Les mauvaises plantes ont la vie dure. [Récit à lire]

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Les mauvaises plantes ont la vie dure. [Récit à lire]

Message  Armisael le Jeu 11 Sep 2008, 23:28

De la folie...
Pure et simple.
Elle le savait, et pourtant avait embarqué quand même. Le fait d'abandonner le peu de relations qu'elle avait sur les continents de l'Est et Kalimdor s'était fait sans trop de problèmes cependant.
L'Autre avait raison, elle était trop sentimentale.
Il fallait briser tout ça.
Et quoi de mieux qu'un nouveau continent pour ça ?
Surtout une où les gens ont peur d'aller. Pour le moment.
Une terre vide de vie, glacée comme l'était sa maison à Winterspring et...

Une secousse du bateau tira Armisaëll de sa rêverie, le cahot qui n'était guère plus qu'une vague la fit chuter sur les fesses, sa mâchoire claqua.
Elle fit un tour d'horizon... de l'eau, à perte de vue, puis se mit à fixer sa compagne d'infortune, les pensées vadrouillantes, sautant d'une idée à l'autre.


Perdues sur une coquille de noix que la "prêtresse" osait appeler un bateau, elle dérivaient depuis quelques semaines dejà, et les provisions diminuaient à vue d'oeil.
Non pas que sa compagne de voyage fut une grande mangeuse... C'était même le spécimen d'elfine le plus maigre et le plus ratatiné qu'elle ait vu. Le plus spécial aussi.
Malgré son physique normal, Tabris était unique... Même si Armi avait appris à accepter, supporter, cet être étrange, caché sous un visage d'elfine. Plutôt mignonne, d'ailleurs.

A ce moment, dans le silence permanent qui caractérisait la prêtresse, celle-ci lança un regard de reproches à Armi, celle-ci baissant les oreilles et retournant à ses contemplations d'eau de mer en marmonnant.

"C'est de la surveillance permanente, ma parole... J'pourrais la traîter de démon qu'elle bougerait pas le petit doigt, et faites-lui un compliment, elle vous foudroie du regard..."
Bref, l'eau... il n'y avait que ça, depuis le départ de Menethil, il y avait plusieurs semaines... Elle avait cru à une blague, quand elle avait vu la barque.
Mais la prêtresse était on ne peut plus sérieuse, quand elle affirmait qu'elles deux devaient tout abandonner et se diriger vers le Northrend.
Et à vrai dire, Armi n'avait pas discuté... un voyage, une terre inconnue. Des menaces inconnues.
C'est ça qui l'excitait. Et Tabris le savait, avait titillé la corde sensible plusieurs fois pour l'appâter.
Et maintenant, alors que certains souvenirs de son monde d'avant revenaient l'assaillir, elle sût qu'il n'y avait plus de marche arrière possible.
D'une part, Tabris ne la laisserait jamais faire demi-tour avec la barque... toute maigrichonne qu'elle fût, elle avait d'autres atouts, Armi avait dejà essayé...
D'autre part, plonger était hors de question, l'eau était dejà froide à Menethil, mais là où elles se trouvaient -tout près d'une côte du continent du nord, sûrement-, des morceaux de glace flottaient doucement sur la mer... aucune survie possible.
Et puis... rien à retrouver, derrière elle... dans les brumes de son passé, juste des larmes, des blessures, des décéptions...
Et devant elles se levaient dejà les brumes.

Se roulant en boule sur le fond de la barque, passant une épaisse couverture sur elle, Armi s'endormit doucement, aidée comme tout les soirs par Tabris qui, silencieusement, la poussait vers l'inconscience sans rêve qu'elle avait préparé quelque part dans le subconscient de son nouveau jouet pour le laisser se reposer.


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Éveil

Message  Armisael le Ven 12 Sep 2008, 10:05

De l'eau ?!
La barque s'est finalement brisée, on coule !

Armisaëll se réveille en sursaut, les sabres dégaînés sans qu'elle s'en rende compte, et trouve... une barque immobile.
Juste le ressac de la mer qui se retire après avoir déferlé sur la plage... et sur une elfine endormie, en même temps.


"Nous somme arrivées, ma chère, nul besoin de vouloir dejà tout dépecer avec vos couteaux."
Cette voix, comme toujours... mais où est la propriètaire ?
A part de la neige, il n'y avait rien, dans ce décor. Rien ni personne, heureusement, Tabris l'aurait peut-être laissée seule, maintenant qu'elles étaient là...
Et une proie endormie est une proie idéale.
En continuant à fouiller le décor du regard, accroupie dans la neige dans un essai de discrétion -vêtements noirs sur neige blanche- elle finit par apercevoir la prêtresse, assise sur un rocher sans neige.

Armisaëll la rejoint, s'assied à ses côtés, attendant simplement que Tabris se mette à parler, comme elle fait toujours, de cette façon si particulière.
Et après quelques minutes à simplement respirer l'air glacé de Northrend, c'est ce qu'elle fit.


"Nous ne sommes pas seules sur cette terre, mon amie."
"Sans dec', l'interrompit l'assassine, au cas où ça a échappé à ton omniscience à deux sous, c'est le repaire du Fléau ici..."
Armisaëll avait très vite appris à surveiller un peu plus son langage, avec Tabris, surtout en ce qui concernait le genre de pics gratuits qu'elle venait de lui lancer. Etrange que ça lui revienne d'un coup...
"Je voulais parler des êtres vivants, Armisaëll. Il y a même beaucoup de monde... je commence à tous les entendre plus ou moins clairement..."
L'assassine ne s'étonnait même plus de ce genre de remarques, après 3 semaines passées avec elle, elle connaissait assez bien Tabris.
"Nous devons nous mettre en route. Le continent est vaste, et je ne sais pas où est ce que nous cherchons."
"Sans compter qu'ça caille mortellement ici... on devrait pas faire un feu, manger un truc, avant ?"

Mais la prêtresse était dejà au bas du petit rocher. Armisaëll la suivit donc, presque à contre-coeur, l'air marin et silencieux dérangé par les gargouillis du ventre de l'elfine.


Dernière édition par Armisael le Ven 26 Sep 2008, 15:48, édité 1 fois

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Premiers ennuis

Message  Armisael le Dim 14 Sep 2008, 01:51

Cela faisait déjà 3 jours depuis leur arrivée qu'elles marchaient, peu importe le vent, la neige, les grêlons... toujours vers le nord...
Armisaëll tenait bon, Tabris déjà moins... sa peau virait peu à peu du blanc pâle d'origine à un bleu glace, comme si elle gelait sur pieds. Elle était fragile physiquement et vous le cachait, mais cette fois elle était dépassée.
Néanmoins, la prêtresse l'empêchait de faire quoi que ce soit, que ce soit par fierté ou par aveuglement parcequ'elle se rapprochait de ce qu'elle cherchait, Armisaëll l'ignorait.
Mis à part ça, le voyage était d'un ennui... sa compagne de voyage faiblissant à vue d'oeil, elles évitaient donc les confrontations avec quoi que ce soit, vivants ou mort-vivants.
Par contre le décor était superbe. D'après ce qu'elle avait compris, la prêtresse et elle s'étaient engagées dans un glacier, visiblement fendu en deux sur une partie. Et le chemin à peine visible serpentait entre ces deux falaises de glace s'élevant à plusieurs dizaines de mètres de haut. Le silence là-dedans était à rendre sourd, la neige étouffait les pas et les parois de glace semblaient prêtes à s'effondrer au moindre bruit trop fort.

À cet instant, Tabris s'immobilise. Armisaëll suit le mouvement, aux aguets comme un chat qui attend qu'on lance la balle, s'accroupissant un peu et les mains sur ses armes.

"Nous devons... nous arrêter ici... je ne peux plus..."
Ce furent les dernières paroles que perçut Armisaëll de la part de la prêtresse. Celle-ci s'écroula, évanouie, tremblante, victime du froid glacial du continent.
Bien qu'assassine, Armi n'était pas encore totalement dépourvue de coeur, et puis après tout, c'est Tabris qui menait l'expédition... alors autant la garder en vie.

Dans un abri de fortune, constitué par une petite cavité trouvée par hasard dans un pan de roche, près d'un feu allumé avec du bois de réserve, une forme emmitouflée dans une couverture se réchauffe doucement.
Du moins c'est ce qu'éspère Armisaëll, l'observant avec attention pour déceler un changement de l'état de la prêtresse. Après une heure de garde et Tabris reprenant des couleurs, Armi s'accorde enfin un peu de sommeil, naturel pour une fois, habité par des rêves plus ou moins agréables.


Dernière édition par Armisael le Ven 26 Sep 2008, 15:49, édité 2 fois

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Abandon ? délivrance !

Message  Armisael le Mar 16 Sep 2008, 22:18

Une forme noire remue dans un petit recoin d'ombre à flanc de montagne, laissant échapper un grognement dans un demi-sommeil dont elle émerge péniblement, moment le plus propice aux rêves.
La forme à fourrure verte emmitouflée dans une couverture s'agite un peu plus, puis sursaute en laissant échapper une exclamation.


"... Manque quelque chose !"
Armisaëll retombe presque tout de suite allongée, avant de remarquer une étrange sensation de repos, de liberté... C'était la première fois qu'elle se réveillait ainsi depuis...

"Tabris."
Ce n'était pas seulement la forme sous la couverture près des cendres du feu éteint qu'il manquait, mais aussi cette impression qu'elle laissait toujours, l'impression que vous n'étiez plus seul dans votre tête, qu'elle écoutait aux portes.
Et à vrai dire, ça faisait un grand vide pour Armisaëll.
Elle pensa que sa compagne de voyage avait dû partir explorer aux alentours (même si son absence dans sa tête l'inquiètait un peu), et l'attendit donc plusieurs heures...

L'heure d'attente se multiplie, les heures deviennent un jour, puis deux... Armisaëll, retrouvant un sommeil normal avec l'absence de la prêtresse, rattrappe le repos dont elle avait été privée, éspèrant que Tabris revienne tout en sachant que partir sans elle lui vaudrait sans doute une punition disproportionnée si la prêtresse la retrouvait après coup.

Cela fait deux jours...
Deux jours qu'elle dort à n'en plus finir, allume le feu qui s'éteint toujours pendant sa sieste, termine les dernières provisions.
Elle établit clairement trois problèmes : Tabris s'est volatilisée, pour de bon certainement, sinon elle l'aurait contactée ou serait revenue. Ensuite la nourriture commence à manquer, il gèle de plus en plus, et elle n'a presque plus de bois. En dernier, le plus évident ; elle ne peut pas rester ainsi, à attendre un hypothétique retour !
Vu la vitesse à laquelle Tabris s'était écroulée la première fois, Armi la supposait morte.
Et -Elune, quel soulagement !- elle était donc livrée à elle-même.
Rassemblant ce qu'il restait de leurs affaires (parcequ'en plus, Tabris n'avait rien emporté) elle surchargea un peu son sac de couvertures, du reste des vivres, d'un peu de bois, et emporta tout ça en dehors de la grotte.

Après avoir vérifié que rien ne la surveillait dehors lorsqu'elle sortit, Armisaëll prit une direction au hasard dans l'immense corridor de glace, sans points de repère ni instruments, encore moins de carte.
Tabris les guidait avant, Elune seule sait comment, et Armi pensa un bref instant qu'elle allait peut-être finir comme la prêtresse devait l'être en ce moment... frigorifiée, le sang gelé dans les veines, incapable de bouger, s'étouffant doucement face à l'abandon de son propre corps...
Sans aucune raison, l'assassine éclata de rire, chassa ces pensées et pressa le pas.


Dernière édition par Armisael le Ven 26 Sep 2008, 15:49, édité 1 fois

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Errance, pensées.

Message  Armisael le Ven 19 Sep 2008, 20:05

Trois jours de plus...
Trois jours à marcher dans cette foutue neige, à se cacher des colosses de glace qu'elle avait découvert dans le couloir du glacier, trois jours à économiser les vivres et supporter la faim...
Trois jours à réfléchir, surtout.
Réfléchir à ce gâchis qu'elle était devenu. Armisaëll avait toujours eu les pensées vagabondes, et elles vagabondaient souvent à l'ombre, dans les idées noires et, pourquoi se le cacher, l'appitoiement sur elle-même.
Néanmoins, il suffisait de peu de choses pour que ça s'arrête.
Mais Tabris n'aurait pas dû en faire partie... et pourtant ça s'était arrêté, comme beaucoup d'autres détails. Ne jamais repenser à Azeroth, ses parties de chasse au tauren, à sa maison de Winterspring, à ceux qu'elle avait laissé derrière...
Elle en était arrivé à la conclusion que Tabris influençait ses pensées, la contrôlait sans qu'elle s'en aperçoive... la "prêtresse" l'avait traîné ici de force pour la protèger, l'aider quand elle ne supporterais plus le froid et finalement l'abandonner quand elle n'en avait plus eu besoin.
Et Armisaëll avait exactement fait tout ce qu'elle attendait.
Pour quelle récompense ? crever seule, dans le froid, avec la raison qui déraille... ?
"Que dalle..." marmonna l'assassine à mi-voix, continuant à marcher droit devant elle.

Elle longeait une grande montagne, descendant vers le sud, en espèrant retrouver leur barque sans se faire bouffer par la population locale.
Population plutôt fournie, d'ailleurs... après les ours et les loups incontournables, les géants des montagnes qui (semble-t-il) étaient en train de se réveiller, elle avait découvert d'étranges vers, comme ceux de Silithus, mais avec des dents... et s'en tenait prudemment à l'écart.

Soudain, Armi aperçoit en contrebas de la colline qu'elle vient de gravir, une sorte de petit cabanon au style vaguement familier. Restant interdite quelques secondes, elle décide d'aller voir à qui cela peut appartenir et surtout trouver quelque chose d'utile à y chipper.


Dernière édition par Armisael le Ven 26 Sep 2008, 15:50, édité 1 fois

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Rencontre, réminiscence de l'Autre. Instinct...

Message  Armisael le Ven 26 Sep 2008, 15:40

Un feu... !
Cela faisait des jours qu'elle marchait dans le froid glacial du Northrend, et un feu au milieu d'une cabane faisait partie de ses rêves depuis un moment.
Mais là, c'était vrai, elle sentait la chaleur sur son visage.
Il n'y avait personne à la maison, c'en était pas vraiment une mais plutôt une tente, un abri de fortune, assez petite, mais avec assez de place pour loger deux ou trois elfes.

"Ou une dizaine de gnomes..."
Armisaëll ricana doucement à cette nouvelle divagation, imprudente et un peu hypnotisée par le feu, elle entra pour explorer les lieux.
A première vue, rien d'important ; des lances, filets, rateliers à poissons, des paniers... tout était vide d'une quelconque nourriture à dérober.
La chaleur la rendait somnolente... les nuits sont dures dans le coin, surtout quand tout ce qui vous isole de la neige est une vieille couverture en fourrure de sabre de givre... Winterspring à côté d'ici, c'était un climat tropical.

Entendant un grognement puis des pas, Armisaëll jette un oeil au dehors. Une forme humanoïde s'approchait dans le blizzard qui s'était levé entre temps, lui barrant toute fuite et passant déjà une paluche dans l'entrée de la tente.

Elle avait toujours été douée pour se fondre dans les ombres, dans les décors... mais là, pliée en quatre dans un panier -seul abri trouvé dans la panique et le brusque appel du danger- elle commençait à en douter sérieusement...
Observant par les trous du panier, elle put observer son hôte et ouvrit de grands yeux surpris.
Un tauren, ici ?
Non... il y ressemblait beaucoup, c'est vrai, mais sa tenue, ses tatouages et signes tribaux, sa fourrure d'un blanc neigeux et faite pour protèger du froid, rien n'était Tauren là-dedans... d'après la carrure, ça pouvait être un mâle. Celui-ci déchargea une bête morte dans un coin de la tente, heureusement la carcasse puait tellement qu'elle masquait l'odeur d'Armi qui avait dû la déposer un peu partout en fouinant.
Le simili-tauren commença à dépecer sa proie, une espèce de gros bélier, sans remarquer d'odeur étrangère, une chance...
L'elfine prit son temps pour l'observer découper la peau, trancher la viande, amasser celle-ci dans un panier comme celui qu'elle avait investi, tout en réflechissant à un moyen de tracer la route sans se faire voir par son hôte. S'il restait ici pour échapper au blizzard et y passer la nuit, Armi allait devoir rester pliée comme elle l'était, dans un panier trop petit et sans aucune place pour dégaîner une quelconque arme... donc exposée et vulnérable...
L'Autre lui manquait affreusement depuis le départ de Tabris... qu'aurait-il fait à sa place ? Parce que c'est bien là qu'il était, auparavant...
Ses idées se mélangeaient au fur et à mesure que le rush de panique et d'adrénaline se calmait, la somnolence revenant insidieusement, confondant souvenirs personnels, souvenirs de l'Autre et pensées immédiates, elle en vint à la seule conclusion et la seule action possibles.

Le plus silencieusement possible, Armi se déplia pour sortir du panier, lentement, chaque muscle tendu, posa le couvercle au sol et avança d'un pas vers son hôte.
Heureusement, la bête lui tournait le dos, et continuait le nettoyage de sa proie avec force grognements et bruit d'os brisés.
L'assassine retrouvait peu à peu l'exaltation du combat approchant, sortant deux sabres de couleur ébène avec des gestes calculés pour minimiser le bruit du frottement de la lame sur le fourreau, elle les braqua en ciseaux vers le "tauren"...


C'est à ce moment qu'il s'est retourné vers le feu, qui avait craqué... tout cette tactique, calculée au geste près, reglée comme une pendule gnome... et à cause de ce gros empaffé, tout était foutu en l'air !
Armisaëll put lire la surprise dans les yeux de la bête. Et cette vision lui arracha un sourire, l'expression cruelle d'un prédateur sur le point de saisir sa proie...
Celui qui se croyait toujours au-dessus de la chaîne alimentaire avait tort, lui répétait souvent l'Autre, quand ils étaient seuls -assez seuls pour se parler- et à ce moment là, elle l'entendit clairement à côté d'elle.

Avec un hurlement retentissant chez les deux adversaires, le Taunka saisit une de ses armes de chasse alors qu'Armi franchissait la distance les séparant. Gêné par sa taille, le peu d'espace et sa position, il ne put lancer qu'un coup d'estoc en tentant d'atteindre Armi, lancée sur lui. Elle évita à peine le coup, mais ricochant sur une armure qui avait vu pire, la lance ne fit que l'entailler faiblement en répandant à peine quelques gouttes de sang.
L'assassine, qui avait visé plusieurs endroits possible, enfonça ses armes directement dans la poitrine et à la gorge du Taunka.


Leur cuir était digne d'une grosse armure, vraiment... heureusement ses lames jumelles étaient les meilleures et transpercèrent profondément la peau du bovidé, lui arrachant un hurlement de douleur vite mué en gargouillis à cause de la gravité des blessures...
Essayez de hurler avec un poumon et la gorge transpercée...
Le sourire n'avait pas disparu du visage d'Armi, mais s'accentua encore en sentant le corps du "tauren" vibrer sous l'impact. A cheval sur lui, elle sentait la vie le quitter lentement, les sens aux aguets alors qu'elle retirait doucement sa lame de la gorge de son adversaire, la sortant d'un coup pour accueillir le jet d'hémoglobine qui accompagnait une telle blessure.
Le premier jet, dont la puissance venait du rush d'adrénaline de l'adversaire et de la vivacité résiduelle de son coeur mourant, atteignit l'assassine au visage, la barbouillant ainsi que ses cheveux d'un sang rouge foncé. Le premier moment de stupeur passé, la frénésie la prit à la gorge...

Un spectateur entrant dans la tente plusieurs minutes après aurait sûrement eu la nausée... Toute la tenture était éclaboussée, le feu éteint par un jet de sang, dans un coin gisait une carcasse à moitié dépouillé d'un petit Brochepelle et exactement à l'opposé, près d'un panier ouvert, gisait ce qu'il restait d'un Taunka.
La bête massive avait été lacérée en plusieurs endroits, la tête tranchée, la poitrine ouvertes révélant les organes internes. Le ventre de celle-ci était évidé -les viscères jetées ça et là dans la pièce- et on pouvait y voir, roulée en boule dans ce vide sanglant, une elfine, recouverte de sang et s'endormant peu à peu.


De tout ce qu'elle avait connu, rien n'était plus ennivrant, jouissif, exaltant et magnifique que d'atteindre une telle proximité avec un être vivant. L'alcool, la Feuillerêve, tout ce qui était psychotrope et toxique... rien ne valait un tel trip... l'odeur du sang, le goût de la chair, la chaleur du corps...

L'Autre n'aurait peut-être même pas fait mieux, mais il aurait adoré...

Dans son antre sanglante, Armisaëll se laissa aller au sommeil, un vrai sommeil, habité de cauchemars et de souvenirs.

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Nouveauté

Message  Armisael le Jeu 02 Oct 2008, 11:41

Des écailles, des crocs, des griffes... un coup puis le noir total...

Armisaëll se réveille en sursaut, réprimant un cri avec difficulté.
Haletant dans le froid de la hutte qu'elle avait trouvé la veille, l'elfine met un moment à reprendre contact avec la réalité.


Elune, quel rêve... il avait l'air trop réél. Dans son reste de sommeil, l'abri de fortune avait prit une teinte iréelle, elle se sentait déconnectée, hébétée...
A bien y réflechir, la présence de Tabris lui évitait ce genre de moments...
Mais il était temps de repartir de cet endroit, la vue de son oeuvre d'art de la veille lui donnait la nausée.
"-Comme à chaque fois..."
Honte de soi, honte de se laisser aller, même perdue au fin fond du bout du monde, elle rassembla ses affaires en toute hâte, tentait d'ignorer l'odeur de cadavre puant qui envahissait toute la hutte et se mit en chemin au hasard.
Après tout, elle était perdue sans se l'avouer... autant marcher dans une direction.

Au moins le froid était aussi mordant dehors que dedans. De ce point de vue, le climat était vraiment stable
Toujours du froid, de la neige, du vent et...

L'assassine s'arrêta un moment, épiant le nouveau territoire qu'elle commençait à fouler...
La neige disparrassait peu à peu, laissant place à une terre aride, un peu volcanique. Pas de trace de vie pour le moment, mais un simple changement après un paysage de neige depuis des jours rendit Armi méfiante.


S'avançant sur cette nouvelle région à pas lents, elle commença à observer le décor, la nature était toujours aussi chétive et rien ne bougeait, pas même quelques rongeurs habitués au froid.
Par contre sa tenue allait mieux avec le décor...
Toujours voir le bon côté des choses !
Toujours...

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Changement de climat

Message  Armisael le Ven 03 Oct 2008, 23:29

Avançant prudemment sur cette nouvelle terre, Armisaëll explorait au hasard.
Elle déduit qu'elle devait avoir dévié vers le sud et qu'elle approchait à nouveau de l'océan, puisque l'air qu'elle réspirait maintenant avait cette odeur salée qu'on ne sent qu'une fois proches de la mer.
Tout ça en partant du sud... Tabris l'avait menée au nord, puis l'avait laissé tombée... et elle avait dérivé au hasard en faisant demi-tour sans s'en rendre compte.
C'était pas plus mal, en y réflechissant bien... en longeant la côte, elle retrouvait la barque -si elle était encore entière- et pourrait se tailler de ce foutu pays.

"-Et si elle n'y était plus ?"
Eh bien... elle apprendrait à survivre durablement ici, en attendant que l'Alliance débarque, ce qu'ils feront un jour où l'autre...
L'elfine stoppa net. A sa droite, cachée par les montagnes qu'elle avait suivi pour se repèrer pendant des jours, Armisaëll découvrit une sorte de ville, une espèce d'avant poste d'ennemis qu'elle n'avait pas encore vus sur ces terres alors qu'elles étaient sensées être les leurs.
Des ziggourats, et même une citadelle volant à basse altitude... Le Fléau.
Elle entreprit donc de prendre la direction opposée, malgré la curiosité ; le Fléau, cette fois, avait l'avantage du terrain et du nombre sur elle.
Après une courte marche et s'être assurée que rien ne la suivait, l'assassine déboula sur une petite plage, enfin ! Elle entreprit de la suivre, afin de retrouver son moyen de fuir d'ici.

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Découverte

Message  Armisael le Ven 21 Nov 2008, 11:47

Encore deux jours d'errances dans une sorte de toundra, quelques escarmouches sans gravité -pour Armi- avec des bestioles indescriptibles vivant près des sources chaudes...
Les taunkas avaient un village dans le coin, l'assassine avait pris garde d'en rester à l'écart.
Beaucoup d'animaux sains dans le coin aussi... la présence du Fléau se faisait plus légère, même si une sorte de ville se dressait au sud-est de la région.

Errance et ennui... les bêtes sauvages du coin n'étaient vraiment pas farouches, même les mammouths cherchant à protèger leur petits.
Ils avaient attendri Armi, qui avait décidé de chasser autre chose, regrettant de plus en plus les chasses au kodo ou aux taurens...

Le seul point positif de cette région, c'était ses sources chaudes.
L'assassine en avait profité pour se nettoyer et avait fini par passer plusieurs heures à nager, insouciante. Coup de chance, rien ne s'était produit de fâcheux ; un troupeau de mammouths avait essayé de lui piquer la place, mais s'était enfui en voyant une petite chose à longues oreilles bouger dans l'eau.

Et à vrai dire, Armisaëll commençait à ne plus chercher de moyen de fuir de ce continent. Plutôt de s'y adapter, de l'explorer.
La solitude permanente avait été un fardeau au début, mais elle s'y habituait, oubliait ses bons et mauvais moments dans un pays civilisé, à Stormwind, ou Ironforge...
Elle redevenait plus sauvage... ici c'était tuer ou être tué.

Cependant, toutes ses reflexions et tentatives pour se convaincre elle-même qu'elle était bien sur cette terre furent balayées le jour où elle commença à apercevoir un grand halo de ce qui semblait un rayon de lumière bleue partant vers -ou depuis ?- le ciel, à l'ouest de la toundra.
Une journée de marche lui avait suffit pour atteindre... une falaise.
Un obstacle naturel entre elle et sa curiosité ! Pas question de renoncé, elle sentait les vibrations de quelque chose de gros, très gros -au moins autant que sa curiosité- et entreprit de descendre la falaise à pic, après avoir resisté à l'envie de plonger de tout en haut dans la mer qui séparait la toundra de l'île...

Plusieurs heures d'escalade plus que risquée sur des parois verticales, la plupart du temps gelées et pas forcément solides, Armisaëll parvenait au sommet et observait une sorte d'immense cratère.
Et finalement elle ne comprit que très peu ce qu'elle vit... Des sortes de cercles brillants au sol, entourant une sorte d'énorme structure d'où partait le rayon qu'elle avait aperçu au loin.
Ca avait l'air magique, l'air vibrait, mais Armi ne comptait pas se contenter d'aussi peu d'informations...
Poussée par la curiosité, elle se mit à dévaler l'autre pan de falaise, à l'encontre de tout ce qui pouvait se cacher dans cette chose.


(PS : j'ai effacé mon post précédent, préférant y mettre quelque chose de constructif :p)


Dernière édition par Armisael le Dim 23 Nov 2008, 08:26, édité 1 fois

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Re: Les mauvaises plantes ont la vie dure. [Récit à lire]

Message  Onirim le Ven 21 Nov 2008, 12:35

(rhooo c'est pas parce qu'on répond pas qu'on lit pas ^^)
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Re: Les mauvaises plantes ont la vie dure. [Récit à lire]

Message  Roshin le Ven 21 Nov 2008, 16:27

(Oui, moi j'attends la suite avec impatience Wink

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(précisions hrp)

Message  Armisael le Dim 23 Nov 2008, 09:13

(Oui, donc, précisions hrp...
Avant qu'on me saute sur le poil pour me couvrir de goudron et de plumes ! Ce récit se passe bien avant l'arrivée de l'alliance ou la horde en Northrend, vous l'aurez sûrement compris, d'où l'absence de civilisation ou d'endroit pour se poser, chercher des renforts, tout ça...
Voili voilou, bientôt la suite !
*léchouille Ama au passage*)

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Nuit éternelle.

Message  Armisael le Lun 24 Nov 2008, 22:15

Après avoir négocié la descente comme elle avait pu, Armi s'approchait un peu plus de l'étrange formation, et put l'observer plus en détails.
On aurait dit plusieurs plate-formes lévitant en l'air, maintenues autour d'un axe de magie... mais Armi n'avait jamais vu un tel flux magique nulle part...
Qui avait pu créer un tel truc ?!
Il fallait qu'elle y entre, qu'elle voie par elle-même ce qui s'y cachait, qu'elle...

"Un intrus !!"

Elle se retourna au son de cette voix.
Des écailles bleues, des crocs, des griffes... un coup qui lui brisa probablement le bras droit, puis encore un coup destiné à la gorge... enfin le noir total... Et Armisaëll allait devoir s'habituer à celui-ci... Le dernier coup du draconien avait été hâtif, mal mesuré, elle avait eu le temps de l'éviter un peu.
Assez pour ne pas se faire arracher la tête, mais l'ennemi avait quand même fait mouche, ses griffes tailladant largement le visage d'Armi et atteignant ses yeux.
Avec un hurlement d'impuissance, de douleur, de haine et de fureur mêlées, elle réalise sur l'instant qu'elle l'avait vu, une nuit, en rêve...

Décollant du sol sous l'impact, laissant un sillon de sang dans la neige qui recouvrait la zone, Armi se sentit défaillir sous la douleur.
Elle heurta durement une pierre en s'écroulant par terre, ce qui la réveilla plus ou moins, néanmoins le draconide était rapide et la traîna sur le sol, la piétina à moitié, pour enfin la clouer au sol, littéralement.
L'assassine aurait hurlé de douleur, à nouveau, si elle n'était pas désormais maintenue au sol par le poids d'un draconien pesant sur elle... elle se contenta de cracher un peu de sang, à peine consciente de ce qui se passa ensuite, cette brusque cécité, la douleur et la brûlure de la neige sur ses blessures la rendait confuse...
Le dragon l'observa, elle sentait son souffle sur son visage meurtri, puis déclara quelque chose :


"Les mortels ne doivent pas intervenir dans les projets du vol Bleu. Disparais maintenant, pour le salut de la magie et de ton monde."

Malgré l'inconscience qui la gagnait, Armisaëll sut qu'elle était foutue... pas d'échappatoire cette fois, elle ne pouvait plus bouger, personne pour la sauver au dernier moment, personne pour terrasser le dragon, pas de technique secrète pour se libèrer.
Cette fin était aussi stupide que sa vie, elle aurait dû être plus rapide, plus vive, plus forte, plus attentive et surtout moins idiote...

Il la soulevait, enserrée dans ses griffes, sans aucune délicatesse.

Elle aurait aimé revoir une dernière fois des visages connus, revoir...

"Taya..."

Le dragon bleu incanta rapidement en faisant fi des marmonements de l'elfine, ouvrit une des prisons dans lesquelles le vol bleu enfermait les menaces potentielles, prit un peu délan, et lança Armi au travers, elle ne laissa derrière elle que quelques gouttes de sang.

Sans un regard en arrière, le dragon reprit sa patrouille tranquillement autour de leur repère...
Autour du Nexus.


(voili voilou la fin de l'histoire ! bien que ce soit un récit à lire, rien ne vous empêche désormais d'intervenir.
J'suis pas un grand écrivain, à vrai dire c'est même la première fois que je post un truc aussi long, où que ce soit... et donc vos avis, commentaires, etc. sont les bienvenus !
Merci à ceux qui ont lu !)

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Re: Les mauvaises plantes ont la vie dure. [Récit à lire]

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