Syliath Braise-Lame

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Syliath Braise-Lame

Message  Syliath Braise-Lame le Sam 19 Nov 2011, 19:10

Préface

Quelque part dans Gilnéas se trouvait un manoir un peu reculé d'un village. Les constructions du mur n'étaient encore qu'à leur début que cet édifice vivait déjà depuis des décénnies. C'était la résidence familiale des Mac'Blake, famille devenue bourgeoise par le commerce. Autrefois très populaire, le temps était passé et la famille disparu peu à peu aux quatre coins du monde. Seul un des fils resta pour entretenir la maison, Karrigan Mac'Blake.

Les villageois le voyait bien peu souvent, si peu qu'on le craignait. Des rumeurs lui donnait un état maléfique. Les commérages allaient bon train: de la sorcellerie à la démonologie, on l'accablait des mauvaises récoltes comme des nuits trop noire. Tous les malheurs lui était attribué, à lui et son manoir qui était devenu bien sombre maintenant. Cependant, quand il descendait au village, plus personne ne disait mot, c'était limite si on ne s'enfermait pas dans sa demeure en le voyant arriver au loin. Rien, ni personne ne pouvait l’accabler avec des faits. Et même si la populace a bien essayé de le mettre dehors, la garde n'a jamais pu établir le moindre lien entre lui et les "sortilèges maussades" dont souffrait les villageois. Simple constat que rien n'était fiable dans les voix des villageois, ou peut-être était-ce par la peur de tant de légendes à son propos, que personne nu le cran d'aller sonner au portail de son manoir pour l'amener devant la Main d'Argent.

Au fond, cela avait ses bons cotés pour l'individu. Il n'aimait guère la foule, et celle-ci l'évitait au possible. Jamais un seul marchand n'est venu frapper à sa porte pour vendre quelque babioles, et s'il y en a eu parmi les voyageurs, tous ne trouvèrent qu'un refus dans le meilleur des cas, poli, ou une porte simplement fermée.

C'était pourtant une si belle maison, avec un grand jardin et une allée de roses au ton les plus colorés qui étaient possible d'avoir. Plus rien ne voulait y pousser sinon des herbes sauvages, des racines et autres plantes entortillées. L'allée annonçait le visiteur comme on présente la porte de la Funeste à une pauvre âme égarée. Tout était noir, sombre, et des cendres recouvrait maintenant bien des parties de l'édifice.

Le manoir avait brulé à ce jour, et plus personne n'y vivait. Ce qu'il est advenu de l'ancien propriétaire, personne ne le sait. La malédiction worgen, les pillages des réprouvés, ou comme le disent encore quelques survivants du village, peut-être est-ce simplement une invocation de démon qui a mal tourné, décimant tout sur la zone maudite du manoir. Le grillage rouillé ne retient plus personne maintenant en dehors, et pourtant, les curieux ne vont jamais plus loin que l'allée. Tellement de légendes sur cet endroit, tellement de croyances, des anneries et des blasphèmes. Un tel commérage sur un simple manoir laisse encore aujourd'hui le domaine tranquille des visiteurs.

Mais il arrive parfois, qu'un intrépide passe l'allée et ouvre la porte d'entrée. Cherche-t-il refuge ou des informations? eut-être est-ce un pilleur et quémande-t-il quelques orfèvreries à voler? Quand la porte enfin se referme derrière-lui, le village au bar s'accorde à dire qu'une vie, encore, est perdue.

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Re: Syliath Braise-Lame

Message  Syliath Braise-Lame le Sam 19 Nov 2011, 19:13

Bavardage avec les villageois


" N'y allez pas, le Démon y réside! "
" Cet endroit est maudit vous dis-je, maudit! "
" Même les réprouvés n'y sont pas allés, la peur elle-même y rode! "

C'est ce que répondent bien des piliers de comptoir du vieux bar du village. Des hommes sombres, peu entrainant et sans le moindre doute, peu cultivé. Ecoutez-les prononcer a qui le veux toutes sortes de malédictions, parfois totalement stupides et sans le moindre sens.

" Il était là et le garçon l'a montré du doigt, cela ne lui a pas plu et ma femme est tombée gravement malade! Le démon j'vous dis! "

Pathétique est le mot approprié. Les rumeurs vont bon train, sur tout ce qui attrait de près ou de loin au manoir, ou à son propriétaire. Si bien que parfois, l'on arrive a des extrémités assez sordides, ou faisant preuve d'une grande imagination.

" J'vous jure, j'l'ai vu comme j'vous voit à c'moment! Les éclairs étaient sorti d'sa bouche et les oiseaux sont tombés morts partout dans l'champ! C'était effroyable, démoniaque! Pour sur c'type a pactisé avec l'démon et va tous v'nir nous tuer dans no't sommeil, mais j'crains pas l'salopiaud, j'prie tous les soirs la Sainte Lumière et jamais il mettra les pieds dans c'te baraque, ou la colère divine lui prendra son âme du diable! "

" C'était pas un humain, c'était un géant, grand comme trois hommes, avec un rire qui vous foutais l'frisson dans le dos! Pour sur, j'aurais pas voulu m'battre contre lui, personne osait, c'était normal! Seul un paladin pouvait le renvoyer d'là où il est sorti et la Main d'Argent, ben elle était pas beaucoup par ici! "

Des histoires véhiculées a qui voulait l'entendre. Étonnamment, les plus anciens qui avaient survécu aux diverses menaces donnaient parfois une toute autre histoire, bien moins loufoque.

" Le fils des Mack'Blake, celui qui est resté, c'était un solitaire mais pas une mauvaise âme. Beaucoup de jaloux de sa richesse, surement. "
" J'ai eu l'honneur de côtoyer ses parents avant qu'ils ne décèdent, c'étaient des gens bien, croyez-moi. Vous savez ce qu'on dit, les chiens ne font pas des renards. "

L'un d'eux particulièrement se souvient d'un moment particulier. Quand les parents du présumé sorcier moururent.

" Le jour de leur enterrement, c'était sans le moindre doute l'un des jours les plus sombres que nous n'ayons jamais connu. Il était le seul de la famille à être présent, les autres étant parti faire fortune on ne sait où, je trouvais ça révoltant qu'ils n'avaient pas fait le chemin du retour pour saluer leur parents, jamais vu. Mais lui, le jeune Karrigan, il était là. Il n'a pas dit un mot, se contentant d'être présent et de regarder le caveau se refermer. Je crois bien que c'était le dernier à être parti du cimetière d'ailleurs. Beaucoup disent que c'est à ce moment qu'il est devenu solitaire et maléfique, ou que ce seraient lui qui auraient tué ses parents. Sordide! La famille était aimée à l'époque de tous. C'était un jour de pluie, un jour comme on ne les aime pas, et je n'ai jamais oublié son regard, livide, un homme a qui on avait enlevé une partie de lui. Pourtant, il l'avait, elle à ce moment."

Elle? Qui était-ce cette "elle? Des registres, on pouvait en apprendre un peu plus. Ainsi, aussi curieusement que cela était concevable, ce Karrigan avait été marié très jeune. Personne ne s'en souvenait ou presque, cette femme avait été effacée des mémoires au profit du maléfique résidant. On pouvait interroger n'importe qui, personne ne se souvenait d'un mariage du fils. Les villageios se souvenant d'un couple se comptait sur les doigts d'une main, et encore. La seule information que l'on apprenait d'elle était au cimetière. Une stèle reposait parmi toutes les autres.

" Ici repose Elyzabeth Mac'Blake, femme de Karrigan Mac'Blake.
Tu étais ma rose, tu étais mon cœur. Nous nous reverrons et ce jour sera béni.
Ton mari "

Tout le monde au moins, s'accordait à dire que peu importe que le propriétaire était vivant ou mort, disparu ou consumé dans sa folie, son domaine regorgeait de légendes et d'histoires. Il avait laissé son empreinte sur la demeure et jamais personne n'a passé le grillage de l'allée. Qui aurait été assez fou pour aller voir un fou, un maudit ou un sorcier? Un démon? Personne.

" Y en a bien une qui y est entrée il y a quelques années, mais on l'a jamais r'vue! Et franch'ment, après ce qu'elle avait fait, elle peut bien bruler en enfer! C'tout c'qu'elle méritait! "

Personne, vraiment?

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Re: Syliath Braise-Lame

Message  Syliath Braise-Lame le Sam 19 Nov 2011, 19:14

Il y a quelques années, au village


Dehors, il pleut. La lune n'est guère bien présente mais les bruits sont là, les gouttes d'eau ne leurrent pas l'oreille devenue paranoïaque. Le cœur bat plus vite. Ces hurlements, tout le monde ne peut les nier et le sang de ce milicien commence déjà à prendre la coursive, s'affolant dans les veines comme fuyant une condamnation à mort. Pour un peu la nausée le prends. Son compagnon, lui, ne résiste pas et régurgite son dernier repas. La chandelle fait danser des ombres sur une femme à terre, morte. Pour un peu, un animal sauvage l'aurait à moitié mangée. Mais quel animal pouvait arracher de tels morceaux de chair?

La menace est là, les clairons se font entendre. On chuchote des hommes qui courent la nuit et hurle comme des loups. La nuit, on se barricade devant la peur qui prends chacun d'entre eux. Ne pas sortir, se protéger. Se protéger, oui, mais de qui? Ou quoi?

La milice fait état des lieux, empêchant les trop curieux de voir l'horreur sans nom, à moitié éventrée sur le dallage. Un mari épleuré pourtant est là et regarde ce corps sans vie, ce corps qu'il aimait tant, cette femme qui fut la sienne. Un milicien tente de le raisonner, en vain. Elle est morte, d'une atroce façon, et ce regard opaque qu'elle lui tends, il sait qu'il le hantera longtemps, très longtemps.



"Nous sommes morts... mais nous ne le savons pas encore."


Le temps est passé. La peur est toujours là, cachée au fond des bois. Pour certains, ils ne disent que des sornettes, prétendant et affirmant sur l'honneur qu'ils ne s'agit que de simples bêtes sauvages, qu'il ne faut pas s'inquiéter. Les chasseurs traquent, cherchent et fouinent, mais rien.. sinon des loups qui rodent, et encore des loups. Lui, ce chasseur par contre, ne fait plus partie des autres. Personne ne lui adresse plus vraiment la parole, il est devenu si taciturne, si absent. On le soupçonne de complot, de déchéance, d'être une malédiction à lui seul. Les gens peuvent inventer tant de choses et d'autres, il suffit de les stimuler un peu et ils vous donneraient au bucher si cela peut les sauver. Mais les sauver de quoi? Ils ne le diront jamais, non pas par peur, mais parce qu'ils ne savent pas eux-même, de quoi ils seraient sauvés.


"Je fais, ce que l'on me dit de faire. Ni plus, ni moins."


Cette jeune femme qui s'échappe de la milice, on la recherche, pour sorcellerie. Elle a bruler sa maison et sa famille dit-on, elle a amenée avec elle des démons. Il faut la bruler, la purifier! Les gens... sont prêt à tout entendre en ces temps. Elle court, elle les sème. Elle connait les chemins de ces rues, ces dallages, elle les foule depuis qu'elle est petite. Avant c'était une serveuse enjouée, que l'on disait beaucoup de bien. Maintenant... elle disparait derrière la ruelle.

Ils se séparent, elle doit être proche. Là, une ombre ! Le milicien court vers le fond, tourne vers la gauche et des détonations se font entendre. Alertés, ses deux comparses accourent et trouvent le corps étendu, criblé de balles, les yeux révulsés. Devant l'endormi funeste, une silhouette se tient debout, rechargeant son fusil sans vraiment faire signe d'impatience.

La garde de l'épée se lance en direction de l'ancien mari, des insultes sont projetées et bientôt ce sont deux miliciens rageux qui fonce vers le veuf. Ce dernier referme son arme à feu et la pose sur l'épaule, regardant ces deux hommes se ruer vers lui.



"Ils sont morts... et ne le savent pas encore."


Quelques instants après, ce qui semble être un couple marche dans les rues, sous la pluie. Habillé de deuil, ils rentrent chez eux calmement. Derrière eux, ils laissent trois corps. L'un est parsemé de plombs, son corps n'est plus que passoire. Les deux autres gisent à coté du premier, la peau est figée, écartelée sous la chaleur tandis que la moitié du corps crépite de petites braises encore chaude, provoquée par une magie des flammes.

Le couple se dirige vers le manoir. Celui qu'on dit hanté, celui qu'on dit habité par les fous. celui qu'on ne veut pas entendre ni même prononcé, celui qui n'apporte que la mort et la folie. On dit tant de choses quand on a peur, ces villageois ont une capacité d'imagination florissante mais... peuvent-ils seulement imaginer, que ce qu'ils doivent craindre ce n'est pas seulement la bête qui rode dehors...

... mais c'est également, certains de ses propres habitants?

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Re: Syliath Braise-Lame

Message  Syliath Braise-Lame le Sam 19 Nov 2011, 19:20

La folie des flammes



L'encens brulait dans la chambre, enveloppant la pièce d'un velouté presque sucré. La faible lueur d'un chandelier pour unique lumière ne trahissait en rien le sommeil de la demoiselle, confortablement envahie de ses draps. Elle dormait, rêvait sans doute à quelque scènes passées. Dans son rêve, il n'y avait que des flammes, la nébuleuse et funeste la laissait tranquille pour cette nuit. Elle dormait, out simplement en attendant ce moment où elle se réveillerait et où elle aurait, elle le savait, le cours intensif.


- Tu ne maitriseras rien, tant que tu nourriras toujours cette odeur fétide en toi.
- Je n'ai pas peur vous dis-je! Ça... ça ira mieux la prochaine fois.
- Non, cela suffit. Cette frayeur en toi, elle te garde comme une nourrice face à l'enfant, elle ne te révèle pas. Il faut l'anéantir! Demain, nous ferons en sorte de la faire partir. C'est fini pour aujourd'hui.


La fraicheur. Un léger vent, un courant d'air ou une ombre? Elle se réveilla calmement, une petite migraine. Sa main passa sur son front, dégageant ses cheveux bruns de son visage dans le geste. Le froid lui engourdissait-il ses sens? Même cet encens semblait différent. Quelle sottise. Elle se mis assis au bord du lit, renvoyant les draps plus loin et fini par se lever. Devant ce miroir, fracturé, elle épiait son image. Une mauvaise mine pour une mauvaise nuit? Elle posa ses mains dans la bassine remplie d'eau parfumée, et amena ses mains en forme de coupole à son visage. Elle regarda l'eau gouter le long de sa peau un instant, c'était une sensation qu'elle trouvait agréable. Dénudée, elle pris son peignoir et s'y enveloppa. Tant de fraicheur était curieux. Etait-ce si longtemps qu'elle était dans ce manoir qu'elle en avait oubliée les saisons? Serait-ce celle déjà de l'hiver? Bah, cela n'avait guère d'importance. Elle pris le chandelier.

La porte de sa chambre fermée dans son dos, elle observait ce couloir. Toujours, cette odeur qui montait. Si forte, si empreinte qu'elle aurait pu la voir, la toucher. C'était une saveur qu'elle ne connaissait pas. Encore une expérience de son Meister sans doute. Une à une, son ombre pris les marches du manoir en filature et à mesure qu'elle descendait, elle ne pouvait s’empêcher de se questionner. Comment vaincre la peur? Comment en faire fit? Elle ne trouvait aucune réponse à cette question. Lui faire confiance était la seule option de toute façon. Une confiance aveugle et muette, mais pas sourde.

Arrivée à la dernière marche, elle regardait, encore, ce couloir qui s'étendait devant elle. Si sombre. Un pas vers l'avant, un deuxième et le troisième fut en arrière, mut par la surprise. Les torches du couloir s'allumaient une à une, d'abord calmement puis ce fut terminé par une vitesse affolante. Était-ce une invention, un tour de magie qu'elle ne connaissait pas de son Meister? Un pas en avant, un second, puis trois... quatre... Elle avançait, observant ces torches qui guidait son chemin. Toujours cet encens qu'on retrouvait sur son chemin, nappant presque le sol d'une fine brume peu à peu.

Enfin le bout du couloir et tout s'éteignit. D'un coup, un seul la lumière fut défaut. Seul le chandelier tenait encore, les flammes vacillantes. Elle observait derrière elle, suspicieuse et poussa la porte. Elle s'avança et en lacha le chandelier à terre qui s’éteignit aussitôt. Elle eut envie de fuir mais la porte était déjà fermée. Non, il n'y avait rien. C'était juste une ombre, juste une ombre se répéta-t-elle. Accroupie elle tendait le bras à la recherche du chandelier, qu'elle fini par retrouver dans la pénombre la plus totale. Une légère petite incantation et sa main devint flamme.

Et ce fut toute la pièce qui s'alluma alors. La salle où étaient organisés dans les temps anciens, le bal.

Pas une seule torche ne brulait pas à cet instant précis. De la pénombre elle était passée aux milles feux. Les lustres, les torches, bougies et autres, tous brulaient et réchauffaient cet endroit. Seul une nappe brumesque persistait, et cet encens qui l'enveloppait toujours, qu'elle respirait presque par la peau maintenant. Elle trouvait cela si beau, jamais elle n'avait pu voir cet endroit ainsi illuminé. C'était beau, si beau. Elle se mit au centre, petite fille rêveuse, et entama un ballet imaginaire. Elle tournoyait sur elle-même, faisait révérence devant un prince absent et l'accompagna dans la danse. Son peignoir n'était plus qu'une longue robe en tisse-mage d'une rare qualité où brillait les étoiles. Et elle dansait, dansait encore dans l'insouciance la plus totale. Elle dansait, tournoyait, de plus en plus vite sur elle-même, les bras écartés. L'euphorie la prenait peu à peu, c'en était presque magique. Elle ressentait presque chaque flammes dans la salle, elle pouvait presque sentir cette chaleur se projeter sur sa peau. Elle fermait les yeux maintenant, dansant avec cet être, pour elle seule, avec un tas d'amis, son Meister et une communauté entière, absente et fantomatique. Elle en écoutait la musique, et elle fredonna, chanta presque et fini par crier sa mélodie.

Et elle senti, vraiment, les flammes peu à peu.

Le tournoyement s'arrêta, devenue plus silencieuse elle rouvrit les yeux et regarda tout autour d'elle, les yeux exorbités par ce qu'elle contemplait. Tout brulait, tout. Les flammes léchaient les rideaux, s'attaquaient au sol autour d'elle. Même le plafond n'était qu'un brasier monumental. Les portes? Des fétus de paille en proie à un incendie colossal. Elle était piégée au milieu de ce feu des enfers. Les poutres commençaient à craquer furieusement, des bruits d'éclatement remplaçait maintenant la musique. Il fallait qu'elle sorte d'ici, et vite!

Par où? Où sortir? Où s'enfuir? Les portes, c'était impossible, qu'y avait-il seulement derrière? Était-ce mieux, ou pire? La fenêtre? C'aurait été la mort assurée avec la chute. Les flammes s'avançaient, propulsant la salle dans un ballet funeste fait de fumée, de chaleur et d'orgeuil. Aucune flamme ne pouvait sortir ainsi d'une simple bougie, l'orgeuil était palpable, l'envie aussi, la folie peut-être. Ces flammes avaient des âmes, elle murmuraient presque pour commencer et finir même par crier de voix stridentes. Elle, elle tournait sur elle-même, paniquée quand elle se figea vers une ouverture possible. Une ombre, il y avait bien une ombre qui la contemplait là, elle en était persuadée.



- Meister?! Meister, je n'ai rien fait, je vous le jure! Ce n'est pas moi!

L'ombre s'en détacha, elle reculait. Quant à la danseuse, elle, elle commença à pleurer. A hurler.

- Meister?! MEISTER ?!


Elle hurlait après cette ombre qui partait, elle hurlait, gueulait comme jamais elle n'avait crier avant. Elle était désemparée, ces flammes qui l'encerclait, cette funeste ironie du sort. Non, elle devait en partir, à tout prix. Elle voulait vivre, plus que tout. Un pas en arrière dans son inconscience et elle senti quelque chose dans son dos. C'était chaud. Peureuse, tenaillée par la peur elle fit lentement demi-tour et cru en mourir d'effroi devant cet être qui la fixait.

C'était un démon comme elle n'en avait jamais imaginé. Il était immense, deux fois sa taille, ses bras n'était que des os incendié et sa cage thoracique ressortait dans une respiration anormale. Ses crocs prédominants n'était que des dagues de laves et son regard la pétrifia. Elle ne réagit même pas quand cet être infernal posa ses mains sur ses épaules et la souleva du sol pour l'amener devant sa tête. Elle était tétanisée, son vêtement brula très vite et retomba en poussière sur un sol déjà infesté par l'incendie. Les membranes qui lui servaient d'ailes n'était qu'une épaisse fumée gémissante. Deux coups de ces titanesques membres inhumains et elle était maintenant en plein milieu de la pièce, entre le sol et le plafond. Tout n'était qu'un brasier, une fournaise. C'était l'enfer.

Elle tremblait dans ces poignes d'os craquelant. Désarmée, tétanisée, elle ne pouvait détacher son regard de cet être incandescent. La chaleur la faisait suffoquer, elle cru à l'évanouissement mais le démon n'en entendait pas de cette oreille. Une griffe sur le bras et elle rugit de douleur. Une autre vint, puis une autre. Et sans qu'elle ne sache sous quelle sorcellerie, elle se retrouva les membres liés à des chaines venues des quatre coins de la pièce. Une offrande qui allait bientôt sans nul doute être en proie aux flammes. Le créateur funeste contemplait encore cette belle offrande totalement déboussolée sous la plus pure des terreurs. Et il se mit à ricaner, un rire sinistre, sournois et cruel. Sa bouche venait devant la tête de la jeune femme et sa langue de braise la lécha de tout son long. Elle pleurait à chaude larmes, mue d'un désir de vivre si intense, elle se débattit avec frénésie. Il ricanait toujours, si fort maintenant qu'elle voulu mourir dans un signe d'absolution. Et dans ce spectacle de flammes et d'horreurs, le démon s'écarta et fonça droit sur elle, s'arrêta net, la tête de la jeune femme dans sa gueule qui avait pleine vue sur l'intérieur de sa gorge, semblable à un magma infernal.

Et il la croqua.



Dans un sursaut elle se réveilla de ses songes et expulsa violemment toutes les flammes dont elle était capable. Elle fut en proie à une telle panique qu'elle ne contrôla absolument rien. Dans ces cachots, des flammes montaient dans l'escalier. Au dessus, un veilleur était aux aguets et il regarda son encens entièrement consumé, il avait fait effet. Quand les flammes enfin s’arrêtèrent, que les cris d'épouvantes furent remplacés par le silence, il se mit à descendre. La leçon était finie, le Meister descendait dans les cachots récupéré sa protégée. Ce qui était métal était fondu, s'il y avait eu du bois il n'en restait que des cendres et là où se tenait une jeune fille peureuse il y avait maintenant une jeune femme.

Une jeune femme aux cheveux blancs.

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