En Pandarie

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En Pandarie

Message  Heliven le Mer 10 Oct 2012, 19:03

La famille Manus s'est installée en périphérie de Micolline depuis quelques semaines déjà. Lorgan adore les cours avec son maître monastique et sa petite condisciple dont il semble déjà tomber amoureux. Elma est choyée et vêtue comme une poupée, avec des barrettes dans les cheveux et des vêtements plein d'étranges boutons boules. La vie s'écoule paisiblement, ponctuée de longues siestes pour Heliven, de discussions animées entre Angron et la nourrice concernant le cours de la croquejuteuse ou la culture des melons de jade.

"Papaaaaaa" hurle la voix du jeune garçon depuis la cours de la nurse.
Angron lâche sa pioche en se redressant, le regard vif d'un fauve aux aguets. Le ciel profite d'une brève éclaircie, les rayons matinaux venant souligner les muscles encore luisant d'effort. Torse nu, les exercices dans les champs ont modifiés la silhouette de l'homme, les épaules se sont élargies et étoffées, les bras ont gardés la même carrure musculeuse. Le belluaire gravit directement la butte plutôt que de contourner le chemin, Mellius l'oiseau de proie, passant par dessus son épaule pour jouer les éclaireurs.

Les pandarens sont rassemblés dans l'arrière cours, la nourrice tenant une Elma agitée, un autre adulte maintient un Lorgan épouvanté, l'empêchant de se précipiter vers le centre de l'espace dégagé. Le sol est couvert d'une ombre anormale...
Alors que Melius tente d'en faire le tour, un tentacule d'un blanc grisâtre se lance vers l'oiseau de proie, le manque de peu.

Contre sa cuisse, le belluaire sent le contact ferme et chaud, la respiration lourde qui se transforme en grondement sourd. Il lui suffit de tendre la main pour trouver l'encolure du félin qui le flanque, pour retrouver la confiance sans réserve de sa compagne.


"Papa, c'est ma faute" renifle Lorgan, aux bords des larmes "On s'entraînait, j'ai voulu l'aider et... et..."
"Un Sha" complète le maître Pandaren "L'incarnation de la colère et de la frustration, de tous les sentiments négatifs. Il faut le détruire, mais il faut aussi le contenir afin qu'il ne se propage pas à chacun de nous..."
La détresse de son garçon pousse Angron à se détourner de la scène pour lui adresser un sourire réconfortant. Heliven frotte déjà son museau contre le flanc du jeune Lorgan.
"Tout va bien Lorgan, nous allons nous en occuper. Ton amie et toi pourrez bientôt reprendre l'entraînement." Le belluaire s'agenouille devant son fils "Tu peux aider la nounou à rassurer Elma pendant ce temps ?" Le garçonnet acquiesce, jette un dernier regard rongé par l'angoisse à son amie avant de rejoindre la nourrice et Elma sur le seuil de la demeure.

L'ours massif apparaît à retard, grognant et chargeant la masse spectrale qui se tourne vers lui. L'homme et le félin s'élancent eux aussi, coordonnent leurs inspirations naturellement, l'oiseau vole autour de la tête de l'apparition, cherchant à obstruer le champs de vision du monstre. Le belluaire tend son arc tout en contournant l'étrangeté ectoplasmique, lâche une salve de flèches dès qu'une fenêtre s'ouvre entre plumes, poils noirs et poils bruns. Le Sha harcelé de toute part ne décolère pourtant pas, suintant d'ondes furieuses et effrayantes.

Les vibrations négatives s'étiolent pourtant, contenues et neutralisées par les mantras du maître pandaren, assisté du jeune Manus. Le visage du garçon reflète une concentration intense, le rendant étrangement plus mature que ses quelques dizaines d'années. C'est sa façon de soutenir ses parents, d'aider son amie, il y met tout son cœur et toute son âme, donnant une dimension sentimentale au savoir faire de son professeur.
Le Sha lui même y réagit, ses mouvements ralentissant, assez pour qu'Angron le crible de flèches, que Beorn le balaie d'un puissant coup de patte, l'incarnation de la colère s'évanouissant en nuage délétère, chassé par les battements d'ailes de l'oiseau de proie.

La truffe humide d'Heliven pousse la joue de la jeune pandarène inconsciente, ses proches accourent rapidement, partagés entre inquiétude et soulagement. Elma elle même pousse des petits "mia" timides, attirant l'attention du reste de la petite meute Manus. Ces derniers laissent les pandarens gérer la leur, emploieront tout le reste de l'après midi à renforcer les liens familiaux qui les unissent.

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Re: En Pandarie

Message  Angron Manus le Mer 17 Oct 2012, 18:25



Le vent balayait le flanc de la colline à grandes rafales. Les herbes hautes se couchaient à chaque mugissement des zéphires furieux. Le temps se rafraichissait, malgré la clémence de la région, et les feuilles des arbres perchés sur les falaises commençaient à perdre leur feuillage touffu, dénudant leurs branches osseuses.
Les longues processions de yack à fourrure épaisse traversaient à longueur de journée la grande route qui longeait Micolline, offrant à la toute jeune Elma un spectacle dont elle ne se laissait pas, agitant parfois les poings en babillant, comme pour saluer les herbivores au pelage touffu. Les senteurs de la terre fraichement retournée, mêlées aux fragrances épicés du marché ou se mêlaient Pandaren, peuples alliés et membres de la horde, le tout dans une ambiance parfois tendue, mais toujours maitrisée par les gardes en patrouille, qui veillaient au calme de la ville.

L’homme revenait de la butte ou vivait le maitre des épices, tenant sur l’épaule un lourd sac de graines et de boutures, qu’il laissa tomber près de sa fille avant de se pencher vers elle pour l’enlacer, répondant à ses babillements joyeux d’un grondement sourd, rassurant.

Ses cheveux avaient poussés, tombant sur ses épaules, ses tempes grisonnantes et les rides au coin des yeux marquaient indéniablement l’avancée du temps, mais en aucun cas comme une cicatrice gênante, bien au contraire. Depuis longtemps ses traits ne s’étaient pas froncés sous une grimace ou une expression morne, et ses yeux avaient perdu de leur dureté naturelle, remplacés par un regard pétillant, à l’affut de la moindre raison de sourire. Ses mains étaient devenues plus calleuses, endurcies par le travail manuel et le tir à l’arc, les tâches quotidiennes qui entretenaient son corps et son esprit.
Il tourna le visage vers les hauteurs les surplombants, le regard perçant ou l’ombre fugace de la bête perça un bref instant, à la recherche de son fils. Mais l’absence de cris dû aux jeux d’enfant, et d’un cerf volant surplombant leur petit lopin de terre lui fit comprendre qu’il devait encore être auprès de son maitre Pandaren, à apprendre ses arts exotiques et écouter ses paroles de sage.

Laissant à la petite une épaisse graine de navet rouge pour jouer – qu’elle s’empressa de mâchouiller vigoureusement, il se redressa pour se diriger vers la petite masure sur ses fondations surélevées. A l’ombre de l’escalier, entre un ballot de foin et un tas de rondin de bois, l’imposante forme du félin au pelage sombre était royalement couché sur le flanc, pratiquant de tout son savoir son activité la plus prenante : la sieste.

Malgré ses deux yeux clos, le mouvement vif d’une oreille indépendante de sa jumelle fit comprendre a l’homme de l’attention qu’elle portait à son entourage, malgré les apparences ; ce qui le rassura intérieurement pour leur petite.
Il vint s’assoir près d’elle, caressant d’une paume son flanc, ce qui fit naitre un ronronnement sourd de contentement, a quoi répondit l’homme en grattant la peau du bout des doigts. Elle ouvrit une paupière lourde, puis la laissa retomber, de dépit ou de fainéantise, ce qui fit sourire le belluaire ; un brin moqueur.
Elle s’ébroua, ses formes se floutant quelques instants, avant qu’en lieu et place ne se trouve la jeune femme au regard de citrine, le coin des lèvres ourlés d’un sourire amusé. Son visage autrefois enfantin avait gagné en maturité, en conscience, sans perdre de son charme ou de sa féminité. Les traits de la jeune mère se lissèrent d’un large rictus d’amusement alors qu’elle sauta au cou de l’homme pour l’accueillir, ronronnant et frottant son visage dans le creux de son cou, partageant son odeur tout autant qu’elle le marquait de la sienne.

Ils partagèrent tout deux quelques nouvelles à voix basses, sur le ton de la confidence, parlant d’Elma, de Lorgan, des légumes qui poussaient lentement, de la pluie et du beau temps… mais aussi des chasses à venir, des gibiers à attraper, des traques pouvant mener loin dans les montagnes au nord.

Malgré l’accalmie bien accueillie par ce nouveau refuge, cette paix méritée et saluée, l’envie de chasse était toujours profondément implantée en chacun d’eux. Cette sensation insidieuse, vorace, qui vous rongeait le cœur et l’âme, s’accrochant à votre maigre carcasse pour vous rappeler à chaque battement de cœur qu’elle trône en votre sein, se nourrissant de vous tout autant que vous ne vivez que pour et part elle.

Loin a l’ouest, la ou se dressait le mur gigantesque de l’échine du serpent, dont les hautes remparts ridiculisaient le mur de Thoradin, se tenait l’unique ligne de défense d’un monde de paix et d’harmonie face aux manthides profondément corrompus. Des rares affrontements qui avaient opposés Angron et Heliven à ces créatures insectoidales leur avaient laissé un gout amer en bouche. Au-delà de la fatigue, des blessures qui démangeaient, de la chitine couvrant les corps épuisés et fourbu, il restait de chaque traque un arrière gout amer, comme si la corruption des Sha elle-même suintait de chaque cadavre démembré, de chaque organe percé et mit à vif. Une sensation collante et nauséeuse, que seule de longues heures de calme et de repos pouvaient appaisées.

Lorsque leur parvenait des bruits au sujet de ces adversaires volant qui au prix de lourdes pertes, réussissaient à s’aventurer par petits groupes dans les terres fertiles de la vallée, ils en pistaient les traces de corruption, ces souillures d’ambre-effroi, suivant Beorn et Melius. Et les manthides armés, créatures sous la coupe psychique de leur sombre maitresse, devenaient alors les proies. Parfois des jours et des nuits durant, sans repos, jusqu'à ce que leurs mandibules soient arrachées par des crocs et des griffes féroces, faisant de leurs protubérances chitineuses des trophés macabre ; maigre butin de leurs carcasses fétides.


Pour l’heure, le repos les épargnait de ces tâches difficiles mais indéniablement nécessaires.
Se laissant bercer par la brise et le soleil encore haut, profitant du mieux possible du calme avant la tempête.

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