Sac de cendres

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Sac de cendres

Message  Iakov Magtorus le Ven 20 Mai 2011, 13:35

[hrp] Début de biographie d'un perso en cours de développement, la suite sera plus "consistante" [/hrp]



Tout brûle autour de moi, mais ça l’a toujours fait donc je ne m’en préoccupe pas. Je crois que j’aime le feu finalement.

Il consume, comme moi.

Il est sans pitié, comme moi.

Il ne réfléchit pas beaucoup, comme moi aussi.

Depuis combien de temps ? Je ne sais plus, j’ai arrêté de compter il y a un moment, et ça ne me manque pas, en fait. Pas de jours, pas de nuits, juste mon espace au milieu des flammes.

Les autres ont préféré continuer à s’agiter quand la voix a cessé de résonner dans nos petites caboches putréfiées, moi pas. Dès que le silence s’est fait, je suis rentré dans le premier bâtiment que j’ai trouvé et j’ai… attendu.

Quoi, je ne sais pas, les ordres peut-être. J’ai passé tellement de temps à ne plus décider par moi-même que je ne sais même plus comment on fait.

Il y en a bien eu quelques uns pour venir me déranger, souvent des goules idiotes, parfois des vivants en armures dorées. J’ai taillé en pièces tout ce qui rentrait dans mon domaine et j’ai utilisé leurs restes pour boucher les interstices dans les murs. La lumière me réveille, et j’aime dormir. J’ai juste laissé un trou dans la porte côté rue pour voir qui passe de temps en temps.

Stratholme commence à changer, et je n’aime pas ça. Elle a brulé jusqu’à maintenant, toujours, j’aimais cette constance. Les troupes du Roi s’y préparaient et partaient purifier les vivants, j’allais souvent avec eux, surtout pour me nourrir. Mais maintenant qu’il ne nous appelle plus…

Se nourrir…

J’ai faim, je réalise que j’ai terriblement faim.

J’entends du bruit dehors, ça se bat, et pas qu’un peu. Une des meutes de goules a du trouver un nouvel os à ronger. Elles vont le démembrer, jouer un peu avec et repartir aussitôt, rien qui vaille la peine de s’y intéresser.

Le combat a cessé, j’entends des pas, des sabots même. Et des voix. Je ne comprends pas leur langue, ça m’intrigue.

Je me lève, mon armure grince, ça doit faire longtemps que je n’ai pas bougé.

J’enlève les cendres agglutinées sur mes paupières, ça me gène pour voir.

Je regarde par le trou, mon seul accès vers le monde, mon dernier lien.

Des bêtes à cornes bipèdes et bleues, c’est amusant, enfin je crois.

L’une est en armure et elle a été des nôtres, je sais encore reconnaitre ça. Elle est très grande et maigre, je me demande comment elle peut bien supporter tout son attirail avec des os aussi fins.

L’autre est plus soignée, avec une robe faite d’une étoffe délicate, elle joue avec ses cheveux.

J’ai faim.

Je ne comprends pas ce qu’elles disent, mais je m’en moque, je sens la nourriture.

Elles parlent longtemps, je ne sais pas si je dois sortir ou non, je pose la main sur la poignée de mon épée sans m’en rendre compte.
L’ancienne flaellée finit par prendre son arme, une longue lance à l’image de sa propriétaire et frappe l’autre à la cuisse. Celle-ci couine de douleur et s’effondre.

J’hume, mes poumons perforés sifflent quand je les remplie de cet air desséché qui m’entoure, j’ouvre la bouche et le referme plusieurs fois.

Ca m’enivre, c’est délicieux. Elle doit être délicieuse.

La perche incante, elle fait apparaitre une bulle anti-magie que je reconnais sans peine, mais son travail est bâclé, laid, ça me révulse.

Elle m’empêche de sentir le parfum de l’autre, et pour ça je la déteste.

Celle en robe disparait, pouf, je crois que je ressens de la douleur, j’ai du mal à reconnaitre ça.

L’autre finit par s’en aller, je ne sais pas quoi faire, mais j’ai faim.

J’enfonce la porte de mon refuge d’un coup d’épaule, le vieux bois éclate sans trop de résistance, je n’ai même pas senti le choc.

La rue est déserte, j’ai du mettre longtemps à me décider.

Je m’avance jusqu’à l’endroit où ma Belle se trouvait et me met à genoux.

Je sens les résidus de sa présence, une aura sucrée, fine, savoureuse. La chose la plus merveilleuse dont je me souviens. Les runes sur mon armure s’activent, ça faisait si longtemps.

Je reste béat un moment devant tant de beauté et dévore sans retenue les traces d’arcane qu’elle a laissées derrière elle. Je manque m’écrouler, je ne contrôle plus rien pendant quelques secondes, bercé par ces quelques miettes qu’on m’a offertes.

J’ai toujours faim, ça ne m’a pas suffi.

Je veux la retrouver.

Je veux me délecter de sa présence.

Je veux la dévorer.

Je m’éloigne vers ce que je crois être la sortie de la ville, silhouette noircie et lente.

Il faudra que je me nourrisse en route, ce serait une bonne chose.

J’ai tellement faim.


Dernière édition par Iakov Magtorus le Mar 24 Mai 2011, 18:32, édité 1 fois

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Re: Sac de cendres

Message  Iakov Magtorus le Sam 21 Mai 2011, 16:15

[Hrp] Le contenu de ce qui va suivre pourrait éventuellement choquer les plus sensibles ou ceux qui viennent de manger de la morue au chocolat chaud, vous voilà prévenus. [/Hrp]

Sa peau se fripe comme du parchemin, elle se ratatine petit à petit.

Il suffoque, empalé sur l’arbre, ma lame plongée dans l’estomac, ça ne devrait plus être long.

C’est un elfe, je le reconnais à ces oreilles et à la couleur de ses cheveux.

J’ai eu de la chance de le trouver, les siens ne sont pas dans les Maleterres normalement, plutôt au Nord ou de l’autre côté du monde.

Il commence à convulser, de la mousse rose de son propre sang s’échappe de sa bouche et se déverse à gros bouillons sur sa tunique, signe que la source sera bientôt vide. Ses yeux sont aveugles depuis plusieurs minutes, ses tympans ne doivent plus marcher non plus, j’envie le calme dont il profite. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être en paix, je n’ai pas cette chance, moi.

Sa magie est humide, elle a un gout terreux, un peu amer. En fermant les yeux j’ai l’impression de voir des forets gigantesques à perte de vue, j’arrive à imaginer, c’est bien. Ça me laisse un sale gout dans la gorge mais ça me nourrit, un peu en tout cas. Mes entrailles me brulent encore, il en faudra bien plus pour que ça s’arrête.

Je l’ai trouvé à cueillir des plantes, des oiseaux chantaient dans les branches, je ne reconnais plus la région que j’ai arpenté de long en large et ça m’agace. Il m’a regardé bizarrement, il ne devait pas s’attendre à me trouver là.

Il a lancé ses sorts sur moi, ils le font tous, et comme toujours je n’ai rien dit. J’ai dévoré ce qu’il m’a envoyé en le remerciant d’un hochement de la tête avant de l’immobiliser pour être tranquille.

Quand je les laisse s’agiter ils gaspillent leur magie dans l’air, je n’aime pas ça, ça en fait moins pour moi. Alors je dois agir vite, être efficace pour qu’ils cessent de semer leur nourriture aux quatre vents.

Il s’agite trop, ses os se brisent d’eux-mêmes les uns après les autres sous la pression, sa cervelle doit commencer à fondre, encore quelques secondes de patience.

Il serre les dents à se trancher la langue et frappe le tronc avec sa nuque au point de s’éclater l’arrière du crâne contre le bois, c’est fini.

Ses mains remuent encore, ça fait ça parfois, quand ils sont nerveux.

Je ne les comprends pas, jamais, ils savent qu’ils vont mourir quand ils me voient, ils ne devraient pas gâcher leur derniers instants à se faire du mauvais sang. Ca n’a pas de sens.

Je crois que leurs émotions donnent des goûts différents à leur magie, il faudra que je compare si je m’en souviens la prochaine fois. La colère rend leur saveur plus prononcée peut-être, et la peur doit donner du corps à leur aura, je dois vérifier.

La terre est verte, elle s’enfonce sous mes bottes quand je marche. Je sens la vie autour de moi et ça me perturbe, je n’ai plus l’habitude.
Le monde n’est plus le même, ça me lasse déjà alors que je sors à peine de mon refuge. Stagner permet de ne pas être déçu, et déçu je le suis en voyant tout ça, c’est sur.

Trop lent, je suis trop lent.

Je dois aller plus vite si je veux la rattraper, son goût finira par disparaitre si je ne me presse pas, et je ne veux pas que ça arrive, surtout pas.

Elle est ce que j’ai connu de mieux, mon idéal, ma quête.

Je devrais la laisser en vie une fois qu’elle sera mienne, pour pouvoir m’en nourrir plus longtemps, un peu chaque jour jusqu’à la fin des temps, ce serait merveilleux.

Rien qu’à y penser mes boyaux font des nœuds de plus belle, non, jamais je ne pourrai me retenir.

Ce sera bref, intense, et délicieux, ça l’est toujours quand la proie en vaut la peine.

Je regarde le ciel alors que je laisse les derniers fragments du pouvoir du druide s’insinuer en moi, je ne tiendrai pas longtemps avec si peu.

J’entends des cris, l’elfe ne devait pas être si isolé que ça finalement.

Ceux qui s’approchent n’ont aucune saveur en eux, je peux le sentir, je dois les éviter.

Elles sont trois, dont deux avec des arcs, l’autre tient un genre de disque avec trois lames sur les bords. Ce sont toutes des elfes, elles ont l’air en colère.

Celle aux lames se jette sur moi et essaye de me décapiter en faisant une pirouette, je recule pour éviter le coup, je deviens plus rapide, c’est bien. Les autres arment leurs flèches et me visent, je les entends.

Elles sont si fades, rien à manger là dedans, juste de la chair qui gesticule inutilement, c’est du gâchis et ça me fait perdre du temps.

L’elfe continue à sautiller devant moi, je pare tous ses coups, elle n’est pas bien douée la pauvre.

Je l’attrape pour qu’elle arrête enfin de bouger, elle s’acharne et frappe mon bras avec son arme, elle pénètre ma chair et je saigne, ça faisait longtemps ça aussi.

Des sifflements. Une flèche se plante dans mon épaule, ça ne fait pas mal, ça ne le fait jamais. La deuxième est dirigée vers mes yeux, je le sens, je décale la combattante pour la placer entre le trait et moi, il se plante dans son dos et elle cesse de se débattre.

Je la lâche et commence à courir, pas le temps de me débarrasser des deux autres.

Elles me poursuivent, je les entends.

D’autres sifflements, mon dos doit ressembler à un hérisson, elles ne se lassent pas.

Un lac se profile devant moi, c’est parfait.

Je saute et me laisse couler jusqu’à toucher le fond, là je commence à marcher, de nouveau seul.

Elles ne me suivront pas ici, c’est trop profond pour elles.

Je marche vers le Sud, l’eau refroidit mon armure, c’est déjà ça.

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Re: Sac de cendres

Message  Iakov Magtorus le Mar 14 Juin 2011, 10:02

Je l'aime.

J'ai fini par la voir, enfin. Elle était là, juste devant moi.

Elle avait changé de direction, alors moi aussi. Je l'ai suivie vers le Nord, je n'y avais jamais été avant.

J'ai marché en ligne droite, sauf pour éviter les arbres et les montagnes, ça prend plus de temps à démolir qu'à contourner, puis j'ai senti sa présence alors que j'étais encore loin, très loin.

J'aime cet endroit, beaucoup de magie résiduelle, je pourrais m'asseoir et laisser l'air me satisfaire pour toujours, ça suffirait.

Non, ça aurait suffi avant, mais maintenant je trouve ça fade comparé à elle, c'est elle que je veux et rien d'autre.

Un vieux batiment, une tour, elle est là. Ma flamme, mon énergie.

Ma nourriture.

J'entre et je vois pour la seconde fois son enveloppe. Elle attend paisiblement, elle lit un livre, oui, ça s'appelle un livre je me souviens.

Elle me parle mais je n'entends pas, son essence me sature les sens, c'est comme un soleil en moins chaud.

Elle n'a pas l'air nerveuse ou efffrayée, elle n'essaye pas de m'attaquer non plus. Elle a compris, je l'aime encore plus.

Je m'avance pour qu'elle m'appartienne enfin, elle m'évite et me lance une décharge.

Je n'avais rien connu de pareil depuis longtemps, c'est merveilleux, ça me satisfait davantage qu'un druide entier ou qu'un demi-nécromancien.

Elle sort et court, non, pourquoi fait-elle ça ? Je croyais qu'elle avait compris.

Je la suis, je l'aime un peu moins mais j'ai toujours faim.

Elle court, trébuche, tombe parfois. Moi je continue à la suivre, toujours. Je n'existe plus que pour elle à présent, il me la faut.

Elle s'arrête à côté d'un arbre, je la rejoins, et nous commençons.

Je sens mes os trembler dans ma main alors que je l'empoigne, j'ai l'impression que je vais saturer ou me liquéfier, il y en a tellement, tellement.

Elle me regarde, je la regarde.

Elle explose.

Pas de chair, juste sa magie, ça se disperse et ça m'arrache un cri. C'est fini, elle imprègne la terre autour de moi, l'herbe, les arbres...

Je dois tout récupérer, c'est à moi. Peu importe si je mets longtemps à tout absorber.

Je sens vaguement quelque chose encore plus loin au Nord, je crois qu'elle existe encore. Je n'ai pas réussi à tout lui prendre.

J'essaye de rire mais je n'ai plus de gorge. J'essaye de sourire mais je n'ai plus de lèvres. Tant pis.

Je dois finir de prendre tout ce qu'il y a ici et la rejoindre.

Elle m'aime aussi, je crois.

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