, après. Ce que j'ai fait. On a jeté le numéro dans un coffre de bois, et il est parti. Elle m'a frôlé les cheveux, en me disant que si je ne recommençais pas, ça n'était pas grave, et que ça avait eu le mérite de confirmer certains de ses espoirs à mon propos.

Je suis une bonne fille. Et j'ai deux ans, maintenant, deux années bien rondes. Je l'ai dit au nouveau numéro, quand il est arrivé. Je lui ai dit que j'allais bien m'occuper de lui, avec Maman. Il n'a rien dit, il avait l'air d'avoir peur.

Je suis heureuse, vraiment.

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Re: Golem [Théra]

Message  Jaëlil le Mer 30 Juin 2010, 15:14

Concentration.

Je suis quelqu'un d'important. Je travaille avec Maman, maintenant, j'ai assez progressé. Je dessine pour elle, je recopie ses schémas, je trace les lignes qu'Elle me décrit. Elle m'explique, Elle me dit que ce sont les forces des arcanes qui traversent toute personne, toute chose, je suis incapable de les voir ou de les sentir. J'étais déçue et en colère contre moi, mais Elle m'a dit que j'avais été faite comme ça, que j'étais réfractaire. Mais je fais de mon mieux pour les comprendre, et pour voir les similitudes, les variations et les traits communs entre les dessins de Maman. J'en refais certains, je les compare, j'extrais. Tout ça pendant ses absences, pour que lorsqu'elle rentre, elle puisse passer à la suite des expériences sans avoir besoin de perdre du temps à revenir là dessus. Elle mérite mieux, puisque moi je peux le faire, et qu'Elle est tellement mieux que moi. Je n'ai toujours pas grandi, mes oreilles n'ont pas poussé non plus, j'ai coupé mes cheveux parce qu'ils me gênaient. Mais ça ne m'agace plus. Plus du tout ! Maman m'a regardée l'autre jour, et Elle a dit, tu n'as pas changé Théra, pas changé d'un pouce, j'ai d'abord baissé les yeux. Elle m'a relevé le menton et m'a caressé la joue, en ajoutant que c'était bien, alors depuis je guette de ne surtout pas grandir, et je ne grandis pas, alors j'en bats des mains -J'ai repris goût à ce jeu, un peu. Mais je n'ai plus trop le temps de jouer.

Je suis quelqu'un d'important pour Maman.





Secrets.

Maman m'a parlé des gens, des autres. Elle m'a expliqué longtemps comment les gens agissaient ce qu'ils voudraient de moi, sans doute, Elle m'a parlé du mensonge, de la séduction et de bien d'autres choses qui me rendent nerveuse, tellement j'ai peur à m'imaginer avec d'autres que les numéros. Elle fait d'autres expériences avec d'autres personnes, qu'Elle dit arrogantes et folles, mais parfois utiles, alors je dois être polie et gentille si j'en croise. J'en ai croisé. Il y en a un, surtout, qui joue avec un numéro, une fille. On ne m'a pas dit que je pouvais l'approcher, on ne m'a pas dit le contraire, et comme Maman m'a appris le jeu de la chasse récemment, je me suis entrainée. Je suis allée la voir, je ne lui ai pas trop parlé la première fois. Je lui ai juste dit, Maman est gentille, il faut être sage et tout se passera très bien. Maman est très gentille quand on est méritant. Elle est devenue sage, alors je suis revenue, souvent. Elle n'aime pas Maman, parce qu'elle fait le Mal nécessaire, mais je voudrais lui expliquer. Je lui ai offert à manger, et je me suis occupée d'elle, un peu. Je crois que je n'ai plus tant envie d'être la seule. J'aimerai bien avoir un numéro plus récent à qui apprendre des choses. Une petite soeur, je crois que c'est comme ça, dans les familles des autres. Oui. J'aimerai bien avoir une soeur.

Je ne suis pas triste, mais je me sens un peu seule quand Elle s'en va.





Nouveauté.

On déménage. Maman dit que c'est pour notre sécurité. Je ne verrai plus ma protégée, j'en ai été très triste, mais je n'ai rien dit et je n'ai pas trop montré, puisque Maman était là. J'attendrai qu'Elle parte pour pleurer. C'est une maison avec des fenêtres, j'ai pu voir le monde que Maman décrivait. C'est très blanc, il fait froid, et la maison est sous la pierre. Il y a des feux et des gens tous petits et d'autres un peu moins, mais très carrés, Maman dit que ce sont là des gnomes, et des nains. Qu'Elle est une elfe, et que moi, hé bien je suis humaine. Ca m'a beaucoup intriguée, et j'ai repris les schémas pour comprendre. Ca l'a faite sourire. Quand Elle est repartie, j'ai laissé un moment les notes pour me coller à la fenêtre et regarder les gens passer. J'étais fascinée. On n'a plus de numéro avec nous, alors je n'ai plus tant de travail, hormis compiler et recopier très bien, avec beaucoup de soin, et faire de même avec ce qu'elle ramène. Maman dit qu'elle a toujours des projets pour moi, mais que je dois faire attention, parce que je ne suis pas encore prête et qu'il y a de mauvaises personnes au dehors. Des gens qui veulent du mal à Maman. Je les hais, mais je n'écoute pas la haine, je sais ce qu'elle fait faire. J'attends à ma fenêtre, et je dessine. Les gens. Les schémas que j'imagine, selon leur race, leur démarche, leur façon d'être. C'est merveilleux, une fenêtre. Ca a remplacé tous mes jeux, même si je chante parfois pour remplir le silence. J'aimerai avoir une petite soeur, alors je dessine des schémas un peu comme les miens, mais en plus petits, un peu changés, et je les garde secrets pour l'instant. Je les offrirai à Maman quand ils seront tous bien faits. Elle a apprécié mes dessins de personnes, quand Elle est rentrée. Quand Elle rentre, la maison est en fête.

Je découvre le monde, et je n'ai plus peur: J'ai envie.




Inquiétude.

Maman devait rentrer. Elle m'a parlé des endroits où Elle va, Elle m'a offert un couteau pour me défendre, parce qu'Elle a dit que je pourrai bientôt venir avec elle voir le dehors, qu'Elle me montrerait des endroits où l'arcane est bien plus forte que dans les personnes, et j'en ai dansé de joie, mais elle n'est pas rentrée. J'ai rôdé, j'ai trainé, j'ai guetté à ma fenêtre, le monde me semble moins présent. Plus agressif. Est-ce que quelqu'un a fait du mal à Maman ..? Est-ce que je pourrai la retrouver ? Est-ce que je lui ai déplu ? Est-ce qu'elle est quelque part, à avoir besoin de moi ou à m'oublier ? J'ai tenu bon, pourtant, Elle m'avait dit de ne pas sortir sans Elle. Mais j'ai besoin d'Elle, moi, j'ai peur sans Elle, je ne sais plus rien faire sans Elle. J'ai tourné en rond, j'ai fini les papiers, j'ai dessiné encore, j'ai pleuré aussi. En silence, pour guetter son pas. Et puis, j'ai pris le couteau, je l'ai mis à mon côté comme elle m'a montré, j'ai pris une pomme pour la route aussi, et je suis sortie.

Je m'étais imaginé que les gens me pointeraient du doigt et me hurleraient de rentrer, que je faisais mal, que j'étais une mauvaise fille qui n'écoutait pas. Mais les gens ne me regardaient même pas. J'avançais, et ils ne m'arrêtaient pas pour me ramener. J'avançais, et je me suis rendu brutalement compte que je ne savais même pas par où la chercher, alors j'ai peluré, fort, d'un coup, sans pouvoir retenir, et des gens sont venus, cette fois. Un presque petit très carré, un nain, Maman m'avait montré les gens qui portaient ces uniformes, un garde. Il m'a demandé avec un ton gentil ce qu'il m'arrivait, j'ai dit que je cherchais quelqu'un que j'avais perdu, que j'étais perdue, il m'a demandé qui, j'ai répondu comme Maman m'avait dit de l'appeler devant des gens qui ne sont pas des mages fous et arrogants. Malysa. Il m'a dit, ah, j'ai répondu, oui. Il m'a dit, je vais me renseigner, ne bougez pas, j'ai répondu encore oui, et je n'ai pas bougé. Il faisait une drôle de tête en revenant, et il m'a dit, elle est sans doute à Hurlevent, j'ai dit merci, par où est Hurlevent ? Il m'a indiqué le tram des profondeurs, et son chemin, j'ai remercié. Il m'a demandé d'autres choses, mais j'étais pressée, alors j'ai couru en disant merci encore. Je sautillais sur place dans le tram, je suis même tombée quand il a eu un soubresaut, je me suis fait peur. Je suis sortie, et j'ai vu le ciel, et je suis restée à le regarder un long moment avant d'aller chercher un autre garde, et de demander Malysa. Il avait une figure plus sévère, quand il m'a répondu d'aller à la Caserne, et qu'il m'a indiqué le chemin. Il a regardé mon couteau avec un air méfiant. J'ai mordu dans ma pomme. Et j'y suis allée.

J'ai trois ans maintenant, j'espère que Maman n'a pas oublié.

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