[Swann] Pensées jetées sur un carnet

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[Swann] Pensées jetées sur un carnet

Message  Swann/Anarkhia le Sam 05 Fév 2011, 15:40

Troisième jour du deuxième mois de l’an 31


Je me suis toujours dit que ça me ferait du bien de commencer un journal. Ca pourrait peut être m’aider à mettre de l’ordre dans ce qui se passe dans ma tête. Alors, je perds rien à faire un essai.

Ca fait quelques jours que je suis à la Baie. Depuis le Cataclysme, tout à changé, ici. La ville et les gens, aussi. Certains ont peur de la mer, maintenant, et la regardent parfois avec crainte. Avant, on la louait et on l’adorait. C’était grâce à elle que la Baie était riche, le joyaux du Cartel Gentepression. La mer a repris ce qui était à elle ; le port est dans un sale état, les bateaux ont du mal à s’amarrer, même si les travaux vont bon train. Donc, de moins en moins d’argent qui rentre, pour payer la nourriture, la boisson, et bien des prostituées mendient pour manger à leur faim. Je sais pas ce qui me fait le plus mal au cœur. De voir ma ville bien aimée couverte d’algues puantes, ou les gens, d’habitude exubérants, maintenant peureux. Les gens de la Baie ressemblent plus à des cafards, maintenant. Pourtant, j’arrive pas à me séparer d’elle ; la Baie salope, la Baie aimante, la Baie ensoleillée. Je suis né dans ce trou, je crèverai dans ce trou, gueulait encore un vieux pirate bourré dans la taverne hier soir. Même si sur le moment je méprisais ce vieillard, je crois qu’aujourd’hui je le comprends, et je suis même d’accord avec lui. Moi aussi, j’aime ma ville, et j’ai horreur d’en être séparée trop longtemps. La dernière fois, un connard m’en avait interdit l’accès. Un connard nommé Cortavar.

Maintenant que son corps nourrit la vermine, je suis à nouveau chez moi. Seule, mais j’y suis. J’ai plus de nouvelles d’Ody, de Leinvan, d’autres. Il ne reste que Titou et moi. Je sais pas vraiment quoi faire pour remettre le groupe sur les rails. Enfin si, je sais quoi faire pour ne pas nous faire bouffer par d’autres bandes plus grosses. Ca me vaut du mépris, et ça me vaut de me sentir sale, souillée. J’ai appris à jouer la comédie pour le meilleur, et surtout pour le pire, en fait. On me dit que je mise encore sur le mauvais cheval. Mais il faut que je fasse un choix. Je sais même pas moi-même pourquoi je m’acharne, et surtout pourquoi je m’acharne et j’en arrive à ce point, de coucher avec le frère de ce fils de pute d’Isilthor. La bande vaut-elle ce prix là ? Je sais pas, mais je le fais, et ça permet à moi et à Titou d’avoir une place, de pas nous faire absorber par le Syndic’. Oracio comprend pas pourquoi je fais ça. Je m’attends pas à ce qu’il me comprenne. Lui a tout de suite abandonné sa taverne pour faire le larbin dans une autre bande. Il est hors de question qu’on me donne des ordres. Il y a eu que deux personnes qui ont pu me donner des ordres. L’un est mort depuis bientôt un an, l’autre, portée disparue depuis deux mois.
Je paye mon indépendance en jouant la femme fatale pour amadouer Cortavar, lui me garde une place que je suis à peu près sûre de garder. Il faut que j’en paye le prix, c’est tout. Après tout, c’est comme bouffer un plat dégueulasse. Tu te bouches le nez et tu fermes les yeux, avec un sourire niais, en te disant que c’est un mauvais moment à passer. Tant que lui croit que je le fais de bon cœur, et qu’il aime ça, tout ira bien. Ca irait encore mieux s’il pouvait se rentrer dans le crâne qu’il a le pouvoir sur moi, à tort, et ce serait le nirvana si en plus il tombait amoureux. Ca m’assurerait un pouvoir sans égal sur lui. Aucun risque que moi, je tombe dans ses filets. Déjà, il n’est pas mon style, et plus que tout, c’est le frère de l’enflure qui a bousillé ma vie. Il lui ressemble trop. Je sais même pas comment j’ai réussi à aller jusqu’au bout la première fois.
Il faut que je reste forte. La bande en vaut ce prix, j’en suis convaincue. Après tout Zeick était pareil à faire la même chose avant de se faire exploser le crâne.
J’arrive pas à l’oublier. Malgré tous les amants que j’ai eu après, et Neptulon seul sait combien j’en ai eu, j’ai jamais pu oublier. Nixx’ m’a dit que je cherchais une étincelle de lui dans chacun. C’est sûrement vrai. Leinvan, son côté ténébreux et bon amant, Tony son côté bestial et dominateur, Lucas son côté enfantin et tête de mule. Aucun n’a réussi à combler le vide.

Ca fera déjà bientôt un an qu’il est mort.
Un an. Depuis sa mort, j’ai du mal à me rappeler les évènements avec exactitude. Je me souviens d’Ody, de Titou, des soirées de boulot… Mais le reste, j’ai l’impression d’avoir été un automate.
J’ai encore cette impression aujourd’hui. Je dirais pas que l’opinion des autres sur moi me passe loin au dessus, ce serait pas vrai. Celles de Lou, d’Oracio et Titou me tiennent à cœur. Lou et Oracio m’ont bien dit que je valais mieux que ça, et que l’héritage de Zeick ne valait pas que je baise avec le frère de son assassin. Oracio a été jusqu’à dire que j’avais pas aimé, j’avais utilisé. Ca, ça m’a vraiment retourné les tripes, et je lui ai bien fait comprendre. Il m’a fait un semblant d’excuses après tout. Même si leurs opinions me blessent, parce que je sais qu’après tout, elles sont fondées, je peux pas me résoudre à abandonner. Pas maintenant, il faut que j’essaye.

J’ai déjà des idées ; rouvrir une taverne à la Baie, le mardi, comme avant. Je donnerais un pourcentage des recettes à la reconstruction de la Baie. On aurait des filles, des jeux de hasard, et des boissons exotiques. Maintenant que la Baie ne m’est plus interdite, je peux me le permettre. Je devrais recontacter les elfes qui s’en occupent un jour de la semaine, pour être sûre.
Avec le partenariat que j’entretiens avec Cortavar, j’ai une rentrée d’argent assurée. Enfin, c’est prévu.
Je compte afficher un peu partout en ville que je cherche des gens.

C’est marrant, écrit comme ça, on dirait que je vais y arriver, que c’est pas si terrible après tout, de remonter une affaire.

Je me sens si seule. Il me reste quelques amis, je sais qu’ils sont là pour moi, mais lointains. Seule et comme une coquille vide. Epuisée aussi. Il faut que je vois les fruits de mon travail rapidement, sinon je sens que je vais prendre une corde et me foutre en l’air sans même y penser. Il faut que je sois forte. Pas seulement pour moi, pour Titou et sa femme, pour la mémoire de Zeick.

Je vais tenir le coup.



Dernière édition par Swann/Anarkhia le Sam 05 Fév 2011, 15:42, édité 1 fois

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Re: [Swann] Pensées jetées sur un carnet

Message  Swann/Anarkhia le Sam 05 Fév 2011, 15:41


Cinquième jour du deuxième mois de l’an 31

Il s’est passé pas mal de choses intéressantes, hier soir.

Par pas mal de choses, je veux dire des rencontres. Deux.

La première, c’est Lou qui m’a présenté à une de ses connaissances, Morgann. Un type bien, un peu coincé à première vue, mais je me suis vite rendue compte qu’il a un avis sur tout, et que sous ses airs de blasé de la vie, c’est un mec vraiment bien. Je me suis surprise à lui parler de trucs dont je parle pas aux gens que je viens de rencontrer. C’est vraiment un mec bien. Il calcule pas les gens, il devrait y en avoir plus comme ça en ville. Physiquement, bon, il est commun. Et puis il est marié, faut que j’arrête de faire des conneries.
Il est doué pour le lancer de pavés ; il en a balancé un sur Cymbeline, enfin, à côté, et un autre aux pieds de Kali’. Et j’ai aussi appris qu’il avait eu des problèmes de drogue, la cauchemardelle apparemment. Ca nous fait un point commun, j’arrive pas à décrocher de la feuillerêve, et vue que ça me fait de moins en moins d’effet, je commence à la coupler avec d’autres trucs, comme la gromsang. Le mélange est dégueu, à ne pas refaire.

En parlant de Cymbeline, la soirée avait plutôt mal commencé quand on s’est rencontrées au Cochon Siffleur. Fallait que je sois en train de dire « Zeick » à ce moment là. Paf, elle s’est engouffrée dedans, comme fallait s’y attendre. J’avais pas oublié qu’une rumeur disait qu’elle m’avait traité de « Catin de Zeick », et moi les gens qui comprennent rien à rien et qui se permettent de l’ouvrir grand, ça me retourne les tripes. Enfin bon, on s’est un peu pris le chou, froidement, on en est pas venues aux mains, j’avais mieux à faire. Et grâce à Lou qui faisait la pacifique. Elle s’est barrée pas longtemps après, et on s’est recroisées plus tard, sur le port.
Elle a eu le culot de me dire que sa situation c’était en parti de ma faute ! Comme quoi si j’avais pas buté Isilthor, elle se serait pas fait siffler son mari par Kali’. J’ai eu du mal à le croire sur le moment ; cette nana a vraiment besoin d’aller chercher si loin pour trouver un responsable ! Elle était vraiment désespérée, j’ai trouvé. Je la plains, même. Et en même temps ça me rappelait moi avec Leinvan. Et en même temps, les mecs sont cons ; ils voient leurs exs souffrir, s’ouvrir les veines devant eux. C’est la pire chose à faire. Ces messieurs se voilent la face sans vergogne. Plutôt passer pour un salopard que d’assumer que je fais souffrir la femme a qui j’ai fait des promesses. C’est vrai quoi, je me suis barré avec une autre mais merde, elle a qu’à passer à autre chose et qu’elle me foute la paix ! Moi j’m’en lave les mains.
Et c’est ça, ils s’en lavent les mains comme si c’était du gras : ça tâche et ça fait pas propre. Et dans la plupart des cas, les pouffiasses pour qui ils ont foutus leurs anciennes subira la même chose.
Les hommes sont profondément lâches quand ça touche à autre chose que le cul ou l’honneur (et encore pour le dernier, les cas sont rares).
Lâches et cons. Et pourtant, nous les femmes leur courrons après. On est masos. En même temps, un monde avec que des femmes serait tellement chiant… On passerait notre temps à se crêper le chignon pour des conneries. Dans un sens, la poursuite des hommes nous détournent de toutes les futilités pour lesquelles on est capables de s’arracher les yeux, nous les femmes. Le tout dans la bonne humeur et à coup de « Rien de personnel, bien sûr ».

C’est exactement ce qui se passe avec Kali’. On en est pas encore à nous crever les yeux, mais ça pourrait arriver. Je l’ai encore vue hier soir, dès que j’arrive elle se barre, en se plaignant que je suis toujours en vie. Si elle veut que je lui demande pardon à genoux, elle se fout le doigt dans l’œil jusqu’au coude. J’ai aucun regret pour ce que j’ai fait, et si c’était à refaire, je le referai. Elle, elle s’en branlait pas mal qu’on bute l’allié de son connard de Cortavar et qu’on abîme son corps, qu’on l’expose, qu’on le vole à ceux qui l’aimaient. Quand je pense à ce qu’Ody et moi on s’est retenues de faire à Cortavar, c’est elle qui devrait me baiser les pieds. Si j’avais pu faire la moitié de ce que j’aurais voulu, elle l’aurait pas reconnu. Elle, elle a pu l’embrasser, lui dire des derniers mots avant qu’il meure. Pas moi. J’ai fait que rendre justice, ceux qui ont pas un poil d’honneur devraient tous crever comme des chiens.
Bref, qu’elle me déteste, j’en ai rien à branler, et ça me fait rire, même. Le jour où elle voudra en découdre pour de bon, je lui rendrai la pareille avec plaisir.

Mais Morgann m’a dit que c’était pas bon de remuer le passé. Il a peut être raison. Mais je sais pas si j’en suis capable pour le moment, c’est peut être encore trop frais. Et j’ai l’impression que ça m’aide à avancer. Je sais ce que je veux, et ce sont ces mémoires qui me donnent la force. Alors il faut que je porte mon fardeau encore un moment avant de le lâcher.

J’ai rencontré un type qui pourrait m’être utile ; Luffy qu’il s’appelle, et il pourra s’occuper des jeux pour la taverne. Je dois pas oublier de contacter Deliciae. (Putain, je sais pas parler l’orc)

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