La maison Mereldar

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La maison Mereldar

Message  Jackham le Sam 04 Juin 2011, 18:50

Hurlevent, le 26 mai, 17h00


Les grands et glaciaux couloirs du palais royal faisaient silence tandis qu'au fond de l'un des nombreux appartements dans lesquels loge la plus haute noblesse une plume osait quelque bruissement, caressant un parchemin de grande qualité de son encre fluide et noire comme celle à peine projetée dans les tréfonds abyssaux par une pieuvre défensive.
L'homme coupable de cette calligraphie délicate au doux son de frottement à chaque courbe et à chaque virgule au sein de cette enceinte de marbre poli est un riche détenteur de biens et de pouvoirs. L'ample manche d'où sortent à peine ses longs doigts fins et soignés et tenant l'arme de ce crime de papier ainsi que la reste de la robe pourpre sertie des joyaux les plus fins et les plus luxueux sont le signe, parmi une multitude d'autres, du luxe et l'aisance dans lequel cet individu, au visage gravé de fines rides aux commissures de son regard de braise et de ses lèvres à la féminité fascinante mais dérangeante, et à la chevelure si soyeuse, reflétant un vénitien somptueux mais aux racines pourtant sombre, dégradé que l'on pourrait comparer à celui d'un homme richement couvert mais possédant une noirceur d'âme bien enfouie sous les étoffes, baigne avec le plus grand plaisir.
Manicheus De Mereldar, comte parmi d'autres comtes, se démarque par cette allure si bienheureuse et ce mépris pourtant palpable qui est émis à l'égard de tout individu ne portant pas ce célèbre patronyme. Son apparat au luxe de mauvais goût et son désir des belles choses étaient bien connus des gens de son milieu, mais moins l'était le réseau familial dont il est une des nombreuses pièces.
Les Mereldar, une bien noble famille comme tant d'autres pour le commun des mortels, mais dont l'envergure héritière se sait bien moins. Et pourtant, les pères et les mères sont aussi nombreux que les descendants engendrés.
Seuls quelques individus de cette mystérieuse portée ont été vus à ce jour entre les remparts de la grande cité humaine. La marquise Analia, grande complice et amie de la marquise Suniva Baldridge, la jeune et impertinente Violette, nièce de cette première, et l'homme aux cheveux de feu, Manicheus, dont le titre de comte s'est moins entendu dire que son statut de mage.
Qu'est-ce alors que ce courrier qui fait tant sourire l'arcaniste, et dont le revers, une fois le sceau familial fraîchement apposé, est marqué du nom Véléon De Mereldar ?


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Le 26 mai de l'an 31, Hurlevent

Mon très cher frère,

les affaires chez les hommes de Hurlevent peuvent prendre un sérieux tournant.
Tu peux enfin quitter Lordaeron et nous rejoindre.
Analia a envoyé un courrier similaire à notre cher Vandral.
Votre diligence vous attend là où vous savez. Nous vous attendons pour la semaine à venir.
Soyez tout deux prudents sur la route, Véléon. Nous tenons à vous voir venir entiers.
Tu diras à Mirabella de ma part qu'il sera bientôt temps pour elle.

A la semaine prochaine, je t'embrasse

Manicheus

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Hurlevent, le 2 juin, 18h30


Le grand homme, pâle de peau et sombre de crinière, aux paupières détendues mais au regard vif, comme un volet que l'on ne rabat pas franchement afin de laisser entrevoir quelques rais de lumière chaleureuse, au glabre visage long et fin, marqué par un nez qui le caractérise, est vêtu d'un long manteau au toucher agréable et délicat malgré l'épaisseur d'une étoffe qui réchauffa son corps grand et maigre dans les terres fraîches du nord, sort de la belle diligence, suivi d'un plus jeune homme, à la peau plus mate, de plus petite taille, mais au visage et à la stature plus chaleureux que celui du premier, à la bouche souriante encadrée d'un bouc aussi noir que ses cheveux et celui de son compagnon de route, soigneusement taillé. Une longue et fine rapière, oeuvre d'un forgeron qu'on croirait artiste plutôt qu'artisan, sur le pommeau de laquelle repose comme sur un sceptre un gant moulant les galbes d'une main qu'il recouvre avec délicatesse.
Les deux hommes affichent un doux sourire en faisant face à l'immense statut du puissant guerrier souverain, et croisent leurs regards, l'un fait du velouté d'un nuage, l'autre fait de l'incandescence d'un chandelier.

-Alors nous y voilà, Vandral. dit le plus grand et le plus pâle, brisant le silence contemplateur.
-Il semblerait bien mon oncle.
-Allons-y, Manicheus nous attend.
-Nos appartements sont-ils prêts ? s'inquiète vaguement le bellâtre, espérant bon accueil.
Véléon souffle un léger rire par les narines de son grand nez, amusé par l'évidence.
-Bien évidemment. Aller, ne nous faisons pas attendre.

Les dignes Mereldar se sourient et montent les nombreuses marches du parvis royal, s'engouffrant dans la majestueuse acropole tandis que la diligence fait cogner ses roues en bois de chêne verni contre les pavés et va se mêler aux bruits ambiants du reste de la cité.


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