Jeune... et folle ? [Shelren]

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Jeune... et folle ? [Shelren]

Message  Asélryn / Towann le Mer 27 Oct 2010, 11:55

« - Nous ne devons pas rater une telle occasion ! Ce poste est petit et mal protégé, nous n’en ferons qu’une bouchée !
- Je n’ai pas le souvenir que tu aies pris part aux combats une fois dans ta vie Deredaï. Tu parles comme un stratège militaire, aie la sagesse de rester à la place qui est la tienne. Tu n’es encore qu’un enfant qui importune les officiers de la Main d’Argus. Je te prierai de te retirer maintenant.
- On croirait que vous n’avez pas vu vos familles et vos amis être massacrés par ces sauvages. Les orcs n’ont aucune pitié envers nous, pourquoi en aurions-nous ?
- Je t’ai demandé de te retirer et à moins que tu aies des difficultés pour entendre ou comprendre mes mots, je peux ordonner qu’on t’y force.
- Nous méritons la justice mais vous n’êtes même pas en mesure de l’appliquer alors que nous en avons la possibilité ! »


Le jeune draeneï tourna les sabots et s’éloigna tandis que les chevaliers de la Main d’Argus se concertaient du regard. Celui qui l’avait chassé reprit la parole une fois sûr que Deredaï fut trop loin pour les entendre.

« - La vengeance étreint nos cœurs sans exception mais massacrer ce campement ne ferait qu’abreuver la rage sanguinaire de nos ennemis. Ils seraient bien vite de retour et en surnombre, préparer notre fuite prochaine est plus sage et épargnera bien plus de vies que pourraient n’en prendre les orcs de ce camp. Deredaï est encore trop impulsif mais son sens aigu de la justice lui promet peut-être un avenir glorieux. Pour l’instant, il est trop ardent et cherche à faire ses preuves, ses paroles dénuées de raison ne doivent pas vous influencer. »

Les draeneï présents acquiescèrent en silence pour la plupart. Cela faisait des années que leur monde était mis à sac par la Horde corrompue, des années qu’ils fuyaient, des années qu’ils survivaient. La colère les hantait, mais aussi la peur froide et insidieuse.


Deredaï s’installa sur un rocher qui lui servait habituellement de sanctuaire pour s’isoler depuis les quelques temps qu’ils étaient dans la partie nord de Terrokar. Inattentif au monde l’entourait, sa haine grondait sourdement et obscurcissait son expression. Doucement, une silhouette plus fine et élancée vint se glisser à ses cotés mais ne fit pas mine de lui adresser la parole. Elle attendit que Deredaï ne parle, ce dernier étant bien conscient de sa présence pour ne pas dire habitué.

« - Nos frères ne méritent donc pas d’être vengés ? Suis-je le seul à vouloir leur apporter justice ?
- Je crois qu’ils ont peur. »


Une voix fluette, légère, jeune aussi, plus encore que lui.

« - Aucun d’entre eux n’écoute son courage plutôt que ses craintes, ils ne m’écoutent même pas. Je suis seul à penser que nous devons les venger.
- Tu n’es pas seul. Moi, je pense comme toi parce que je t’aime. »


Des mots si creux dans la bouche d’une enfant. Certaines choses sont si simples à dire lorsque l’on n’en saisit pas le sens réel.

« - Nous ne tuerons pas ces orcs à nous deux. Je ne suis même pas encore adulte, quant à toi… »

Elle lui sourit pour toute réponse mais cela sembla avoir bien peu d’effet. Il se renfrogna avant de se relever.

« - Allez Shelren, on s’en va. »

Elle le suivit en silence, le même sourire timide gravé sur le visage.




« - Excellent, tu peux te reposer. »

Malgré l’autorisation de l’exarque chargé de former les jeunes, Deredaï resta face au mannequin, à bout de souffle, et reprit ses assauts acharnés. Il maniait la masse avec force et rage, sa volonté d’acier lui permettait de dépasser ses camarades haut la main. Le paladin ne s’opposa pas à la décision du jeune draeneï et l’observa quelque peu.
Deredaï avait déjà l’étoffe d’un héros. Il perdait vite son sang-froid mais il s’agissait là du plus prometteur de ses élèves. Lorsque la Lumière l’invsetissait, il était bien capable de vaincre nombre de soldats de la Main d’Argus. Mais il devait encore apprendre, s’entraîner, se préparer à son glorieux avenir.

Le regard de l’exarque se posa alors sur la jeune fille qui observait elle aussi Deredaï. Shelren était aussi un cas spécial. Bien que ses aptitudes ne furent pas exceptionnelles, elle suivait celui qu’elle disait aimer mais il était aisé de sentir qu’il s’agissait là de mots puérils et dénués de véritable sens. Elle aussi faisait preuve d’une grande volonté, mais seulement lorsqu’elle suivait Deredaï. Cependant, le talent lui manquait.

Qu'en penser... ?

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Re: Jeune... et folle ? [Shelren]

Message  Asélryn / Towann le Mer 27 Oct 2010, 11:58

Le fracas de l’acier et le rugissement des flammes réveillèrent brusquement Deredaï. Le temps qu’il rassemble ses esprits, plusieurs cris retentirent. Des hurlements furieux de guerriers sanguinaires, d’autres terrorisés de malheureux draeneï.
Les orcs attaquaient.

Il se leva aussi vite qu’il put pour sortir et voir leur refuge être mis à sac par ces sauvages. Sa première pensée fut claire :

Il me faut une arme !

Deredaï se précipita vers l’armurerie improvisée où plusieurs draeneï étaient aux prises avec des orcs fous furieux. Avec un cri, il se jeta sur l’un d’entre eux et le percuta violemment, permettant à un paladin de lui fracasser le crâne d’un coup de masse.

« - Que fais-tu Deredaï ? Tu dois t’enfuir avec les femmes et les jeunes !
- C’est hors de question, je vais rester et me battre ! »


Sans laisser à son interlocuteur le temps de répondre, il saisit une arme et s’investit d’une présence lumineuse comme il lui avait été appris. C’est en revenant vers les combats qu’il se retrouva nez à nez avec une Shelren paniquée. Elle s’accrocha immédiatement à lui.

« - Il faut qu’on parte ! Vite !!! »

Deredaï voulut se défaire de son étreinte mais la peur empêchait la jeune draeneï de faire autre chose que le serrer.

« - Nous allons rester Shelren, et nous allons les repousser. »

Elle leva vers lui des yeux terrorisés et il voulut la rassurer avec un vague sourire.

« - Je te protégerai, tu n’as pas besoin de t’inquiéter. Va prendre une arme et rejoins-moi. »

Shelren obéit simplement, sa peur presque soufflée par les mots de Deredaï, et lorsqu’elle revint, il était déjà aux prises avec un orc colossal. Elle n’osa pas l’approcher, voyant qu’il était littéralement rayonnant et mettait clairement son adversaire en difficulté. Enfin, il confirmait les espoirs des anciens et se dressait comme un héros du peuple des exilés.
Sa masse passa la garde de la créature et vint lui fracasser la mâchoire dans un craquement sinistre. Un nouveau coup bien placé l’acheva et Deredaï ne perdit pas une seconde pour se jeter à nouveau dans la mêlée. Shelren l’observait de loin, en pleine contemplation.

La bataille continua pendant des minutes qui semblaient être des heures. Deredaï vainquit de nombreux orcs avec les autres paladins de la Main d’Argus. Mais les draeneï faiblissaient bien plus vite que les peaux-vertes, faute de nombre. Le jeune héros s’essoufflait et se retrouva bien vite seul contre trois. Sans se démonter, il combattit mais son talent ne fut pas suffisant et son arme vola hors de sa main après un choc particulièrement violent.
Deredaï sentit une poigne de fer se resserrer sur sa gorge et le plaquer à terre. Plus loin, Shelren poussa un cri de terreur. L’orc le bloqua, beuglant comme un sauvage et lui asséna une frappe du manche de sa hache.
Shelren ne le voyait plus, caché par les créatures, et se laissait aller à une panique totale jusqu’à qu’un redresseur de torts ne vienne envoyer son arme au visage de l’orc libérant Deredaï. Il se prépara à faire face à ceux restants et hurla.

« - Shelren ! Viens le récupérer et partez tout de suite ! »

Elle ne put qu’obéir et l’emmena tandis que le redresseur de torts faisait courageusement front pour couvrir leur fuite. Elle peina à supporter son poids mais l’idée d’avoir sa vie entre les mains la galvanisait.

On va s'en sortir, je ne t'abandonnerai pas !

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Re: Jeune... et folle ? [Shelren]

Message  Asélryn / Towann le Mer 27 Oct 2010, 15:13

Zangar.

Le marécage était devenu la nouvelle demeure des exilés en fuite. L’assaut qu’ils avaient essuyé en Terrokar les avaient privés de la quasi-totalité de leurs combattants et leur seul espoir était de rechercher un autre groupe de draeneï. Shelren veillait sur Deredaï, que le dernier combat avait non seulement affaibli, mais même transformé.

Il était plus courbé et semblait souffrir en permanence. Les jours passèrent et son état se dégrada. Ses sabots laissèrent place à des pieds difformes, son visage s’allongea et ses tentacules se pétrifièrent. Sa carrure autrefois athlétique laissa place à une posture de vieillard penché. Mais le pire, ce qui empêchait Deredaï de retrouver espoir, était la perte totale de contact avec la Lumière. Elle ne lui répondait plus et il se morfondait. Shelren était attentionnée avec lui, aucunement repoussée par son nouvel aspect, mais ça ne semblait pas le toucher le moins du monde. C’en était fini du héros que tous espéraient voir apparaître.
Le mal qui frappait Deredaï s’avéra vite être un cas fréquent. Des draeneï d’autres campements connaissaient la même dégénérescence et la rumeur courait que Shattrath était tombée.

Par crainte d’une contamination, ceux touchés par ce mal furent rejetés et prirent le nom de roués. Lorsque Deredaï fut chassé comme les autres roués, une fois de plus, Shelren le suivit. Leur survie ne dépendait que d’elle, qui chassait et leur permettait de subsister. Deredaï avait perdu toute motivation mais elle continuait de le soutenir autant que possible. Des semaines passèrent, peut-être des mois, jusqu’au jour où ils croisèrent un groupe de roués. Celui qui semblait les mener les informa que l’isolement des siens était achevé et qu’une nouvelle voie s’offrait à eux.
Nobundo apportait le chamanisme aux draeneï et un nouvel espoir pour les roués.


Dès que le premier des chamans draeneï commença à enseigner, la flamme étouffée dans le cœur de Deredaï se raviva. Les roués suivant cette voie pouvaient retrouver lucidité et force, voire surpasser des draeneï non affectés. Le héros déchu la veille de son avènement fut parmi les premiers disciples, toujours en compagnie d’une jeune fille timide. Mais très vite, Nobundo lui-même s’enquit du cas de cette dernière. Une chose était certaine : Cette petite parvenait communiquer avec les esprits élémentaires, et ce avec une facilité déconcertante.
Cette capacité était l’une des étapes les plus difficiles de l’apprentissage mais pour Shelren, c’était simplement naturel. Entre les premiers maîtres chamans se propagea la rumeur d’un avenir glorieux promis à cette jeune draeneï.

L’espoir d’une future héroïne naissait, celui d’un futur héros achevait de se tarir. Deredaï s’acharnait et se démenait jusqu’à l’épuisement voire même plus. Les talents du roué croissaient peu malgré sa volonté et cela ne faisait que raviver sa hargne. Nobundo lui-même se pencha sur son cas et son diagnostic était clair. La colère et la haine qu’il vouait aux orcs et à lui-même le perturbaient.
Un chaman se devait d’être parfaitement équilibré et d’écouter avec patience ce que les éléments lui murmurait. Mais Deredaï ne parvenait pas à les entendre. Lorsque le long-voyant voulut lui faire comprendre l’omniprésence et l’ordre de la terre, du feu, de l’air et de l’eau, sa réponse ne porta pas une once d’hésitation.

« - Ce ne sont pas les éléments et leur neutralité qui guideront notre peuple hors des ténèbres. La Lumière seule le peut… »

Shelren restait douce et attentionnée avec lui. Les années passaient et ils grandissaient. Elle commençait à devenir une femme et fut bien vite l’objet de la convoitise de nombreux jeunes draeneï mais elle restait sans cesse en compagnie du roué dont l’état ne faisait qu’empirer, enfermé dans sa frustration. Il ne semblait même plus l’écouter et bien que la maturité l’eut gagnée petit à petit, elle gardait son attachement sans faille envers celui qu’elle avait toujours aimé.
Mais elle ne soupçonnait pas l’effet véritable que sa présence avait sur Deredaï. Ses efforts acharnés ne le menaient nulle part sur la voie du chamanisme mais Shelren, elle, confirmait son talent de jour en jour. Elle obtint vite ses premiers totems et son lien avec les esprits élémentaires se faisait toujours plus solide.

Le temps que Shelren ne passait pas avec Deredaï, elle l’usait à parler avec la terre, écouter le vent, caresser l’onde et admirer la flamme. Depuis qu’elle était tombée amoureuse, jamais rien n’avait pris de réelle importance à ses yeux, mais cette fois tout changeait. Ces présences la fascinaient et elle en parlait avec enthousiasme à Deredaï sans réaliser que ça ne faisait qu’alimenter sa haine.

Mais une fois de plus, les choses prirent un tournant décisif… sous les cris enragés des orcs.

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Re: Jeune... et folle ? [Shelren]

Message  Asélryn / Towann le Jeu 28 Oct 2010, 00:12

Shelren fut tirée de son sommeil par les mêmes hurlements de rage, les mêmes cris apeurés, le même chant de flammes sur les tentes. L’esprit encore embrumé, elle se leva et s’agenouilla sur le sol humide avant d’en extraire une bonne quantité d’eau froide qu’elle se passa sur le visage. Draeneï et roués se pressaient tout autour pour prendre les armes ou la fuite. Elle récupéra ses totems et se mit immédiatement à la recherche de Deredaï qui n’était évidemment plus dans leur tente.
Le souvenir du jour où il avait été touché par le mal des roués lui revenait brutalement en mémoire et elle voulait absolument se racheter pour son impuissance à lui venir en aide ce jour-là. En se dirigeant vers les combats, elle croisa un autre apprenti chaman qui s’en éloignait et qui l’agrippa par le bras.


« - Il faut partir Shelren, ils sont bien trop nombreux !
- Deredaï est là-bas !
- Il a fait son choix et nous ne pouvons que l’en honorer. Mais il est inutile de perdre plus de monde, songe à ce que t’ont dits les maîtres chaman. Songe à l’avenir, tu pourrais… »


Shelren n’attendit pas la fin de sa phrase pour se dégager de sa poigne et courut vers les flammes et les cris de guerre, ignorant les appels du draeneï derrière elle. Deredaï était en danger et elle devait rester à ses cotés jusqu’au bout.
Elle le trouva vite aux cotés d’autres roués, aux prises avec les peau-vertes. Elle saisit son totem d’air et se laissa investir par sa présence. Jamais ses talents ne lui avaient servi en situation de combat et il fallait avouer qu’elle n’y avait même pas songé, mais le moment était venu.

Un orc immense qui se préparait à abattre sa hache fut foudroyé par un lien de tonnerre surgi de la paume de Shelren tandis qu’elle rejoignait Deredaï. Celui-ci lui retourna un regard noir.

« - Qu’est-ce que tu fais là ?!
- Je ne vais pas te laisser seul affronter ces bêtes ! Je resterai avec toi !
- As-tu le souvenir que je t’aie demandé quelque chose ? Je n’ai jamais eu besoin de ta pitié ni de tes attentions ! A moins que m’écraser avec tes talents t’amuse ?
- Non je… Ce n’est pas de la pitié, je t’aime, je…
- Toujours le même discours, Grandis un peu ! T’ai-je déjà dit que c’était réciproque ? Ça ne l’a jamais été ! Pars d’ici et vis de ton mieux, tu as un avenir. »


Shelren resta figée sur place, sous le choc. Jamais il n’avait osé lui parler ainsi et ses certitudes semblaient s’effondrer une à une.

« - Je t’ai dit de partir ! Hors de ma vue ! »

Elle ne l’aurait laissé pour rien au monde mais elle avait jusque là été incapable d’imaginer qu’il lui adresserait de tels mots. Elle voulut balbutier quelque chose mais il la devança.

« - Par les naarus, comment dois-je te le faire comprendre ? Je veux que tu disparaisses, va-t-en ! »

Shelren sortit subitement de son état de pétrification et après une dernière hésitation, partit en courant loin des combats.


Deredaï serra sa masse d’armes en la renforçant de sa faible maîtrise du feu. Il s’était voulu dur avec elle, mais peut-être pas autant que ça. S’il était vrai qu’il ne l’avait jamais aimée, il éprouvait cependant une reconnaissance immense envers elle qui l’avait soutenu toutes ces années. Lui ne lui avait presque pas adressé la parole ni même feint un quelconque intérêt. Il s’en voulait et maintenant qu’il avait eu la possibilité de la remercier, il n’avait pas hésité.


Sauver sa vie comme elle a sauvé la mienne… Adieu Shelren.

Avec un cri de guerre qui n’était que l’ombre de celui d’un héros des draeneï, Deredaï se jeta dans la mêlée. Il n’était pas devenu le paladin que tous espéraient voir guider leur peuple, mais il avait droit à la fin la plus honorable : Se sacrifier pour les siens, offrir son dernier souffle pour leur survie.

Cette nuit-là encore, Draenor vit couler le sang des orcs et des draeneï. Mais le jour du salut des Exilés approchait, inexorablement…

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