[Alice Lanemore] "Litanies de Lycan"

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[Alice Lanemore] "Litanies de Lycan"

Message  Täe le Lun 11 Avr 2011, 20:39




Alice regardait pas la fenêtre de sa chambre, à l'étage de l'auberge, l'agitation dans la rue du quartier marchand en milieu de matinée. La veille elle avait vu Keodurix énervé et crû, une bête sauvage contenue depuis longtemps. Pourtant... il n'était pas une bête sauvage cruelle et sanguinaire. Ses yeux se fermèrent après avoir attendu tard dans la nuit...

Gilnéas, la pluie, toujours. Il va y avoir de l'orage ce soir. Dans une ferme en bordure de la ville une jeune femme rousse aide à ranger les paniers de légumes. Sur un fauteuil devant la porte la vieille fermière fusil au pied guette l'horizon sombre tandis que le fermier et son fils rentrent vite les bêtes avant la nuit.
"Alice, eh Alice tu m'entends ?
Elle secoue la tête et pose son regard sur la jeune fille à côté d'elle, une jolie blonde bouclée aux joues bien rose dans une robe couleur paille avec un joli tablier.
- Eh bien alors tu rêves ou quoi ?
- Pardon Anabelle, je pensais à mes parents. Il se passe des choses étranges en ville même ta mère l'a compris...
- Alice ce n'est pas de ça que je te parle ! alors, qu'est ce que tu en penses ?
Anabelle pose son panier dans la grange qu'elle ferme à clé.
- De quoi ?
- Mais tu m'écoutes ? Je te disais que mes parents t'adorent et veulent que tu reste, d'ailleurs tu plais à mon frère !
Alice se tourne alors vers l'étable. Ethan lui sourit de loin tout en aidant son père. Un beau jeune homme blond, gaillard, bien bâtit et bien élevé. Pourquoi pas après tout ? elle aspirait volontiers à ce genre de vie.
Mais elle n'a pas le temps de répondre favorablement à Anabelle, des cris s'élèvent depuis la ville et le village d'en face. Des silhouettes bondissent sur les toits. Des hurlements lupins résonnent. Sur l'instant, Alice ne pense qu'à ses parents.
- Qu'est ce qu'était ?
Anabelle tremble. la vieille fermière a déjà le fusil en main. Alice saisit son amie par les épaules, réfléchissant à toute vitesse.
- Anabelle, rentrez à la maison et barricadez-vous dans la cave, ne faites aucun bruit surtout je vais chercher mes parents et je reviens.
Elle n'y croyait elle même qu'à moitié mais se mit à courir dans sa robe de paysanne, sous la pluie, aussi vite qu'elle le pouvait jusqu'à la ville, tâchant de se convaincre qu'elle retournerait à la ferme avec ses deux parents.

Les gens couraient dans les rues, partout des soldats tenaient des barricades, elle entendait le fils Grisetête crier à ses hommes de tenir et d'évacuer les maisons. Elle avançait droit vers sa maison, passa barricade sur barricade ignorant les appels des soldats qui voulaient l'évacuer avec les autres, jusqu'à ce qu'elle réalise après une centaine de mètres qu'il n'y avait plus de barricades, plus de feux, les cris étaient lointains. Elle était seule, debout au milieu des débris et des corps. pas un chat. la forge et sa maison étaient un peu plus loin. un doute l'envahit. Ses parents avaient dû alors être évacués avec les autres, c'était risqué pour elle maintenant de continuer elle ignorait ce qu'étaient ces animaux et d'où ils venaient. Elle fit demi tour, mais après avoir jeté un dernier regard par dessus son épaule poussée par son instinct se retourna encore pour s'élancer dans la rue des forgerons jusque chez elle. Elle voyait la porte se rapprocher, la porte était ouverte et grinçait, plus que dix mètres, courant toujours elle manqua de tomber en attrapant une épée abandonnée sur le pavé, un mètre, elle entre.

Elle se fige.

Un de ces animaux était là, penché sur le corps de sa belle-mère. Son père était déjà déchiqueté au sol son fusil de chasse encore dans la main. La bête se redressa et la regarda. Il ne semblait pas agressif, il avait un œil en moins et un bâton pour se tenir debout. Ces secondes lui parurent une éternité. Mais un craquement suivi dehors de bruits de pattes nombreuses sur le pavé la sortirent de sa léthargie. Machinalement elle se retourna prête à en découdre, elle se ferait dévorer mais ce repas allait valoir sa livre de chair.

Tout se passa très vite. Elle sentit l'étreinte de l'animal et ses crocs dans son épaule. une douleur lancinante qui semblait se répandre dans tout son corps. Elle se sentit ensuite soulevée de terre et jetée en arrière sur le corps de sa belle mère, elle sentait que son cœur battait encore, plus pour longtemps. Sa vision se troubla et sa dernière image fut celle du worgen poussant un long rugissement à en faire pâlir un Ettin avant qu'elle ne sombre dans l'inconscience au son des derniers battements de cœur de "maman".

Bom... bobom... bo...m...

Silence.



Quand elle s'éveilla, elle était allongée au même endroit mais sur une couverture, la morsure désinfectée, lavée à l'eau et bandée avec un torchon de cuisine. Les corps de ses parents avaient été déplacés et recouverts d'un drap blanc. Son épée au côté. Il lui fallut du temps pour réaliser, et se redresser brutalement, la douleur à l'épaule la fit gémir. Elle aperçu la silhouette du worgen qui sortait de la maison et disparu dans la brume. Elle pensa d'abord à le suivre mais elle ignorait combien de temps elle avait dormi. Elle fixa les corps de ses parents. pas le temps de verser des larmes elle devait retourner à la ferme. Sa course repris, plus prudente, elle longeait les murs et les ruelles sombres. Les barricades avaient disparu. il y avait des worgens dans les rues mais affairés à leurs repas et bizarrement ils ne sentaient pas son odeur, sans doute à cause de celle de son "sauveur" qu'elle devait porter.

Tant bien que mal elle sortit de la ville sans être vue, et couru vers la ferme à toute vitesse. Elle courrait vite, très vite comme si son allonge avait été renforcée. Elle trouva la ferme déserte, la porte enfoncée, l'intérieur saccagé. Personne. Approchant de la cave elle hésitait, craignant de revoir le même spectacle mais c'est alors qu'elle se retrouva nez à nez avec un worgen qui remontait, plus petit, avec de grands yeux bleus qui portait les lambeaux d'une robe couleur paille. Une odeur de mort remonta.

"Anabelle ...?"

La bête regarda Alice, la contourna, et sortit répondant à l'appel du hurlement de ses nouveau congénères. Alice ne comprenait pas. pourquoi ne l'avait-elle pas attaqué ? Il fallait qu'elle réfléchisse, renonçant à descendre voir les corps, et encore troublée par sa rencontre avec Anabelle, elle décida de retrouver les autres survivants elle ne pouvait pas être la seule à en avoir réchappé. Elle alla vers le puits tirer de l'eau avant de reprendre la route avec prudence, c'est là qu'elle se rendit compte de sa nouvelle force et vit ses ... pattes... noires et griffues. Elle regarda alors son reflet dans le seau d'eau et s'aperçut qu'elle était devenue bien plus qu'un humain.
un coup de feu retentit. Par réflexe, Alice courut se cacher dans l'étable en bordure de la route et regarda par l'autre porte ce qui s'y passait. Son cœur manqua un battement.

Un groupe d'hommes armés venait d'abattre Anabelle, dont son propre père.
"C'était ma fille. Elle a tué sa mère et son frère.
- Désolé Léon, mais on peut pas rester là il y en a sûrement d'autres...

Le groupe s'éloigna. rejoindre les survivants n'était plus une bonne idée du moins pour l'instant. Ni une ni deux, elle disparu dans les bois et demeura seule, jusqu'à ce que le bruit courre que certains worgens étaient "traités" et avaient réussi à retrouver une forme d'humanité. Elle, n'avait pas perdu la sienne sans doute à cause des circonstances de la morsure et du worgen qui l'avait mordu. Elle suivit donc la masse, les oreilles basses, et pu enfin retrouver les autres exilés de Gilnéas.

Alice Lanemore, deux parents décédés, gilnéenne, worgen.


Elle ouvre les yeux. Il est presque midi. Elle regarde ses mains d'humaine, son ventre gronde sa faim.
"un bon repas puis au travail."
il fallait payer la chambre avant ce soir, retrouver Keodurix et Jekh essayer de les aider tous les deux. En la mordant, Keodurix était devenu pour elle son nouveau père, d'ailleurs elle trouvait que sa forme de worgen lui ressemblait. Mais pour l'heure, il fallait s'occuper de la petite Anes pendant que Ama était à la chasse au gnoll.

"il faut qu'on fasse tout nous les femmes..."
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