[A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

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[A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Fanélia/Nean le Dim 27 Fév - 3:27

Depuis maintenant plusieurs mois les troupes des Sénéchaux Cathules étaient venus renforcer les armées régulières de Theramore. Mais les orcs et la Horde dans son entier commençaient à affluer dans les Tarides.
Quelques jours auparavant c'est le Séjour de l'Honneur qui se faisait attaquer par une rixe éclaire menée par les Fils de Quel Thalas et l'Académie Maestria. Ils avaient réussi à endommager les tours, et à retourner les balistes contre les Humains. Le Serment de Theramore avait été appelé en renfort pour repousser l'assaut, aussi les combats s'engagèrent derechef. L'Alliance finit par les arrêter au sein même du Séjour, mais ils prirent vite la fuite, sans doute satisfaits des dégâts causés. Pourquoi étaient-ils ici dans les Tarides? C'est ce que les assermentés élucideraient ces prochains jours en menant l'enquête dans le nord des Tarides.

La reconstruction des parties supérieures des tours avait été annoncée, mais les ressources primaires diminuaient à vue d'oeil, et les acheminements étaient parfois compliqués à cause des ogres ou du dragon noir qui rôdaient dans le marécage.

Les humains étaient donc aux aguets, les combats s'intensifiant il n'était pas de rigueur de baisser la garde pour défendre les bases établies dans les Tarides du Sud.

Quelques jours après l'attaque sur le Séjour, il était temps d'interférer un convoi d'orcs du Clan Noirsang. Un gobelin, peut-être un peu suicidaire, avait prévenu Idrid et ses chevaliers que des mercenaires de la Horde, et essentiellement des orcs feraient le trajet de Cabestan jusque au Fort de la désolation, pour soit-disant ravitailler la base orc postée pour défendre la Balafre. Il fallait vérifier les dires du Gobelin et ne prendre aucun risque. Il disait hélas vrai, et le convoi d'orcs avec leur lourdes caisses de fournitures fut interrompu en pleine course. Les combats s'engagèrent, mais les caisses furent vite abandonnées. Elles s'avéraient piégées et explosèrent à la figure de quelques humains désignés à les récupérer. Les explosions détournèrent les humains de la bataille pour aller porter secours aux blessés gravement brûlés. Les orcs en profitèrent pour fuir vers leur destination finale: Le Fort de la Désolation.

Une fois les esprits remis et les blessés ramenés au Fort Triomphe pour être soignés à l'infirmerie de campagne, quelques chevaliers au tabard à l'aigle d'or ainsi que les sénéchaux Cathules allèrent replanter l'étendard de l'Alliance et ainsi faire comprendre aux orcs qu'ils seraient chassés où qu'ils aillent. Mécontents d'entendre ces cris et de voir la bannière bleue flotter, quelques peaux vertes se ruèrent dans la balafre espérant peut être arracher le drapeau. Quelques coups donnés, des poursuites...mais finalement tous rentrèrent dans leur camp respectif. Mais bientôt Horde comme Alliance reviendraient tous avec des renforts pour prendre le contrôle de la balafre et peut être même de toutes les Tarides du sud.

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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Idrid le Lun 7 Mar - 7:22

Idrid venait de refermer son imposant ouvrage, le posant délicatement sur un coin de son bureau -ou plutôt de la planche posée sur deux tonneaux lui servant de bureau.
Jetant un coup d'œil par l'embrasure de la porte, il remarque que la nuit était sur le point de tomber. L'heure approchait et il devait se préparer.
Attrapant jambières et plastron de plate, il prit quelques minutes à s'équiper, jusqu'à ce que ses espauliers à l'extrémité desquelles trônaient des aigles, symbole de Lordaeron, viennent compléter ce tableau de paladin en armure lourde.

Glissant son épée finement ouvragée au fourreau, il se dirigea vers la sortie, faisant un bilan mental des divers points à aborder ce soir, devant ses soldats et chevaliers.

Ils étaient déjà là, en ligne et au garde à vous. Dix huit de ses meilleurs combattants, pendus à ses lèvres.
La réunion de l'ordre allait pouvoir commencer.

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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Thorek'tar Fléau-d'Elune le Mar 8 Mar - 0:01

La nuit tombant, le Fort bourdonnait d'activité. La balafre, toujours sous le contrôle des humains, gémissait avec les bruits d'escarmouches.
Les worgs grognèrent lorsque Thorek'tar s'approcha des écuries. Il ne pouvait s'empêcher de sourire en voyant que, malgré leurs blessures, ils semblaient prêts à se battre, à mourir pour la Horde, tout comme les orcs du Clan.
Thorek'tar avait reçu ses ordres, et il aurait été sot de les remettre en question. Le Champion contenait à peine sa rage devant le feu, et le Maître-Worg avait bien le sentiment que c'était lié avec le rapport de l'elfe le soir d'avant. Il se mit au travail; une botte de paille a-t-il dit. Il aurait sa botte de paille.

Une heure plus tard, devant le portail du Fort, une vision des plus surprenantes; dans un premier rang, les orcs du Clan Noirsang, fier. Dans un deuxième, des mercenaires elfe, de l'Académie Maestria.
Thorek'tar était aux aguets, mais faisait entièrement confiance au Champion quand il disait que les mercenaires étaient sous ses ordres. Leur mission ? Faire en sorte que l'échange de prisonnier ne vire pas en un bain de sang... Pas jusqu'à que le Champion ne l'ordonne, en tout cas.

Un frisson lui parcouru l'échine lorsque tous sortirent du Fort en direction de la Balafre. Thorek'tar huma l'air; l'odeur âcre de la guerre lui remplit les narines. La bataille semblait se calmer alors que les combattants envoyèrent le signal pour un cessez-le-feu.
Tandis que les grunts et fantassins se placèrent en contre-bas, arme au poing, les arcanistes et les raideurs se préparent en hauteur, scrutant l'autre coté de la Balafre. Le Champion, et un elfe qui semblait diriger les mercenaires, s'avancèrent au centre de la Balafre, attendant l'arrivée des humains.
Une tension palpable parcourait l'air. Même après ce que le Champion a dit, les soldats n'aimaient guère cette trêve de courte durée avec les humains.

Après ce qui semblait être une éternité, les prisonniers furent amenés par des soldats du Serment, et une échange se fit entre les deux côtés. Thorek'tar sourit un coin en voyant les cadavres s'envoler de la catapulte en direction du Fort. La bataille allait commencer. Ce qui s'ensuivit fut une des batailles décisives de la Balafre, et certainement une des plus sanglantes à laquelle le Maitre-Worg avait prit part, jusqu'à maintenant.


VICTOIRE POUR NOIRSANG ! Le cri retentit dans toute la Balafre alors que les soldats du Serment furent repoussés vers leur fort. La terre était rouge de sang, les cadavres humains et orcs jonchant le sol. Le Maître-Worg chercha autour de lui pour savoir qui n'avait pas survécu. La chance leur avait sourit cette fois-ci... Pourtant, il avait le sentiment qu'elle ne leur sourirait pas éternellement.




Dernière édition par Edvun le Mar 8 Mar - 4:13, édité 1 fois

Thorek'tar Fléau-d'Elune


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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Marà le Mar 8 Mar - 1:31

La première partie de leur mission, s'infiltrer dans Fort-Triomphe pour rassembler autant d'informations que possible, s'était avérée relativement simple. Elle n'avais pas prévu qu'il y aurait autant de monde, mais les plus gradés d'entre eux semblaient tous rassemblés devant la tour en construction, à écouter leur chef. Bonne chose. Le reste du camp était leur terrain de jeu, à ses gars et à elle.
Pénétrer dans la tour devant laquelle ils se tenaient tous s'était avéré plus délicat, mais ils avaient profité de l'arrivée d'un humain apparemment étranger, qui avait détourné l'attention des hommes du Serment suffisamment longtemps pour leur permettre de se faufiler puis de ressortir.
Elle était contente de ses hommes. Thaleras était bel et bien le professionnel qu'il disait être, et ses inquiétudes a l'idée d'emmener Gorna semblaient sans fondement. L'orque progressait a vue d'œil ces derniers temps. Tandis que personne ne la regardait, mARà s'autorisa un sourire se satisfaction devant leur efficacité.

Venait ensuite la deuxième partie des ordres de Noirsang : Récupérer des vivres. C'allait s'avérer difficile, vu les patrouilles, et il leur fallait une diversion. Silex, amadou, fumigènes... Tandis que Thaleras et Gorna s'approchaient des réserves, elle se faufila jusqu'à l'infirmerie de Fort-Triomphe.
Elle leur bricola un incendie relativement convaincant, rajoutant de la fumée pour être sure d'attirer leur attention. Elle ne rêvait pas au point de croire que tout le fort rappliquerai en un instant, mais ça sembla marcher sur une bonne partie des troupes. Cachée dans l'ombre, elle murmura une rapide prière a la Lumière sans vraiment y penser et attendit le signal de ses hommes.

Au lieu de cela, elle entendit les cris.
Marà avait passé le premier siècle de sa vie sans jamais quitter Quel'Thalas. Persuadée comme elle l'était a l'époque qu'il s'agissait du centre du monde et que le reste d'Azeroth n'avait que peu d'intérêt, elle n'avait jamais pris la peine d'apprendre le commun. Quel intérêt pouvait avoir la grossière culture humaine lorsqu'on vivait près d'un endroit aussi raffiné que Lune d'Argent ?
Bien qu'elle soit entre temps revenue sur ce genre de considérations, elle avait depuis privilégié l'orc et quelques notions de troll, plus utiles a présent que son peuple avait rejoint la Horde.
Mais quelle que soit la langue, elle savait reconnaitre un cri d'alerte quand elle en entendait un, et comprit immédiatement que Gorna et Thaleras avait été repérés. Elle poussa un juron silencieux et réfléchit a toute vitesse. La supercherie était éventée, et si les humains avaient deux sous de jugeote, d'autres effets pyrotechniques ne les distrairaient plus. Le seul moyen d'en garder une partie vers elle... était de se montrer.

Elle fonça, visant ceux qui semblaient être leurs chefs. La suite se passa très vite, et une partie des hommes lui foncèrent effectivement dessus. Elle recula vers les portes pour les éloigner dans sa fuite, mais celle-ci fut ralentie lorsqu'une flèche se ficha brusquement dans son épaule. Les autres la rattrapèrent, ses mouvements étaient trop lents pour se défendre efficacement. Sa vision se colora de rouge.
Dans un dernier sursaut de conscience, elle hurla aux deux autres de fuir, en priant pour qu'ils respectent cet ordre.

------------------------------------------

Thaleras avait parvenu a s'enfuir, emportant une caisse de vivres et les précieuses informations qu'ils avaient recueillies, mais Gorna avait été emprisonnée avec elle. Et elles se tenaient donc là le lendemain soir, attachées l'une a l'autre au milieu de la balafre et entourées d'humains, pour cet échange de prisonniers.

La nuit avait été éprouvante... mais pas pour les raisons auxquelles elle s'y était attendue.

Elle avança, reconnaissante, en direction des siens après un dernier regard à ses geôliers. Le Cherche-Guerre leur indiqua leurs armures, et Marà fila la revêtir sans demander son reste. Elle avait a peine commencé a boucler les sangles qu'en contrebas, Varkh donnait le signal de la charge.

Elle comprit immédiatement a la réaction des humains qu'il s'agissait d'une attaque surprise, un viol de la trêve probablement convenue pour permettre l'échange. La vision de la bataille la frappa comme un coup de poing.
Elle n'avait jamais eu réellement l'intention de tenir son serment de ne plus prendre les armes dans les Tarides. Elle l'avait admis immédiatement, et elle vivrait avec, tout comme elle vivait avec cette partie d'elle-même qui admettait froidement qu'elle ne serait jamais quelqu'un d'honorable. Le fait qu'on lui ait extorqué cette promesse en menaçant de tuer Gorna rendait le fait presque justifiable.
Seulement, elle n'avait pas pensé la trahir
comme ça.

Elle fixa la bataille quelques instants, incapable d'agir, puis compris qu'elle n'avait pas le choix. Certains de ses hommes se battaient déjà, d'autres semblaient attendre son signal. Elle se mit a courir et dégaina ses armes.
"MAESTRIA, AU COMBAT !"

Marà


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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Idrid le Mar 8 Mar - 2:58

"Les sales ENGEANCES DE LIMONS !"
Idrid venait de balancer son heaume déjà cabossé au sol, crachant au passage un peu de sang coulant de sa lèvre ouverte.
Lui et sa petite escouade venaient tout juste de rentrer à Fort-Triomphe, les blessés lourds étaient pris en charge à l'infirmerie.

* * *


Depuis l'autre soir et la réunion de l'ordre, plusieurs rebondissements étaient venus animer le Fort, déjà fort habitué aux charges des gobelins et aux projectiles venant d'en face, de la forteresse orque.
Cette même réunion qu'Idrid et Fanélia n'avaient jamais pu terminer, étant donné l'incursion de furtifs ennemis à l'intérieur même de leur base.

Deux d'entre eux avaient été fait prisonniers, une elfe et une orque. Idrid s'en était d'abord félicité, puis à mesure que le temps était passé, il lui était venu en tête de renvoyer chez elles les deux prisonnières, sans leur faire moindre mal.
A son sens, les orcs avaient reçu l'aide de bien trop d'alliés ces derniers temps. Le paladin n'avait guère aimé voir ces soldats de différents horizons se liguer contre son ordre et les troupes régulières de Theramore en place dans les Tarides.
Il fallait briser cet élan fraternel.
Il fallait créer un peu de tension entre tout ce petit monde.
Quoi de mieux qu'une libération noble et sans effusion de sang pour faire naitre une culpabilité et des divergences d'opinion, si minces soient-elle, dans les rangs ennemis ?

Aussi, le paladin avait pris sa décision, il allait libérer ces deux furtives dont il jugeait le rôle dans ce conflit bien peu important.
Hélas pour le Serment de Theramore, cet officier orc des Noirsang avait eu lui aussi une idée en tête.

* * *


Faisant les cent pas dans la cour centrale du Fort, Idrid était à présent certain d'une chose, dans son esprit une évidence s'imposait à lui : Il n'y aurait plus aucun marchandage avec ces chiens.
Le Sénéchal ne ferait plus confiance, tout se mélangeait dans sa tête. La gelée verdâtre au centre d'Austrivage, les civils transformés en goule, son ami Jean-Pascal mort dans l'auberge, l'orc dans la Balafre, les corps d'espions du SI:7 balancés par catapulte, la retraite forcée à Fort-Triomphe et la perte de la balafre... Il poussa un énième hurlement rageur, que les orcs d'en face pouvaient entendre sans nul souci, tant la nuit était redevenue calme à présent.

"Vous ne valez pas mieux que vos alliés Réprouvés !"

Idrid


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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Ennea le Mar 8 Mar - 6:33

Atia parcourait le campement de la Colline du Chasseur, depuis leur victoire il y a deux semaine sur l'Alliance au Séjour de l'Honneur, le front semblait se stabiliser. Des combat sporadique apparaissait de temps a autre mais rien qui ne soit insurmontable pour les Taurens. Les Fils avaient reçu la visite de Noirsang pour établir une coopération, cela c’était mieux passé qu'elle ne l'avait imaginé et les noirsang étaient reparti avec du ravitaillement en prime, ce dont ils manquaient cruellement a cause de leur position isolée.

Maintenant que le Nord était plus sure, peut être fallait-il songer a s'engager au sud, elle avait hâte de se battre a nouveau et hâte de montrer au orc que son peuple n’était pas composer que de lascif pervers cuvant leur vin a Lune-d'Argent. Elle comptait bien leur montrer ce qu’était d’authentique elfes de sang et au passage s'offrir quelque combat mémorable.

Elle observa ses soldats qui s’entraînaient, eux aussi étaient prêt, ils l'avaient prouvé depuis leur arrivé sur ces terres arides il y a plus d'un mois et le montrerait encore.

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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Blé le Mar 8 Mar - 8:54

Prod avait regardé les deux prisonnières, vaguement, il ne portait guère les furtifs dans son coeur, malgré le fait que son élue en était une. Il n'aimait pas les savoir vivantes dans le Fort, mais c'est cependant parti d'un sentiment de l'Honneur qu'il "accorda" à Aron d'offrir meilleur nourriture et boisson aux détenues. Il comprenait le jeune Paladin qui avait Foi dans les nations diverse, qui avait Pitié et sans doutes ce jeune Chevalier était un bien meilleur Paladin que lui même. "Comporte toi en homme d'Honneur, mais ne montre pas tes faiblesses". En réalité, la présence d'Aron l'arrangeait et il se sentit presque vicieux de savoir qu'il l'utilisait pour montrer ses facettes faibles. Le seul Espoir qu'il pouvait avoir à cet instant était que des hommes comme Dulys qui n'avaient pas peur de montrer leur faiblesses et leur véritable Foi allaient gravir et pouvoir aider, l'Alliance comme la Horde terminer ce conflit tôt ou tard. Bien qu'il était un Guerrier, un Paladin et un Chevalier dévoué, il rêvait intérieurement de paix, il rêvait de Lordaeron et de ses forêts florissantes. Il rêvait de continuer leur petite course amusante avec les Cathules dans les temps où leurs enfants ne naîtraient pas aux bruits d'explosions des sapeurs gobelins contre un mur... Il rêvait sans doutes trop, derrière son visage buriné par la guerre.


Il se tenait à ses côtés, de son Seigneur, de son Chef et simplement de son frère d'arme. Bleryn ne comprenait en rien la manœuvre d'Idrid et c'est avec des sentiments lourds et la tête en mille-et-une question qu'il rejoint le Paladin qui faisait face aux Officiers de la Horde. Il avait combattu la Horde dès son plus jeune âge et lui avait été soumis, c'est donc avec la meilleure retenue de lui même qu'il reposa ses yeux sur les Orcs aux alentours qui étaient bien en plus grand nombre que les Rédempteurs présent à cet instant dans la Balafre. Il garda la silence, tout le long, par obéissance tout d'abord, mais surtout par peur. Peur de n'avoir pas la contrôle de soi-même. Et malgré sa haine profonde envers les membres de la Horde de Garrosh, il savait que les Orcs étaient des combattants d'honneur pour leur majeure partie. Alors il garda le silence, n'ayant pas le moindre doute à la récupération des corps de leurs frères d'armes de l'Alliance que l'on leur avait promit.


Sa haine et sa rage se déversa en une seule foulée de sa large claymore, Coeur-de-Lion qui avait frappé juste dans le marteau du Champion Noirsang. Son combat ne fut pas long, les orcs s'étaient tous rués dans le centre de la Balafre, prenant à court les troupes de l'Alliance et du Serment. Une parade, un échange et la douleur. Son genou et sa jambe "faible" avaient été touchés. Il trébucha, le goût du sang avait simplement l'arrière goût de trahison et frustration. Il se faisait ramener au Fort par un soldat, incapable de tenir débout.


La colère l'animait, le désir de vengeance également, peu glorieux pour un paladin. Mais elle le talonnait, l'envahissait, l'abrutissait presque. Il était clair que les Chevaliers du Serment, tous comme un allaient se battre pour laver cet affront.


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Message  Malerann le Mer 9 Mar - 0:52

Malerann veillait en haut des remparts du Fort-Triomphe, son attention toute entière étant portée vers la forteresse Orque au delà de la Balafre. À la lumière que lui accordait la Lune, il la discernait parfaitement, cette grande fortification d'acier, barbelée de fer où flottait les rouge étendards décharnés de la Horde. Ces mêmes bannières recouvraient d'ailleurs la majeure partie de la crevasse où avaient lieu les combats. Les orcs tenaient la Balafre. Le calme relatif que la nuit apportait à ce champ de bataille dévasté n'était troublé que par le passage régulier des sentinelles en contrebas, ce qui laissait au chevalier tout le loisir de réfléchir longuement à propos des derniers évènements ; des nombreux doutes l'assaillaient.

La traitrise des Sin'Dorei, il pouvait le comprendre, il avait perdu espoir de voir un jour une quelconque réconciliation avec l'Alliance depuis longtemps. Mais le coup des Orcs, il en était encore sous le choc. Il avait prit cette nouvelle rage qui régnait chez ce peuple pour l'oeuvre de ce diable de Hellscream, que tout cela n'était pas leur véritable nature. Il en vint à une sombre conclusion, celle que depuis les massacres de Draenor, la Horde n'avait pas changé ; Blackhand, Doomhammer, Thrall, Hellscream, cela ne changeait rien, ce peuple était voué à perpétuer des massacres, et seuls ceux qui se dressaient contre eux en tant que champions de la Lumière pourraient les arrêter.

Il revoyait les combats qui avaient eu lieu la veille, cette défaite complète de l'Alliance ; il avait d'abord douté du plan du Sénéchal, mais ce dernier avait réussi à le convaincre : avoir le bon rôle, parler d'honneur, cela ne pourrait que marcher avec les orcs. Seulement, une fois dans la Balafre, face à cette horde d'orcs, à un contre trois, ses doutes l'assaillirent de nouveau, cela puait le coup fourré. Resserrant sa poigne sur la hampe de sa lance, il fixa son regard sur chacun des orcs et elfes qui se tenaient derrière leurs champions. Quelque chose de vicieux dans leur regard, quelque chose qui flairait le mauvais coup, le mit mal à l'aise. Ce n'est qu'une fois que les prisonnières furent échangées qu'il fut certain que quelque chose n'allait pas. Le petit sourire en coin d'un des orc confirma ses pensées ; dans les airs, les cadavres des agents du SI:7 tués par les orcs leur furent catapultés. Malgré le choc que cela produisit dans les rangs des Assermentés, c'est le Sénéchal qui mena le charge. Un tel carnage, il n'en avait pas vécu depuis la chute d'Austrivage.

A présent, il allait falloir se relever. Il se sentait stupide, tellement stupide d'avoir cru que ces Sin'Dorei tiendraient leur serment. Stupide d'avoir cru en l'honneur des orcs. Avoir le bon rôle, ça n'amenait à rien, finalement. Mais le Sénéchal devait s'en vouloir encore plus, songea-t-il. Au moins, une chose était claire. Il n'y aurait plus de pitié, la fin du conflit se solderait par la destruction totale de l'une des deux forteresses.

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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Fanélia/Nean le Jeu 10 Mar - 0:09

Le front posé sur les bras en croix, attablée à son bureau -qui n'en était pas vraiment un et qu'elle partageait avec sa moitié- Fanélia somnolait. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil profond, ces yeux étaient clos mais elle ne pouvait s'empêcher de rester aux aguets du moindre son de cor, du moindre bruit de clairon. Ils étaient revenus de Hurlevent à l'aube, le voyage était épuisant, même par portail des mages les plus doués de Theramore. Ces changements de température et d'atmosphère entre les deux continents étaient brutaux une fois sorti de cette lucarne d'arcane.

La paladin se mit à repenser ce qu'il s'était passé ces derniers jours. Elle n'avait pu être présente dans la balafre quand les orcs chargèrent. Elle était restée à Theramore, avec la nourrice de ses enfants. Elle était fière de voir comment sa fille, la petite Calice Cathules, s'épanouissait. Elle lui avait promis secrètement d'en finir vite avec toutes ces guerres et lui dessinait déjà un avenir glorieux et en paix. Elle expliqua à ses fils Irvyn et Ianys, que leur père et elle devaient se battre et qu'ils devaient être forts de ne pas voir leurs parents. Ces derniers résistaient au front et ils allaient porter leur conviction au delà des frontières, afin de ne jamais revoir des villes comme Austrivage se faire anéantir.

Sans doute ses enfants comprenaient-ils, ou peut-être le concevraient-ils quand ils auraient l'âge de croiser le fer. Mais elle devait le leur dire, car elle ne voulait rien leur cacher. Elle repensait à son frère soudainement. Elle n'avait pas le temps d'aller le voir, alors qu'il était en vie, était-il peut être déjà loin du Monastère maintenant. Elle chassa cette idée aussi vite qu'elle fut venue et embrassa les jumeaux et la jeune rousse, avant de tourner les talons et rentrer au Fort Triomphe avec hâte.

Quand elle posa pied à terre, glissant de son griffon, le campement était affolé, les blessés s'entassaient dans l'infirmerie brûlée et en charpie de la veille. La peur l'envahit, elle chercha Idrid du regard, inquiète de ne pas le voir au premier coup d'oeil. Elle s'empressa de monter dans la tour où elle le trouva debout et silencieux, le regard embrasé par la colère, le poing serré de hargne, mais aidant les autres chevaliers à distribuer des caisses de vivres. Une défaite, la balafre, le territoire contesté des Tarides venait de se peindre en rouge, chassant le bleu des étendards pourtant repiqués glorieusement quelques temps auparavant.

Fanélia s'approcha afin de soigner les blessures de son époux l'arrêtant dans sa distribution, elle ne lui dit rien, mais lui adressa seulement un sourire d'encouragement. Il fallait qu'il soit fort, et elle devait le soutenir quoiqu'il arrive. Peu de temps après ils descendirent ensemble aider leurs chevaliers, leurs amis, à panser leurs plaies, à surveiller le Fort, qui resterait en alerte pour la nuit.


- Sénéchale? Fanélia sursauta, relevant la tête, la faisant subitement sortir de ses pensées. Un garde de l'armée régulière de Theramore se tenait devant elle et saluait, un peu hésitant à continuer quand il découvrit le visage de la paladin, cerné et fatigué. Hum, désolé de vous réveiller, mais nous avons besoin de vous pour l'infirmerie.
Fanélia acquiesça sans mot dire, et s'empara de sa lame calmement. Ils se dirigèrent tout deux vers l'infirmerie, qui se résumait à une tente brûlée et trouée, de la cendre au sol, et des caisses dépouillées. Elle veilla sur les blessés jusqu'au midi, et aidait les gardes à tendre la nouvelle toile en lin qui servirait de futur toit à cet hôpital de campagne. Elle compta les plantes qui avaient été épargnées de l'incendie, et fit parvenir un mot à Ivalia pour connaitre les ressources qu'ils leur restaient en or mais aussi en matières premières. Elle joignit aussi une note brève mais explicite.


Ivalia Runetouch, allez quérir Prod afin qu'il fasse tourner la forge à plein régime. Nous devons renforcer nos armures, et améliorer nos armes, qu'il se débrouille pour fournir de nouveaux plans pour des équipements plus solides. Faites parvenir les fonds nécessaires pour la maison du Griffon. S'il le faut, nous irons voir les Marteaux Hardis pour leur acheter les meilleures bêtes. Trouvez l'or qu'il faut, je ne veux pas entendre de négation concernant ces ordres. Amarrez le Faol, et faites une révision complète du navire, les cales en particulier. Il doit être opérationnel dans moins de trois semaines.

Sénéchale Cathules.

Elle retourna ensuite dans sa tente, où elle vivait avec les autres femmes du Serment. Elle s'assit sur sa paillasse rudimentaire, et prit vélins et plume. Les sourcils froncés de concentration, les lèvres serrées, elle gribouilla pendant de longues minutes, à la suite de ce qu'elle avait déjà commencé il y a quelques jours.

- Je serai là à tes côtés et nous vaincrons. Elle murmurait pour elle même, comme si, il était là et la regardait, comptant sur elle. Elle attacha ses cheveux roux, et savait que l'heure n'était venue de s'en vouloir de ne pas avoir été là lors de la prise de la balafre, mais plutôt d'avancer, et de montrer à quel point sa détermination pourrait porter son époux et ses amis à la victoire. Elle y contribuerait comme tous, et elle finit par esquisser un sourire en coin à cette perspective.

Elle mit un point final à ses dizaines de parchemins intitulés "L'heure est venue de porter l'assaut, Chevaliers."

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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Jelabh le Jeu 10 Mar - 2:57

Adossé derrière les restes d'un arbre au bord de la balafre, à couvert de tirs ennemis, Jelabh reprit son souffle. Grimaçant à la vue de son avant bras blessé, il s'improvisa un bandage de fortune à l'aide d'un pan de chemise. Le soleil couché, les coups se prolongeaient entre les deux camps. Comment avaient ils pu se faire surprendre ainsi ? Maudits éclaireurs à dos de Wyvernes..

Les sanglots du jeune garde à quelques mètres de lui, l'arrachèrent à ses pensées. Affalé sur le corps d'un autre garde, inerte, il supplia la lumière et toutes les divinités qu'il semblait connaitre de rendre la vie à l'homme dont il tenait les mains.
Que croyait-il ? L'homme était mort, lui vivait, il devrait s'estimer heureux.
Qu'attendait-il donc de cette guerre ? Il n'y a rien de plus naturel que de mourir sur un champs de bataille.

Jelabh secoua la tête, puis se glissa jusqu'au jeune homme, l'empoignant de sa main valide par l'épaule, il le secoua.

"Va chercher des renforts à Fort-Triomphe, Bouge!
- Mais il faut le soigner.. On peut encore le sauver..
- Non il est mort, maintenant bouge de là, on ne peut rien pour lui
- Mais il faut au moins ramener son corps pour..
- Il est mort et ne serait qu'un poids alors maintenant, BOUGE !

Dans un regard mêlé d'incompréhension et de colère il foudroya du regard Jelabh et obéit finalement, partant vers le fort Triomphe à toutes jambes.
Le rédempteur retourna alors se caler derrière les restes du tronc, son arme à portée de main.
Peu importe ce que l'on penserait de lui au fort, les ragots et l'avis des autres n'ont jamais importé au rédempteur. Il ne comptait certainement pas donné sa vie et celle d'un garde pour ramener un corps au fort, une idée bien stupide que celle là.
Quelques instants plus tard, des cavaliers aux couleurs de Lordaeron et Theramore apparaissaient et repoussèrent les quelques hordeux belliqueux, Jelabh se joignit à eux avant d'ordonner le retour au fort.

Près du feu de camp, des têtes basses écoutaient le récit du jeune garde, l'homme tombé devait sans doute être apprécié, voilà qui allait plomber le moral de quelques hommes. Il aurait dû interdire à ce garde d'en parler! Sans s'arrêter il rejoignit un soigneur pour son bras, plus tôt cela serait soigné, plus tôt il retournerait au combat.

Tard dans la nuit, un cavalier sortit quelques minutes du fort, revenant avec un cadavre sur son cheval et l'enterrant à quelques pas du fort dans la pénombre.

Jelabh


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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Vinriel le Jeu 10 Mar - 4:59

Les orcs... L'elfe soupira une énième fois. Il ouvrit les yeux, et regarda autour de lui. La plaine ensoleillée, le vent léger qui faisait onduler les herbes verdoyantes du Mulgore. Cette vue l'apaisait. Il était venu ici, se repaître du calme ambiant, de la placidité accueillante des taurens. Mais les images de son esprit tourmenté continuaient de le harceler, aussitôt qu'il baissait les paupières.

~

Plus tôt, à peine quelques heures avant, il croyait participer à un sauvetage pacifique, les orcs du Clan Noirsang ayant apparemment des arguments à échanger contre la vie des captives du Serment, ainsi que des motivations somme toutes valables de les délivrer. Pour beaucoup, les deux Eclaireuses n'étaient que des mercenaires sacrifiables, ne méritant que mépris pour avoir été découvertes, mais le Cherche-Guerre voyait au delà, les informations qu'elles avaient pu récolter pourrait bien changer la donne dans cette guerre...
Le Mercenaire suivait le discours avec un léger sourire. La colère que Varkh manifestait avait d'autres accents. Gorna était sa promise, et cet engagement n'était pas de moindre importance au coeur d'acier de l'orc. Una'she avait assisté à quelques uns de leurs échanges, jamais tendres mais toujours teinté de respect et de dévouement. S'il s'agissait d'une personne autre, il n'aurait juré de rien. Mais au delà de sa motivation principale, pour la Horde, le Cherche-Guerre mettait également à profit cette opération pour récupérer sa promise.


Progressivement, l'alignement se rompit. Les Maestria, restés en rang derrière les Noirsang le temps du discours, se mêlèrent à leurs frères orcs, dégainant les armes d'un même geste lorsque l'ordre en fut donné par Varkh. Au bruit des épées que l'on sortait du fourreau se mêla le frottement des cordes. L'Elfe constata avec satisfaction qu'il n'était pas le seul à manier une arme à distance. Vérifiant le tension de la corde de l'arbalète massive, il l'arma d'un carreau, pensant à cet instant ne jamais avoir à le décocher. Il regretta un instant l'absence de son arc, mais dans cette situation cette pensée accessoire fut bien vite chassée.
Le groupe se sépara, les archers et arcanistes se plaçant le long du surplomb, de façon à avoir une vue bien dégagée sur la Balafre, lieu où se déroulerait la négociation. Le félin qui accompagnait discrètement l'Elfe partit de son côté, accompagnant les guerriers, combattant lui aussi au corps à corps. Olin était les yeux et les oreilles du Pisteurs en toute circonstance, mais ici, rien ne lui parvint d'important. C'était mieux ainsi.

L'attente fut longue. Au centre, Vakh, le Cherche-Guerre, et Dalkor, second derrière Marà, qui dirigeait officiellement les Maestria en son absence. Una' imaginait aisément Marà et Gorna encore enfermées dans la tour qu'ils avaient repérée la veille, brillant par leur absence quand les soldats du Serment s'étaient avancés. Thaleras était resté non loin, communiquant au groupe dans la Balafre l'avancée de la situation en temps réel. Mais... rien ne bougeait.
Impossible d'entendre les mots qu'échangeaient les chefs, l'impatience grandissait en même temps qu'une certaine inquiétude. Les orcs s'occupaient comme ils le pouvaient, comparant par moment le style de négociation présente avec celle, préférée, utilisée contre les Grangr'orcs. Cette dernière avait l'avantage d'être rapide et efficace. Le Pisteur, lui, se contentait d'observer la scène, par les yeux d'un oiseau qui survolait le champ de bataille de temps à autre. Mais cela ne lui apprenait rien de plus que ce que ses propres yeux pouvaient voir, le rapace se devant de rester à distance pour ne pas être repéré dans le ciel dégagé, ses oreilles n'étaient d'aucune utilité.
La situation était figée.

Le Cherche-Guerre revint à un moment vers ses hommes. L'ordre qu'il donna fit grimacer l'Elfe. Il comprit également mieux le centre de la discussion. Même si... Un grunt partit vers l'arrière, exécuter sa demande : charger les corps des trois soldats morts de l'Alliance sur une catapulte. A cet instant, il aurait pu comprendre. Il aurait dû comprendre. Ce qu'allait faire les orcs n'avait rien d'honorable. Mais aurait-il pu imaginer à quel point ?

Finalement, une certaine effervescence se manifesta dans le camp en face, confirmée par le furtif en place et par le Paladin qui participait aux négociations. Les prisonnières arrivaient. Elles furent finalement conduites au centre, et s'avancèrent du bon côté de la bannière. Une fois les Eclaireuses en sécurité, Varkh hurla. Les oreilles d'Una'she frémirent. Cet ordre n'aurait jamais dû être lancé. Tout s'était bien passé, comme il en avait fait la promesse. Mais la promesse... était rompue.
Les orcs chargèrent, les archers à son côté encochèrent pour tirer sur les membres du Serment. Les deux Arcanistes n'hésitèrent pas non plus longtemps. Lui... leva son arbalète, à contre coeur. Là où ses carreaux touchaient, rien de mortel. Bien que l'on puisse penser le contraire, il savait viser. Ses mains prenaient le temps de cocher chaque nouveau carreau, elles tremblaient. Le front s'avança. Le félin se lança dans la bataille, plus efficacement que son maître, visant, de griffes et de crocs, guidé par l'intelligence de l'Elfe, les interstices des armures, déchirant les failles et la chair.
La bataille faisait rage, et la vision du Mercenaire était brouillée par le rouge du sang. Dans son esprit, l'incompréhension. Il n'arrivait pas à faire le vide, laissant son familier sans contrôle prendre des risques inutiles. Sa distraction lui valut des blessures de la part des ennemis qu'il n'aurait jamais dû laisser approcher. Mais il ne se déroba pas. Les carreaux de son arbalète sifflaient et transperçaient les armures, ouvrant de nouvelles failles à exploiter pour ses alliés. Pas une ne rata sa cible. Pas une ne tua un ennemi. Le Serment recula, jusqu'à prendre refuge dans son Bastion.


- Una', rappelle Olin !

L'exclamation de Marà sortit l'Elfe de sa torpeur. Le félin avait continué à poursuivre ses adversaires, emportée par la frénésie du combat. Il revint en pieux état, trois pattes sur les quatre sérieusement écharpées, le corps couvert de coups de lames et de sang.
Les membres de la Horde prirent retraite, l'objectif atteint. Una'she raccompagna son animal un peu plus lentement, ceux qui le connaissaient savaient que jamais il ne se résignerait à l'abandonner. Ce fut également un temps bienvenu pour méditer aux évènements, tout s'était passé si vite... Son esprit se gonfla de tristesse.

A peine soigné et de retour à l'Académie, l'Elfe prit quelques bagages légers et partit, sans un mot.

~

A présent, il y voyait plus clair. Il pouvait comprendre l'action des orcs. C'était une guerre. La rage qui les habitait était juste. L'Alliance avait bafoué une terre qui était leur. Mais cette pensée lui était étrangère. Il était incapable d'adopter un état d'esprit similaire. Rien n'était plus laid que la guerre. Mais il n'avait pas failli à son devoir. Comme chacun, il avait fait ce qu'il fallait faire. Il savait qu'il recommencerait, autant de fois qu'il le faudrait, même si cela devait blesser son âme et ses conviction. Serais-je un jour en paix ?

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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Varkh le Cherche-Guerre le Jeu 10 Mar - 6:42

« Aurais-je dû procéder autrement ? »

Cette question me hante depuis quelques nuits. Cet ordre … je me répugnais à devoir le lancer, mais je n’avais pas le choix.

Après chaque nouveau recrutement dans le Clan, je prépare moralement les bleusailles au combat : je leur explique les rudiments de la stratégie orque, « la ferme et obéis » ; je leur inculque des valeurs comme l’honneur, la discipline, la force. Mais je leur explique surtout qu’il y a un choix que chaque guerrier doit faire avant chaque action dont l’impact est majeur : celui entre son Devoir et son Honneur.
Je ne suis pas orc à bafouer mon honneur, et même plutôt du genre à l’étaler à la vue de tous, comme un trophée. Pourtant, ce soir-là, je n’ai vraiment pas eu le choix …

Le moral des troupes était faible. Nos réserves de vivres nous forçaient à diviser nos rations par trois. Pire, nous étions sous-équipés et n’avions que peu d’effectifs, et les renforts de la Halte de la Vendetta ne couvraient qu’à peine les pertes que le fort avait connu depuis notre arrivée dans les Tarides du Sud. Souvent, des éclaireurs de l’Alliance se déguisaient pour détruire nos stocks de provisions ou abîmer notre matériel, bien que la plupart du temps, nous arrivions à les démasquer assez rapidement. Quant au Seigneur de guerre Gar’Dul, cet imbécile enchaînait défaite sur défaite, connerie sur connerie. Sans alternative, nous étions condamnés.

Après chaque opération, je prônais le fait que nous avions les moyens de gagner cette guerre, que nous allions protéger nos familles, nos amis, notre peuple tout entier. Je disais que nous le pouvions, que nous le DEVIONS. En réalité, je ne faisais que mentir pour ne pas détruire définitivement leurs espoirs.

Je n’ai jamais été vraiment à l’aise avec la finesse, ou même les plans qui sortent trop de l’ordinaire, mais contrairement à ce que la plupart des gens croient, je ne suis pas stupide. Je sais monter un plan, mettre en place une stratégie viable, et ce en très peu de temps. Bramarh Noirsang ne m’avait pas laissé les rennes du Clan pendant son absence pour rien : il pouvait avoir confiance en moi.

Lorsque j’ai appris, pour les deux éclaireurs, je n’ai fait que hausser les épaules en me disant que c’était dommage, que nous les vengerions tôt ou tard, puis j’ai appris que Gorna, l’orque qui s’était unie à moi, faisait partie des prisonniers. Comme tout orc impulsif qui se respecte, j’ai immédiatement brisé le plus de choses autour de moi afin d’éviter les dégâts collatéraux sur les grunts qui m’entouraient, avant d’envoyer un messager à la rencontre des Maestrias, dont les deux éclaireurs étaient membres.

A peine une heure plus tard, un elfe de sang dénommé Dalkor débarquait dans le fort, et je lui expliquais mon plan : j’allais contacter l’Alliance pour leur proposer un échange, sans lui donner les précisions sur ce que j’avais à échanger. Il m’assura alors la totale coopération de son académie de mercenaires, et les appela à venir se manifester pour nous aider, dans le cas où ça tournerait mal. Nous avions mis en place un code : si je venais à crier « Lok’tar Ogar », les troupes devaient se mêler à la bataille, sans réfléchir une seconde.
Les Noirsangs n’étaient pas très emballés par l’idée de coopérer avec ceux qui menacent leur patrie, mais ils ne firent que grimacer. Je pouvais cependant sentir leurs regards me poignarder : ils n’étaient pas idiots. Ils savaient très bien que je ne faisais ça que pour récupérer ma promise, malgré les risques pour le Clan.

Trois quart d’heure plus tard, tout était en place. On envoyait une botte de paille via une catapulte avec un mot griffonné dans un commun douteux, et nous placions au centre de la Balafre, avec mes troupes en retrait. A la base, je ne voulais pas que leur chef m’accompagne, mais je n’aurais pu m’assurer de leur soutient si je ne l’avais pas fait. Aussi, Dalkor m’a donc accompagné.
J’avais décidé de ravaler ma haine pour ces porcs roses, et avais commencé à discuter avec celui qui se présenta sous le nom d’Idrid Cathules de Lordaeron, ou quelque chose comme ça. Malgré quelques remarques assez sèches et une tension palpable, je savais que je pourrais les amener à nous rendre les éclaireurs sans trop de problème.

Avant même que je leur propose de ne tuer aucun civil ou innocent qui se rendrait sur notre passage, en terme de monnaie d’échange, il me déclara qu’il allait les relâcher quoi qu’il arrive, soit disant parce qu’ils n’avaient que faire de deux éclaireurs incapables de rester discrets. Mais je n’étais pas dupe : elles détenaient des informations importantes, et avaient également brûlées quelque chose, nous pouvions le voir depuis l’autre côté de la Balafre, ce devait donc être une bâtisse en bois ou une tente. Pourquoi les relâcher alors que cela présente un tel risque ? Pourquoi accepter de libérer une orque, alors même qu’ils sont venus dans la région pour nous faire la guerre ?
Non, c’était trop beau. Il y avait un plan derrière cette soit disant miséricorde, c’était obligatoire. Et le seul moyen que j’avais de prendre un avantage sur eux était de les duper avant qu'ils ne nous dupent, de mettre fin à cette trêve par les armes.

Soudain, tout se mit en place dans ma tête : les corps des éclaireurs de l’Alliance, leur sous-nombre actuel dans la Balafre, nos catapultes prêtes à tirer sur mon ordre, nos alliés de fortune Maestrias prêts à suivre la moindre de mes directives, et mieux, le Commandant de l'Alliance en face de moi …
Tout était trop parfait, trop bien tombé pour que je ne tente rien. Je ne pouvais tout simplement pas leur laisser la balafre, ou les laisser agir en toute impunité dans les Tarides, ils en avaient déjà bien trop fait.

Prétextant de leur rendre les corps des éclaireurs, j’allais avertir mes troupes de déplacer les trois cadavres sur des catapultes, hors du champ de vision de l’Alliance, puis retournait voir le Commandant du Serment pour lui annoncer qu’il me faudrait un certains temps afin de convaincre Gar’Dul de leur rendre leurs morts, mais que je le lui promettais. Le pire, c'est que j'allais la tenir, bien que d'une façon peu commune. Hochant simplement la tête en me donnant vingt minutes pour le convaincre, il libéra les otages et nous les confia. Il ne me restait plus qu’à donner l’ordre, qu’à précipiter la Balafre dans une nouvelle bataille sanglante où nombre des nôtres mourront. J’ai hésité, un combat interne entre mon honneur et mon devoir faisait rage dans mon cœur ; pourtant, je savais ce que je devais faire. Je savais que je le devais à la Horde. Que je le devais à mon Clan, pour ces semaines de souffrances. Que je le devais aux orcs du fort, en si mauvaise posture depuis des mois.

« CATAPULTES, TIREZ ! LOK’TAR OGAR !»


____________________________________________________



« La horde saura vous en être reconnaissante, Champion», déclara un grunt du fort, le lendemain de la bataille.

Lâchant un rire las, Varkh rétorqua :

« S’il y a bien une chose que j’ai apprise au cours de ces dernières guerres, c’est qu’il n’y a de place que pour celui qui gagnera la guerre. Quoi qu’il arrive, l’histoire lui donnera raison, approuvera ses actions. Mais tant qu’elle n’est pas terminée, les vainqueurs sont des pourritures, et les perdants des martyrs. Non, la Horde ne sera pas reconnaissante. Elle n’aura que faire de nos sacrifices. Tout ce dont elle se souviendra, c’est du déshonneur du Champion des Noirsangs, qui a bravé une trêve et s’est permis de tromper ses ennemis. »

Varkh le Cherche-Guerre


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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Daya / Lokna le Jeu 10 Mar - 7:44

*afalée contre une caisse les yeux dans le vague contemplant les etoiles Lokna repensais aux derniers evenements.*

Comment on en est arrivés la ? Deja a la base cette mission sentait le pet d'kodo mais la ...

Dans l'etat ou etait Varkh on aurais pas pu le resoner... quand bien meme on en avais pas forcement envie ... Apres tout je me met a sa place , j'aurais retourner le monde pour revoir rien qu'une fois Gromnak , alors j'imagine que sauver la femelle du champion c'etait pas discutable.

N'empeche pourquoi ce stratageme ?

*L'orque regardais toujours les etoiles , perplexe*

Encore on aurais charger dans le tas , histoire de faire regreter a ces peau rose d'avoir envahis nos terre , et simplement mis a sac leur fort et libéré les prisonieres ...

ça aurais été plus ...Glorieu.

La on se retrouve avec une victoire ok , mais sans réele saveur ,On a meme pas d'gnole pour feter ça dignement a peine un tonellet de biere ...Quand j'y repense ...

On a poireautés de longues minutes que cet interminable marché sois mené a bien... D'interminables minutes ou je peinais a calmer les grunts qui ecumaient d'une incomprehension et d'une rage justifiée.
Puis le champion est revenu, nous demandans de preparer le "colis" pour les peau rose.
J'ai embarquée le grunt tete de bois avec moi histoire de pas avoir a trimbaler des cadavres et manipuler un engin de guerre seule.

L'ordre etait de leur envoyer le paquet vers leur forteresse...On a calibré et chargé la catapulte discretement et on a attendus ... Ulytau n'aretait pas de me poser des questions au sujet de ce qu'on devais faire ...

_La ferme et obeis.

C'est vrai quoi ... j'en savais pas plus que lui , il etait a coté de moi quand Varkh a parlé.

J'arrivais pas a me sortir de la tete le fait que tout ça etait une perte de temps. pourquoi faire croire a une treve alors qu'on s'aprete a les canarder avec leurs cadavres...

Pis pourquoi ? Deux eclaireuses , des mercenaires qui ne font meme pas partie du clan. Si nos grunts tombent Bramarh vas passer un savon a Varkh... Il doit vraiment y tenir a sa femelle... ou alors elles ont des informations cruciales.

En observant le terrain environant je ne pu que remarquer la baliste située juste en face , relativement mal gardée et visant le drapeau de la balaffre.
Bon, ça sa vas sauter... au moins si le reste foire ça sa sera deja pris.

_Uly, Des qu'on a tirés on fonce en face et on detruit cette fichue baliste.
_Zog Zog.

J'aprouvais pas forcement la forme. mais dans le fond l'envie de massacrer ces porcins de l'alliance me motivais...
j'avais pas eue de vraie Vengeance pour la mort de mon mâle... Taurajo n'avais pas eue vraiment de reponse punitive ... On allais pouvoir rectifier ça.

_Catapultes, Tirez! Loktar Ogar !

_Feu.

_Aiich! Uly ! Apres la Baliste , on leur coupe la retraite. on raliera Varkh quand les rangs adverses seront brisés !

*L'orque esquissa un sourire sinistre en repensant a la bataille puis grinça des dents.*

_Fichu peau rose. Il m'as pas ratée ... mais moi non plus.


Daya / Lokna


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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Thaleras Courselame le Jeu 10 Mar - 12:05

Tarides du Sud, à une heure avancée de la nuit. La lune éclairait faiblement la Balafre, faisant scintiller le métal des armes de sièges en poste de chaque coté de la dépression. La nuit était calme, après le vacarme habituel produit par les escarmouches entre l’Alliance et la Horde. Un oiseau tournoyait lentement au dessus de Fort-Triomphe, cherchant son repas du soir. Son regard acéré tomba sur une silhouette assise dans un renfoncement de l’escarpement rocheux qui surplombait les fortifications allianceuses. Trop grosse proie pour lui. Avec un cri de dépit, le rapace nocturne s’éloigna lentement.

La silhouette leva brièvement la tête en entendant le cri, puis se replongea dans son examen pensif du fort. Assis dans son coin d’ombre, le regard suivant machinalement le ballet dessiné par les torches des gardes toujours en alerte, l’elfe essayait de se remémorer les évènements de la soirée et de remettre de l’ordre dans son esprit.

Escalader la paroi rocheuse et pénétrer à l’intérieur des fortifications avait été un jeu d’enfant. Les trois ombres, plus silencieuses que des chats en chasse, avaient pu ratisser l’ensemble du campement. Même l’infiltration des tours, pourtant gardées, s’était déroulée sans accroc. Plongés dans leur réunion, les chevaliers du Serment n’avaient rien remarqué.

Puis la chance avait tourné. Caché avec l’apprentie orque près des caisses de ravitaillement qu’ils avaient entrainées à l’écart pour les subtiliser à l’Alliance, il attendait le début de la diversion prévue par leur chef pour filer. Au lieu de cela, un des furtifs du Serment leur était tombé dessus et avait donné l’alerte.

L’elfe grimaça à cette pensée. Les évènements s’étaient ensuite enchainés trop rapidement et il avait du régir à l’instinct. Il en gardait un souvenir assez confus. Le camp, auparavant calme, s’était mué en une gigantesque souricière. Des gardes couraient de partout. Des bruits de course, de combat et des ordres beuglés en commun résonnaient, alors que la fumée produite par l’incendie devant servir de diversion emplissait l’atmosphère du camp.

Il avait lutté un moment avec le furtif et récolté une belle entaille sur le flanc gauche. Passant sa main sur le pansement neuf lui entourant l’abdomen, il grogna. L’humain connaissait son boulot lui aussi, et lui s’était fait prendre à son propre jeu. Dans d’autres circonstances, il aurait salué la performance de son adversaire. S’il n’avait pas esquivé de justesse, la lame lui aurait probablement transpercé le ventre.

Il avait quand même réussi à se défaire de l’éclaireur ennemi en échappant à sa vue et à se planquer plus loin. Mais dans le feu du combat, il avait perdu l’orque de vue. Et n’avait reçu aucune nouvelle concernant leur chef. L’échec de la mission, et plus encore sa crainte concernant ses compagnons l’enrageait, lui faisait perdre le sang-froid à toute épreuve qu’il conservait habituellement. Fixant des yeux le dos d’un garde qui passait non loin, il s’était apprêté à le tailler en pièces, à bondir retrouver ses frères d’armes, mais …

« Casse-toi faire ce putain de rapport ! »

L’ordre avait été hurlé en orc, et par une voix qu’il reconnaissait sans peine. Il avait grondé, serré les dents, tiraillé entre son instinct qui le poussait à défendre les siens et son entrainement de soldat qui lui ordonnait de suivre les ordres. L’entrainement avait fini par remporter son combat intérieur, mais de justesse. Profitant de la panique ambiante, il avait trainé une des caisses de vivres dans un coin, derrière la tour, puis l’avait fait passer de l’autre coté de la muraille et l’avait dissimulée dans des broussailles. L’exercice n’avait pas franchement arrangé sa blessure, pour tout dire, et c’est en serrant les dents, le souffle court, qu’il avait remonté la piste menant au Fort de La Désolation. Heureusement pour lui, l’attention des gardes de l’Alliance était mobilisée par le raffut et les dernières bribes de fumée qui s’élevaient encore de Fort-Triomphe.

Arrivé au fort, il avait été accueilli par un raideur des Noirsang qui avait écouté son rapport, rendu quelque peu désordonné et incomplet par son état de fatigue et son énervement, et qui avait de plus soigné sa blessure. L’elfe palpa de nouveau la bande de tissu, songeur. Cet orc-là lui avait fait plutôt bonne impression, vu qu’il n’avait pas hésité à piocher dans les maigres ressources du fort pour soigner un mercenaire, sin’dorei qui plus est.

Il était ensuite reparti chercher cette fichue caisse de vivres, celle pour laquelle il avait dû fuir et abandonner ses compagnons sans connaitre leur sort. Il s’était acharné sur cette caisse, focalisant sa colère dessus, la trainant à travers les Tarides en faisant un large détour pour éviter les patrouilles humaines. L’effort avait fini de saper ses forces, mais la mince réserve de vivres reposait désormais juste devant les portes de la forteresse orque, le bois du couvercle gravé rapidement à la dague du sigle, stylisé mais parfaitement reconnaissable, des Maestria.

Désormais, il observait de son poste la forteresse ennemie. Un peu plus tôt, il avait réussi à se concentrer suffisamment pour joindre brièvement les autres Maestria et les mettre au courant de la situation. Ils étaient venus le rejoindre, mais ne pouvaient rien tenter. Le camp était encore en alerte et ils étaient trop peu nombreux. Avec l’aide de quelques sortilèges, ils avaient cependant pu apprendre que les deux autres éclaireurs étaient en vie, bien que prisonnières d’une des tours. Les autres étaient ensuite rentrés afin d’élaborer un plan. Lui n’avait pas voulu les suivre, préférant rester au calme et à un endroit stratégique d’où il pouvait surveiller les allées et venus des humains. Le sommeil ne lui viendrait certainement pas, de toute manière …

L’elfe s’étira, puis desserra son pansement. Il prit un pot de baume cicatrisant dans les affaires que lui avaient laissé les autres et en appliqua sur sa plaie en serrant les mâchoires, puis enroula de nouveau la bande de tissu autour de son torse. L’aube n’allait plus tarder, à présent…

***


« Les captives vont être relâchées. »

Il avait été extrêmement surpris d’apprendre la nouvelle. Il savait d’expérience que les paladins humains étaient en grande majorité des hommes d’honneur, mais il avait des doutes concernant l’aspect stratégique de cette décision. Toujours perché au dessus de Fort-Triomphe à transmettre l’état de la situation aux Maestria, il n‘était descendu de son poste d’observation que lorsque les captives avaient été escortées hors de leur tour, et avait alors rejoint les Maestria du « bon » coté de la Balafre. Il se tenait à présent parmi les siens, un peu pâle, les dents serrés et le regard fixé sur les chefs des deux factions, attendant la suite des évènements. Les captives furent amenées, une brève discussion s’ensuivit puis elles s’éloignèrent et enfilèrent rapidement leurs armures. Il inspira et desserra sa prise sur la garde de ses épées, soulagé de voir qu’elles étaient en bonne santé.

L’ordre soudain du Champion Noirsang le fit tressaillir. Il vit les catapultes orques envoyer les cadavres de trois humains et gronda, les mains de nouveau sur la garde de ses armes, se préparant au pire. Pire qui arriva effectivement. Sur un autre ordre du chef orc, les Noirsang s’élancèrent soudain sur les membres du Serment pris au dépourvu. Dégainant ses lames, il bondit alors dans la crevasse et fila rejoindre les Maestria. Certains des siens avaient déjà engagé le combat aux côtés des orcs, d’autres comme lui hésitaient et attendaient un ordre de leur supérieure.

« Maestria ! Au combat ! »

Il ne lui en fallait pas plus. Il s’élança avec les autres, ses lames tourbillonnant autour de lui, la rage accumulée depuis la veille se déversant soudain dans ses veines en lui accordant temporairement de nouvelles forces. L’assaut combiné des Noirsang et des Maestria repoussa le Serment hors de la Balafre, puis, les humains se repliant vers leur forteresse, l’ordre de cesser le combat fut donné. Il essuya ses lames sur un étendard méconnaissable qui trainait dans la poussière et les rengaina, puis se détourna et repartit lentement vers le Fort de la Désolation.

La fureur du combat passé, il était vide, épuisé. Sa blessure n’avait pas du tout apprécié le traitement subi et il faillit tourner de l’œil alors que les Maestria repartaient vers Tranchecolline.

A l’auberge, l’ambiance était morose. Rares étaient ceux qui approuvaient vraiment la tactique employée par le Champion des Noirsang. Trahir la trève instaurée … Assis devant la porte d’entrée, il contempla un moment ses lames émoussées par le combat, songeur.

La guerre n’a rien de glorieux, ni d’honorable. Elle se résume en une phrase : tuer, ou être tué. Et tout est bon pour survivre...

La lune éclairait faiblement la Balafre. Quelques armes brisées de plus sur le sol, quelques traces sombres de plus dans la poussière, voilà ce qui restait de l’affrontement de la soirée. A présent, la nuit était calme. Un rapace affamé tournoyait lentement dans l’air tiède du soir. Il repéra une proie et fondit dessus. Le petit rongeur affairé perçut trop tard l’oiseau et fut cloué au sol. Le rapace clama alors sa victoire, puis commença à déchiqueter son repas de son bec.

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Re: [A faire vivre] Les Tarides s'embrasent

Message  Iakov Magtorus le Ven 11 Mar - 2:15

Perché sur une caisse de fournitures, Iakov se laissait aller aux divagations dont seuls ceux qui se retrouvent sous un ciel étoilé sont capables : les questions existentielles.

« Est-ce que je ressens de la colère ? »

Hum… non, pas vraiment. Son statut de sous-fifre ne lui avait pas permis d’aller à l’encontre des ordres du Sénéchal, mais libérer deux espionnes, plutôt dangereuses de surcroit, lui avait semblé (et lui semblait toujours) être une erreur. Une très grosse erreur même. Miser sur une guerre psychologique était une chose, donner à l’ennemi l’occasion de récupérer des hommes et de précieuses informations en était une autre. Le résultat de cette fameuse rencontre au centre de la balafre avait été presque aussi prévisible que la défaite d’un aveugle à une partie de fléchettes. Leur infériorité numérique lui avait sauté aux yeux dès l’instant où il avait posé le pied dans la gigantesque crevasse, si combat il devait y avoir, ce serait un véritable bain de sang, une mêlée confuse où la chance était aussi importante que les compétences martiales pour espérer survivre.

Mais une fois encore il avait gardé son opinion pour lui et s’était tenu dissimulé dans les ombres, à peine quelques pas derrière les deux émissaires de la Horde : un elfe et ce fameux orc à la carapace noire, le colosse dont il avait en vain essayé de percer l’épais cuir lors de la dernière escarmouche à Taurajo. La suite était connue de tous, l’ironie avec laquelle les peaux-vertes avaient honoré leur part du marché lui avait même arraché un sourire, bien vite estompé par la nécessité de quitter cet abattoir à toute vitesse. Un contrat avec trop de liberté d’interprétations conduisait immanquablement à des coups fourrés. Les gens étaient ce qu’ils étaient et ne manqueraient pas une occasion d’obtenir la marchandise, l’or de la marchandise, et la fille du marchand, si le cœur leur en disait. Les orcs avaient démontré une règle immuable en affaires comme à la guerre : ne jamais croire qu’il y ait quoi que ce soit de bon ou de louable chez son vis-à-vis.

« Cela t’a amusé au début, n’est-ce pas ? »

Oh oui, cela l’avait amusé, terriblement. Il n’était pas soldat de formation, les batailles rangées, les face à face et autres joyeusetés de ce genre ne lui plaisaient pas, trop de risques, trop de facteurs aléatoires. En revanche, se mesurer à ceux qui comme lui avaient décidé d’emprunter la voie des Ombres lui provoquait toujours un léger sentiment d’exaltation, la promesse d’une bonne partie de chasse où les rôles de proie et de prédateur pouvaient s’inverser à tout moment. Cette elfe qui était sur le point de fuir par la grande porte, il s’était lancé après elle et l’aurait poursuivie jusqu’à son propre refuge si une flèche inopportune n’avait pas subitement mis fin au jeu.

« Tu penses que tu aurais eu la moindre chance ? Tu n’as pourtant pas été capable de sentir leur présence au sein même du fort. »


Il n’avait pas la prétention d’être le meilleur dans ce qu’il faisait, loin de là, Kelbourg le surpassait largement en combat rapproché, tandis que Dame Prod était aussi insaisissable qu’une bourrasque de vent. Il acceptait cet état de faits et travaillait toujours plus pour s’améliorer, bien entendu. Mais avec cette anguille, comme il aimait appeler leur ancienne prisonnière aux oreilles pointues, il voulait avoir une nouvelle occasion de prouver ce dont il était capable.

« Tu es arrogant et présomptueux »

Oui, mais il était doué.

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