Brides de vie d'Akyce Khedifa, du Clan Sable-Argent.

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Brides de vie d'Akyce Khedifa, du Clan Sable-Argent.

Message  Akyce Sable-Argent le Lun 28 Fév 2011, 21:20

Les origines du Clan Sable-Argent.



Tanaris, le Grand Désert de Kalimdor. Peuplé d’ogres, de gobelins, de trolls, d’animaux dangereux. Mais aussi d’humains. Ces humains aux origines inconnues, qui se sont établis çà et là dans cet océan de sable. Certains étaient nomades, marchands itinérants ou pilleurs vagabonds. D’autres plus sédentaires, ils tentaient de maîtriser certains points stratégiques du désert, où des zones où les ressources étaient abondantes.

Les clans se faisaient de moins en moins nombreux, la loi du plus fort étant en vigueur parmi ces hommes et ces femmes, qui, parfois, se livraient à des combats mortels, ou des clans entiers finissaient décimés.

Parmi ces clans, celui le plus connu restait le Clan des Bat-le-Désert. En effet, quiconque traversait le désert se retrouvait bien souvent confrontés à ces nomades voleurs, sorciers ou ensorceleurs, organisés telle une meute de hyènes pour arracher les bourses des voyageurs, ne leur laissant que rarement la vie sauve.

Les origines de ce clan sont méconnues. Pourtant, l’on peut retrouver un ouvrage écrit par un gobelin explorateur et historien, traduit en Orc, en Commun, et en Tanaride, dont voici quelques pages :

Les Bat-le-Désert ont anéanti bien des peuples, soit pour les soumettre et les faire entrer dans leurs rangs, soit pour prendre leurs ressources et leurs biens. Ou bien encore, poussés par des croyances et les ordres des membres les plus sages. Les Bat-le-Désert comptaient parmi eux des hommes dotés de capacités et de compétences diverses. Certains sont agiles, rapides, vifs, et très doués pour les combats à l’arme blanche. D’autres savent invoquer des démons, les contrôler, et user de divers pouvoirs démoniaques pour lancer des sorts, parfois d’Ombre, parfois de Feu. D’autres encore sont des ensorceleurs, utilisant la magie des Arcanes pour combattre.

Ces derniers étaient considérés comme les plus sages, et les plus dangereux. En effet, cette magie des arcanes était la compétence que les gens pouvaient voir se manifester, mais ils avaient d’autres capacités bien plus destructrices, qui pourtant n’étaient pas voyantes. Ils savaient s’inspirer des astres pour avoir des visions d’avenir. Ils savaient également manipuler les esprits. Entrer dans les rêves pour les visiter, ou y déposer des cauchemars. Mais leur proie n’était pas obligée de dormir pour être investie de leur magie. En effet, même éveillé, ils savaient contrôler les esprits des humanoïdes, ou des bêtes, pour leur infliger de la douleur, ou encore pour s’emparer de leurs corps, et les manipuler telles des marionnettes.

Leurs connaissances et leurs visions guidaient les Bât-le-Désert, et les aidait à accomplir leurs sombres actes, et à éviter les attaques. Mais un jour, une dispute changea toute cette organisation.

Yassine Khedifa, l’un des plus grands ensorceleurs, avait fait une découverte étonnante. En effet, il était doué pour l’enchantement, et savait donner des propriétés magiques à certains objets. Après une visite dans les grottes du temps, accompagné de quelques-uns de ces sages disciples, ils ramenèrent leurs butins dans un camp établi vers l’Est du désert. Entre les artefacts sans âges et autres écailles de dragons qu’ils avaient pu ramener se trouvaient un sablier, faisant la moitié de la taille d’un humain. Ne sachant qu’en faire, Yassine et ses disciples étudièrent cet artefact.

Après plusieurs analyses et plusieurs expériences, ils découvrirent que ce sable était très puissant, et n’était pas extraordinaire que par sa couleur argentée. En effet, en combinant certains sorts à ce sable, d’autres phénomènes se produisaient. Les premières découvertes furent que ce sable pouvait prendre vie. Des incantations dirigées vers ce sable lui faisait prendre forme et vie. Ainsi se créaient des serpents ou scorpions, au début éphémère. Mais le travail acharné de ces érudits permirent de développer des techniques permettant à ces créations de durer, et de prendre des formes parfois plus impressionnantes. Pendant ce temps, les combats ne désemplissaient pas, mais la victoire devenait moins difficile à obtenir. Yassine avait découvert comment changer ce sable en Drake de Bronze. Des Bat-le-Désert étaient chargés de récupérer de ce sable dans le fin fond des Grottes du Temps, et de le ramener. Une fois qu’il en eu assez, il put matérialiser ce dragon qui balayait ses ennemis de son souffle foudroyant.

Mais le chef des Bat-le-Désert fût rapidement jaloux. Vexé de cette attitude qu’avait les ensorceleurs, fiers de leurs talents, mais refusant de les partager avec ceux qu’ils pensaient être de simples hommes de mains, il entreprit de reprendre sa place, de force s’il le fallait. Il complota avec ses meilleurs hommes pour assassiner Yassine Khedifa dans son sommeil. Mais il omît de se rappeler des capacités de visions des ensorceleurs. Avertis par les astres et leurs rêves, les ensorceleurs décidèrent d’accepter le défi, et de le prendre à son propre piège. Quelques jours avant la date prévue, pour l’assassinat, un combat allait avoir lieu près de Gadgetzan contre le Clan des Cendres. Cette fois-ci, Yassine n’invoqua pas de Drake de Bronze, ni de scorpides ni de serpents. Mais il se rendit sur le terrain avec ses hommes, avant les autres Bat-le-Désert. Ils déversèrent une grande quantité de sable argenté sur le sable déjà en place. Ils se mélangèrent avec le vent, tandis que les ensorceleurs incantaient, tout autour de la zone. Le sable luisait, et brillait dans la nuit comme pour remplacer la Lune, qui cette nuit-là, n’éclairait pas le désert, gardant secrète cette opération des yeux des autres Tanarides.

Le lendemain, la bataille se déroula à cet endroit-là, comme prévu par les visions des ensorceleurs. Ces derniers restaient prudents, sachant déjà que le Clan des Cendres n’allait pas faiblir aujourd’hui. Les pertes étaient partagées, et les deux clans finirent par battre en retraite. Mais le vent, durant la bataille, avait apporté le sable dans les yeux de la plupart des tanarides. Les jours suivant, chaque ensorceleur pouvait voir ce que voyaient ceux qui avaient été affecté par le sable, connectés par une vision télépathique puissante. Ils purent ainsi espionner le Clan des Cendres, mais aussi et surtout, surveiller les autres Bat-le-Désert. Le soir de l’assassinat arriva, et tous les ensorceleurs s’étaient cachés autour de la tente de Yassina Khadifa, usant des capes enchantées pour être invisibles. Ils attendaient, suivant les traitres grâce à la connexion visuelle qu’ils avaient provoquée. Au moment venu, les ensorceleurs surgirent, et surprirent les assassins, projetant des traits d’arcanes, ou infligeant la douleur à leurs esprits. Beaucoup moururent sans pouvoir réagir, mais ceux qui restaient se montrèrent plus vifs. La vision télépathique aidait les ensorceleurs à éviter les coups de dagues, mais pas tous. Certains n’ont pas survécu. Le chef des Bat-le-Désert, prit vite conscience qu’il ne pourrait pas le tuer si facilement, et ordonna à ses hommes de battre en retraite. Les disciples de Yassine Khedifa ne les poursuivirent pas longtemps. Ils allèrent rapidement chercher leurs enfants, leurs compagnes ou compagnons, pour s’apprêter à quitter le camp, et se sépare des autres Bat-le-Désert. Certains refusèrent, et préféraient rester avec leur premier chef.

Yassine Khedifa prit donc avec lui ce qu’il estimait être l’élite des tanarides, et fuit vers d’autres horizons, se rapprochant un peu plus des grottes du temps, sur lesquelles il gardait un œil. Lui et ses disciples exploitèrent donc cette zone en récupérant le sable le plus discrètement possible, et l’utilisèrent pour les combats, mais aussi pour les enchantements. Plus le temps passait, plus ils abandonnaient leurs affinités avec les arcanes pour ne plus utiliser que ce sable qu’ils savaient à présent manipuler avec brio. Ils ne gardaient plus que cette arme, et leurs capacités initiales liées à la manipulation d’esprit. Yassine Khedifa baptisa son Clan le Clan Sable-Argent, en référence bien évidemment à ce sable enchanté qui changea le cours de sa vie, et le cours de l’histoire de Tanaris. Il eut 3 fils, qui se sont avérés plus compétent dans les arts du combats que dans la magie, et une fille, qui à l’inverse, avait un réel don pour la manipulation des esprits...


Dernière édition par Akyce Sable-Argent le Lun 28 Fév 2011, 21:59, édité 1 fois
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La Libertine.

Message  Akyce Sable-Argent le Lun 28 Fév 2011, 21:30

La Libertine.



Akyce rentrait à l’auberge du quartier commerçant, où elle avait une petite chambre depuis deux semaines maintenant. Debout sur son tapis qui ondulait lentement dans l’air d’Hurlevent, le vent frais de cette nuit lui était désagréable. Alors qu’elle glissait dans le ciel, elle ne semblait pas concentrée sur son vol, complètement absorbée ailleurs. Ce sourire qui illuminait en permanence son visage, d’habitude, laissait place à une attitude fermée. Son visage exprimait l’inquiétude, la culpabilité et la honte. Comment lui expliquer, comment réagir. Et pourquoi ne s’était-elle rendu compte de rien ? Sans doute trop habituée à ces voyageurs ou nomades qui ne mettaient aucunes formes correctes à leurs avances, elle n’avait pas su percevoir les sentiments de cet homme qui s’était entiché d’elle, et qu’elle connaissait pourtant si peu. Mais après avoir entendu le récit de sa vie, comment pouvait-elle se donner à lui ? Il dit avoir été marié, autrefois, preuve des valeurs qui lui sont sans doute chères. La fidélité, le don de soi, l’engagement. Tout ce qu’elle refusait profondément, elle ne voulait pas s’adapter, et lui imposer son mode de vie le ferait souffrir.

Elle ne voulait pas finir comme ses cousines, avant qu’elles ne soient tuées ou vendues. Elles étaient mariées. Elles appartenaient. Elles n’étaient plus que des objets, utiles, parfois, mais des objets inanimés. A croire que leurs époux avaient oublié qu’elles avaient pu avoir des sentiments. Pas d’attention, pas de question, leur avis n’importait pas. On ne leur demandait rien d’autre que de travailler, à l’ombre des autres, et de s’allonger, le temps qu’ils se fassent plaisir, rien de plus, rien de moins. Elle ne comprenait pas comment elles avaient pu accepter autant de mépris, autant de non-considération, mais ses cousines semblaient approuver ce mode de vie. Elles prétendaient que leurs voiles les protégeaient de la chaleur et du sable, et que la question n’était pas de se cacher des autres hommes. Et pourtant. Akyce se souvenait.


Sa tante, pourtant respectée par le clan, d’habitude, avait été jugée, condamnée, pour avoir osé exister d’elle-même, autrement qu’à travers son mari.

Un soir, lors d’un grand repas qui réunissait la quasi-totalité du clan, l’attention fût portée sur la dispute. Tamara, sa tante, avait osé suggérer de proposer des lots de potions diverses, pour inciter les voyageurs à tester ce qu’ils ne connaissaient pas, pour qu’ils achètent des produits plus variés, lancer de nouveaux produits, une idée intéressante. Mais son époux, qui était le commerçant principal de cette branche, n’était pas de cet avis. S’en suivit une dispute, qui ne partait de rien : des reproches quant à la façon de présenter les fioles, ou la mauvaise gestion du stock de plantes, des broutilles. Mais la famille s’en est mêlée. Les hommes, outrés et indignés qu’une femme puisse parler ainsi à son mari, prirent part à la dispute avec ferveur.

L’un d’eux dévoila qu’il l’avait surprise à Gadgetzan, visage découvert, alors qu’elle s’occupait seule de l’étalage des potions, et qu’elle souriait à tous passants qui s’approchaient. Tout le monde eut l’air scandalisé, y compris une bonne partie des femmes de la famille. Tamara reçu une gifle de son mari, alors que tous les yeux étaient rivés sur eux. Le peu de fierté qui lui restait en prit un coup, et son humiliation fit sortir la rage de sa bouche. Elle se rebella, et criait qu’elle aussi savait penser, qu’elle pouvait exister. Son mari, se leva, menaçant. Poussée par la haine, Tamara passa aux aveux. Elle déclara, publiquement, qu’elle ne l’aimait pas, et qu’elle l’avait épousé seulement pour rejoindre le clan, bien plus riche que celui duquel elle venait. Et qu’en secret, il lui arrivait de revoir son ancien amant, qui faisait toujours parti du clan des Sombrevisage.

Elle s’attira les foudres de toute la famille, qui n’hésita pas à la couvrir d’insultes, et à se montrer violent avec elle. L’homme, humilié publiquement comme il avait humilié sa femme, prit la parole d’une voix forte, coléreuse et émue. Il ordonna l’exil de Tamara. Cette dernière regretta aussitôt ses mots, mais il était trop tard pour reculer. Elle n’eut pas de délai, et fût chassée du camp, sans même une gourde. Elle s’éloigna dans le désert, sous les yeux d’Akyce, compatissante, elle était l’une des seules à ne pas l’avoir jugée. Elle se rendait compte de sa condition de femme ici, et ne comprenait pas que l’on puisse être traité de la sorte, et encore moins, d’accepter de l’être.

Il y eu d’autres repas, plus tard, alors qu’elle devait avoir 16 printemps environ, durant lesquels les discussions avaient tourné autour d’elle. En effet, elle n’était pas mariée, elle n’avait donc pas à cacher son visage, mais ce qu’elle faisait était plus grave encore, selon la communauté. On entendait les échos de ses aventures dans les autres clans. En effet, précocement consciente de son charme et de sa beauté, elle en usait sans retenue dès qu’elle le pouvait, à tous les fins, y compris au seul fin de se faire plaisir. Ce comportement était instinctif chez elle, car bien que sa mère soit morte peu après sa naissance, les autres femmes de la famille avaient tenté d’ancrer en elle le comportement à adopter, en vain. Des tenues toujours plus légères, le regard lubrique, un sourire aguicheur, tout en elle était provoquant et ambigu. D’un naturel tactile, elle adorait sentir les peaux frissonner sous ses douces mains, et séduisait dès qu’elle en avait l’occasion, c’en était presque pathologique.

Mais alors que les indignations des hommes du clan, et les jalousies des femmes s’abattaient sur la jeune fille, qui pourtant, gardait le sourire et la tête haute, ses frères mirent fin aux débats, en haussant le ton. Alors que Khalym nia les faits qui étaient reprochés à sa sœur, Malzahar finit par déclarer que quand bien même elle aurait agi ainsi, elle était la seule responsable, et libre de ses choix. Et que personne n’était en droit de dicter sa conduite, car leur vision du bonheur et de la droiture n’était peut-être pas celle de tout le monde, n’était peut-être pas celle d’Akyce. Jaffad se fit plus discret, ne voulant pas faire ré-éclater le scandale de ses relations incestueuses avec sa sœur.


Akyce faisait donc fi des jugements, et des lois qui voulaient l’enchaîner à l’ennui, à la soumission, et agit ainsi jusqu’à son engagement auprès du Clergé de Hurlevent. En effet, même après son arrivée au Comté du Nord, son appétit était le même. Elle goûta à autre chose qu’aux bruns aux grains de peaux foncés, donnant la chance à quelques gardes et autres bûcherons à la peau et aux cheveux plus clairs, d’essayer de faire plaisir à cette créature kinesthésique, douée de ses mains, consciente et habile de son corps. Ces hommes étaient tous prévenus que ce n’étaient que des bagatelles, et que même s’ils se revoyaient, il n’y aurait pas de véritables sentiments amoureux, et pas de promesses de sa part.

Elle repensa à deux guerriers, qu’elle avait fréquentés pendant une longue période. Même si elle n’en était pas tombé amoureuse, elle s’avouait qu’elle avait à l’esprit de les soumettre, et faisait tout pour les garder à sa botte, bien qu’elle, passionnément libre, ne s’interdisait pas de voir d’autres hommes, et ne s’en cachait pas. Cette attitude de dévoreuse libérée de tout complexe retenait d’autant plus ces deux guerriers, dont la jalousie les rendait encore plus aimant. Mais elle dû se séparer d’eux lors de son départ. Il lui arrivait de regrettait leurs corps et leurs manières de faire, certains soirs de solitude…


Elle rentra dans sa chambre, déjà angoissée à l’idée de recroiser ce prêtre avec qui elle avait pourtant passé une excellente soirée. Elle eut du mal à s’endormir, se demandant comment elle pourrait le réaborder, ce qu’elle devait faire et ce qu’elle devait lui dire. Elle se perdait dans ses pensées, finissant par imaginer ce qu’il aurait pu se passer si elle avait cédé… Elle s’assoupit alors dans un rêve, où le Père fit plaisir à Akyce toute la nuit, où elle ne craignait pas de lui faire du mal, et où elle ne se sentit pas coupable, se donnant sans retenue.
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La Marchande et le Porte-Flamme

Message  Akyce Sable-Argent le Lun 28 Fév 2011, 21:58

La Marchande et le Porte-Flamme



Le soleil était à son zénith lorsqu'ils arrivèrent. On ne voyait pas souvent les membres du Clan des Cendres à Gadgetzan, et on pouvait compter ceux qui voyageaient à dos de Silithide sur les doigts d'une main.


Le Clan des Cendres était à l'époque un mystère épais. Personne ne savait d'où ils venaient, ce qu'ils faisaient, et comment ils survivaient dans le désert profond. Des rumeurs, tout au plus. Certains prétendaient qu'ils servaient les silithides, d'autres qu'ils étaient des cannibales, d'autres encore qu'ils pratiquaient la nécromancie, entre autre joyeuseté arcaniques que la morale réprouve. Comme souvent dans ce genre de cas, ils se trompaient tous.


Les deux passagers descendirent souplement de l'insecte frémissant et entrèrent dans la ville. La première était une femme, indubitablement. Une longue chevelure rousse aux boucles folles, des yeux bleus en amande entouré d'une pointe de maquillage, le teint mat et quelques tâches de rousseur sur les joues. Un air impérieux et fier, très différent de la plupart des femmes humaines de Tanaris qui vivaient pour la plupart au sein de société plus coercitive. Et pour parachever le tableau, une lourde armure rouge et or accompagnée d'une grande lame à deux mains.


Le second était un homme, ou plutôt un adolescent du nom de Khassim. Il n'avait pas le charme désinvolte et le sourire en coin des baroudeurs habituels du désert. L'apprenti Porte-Flamme attirait l'oeil, certes, mais c'était une beauté glacée et intimidante qu'on admirait de loin mais que l'on craignait d'approcher.


Khassim échangea quelques mots avec la cavalière en armure, et elle partit en direction de l'armurerie pendant qu'il approchait de l'échoppe d'une marchande de tapis dont on avait vanté les mérites, bien qu'il n'avait pas très bien saisi si ceux qui l'avaient renseignés parlaient des grâces de la marchandise ou de la marchande, une certaine Akyce, soeur cadette d'une fratrie de mercenaires.


Trois hommes bruyants semblaient en grande conversation devant l'échoppe. Il était dur de savoir s'ils fanfaronnaient devant la jeune fille qui la tenait, ou s'ils la menaçaient. La demoiselle aux yeux bleus avait mis son menton dans sa main, accoudée au comptoir, et les observait avec une pointe d'amusement qui se transformait lentement en ennui.

Le jeune homme se râcla la gorge, puis pris la parole. Il avait hérité de la voix grave aux accents suaves de son père, l'équivalent sonore d'un manteau de fourrure.


«Excusez-moi, Humbles fils du désert. Je vous prie de m'excuser de vous déranger, mais il se trouve que j'aimerai effectuer un achat dans l'échoppe fort bien achalandée qui se trouve derrière vous. Me céderiez-vous le passage, je vous prie ?»


Il s'inclina ensuite très bas, humblement, poignets en l'air et tête baissée, selon la tradition tanaride.


Il y a beaucoup de choses à ne pas faire, avec le Bat-Le-Désert moyen. Faire preuve d'humilité et de politesse en est une. Utiliser un mot de plus de deux syllabes en est une autre. Le pillard fit montre d'une éloquence rare pour lui expliquer qu'il n'accèderait pas à sa requête :


«Dégage, petit. Avant qu'il ne t'arrive des bricoles»


Après s'être si brillamment exprimé, le pillard retourna à sa querelle avec les deux autres. Le jeune homme, quand à lui, croisa les mains dans le dos et attendit patiemment une dizaine de seconde de plus, tandis que la demoiselle le détaillait avec intérêt. Il l'observa en retour.


C'est assurément la Sainte Flamme qui avait mis cette jeune fille sur sa route, afin qu'il aie une nouvelle preuve des beautés de ce monde. Il n'avait que très rarement vu de demoiselles aussi gracieuses. Elle lui offrit un beau sourire et il lui adressa un léger signe de tête en retour, puis repris la parole, avec humilité et politesse :


«Rebonjour, mes frères. Je vous prie de m'excuser de vous importuner à nouveau, mais figurez vous que je désire toujours faire mes achats. En outre, vous manquez de respect à cette jeune fille en agissant comme des hyènes affamées devant une charogne. Je vous suggère de quitter les lieux incessament si vous comptez profiter pleinement de cette journée qui s'annonce magnifique.»


Les trois pillards se retournèrent d'un bloc.


«Il nous "suggère". C'est adorable. Je vous propose de le faire couiner un peu pour lui apprendre le respect dont il parle, qu'en pensez-vous, les amis.
-Je tiens à vous avertir que je n'hésiterai pas à employer la violence, si vous vous montrez trop insistant, mes frères. Faîtes le bon choix, quittez ma route.
-Ah, je saisis mieux. Il joue les lions pour plaire à la catin derrière.»


Khassim plissa les yeux légèrement. Voyez-vous, il y a aussi beaucoup de choses à éviter, avec le membre du Clan des Cendres moyen. Abuser de sa patience et de sa politesse en est une. Traiter une femme de "catin" devant lui en était une autre.


Le Bat-Le-Désert l'appris à ses dépends au moment où une lame courbe surgit du fourreau située à la hanche de Khassim, traversa son armure ainsi que divers organes vitaux, avant de retourner dans son fourreau. La scène avait été brève et le pillard n'avait pas eu le temps de souffrir.


Un second pillard décida de venger son chef, mais son coup ne toucha que du vide tandis que le Tanaride agile esquivait avec souplesse . Il trébucha légèrement, poussé par son inertie, et fût cueilli par un coup de pied dans l'estomac et une manchette à la gorge qui le laissa gémissant et toussant sur le sol. Khassim plongea son regard dans celui du troisième homme, qui sembla décider que ranger son sabre était une excellente idée s'il comptait survivre assez longtemps pour raconter cette histoire à sa descendance.


«Sage décision, mon frère, dit-il pendant que le second bandit se relevait en se tenant la gorge, vous devriez prendre le cadavre de votre ami et quitter les lieux. Que la Sainte Flamme vous pardonne pour vos offenses, tout comme je vous pardonne.»


Ils ne se firent étonnamment pas prier. Un léger flottement se fit pendant que les passants silencieux regardaient la scène. Puis le brouhaha repris, après tout, Gadgetzan en avait vu d'autres.


Khassim enjamba le cadavre comme si de rien n'était, et gratifia la marchande d'une nouvelle révérence, poignets en l'air et tête baissée. Il posa ensuite ses deux mains gantées de cuir noir sur le comptoir et posa son regard empreint de sérénité dans celui de la jeune fille.


«Pardonnez à ces individus, je vous prie. Le désert leur a dérobé leur humanité et ils ne savent pas ce qu'ils font. Accordez leur votre pitié et une place dans vos prières. Pouvez-vous me présenter votre marchandise ?»


La jeune fille, encore impressionnée par la démonstration violente du potentiel acheteur, ne semblait pas tant écœurée à la vue du cadavre et du sang, peut-être habituée à voir des blessés, ou des morts.

Elle n’avait pas quitté le jeune homme des yeux, et le détaillait encore, admirant sa fière allure et son air serein qui tranchait avec l'animation du lieu, comme un rocher planté au milieu d'une mer en furie.


Elle reprit son sourire accueillant, presque aguicheur, tandis qu’elle s’adressait à sa nouvelle proie.


« Ils sont plus à plaindre qu’à pardonner, j’ai l’impression, surtout à présent. Ils se souviendront de vous ! Et moi aussi. On n’a jamais montré une telle détermination pour pouvoir approcher mes tissus, je suis flattée, et votre méthode originale est intéressante. »


Elle le fixa longtemps, langoureusement, comme si son regard azuré plongeait dans celui du tanaride pour le caresser de l’intérieur, dans une infusion de chaleur douce. Ce regard pénétrant et troublant, affûté par des années de pratique et ne manquant jamais de faire son petit effet ne sembla pas trouver de prise dans l'apprenti Porte-Flamme, qui se contenta de hausser une épaule avant d'ajouter :


«Et salissante. Je n'ai pas de quoi vous acheter deux marchandises, mais je vous promets de vous retrouver pour vous rembourser ce tapis souillé de sang. Et si vous me parliez de vos marchandises ?


La jeune fille fût décontenancée l'espace d'un instant par l'impassibilité apparente de son interlocuteur, mais sa fibre commerciale d'exception lui fit très vite retrouver son aplomb. « Et bien, j’ai beaucoup de choses à proposer, comme vous pouvez le constater ! » Elle présenta de ses mains ouvertes son étalage qui se trouvait devant elle, et les quelques tapis suspendus qui l’entouraient. Les bracelets d’argent qu’elle portait sonnaient dans un carillon mélodieux, qui ajoutait un peu plus de grâce à ses gestes.


L’étalage était simple, mais ses marchandises attiraient l’attention, et suffisaient à rendre la boutique attrayante. Des étoffes pliées avec soins étaient posées sur un côté de la planche de bois foncée, des étoffes de toutes les couleurs, des couleurs vives, du rouge au bleu, en passant par du rose ou du pourpre.


Les matières étaient également très diverses, du lin, des soins plus ou moins raffinées, du coton… De l’autre côté, des petites boites en longueur, faites en verre. Certaines étaient ouvertes, et présentaient des fils tendues qui luisaient légèrement, de différentes couleurs, et d’une intensité plus ou moins forte.


Autour de la marchande, des tapis étaient suspendus, des tapis magnifiques. Des arabesques colorées dessinaient des formes abstraites en tout genre sur le tissu de qualité, aucun n’était similaire. Des tailles et des couleurs différentes, encore une fois, le choix était grand. A y regarder de plus près, deux de ces tapis bougeaient de temps en temps, et il était évident que ce n’était pas le vent, mais bel et bien un enchantement.


En arrière, on pouvait voir quelques étagères, remplies de divers voiles, chaperon, capuches, et surtout des robes. Certaines étaient étendues au fond, on les voyait dépliées, et même l’œil le plus amateur pouvaient constater de la qualité de ces créations. Là encore, les couleurs étaient présentes, vives et intenses, et assez diverses pour séduire n’importe qui.


Bien que la marchande ait retenu l’attention de Khassim, celui-ci prît un temps pour admirer les marchandises, les yeux plissés. Il s'approchait de très près des étoffes pour les observer, laissant parfois glisser sa main dessus pour en sentir la texture.


«Une finition impeccable. Vous méritez toutes les éloges que j'ai pu entendre sur vos marchandises. Que sont ces fils, tendus dans ces boîtes ? »


Akyce sourit aux compliments du jeune homme, mais sans trop en faire, habituée à de telles éloges. Elle prit une boîte en verre avec délicatesse, qu’elle tendit vers l’homme, simplement pour lui montrer. Elle entama son discours commercial, parsemé de sourires charmeurs, et de regards appuyés.


« Des fils enchantés. J’en ai de toutes les sortes. A votre demande, je peux les broder sur les vêtements que vous portez, ou que vous me portez, ou bien sur autre chose dans ma boutique qui vous intéresse et que vous souhaitez m’achetez. En plus d’ajouter une particularité esthétique à l’étoffe, elle y donne des propriétés magiques, plus ou moins importantes. Le prix variant avec la puissance de l’enchantement, évidemment. Il m’est possible de faire que votre voile modifie votre voix lorsque vous parlez à travers, ou je peux également permettre à votre cape de vous rendre invisible. Le choix est très large, dites-moi ce que vous voulez pouvoir faire, j’aurai peut-être de quoi vous satisfaire. »


Khassim écoutait attentivement, hochant la tête de temps en temps, fasciné par cette marchandise. Ses yeux curieux ne voyaient pas l’homme, qui l’observait de loin. Une silhouette élancée se tenait sur le côté, quelques pas plus loin. Il portait un masque, on ne voyait que le haut de son visage. Des yeux d’un bleu foncé fixait le Porte-Flamme tandis qu'il s'adressait à la jeune femme.


Il s'appellait Jaffad, le frère de la marchande, et était aussi connu pour ses pillages que pour l'affection ambigüe qu'il portait à sa soeur . Remarquant que les yeux de sa petite soeur s'attardaient sur l'inconnu avec un peu plus de langueur que d'habitude, il entreprit de vérifier si tout allait bien, inquiet et peut-être un brin jaloux.


« Tout va bien Akyce ? » demanda-t-il sur un ton évoquant plus le grondement d'un fauve que la sollicitude fraternelle. Il adressa sur ces mots un regard inquisiteur à son vis-à-vis.
Ce dernier le salua avec sa politesse habituelle.


Akyce répondit à son frère, exaspérée par son paternalisme étouffant et se doutant de ce qui se cachait derrière.


« Je vais bien, Jaffad, comme toujours. Cesse un peu d’intervenir quand il ne le faut pas. » Elle lacha un profond soupir en le regardant, puis offrit un sourire enjôleur à Khassim.
Jaffad, se vexa, et fronça les sourcils en s’adressant au Porte-Flamme.


« Qu’est-ce que vous lui voulez, jeune homme ? »
Khassim répondit avec politesse, mais fermeté :


« Je ne cherche pas la querelle, Sire. Trois hommes l'ont fait avant moi et ils ont mal terminés, ajouta-t-il en regardant le sable souillé de sang à ses pieds. Je m’intéresse à ses créations simplement, et mon attention se portait sur ce rouleau de tissu rouge, là-bas, avant votre venue. »


Khassim observa le nouveau venu un instant, mains croisées dans le dos, fronçant un instant les sourcils en se rendant compte de son identité. Jaffad quand à lui, songea qu'il avait vu cet homme arriver avec une femme portant l'armure caractéristique des Porte-Flammes, ce qui faisait donc du jeune homme un membre du Clan des Cendres.


Il adressa des mots secs à sa sœur. « Tu ne devrais pas traiter avec lui, Akyce. Je te le dis. »
Elle rétorqua avec agacement : « Je crois que tu es très impoli, et que ce n’est pas comme ça que ce sire se décidera »


Le Porte-Flamme ajouta que son or valait bien celui des autres habitants du désert et qu'il ne souhaitait pas provoquer une querelle.


«Donnez moi le prix de ce rouleau de tisse-mage rouge, je vous prie. Je ne souhaite pas vous importuner plus , et vous prie de m'excuser d'avoir abusé de votre temps, Honorée. Il semblerait qu'il soit précieux aux yeux du Sire qui vous surveille. »


Il lui offrit l'ombre d'un sourire pour appuyer ses propos.


« Il l’est, et moi seule est en droit de définir à quoi et avec qui je passe mon si précieux temps ! » Elle fusilla son frère du regard. « Va rejoindre Khalym et Malzahar, je les ai vus revenir au campement avec une mule pleine de sacs, je suis certaine qu’ils ne voudraient pas savourer leur « glorieuse » réussite sans toi ! »

Jaffad grinça des dents, portant vivement sa main à sa bourse d’un tissu bleu et gris magnifique. Sa petite sœur fit les gros yeux, et haussa le ton, presque menaçante. « Ne t’avise pas !... »

Le mercenaire garda sa main dans cette bourse mystérieuse, et s’avança à pas pressés vers la jeune femme, qui eut un mouvement de recul, craintive. « Tu n’es pas en droit de me parler de la sorte, et je te l’interdis. C’est grâce à moi si tu peux faire tout ça, tu m’es bien plus redevable qu’à ce cafard. J’exige que tu me respectes, tu as compris ! Ne t’adresse plus à moi en me regardant dans les yeux ! »

Au fur et à mesure de son sermon, il s’approchait dangereusement d’elle, tandis qu’elle pâlissait de peur. Ravalant sa salive, elle se ressaisit et se reprit, pour reprendre un sourire, plus forcé, à l’attention du gentilhomme.

« Le rouleau rouge est à 10 pièces d’or. Si vous en prenez deux, je vous les fais à 15 pièces. Si vous m’en prenez trois, ce ne sera que 23, et je vous offre un fil enchanté en prime. Enchantement contre la soif. Mais attention, il n’enlève que la gêne et la sensation, pas la nécessité de boire. » Elle prit trois rouleaux d’étoffes rouges dans ses mains, avant que son client ne se prononce.

Celui-ci sourit légèrement, en portant sa main à sa bourse, pour en sortir les pièces d’or. Il prit sa marchandise, la petite boite en verre en plus, en échange de sa dote, et présenta à nouveau ses excuses à la marchande, qui semblait avoir quelque peu perdu en assurance. Après l’avoir remerciée poliment, il lança un regard sévère à ce frère dominateur, et commenta son comportement. « C'est amusant que vous me traitiez de cafard. Puisque nous en sommes aux animaux, il n'en est que deux dans ce désert qui soient capable de faire du mal à leurs frères et sœurs. Les vautours, et les hyènes. Puisque vous faîtes partie des charognards mais que vous n'avez pas l'air de voler très haut, je vous invite à en tirer les conclusions qui s'imposent » Il termina par un sourire calme, et se retourna lentement. Akyce avait souri, et incliné la tête en direction du Porte-Flamme pour le remercier, presque émue.

La jeune fille poussa un cri, en apercevant son frère, dépassé par sa colère, sortir sa main de sa bourse, lançant une poignée de sable enchanté au visage du jeune homme. Des grains de sables aussi fin que de la poussière, dont l’aspect était semblable à de l’argent réduit à l’état de grains très fins. Cette poudrée, éblouissante à cause du soleil, allait atteindre les yeux de Khassim, quand Akyce tendit sa main, en murmurant des mots païens. Une partie de la poudrée se mélangea à une vitesse folle, et se matérialisa en un serpent gris, qui chuta instantanément, pétrifié. Quelques grains de sables ne s’étaient pas arrêté, et avait atteint le visage du malheureux. Ses yeux luirent un instant, d’une lumière argentée, simultanément à ceux de Jaffad, qui souriait de satisfaction. La vision du Porte-Flamme se troubla rapidement, il ne voyait plus que des formes vagues, et il ne distinguait plus les couleurs.

Akyce sortit de derrière le comptoir, paniquée. Elle cracha quelques mots dans la langue de son Clan, à l’attention de Jaffad, qui disparut rapidement dans la foule, l’air fièr et satisfait. La jeune femme se pencha rapidement sur l’homme qui avait faibli sous la douleur, agenouillé sur le sol. Elle prit la tête de Khassim entre ses mains, pour la redresser, et psalmodia quelques mots, dans une langue étrangère à la victime, en le regardant droit dans les yeux. Le film qui les lui recouvrait, fondait dans un liquide argenté épais, alors que la douleur s’estompait lentement et difficilement.

Akyce était confuse, gênée et paniquée. « Je… Je suis désolée, je ne sais pas ce qui lui a pris, j’aurais dû réagir autrement. C’est de ma faute, pardonnez-moi. Je vous en conjure, ne le pourchassez pas, il ne sait pas ce qu’il fait. C’est un idiot rien de plus. Votre vision sera complètement rétablie d’ici deux jours, n’ayez crainte. Récupérez vos pièces, en dédommagement. » Elle passa une main coupable sur la joue du jeune homme, dans une caresse qui lui demandait pardon. Elle l’aidait à se redresser, et épousseta sa robe. Elle prit rapidement les pièces d’or encore sur le comptoir, qu’elle tendit au Porte-Flamme, qui les refusa. La douleur était encore un peu présente, et son champ de vision était réduit. Il plissait les yeux pour mieux voir, en vain. Il la remercia. «Vous devriez m’en vouloir plutôt que me remercier. Ne restez pas là, il est capable de revenir avec mes autres frères. Ne revenez plus, s’il vous plaît… » La jeune femme semblait attristée, et retournait derrière son étalage, essayant de faire l’air de rien. Elle lui re-souffla de s’en aller, le poussant d’un regard qui appelait à l’aide, et le remerciait en même temps.

Alors surgit de la foule, cette femme à l’armure rouge qui l’accompagnait. Elle l’appela, et l’invita à repartir. Khassim, lui, s’attarda un moment sur la marchande, hésitant. Il se retourna ensuite, pour suivre la guerrière, qui n’avait pas remarqué les traces argentées discrètes qui faisaient briller les joues du Porte-Flamme. Les passants affluaient, et après quelques instants, ne permettaient plus à la jeune Tanaride, de regarder l’homme s’éloigner. Jusqu’au lendemain, Jaffad, en se concentrant, était capable de voir ce que les yeux de Khassim voyaient, sauf si le sort avait été conjuré avant sa dissipation naturelle.
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Le Marché aux Esclaves

Message  Akyce Sable-Argent le Mar 01 Mar 2011, 14:07

Le Marché aux Esclaves.



Gadgetzan. Fière Cité occupée par les Gobelins, abritée des tempêtes de sable par des murs robustes, qui cachent également, des yeux des autorités, ce qu’il s’y trame. Elle est connue pour être à la pointe de la technologie, mais aussi pour la prospérité du commerce, à cet endroit. En effet, tous les voyageurs de Kalimdor, de toutes races, y font une halte, en traversant le désert de Tanaris. Rares sont ceux qui peuvent le traverser sans tomber sur des hyènes affamées, des trolls agressifs, ou sur ces hommes du désert, la plupart du temps masqués, et prêts à tout pour prendre votre bourse, et vous arracher vos bijoux.

Ces humains se déplacent toujours en groupe. On pourrait croire que c’est une seule et même communauté, mais il n’en est rien. Plusieurs clans se sont formés dans ce désert, regroupant généralement une large famille, et bien qu’ils soient de la même race, ils n’ont pas les mêmes valeurs ni les mêmes codes. Ces humains sont bien différents des autres. Peu d’entre eux ont connu les guerres des Royaumes de l’Est, et quasiment aucun ne s’est investi dans l’Alliance. La diplomatie ne fait pas partie de leur vocabulaire.

Cette jeune femme, là, sur l’estrade, était l’une d’eux. Ironie du sort pour une marchande de tapis : Finir en état de marchandise. Ce gobelin avait eu de la chance que ses hommes l’aient épargnée, il pouvait être certain de la revendre à un bon prix. Un visage parfait, des yeux envoûtants, des courbes délicieuses, et cet exotisme qui faisait la différence parmi les autres esclaves en vente.

Les habitués étaient là, et ce rassemblement attirait tous les autres passants qui ne connaissaient pas cet évènement. Le marché des esclaves. Une vente bien organisée, et très protégée. Des gobelins dans tous les coins, accompagnés, certains, par des ogres dociles, près à calmer tout mouvement de foule un peu trop perturbateur.

Certains spectateurs étaient très certainement scandalisé de voir ainsi des gens traités comme des objets, mais nul n’osa le dire tout haut ou s’insurger. En effet, cette organisation méticuleuse et impressionnante laissait à penser que cette vente de corps et d’âmes était commandée par quelqu’un de puissant, d’influent, de dangereux. Les ventes se succédaient, et les hurlements des enfants, parfois arrachés à leurs parents, étaient étouffés dans les cris des acheteurs, de plus en plus excités. Tout le clan Sable-Argent était distribué à ces voyageurs sans scrupules.

Ce clan était pourtant l’un des plus nobles des clans d’humains de Tanaris. Ils n’étaient pas des voleurs, ni des sorciers, pas non plus des contrebandiers, et ils ne cherchaient de noises à personne. La plupart étaient marchands, et leurs activités étaient tout à fait licites et respectables. On ne retenait que 3 hommes charismatiques, Khalym, Malzahar et Jaffad, tous frères, qui faisaient exception. Ils proposaient leurs services en qualité que mercenaires, peu importait leur mission, ils l’exécutaient pour l’argent, et pour l’action. Ces derniers utilisaient leur or pour s’acheter des parures toujours plus tape-à-l’œil, pour que tout le monde sache qu’ils étaient riches. Ils donnaient une part de leur butin à leur seule sœur, la cadette, leur petite princesse. Elle l’utilisait pour se procurer les tissus, qu’elle travaillait pour fabriquer de magnifiques tapis qui étaient un succès sur les marchés de Gadgetzan.

Sur la scène, vint le tour de cette jeune femme. Jeune, très jeune. Trop jeune. Dix-Sept ans, dix-huit, peut-être un peu plus. Elle avait déjà le corps d’une femme, mais on lisait sur son visage une peur et une incompréhension aussi prononcée que celles des enfants. Elle s’étouffait dans ses pleurs, alors que les acheteurs ricanaient, et faisaient monter les prix. Des gobelins, des réprouvés, quelques nains... L’un d’entre eux cria :

- Un sourire, on ne veut pas d’une femme qui pleure !

Le commissaire-priseur, un gobelin hideux, l’attrapa par les cheveux, et tira sa tête en arrière, pour qu’elle se redresse, et fasse face à la foule. Il lui murmura, d’un ton à la fois mauvais et jubilatoire :

- Tu entends ce qu’ils veulent ? Souris… Estime-toi heureuse, tu es vivante et entière, toi… On a bien fait d’égorger tes frères, au moins, ils ne te voient pas pleurer ! Ils auraient été bien tristes…

La jeune fille hurla de plus belle en se débattant.

Une voix s’éleva, du fond de la foule. Une voix grave, portante. « 3000 pièces d’or. ». Les enchères se conclurent par un coup de marteau vif suivi d’un « Vendue ! ». Le commissaire-priseur se frottait les mains en glapissant frénétiquement, l’air satisfait et pervers alors que les râlements des réprouvés et autres gobelins qui étaient intéressés se mêlaient aux cris de rage des orcs frustrés d’être privés de cette belle créature. Alors que la cacophonie devenait plus forte encore, la jeune fille fût poussée vers l’arrière de l’estrade, là où les acheteurs payaient leur marchandise. L’homme qui vint la chercher était vêtu d’une robe blanche décorée de broderies en fil d’or. Un capuchon recouvrait sa tête, et on percevait mal son visage.

Au moment de payer, l’homme fixa le gobelin en charge de vendre l’esclave. Le gobelin garda la main tendue, attendant les énormes bourses d’or, mais il semblait complètement ailleurs, aspiré par quelque chose. L’homme inclina la tête, comme pour saluer. Ce faux-acheteur était maître dans la manipulation d’esprit. Le gobelin referma sa main vide, l’air absent. Il ne dit mot, et resta figé un moment avant de secouer la tête, et s’occuper de la vente suivante. L’homme prit la jeune fille par le poignet, s’éloignant de la foule avec elle. La jeune fille semblait terrorisée, et continuait de pleurer, pensant que le pire pour elle était à venir…
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Le Bûcheron du Val de l'Est.

Message  Akyce Sable-Argent le Mar 01 Mar 2011, 18:46

Le Bûcheron du Val de l'Est.



Usée d’être prisonnière de son tabard, Akyce finit par quitter la Cathédrale pour la soirée, laissant au Capitaine le soin de s’en occuper. Elle retira donc ce qui la liait aux autres Ecclésiastiques, et ce qui, moralement, lui interdisait son comportement aguicheur et coquin qui la caractérisait autrefois. Elle s’envola sur son tapis en direction de la forêt d’Elwynn. Le vol fût rapide, et elle atteint le camp de bûcheron du Val de l’Est en moins de 10 minutes. Elle descendit alors du tapis, et claqua des doigts, tandis que le dit tapis s’enroulait sur lui-même. Elle s’en empara, et avança doucement vers la petite maison qu’elle connaissait bien. Elle baissa son chaperon, et frappa à la porte. Elle se rendait compte qu’elle ne s’était pas changée, et qu’elle portait encore cette robe triste et fermée, qui privait son corps délicat des yeux des hommes.

Personne ne répondait. Elle entra donc, surprise que la porte ne fût pas fermée à clef. Il faisait noir, mais la lumière de la Lune éclairait légèrement l’intérieur à travers les fenêtres, légèrement sales, de la maisonnette. Elle s’avançait, un sourire malicieux au coin de la bouche. Elle se dirigea vers ce qu’elle savait être la chambre. Elle n’eut qu’à pousser doucement la porte, qui dégagea sa vue dans un petit grincement, lequel fit bouger un peu l’homme, endormi dans son grand lit défait. Il dormait sur le dos, et ses mouvements avaient écarté les couvertures, laissant son corps musclé à la vue de la prêtresse. Akyce resta quelques instants à la regarder, attendrie. Elle le détaillait, posa son épaule contre le rebord de la porte.

Il devait avoir une trentaine d’années, tout au plus. Son visage était apaisé. Ses cheveux châtains relativement courts étaient ébouriffés, comme d’habitude. Il devait ne pas s’être rasé depuis une semaine, à voir cette barbe régulière qui avait poussé. Le regard azur de la jeune femme glissa ensuite vers le torse découvert de l’humain. Il était couvert de poils foncés, désordonnés. Mais ils suivaient le relief de sa musculature prononcée. Sa stature robuste, et son corps fort étaient sans doute dus à son travail de bûcheron, qui l’avait également doté de bras aussi puissants et épais que des grosses branches d’arbre. Une de ses grosses mains, légèrement abîmées, pendait sur le côté de ce lit pas assez long pour sa taille. Cette patte puissante qui avait déjà parcouru le corps de la jeune femme… Elle frissonnait en repensant à ces doigts qui avaient empoigné ses fesses à plusieurs reprises déjà. Il faisait presque deux mètres, et ses pieds, sales sur le dessous, sortaient des draps de lin du bonhomme.

La vue de cet homme lui donnait des idées, et elle entreprit de se déshabiller, silencieusement. Elle termina complètement nue. Ces seins fermes et généreux n’auraient souffert de rester nus plus longtemps, et elle décida de les recouvrir, avec autre chose. Ses longues jambes fines se mouvaient lentement jusqu’à ce qu’elle atteigne le lit. Elle se pencha, et posa ses mains sur le matelas. Ces seins pointaient alors en direction du sol. Elle s’avança à quatre pattes, écartant assez les genoux et les mains pour éviter de toucher le corps de son amant. Sa chute de reins était vertigineuse, et son fessier bombé se dressait fièrement derrière elle, tandis qu’elle se mit à onduler, comme savent le faire les danseuses du désert. Son corps vint alors glisser sur celui du bûcheron, dans une caresse appuyée et insistante. Elle semblait caresser elle-même son corps entier sur celui de l’homme, qu’elle regarda se réveiller doucement. Elle plongea ses yeux bleus dans ceux de sa proie, souriante comme une enfant impatiente de recevoir sa punition, pour l’avoir réveillé. Il mit quelques secondes à réaliser, le temps que son corps réagisse assez pour que la prêtresse le sente plus viril encore. Il lui rendit son sourire, un sourire gourmand. Il détacha les cheveux de la jeune femme, sans dire un mot. Ces fils de soie d’un noir profond tombèrent alors lentement. Il les ramena derrière la nuque de la prêtresse, pour continuer à admirer son visage lumineux, et son sourire lubrique. Elle guida les mains chaudes de cet homme sur sa poitrine, et il ne se fit pas prier pour les enfermer entre ses larges doigts, fermement, mais avec douceur.

La nuit fût tendre et sauvage, en alternance, pour les deux amants, et les râles d’efforts du bûcheron s’étaient mêlés aux cris, parfois étouffés par une main ou un oreiller, de la jeune femme, jusqu’à l’aube. Les pauses entre ces concerts de gémissements étaient courts, Akyce avait besoin de retrouver cette affection, parfois violente, de laquelle ses affaires auprès de la Cathédrale. Elle rattrapa intensément le temps perdu, la conjuration de ses frustrations prenant le pas sur sa fatigue. Tandis que le vaillant bûcheron, lui, ne ressentait pas cette fatigue lorsqu’un tel corps et de telles performances lui étaient accordés. Et le désir était si fort que son corps n’avait aucun mal à suivre.

Le lendemain, Akyce dormit peu, tandis que son amant, lui, était profondément endormi, épuisé par l’appétit vorace de celle qu’il avait comblé. Elle se réveilla, et regarda longuement l’homme avec qui elle partageait sa couche. Elle finit par se lever, sans même l’embrasser. Elle gémît alors, de douleur, ce coup-ci. Peut-être avait-elle été servie plus qu’il ne fallait. Elle avait des courbatures, et peinait à marcher. Elle se ressaisît, et sortit de la maisonnette, ses envies apaisées…
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Re: Brides de vie d'Akyce Khedifa, du Clan Sable-Argent.

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