Effervescence.

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Effervescence.

Message  Srem le Sam 23 Fév 2013, 03:22

Le coup d’œil, et nécessairement, la gestuelle. Elles vinrent embrasser leurs corps dans une étreinte fraternelle, la moins haute des deux manquant de quitter le sol. Soupirs de satisfaction mutuels, puis un bref écartement, la plus âgée venant poser ses mains sur les épaules de sa protégée, lui souriant d’une sincérité transperçante tandis qu’elle l’observait de haut en bas. Cette dernière remit en place une mèche neigeuse de sa sœur, rictus aux lèvres.

« Cela faisait longtemps.
- Pas tant que cela, à vrai dire. »


Les sourires se prononcèrent à nouveau en chœur, la fugace venant titiller de l’index le halo immaculé de la plus sage. Chaleur douce et envoutante, elle s’y arracha néanmoins au bout de dix battements pour que les deux âmes s’observent. Regard soutenu, chacune lisait en l’autre comme un ouvrage aux pages infinies. Un clin d’œil vint mettre un terme à cette curiosité réciproque, puis elles s’écartèrent légèrement. Les mots en devenaient superflus, obsolètes. L’une leva lentement le bras, couvert d’un tissu d’un blanc opalescent pour indiquer la marche à suivre. La seconde s’exécuta sans se faire prier fit un pas au sein de la demeure. L’ensemble se voulait humble, néanmoins auguste, l’architecture Lordaeronnaise remaniée à leur façon, à celle du Soleil Éternel veillant sur elles comme sur les leurs à la façon d’une entité immuable. Elles vinrent s’asseoir sur les deux chaises se présentant à elles, se retrouvant ainsi l’une face à l’autre. Le temps une fois encore fit courber l’échine à son essence, les secondes se faisant ainsi interminables tandis qu’elles se regardèrent. Puis, finalement.

« Tu es parvenue à te déplacer, à ce que je vois.
- Unethien est une dissimulatrice hors-pair. Même si le Kirin Tor n’était pas préoccupé comme il l’est actuellement, je suis convaincue que nous serions passées sans que cela n’éveille leurs soupçons.
- Merci.
- Je t’en prie. C’est la moindre des choses. »


La cadette releva les yeux. Quelques tableaux d’inégalables architectures qui n’avaient rien à envier au bâtiment leur faisant office de couvert, des meubles en bois traité, divers ornements de la région, et finalement l'emblème du Soleil-volé. Elle sourit en repensant à celui-ci, se préférant aux souvenirs insouciants d’une certaine journée anodine plutôt qu’aux tragiques évènements passés. L’atmosphère ambiant s’y prêtant, et l’avenir aussi. Enfin, et ce après tant de temps, la pérennité s’initiait. Une tourmente qui prenait fin, annonçant des lendemains qui chantent. Une joie simple et faite de rien qu’elle n’avait connu depuis quelques temps et qui lui allait pourtant si bien. La Clairvoyante s’en rendit compte en constatant ce minois simplement radieux et enfantin. Elle acquiesça lentement à deux reprises pour elle-même, puis reprit d’un ton toujours aussi doux et enchantant.

« Tu ne ferais machine arrière pour rien au monde, n’est-ce pas ?
- Hm ?
- Pour lui. Que serais-tu prête à sacrifier ?
- L’Azeroth tout entier. »


La Prêtresse opina du chef, passant lentement une jambe par dessus l’autre pour ainsi les croiser, déposant ses mains jointes dessus. Avatar imperfectible de pureté, elle était plus que jamais fidèle à elle-même. Plus qu’une confidente ou qu’une sœur, elle la découvrait petit à petit. Spectre enchaîné de mille serments plus ignobles et contraignants les uns que les autres, elle admirait les chaînes se briser une à une pour la libérer. L’entrevue au Domaine fut brève mais annonciatrice de cette voie inaltérée, et cette recrudescence eut le don de la rendre plus joyeuse qu’elle ne l’était déjà. Enfin pouvait-elle vivre. Enfin pouvaient-elles vivre.

« En quoi est-il si particulier. Pourquoi lui et pas un autre.
- Il y aurait tant à dire.
- De ton côté, alors ?
- Et bien, que dire... »


Elle s’affala avec suffisance sur le dossier de la chaise, croisant ses bras derrière sa tête pour observer le plafond. Ce dernier bénéficiait d’un lustre thalassien, dont les flammes violacées laissaient présager une arcane timide et domptée. Parure d’or et de vermillon, l’ensemble se voulait resplendissant et captivant. Pensées songeuses, elle poursuivit sans quitter l’objet des yeux.

« Je n’ai plus peur. Ni des menaces extérieures, ni de celles qui résident là où on les attend le moins. Il m’apaise par ses mots, me rassure par mille attentions plus singulières les unes que les autres. Je retrouve cette joie simple mais inégalable. À nouveau sais-je pour quelle raison je me lève à l’aube, pourquoi je lutte, quelles sont mes convictions. Je ne crains plus de me mentir, ou d’ignorer de fâcheuses évidences. Car je sais que même si le doute s’empare un jour de moi, il sera là le premier pour m’épauler et me guider mieux que quiconque. Que même si je venais à m’échouer dans les confins de la tourmente, il se jettera tête la première dans les abysses pour m’en faire sortir, et me les faire oublier du mieux que possible. Là où Il veille sur moi le jour, lui est l’astre luisant qui captive mes desseins et mes passions...
- Lui plus que moi devrait entendre ces mots. Conserve-les et fais l’en profiter en temps voulu. Je suis rassurée d’entendre tous les bienfaits qu’il te procure. Je sais que tu ne t’engages pas à la légère. Mais avec toi, l’on ne sait jamais concrètement à quoi s’attendre. »


Elles s’échangèrent un regard taquin, leurs lèvres se prononçant en une demi-lune complice. L’avatar de quiétude troqua toute son attention auparavant adressée aux iris verdâtres de son interlocutrice pour l’avant-bras droit d’Athial, une légère moue animant son expression d’accoutumée placide. Elle prit lentement le concerné entre ses mains afin d’y ôter le gantelet le couvrant pour constater l’étendue de la marque souillée. Dans ses souvenirs, elle lui revint plus timide, moins flagrante. Alors fronça-t-elle les sourcils pour observer sa propriétaire.

« Rien ne s’est amélioré, à ce que je vois.
- Tout juste. Peut-être parce que c’est bien la seule gangrène à laquelle Karlarn ne puis trouver solution. Toi-même t’y es essayée. Inutile de te rappeler le piteux résultat que cela a engendré ?
- Te fait-elle plus souffrir qu’auparavant ?
- Je l’ignore, je ne m’en rends pas compte. »


Elle vint disperser son attention, revenant aux objets multiples teintant les lieux d’une vivacité excentrique. Son regard se voyait cependant bien moins naturel que d’habitude. Nathel s’en rendit compte derechef et fronça légèrement les sourcils pour au final troquer cette inquisition contre une mine réconfortante si ce n’est compatissante lorsque la Ranger la regarda.

« Cela empire au fur et à mesure, n’est-ce pas ?
- ... Ce n’est pas rose tous les jours, disons.
- Tu devrais reconsidérer ma proposition.
- Tu connais d’ores-et-déjà la réponse. L’heure n’est ni aux tracas ni à la dispute.
- Tu as raison, je te prie de m’excuser. Passons. »


Elles opinèrent successivement, trouvant aussitôt un terrain d’entente à la nature incontestable. Les réjouissances se profilaient tandis que les minutes se faisaient éphémères. Le dilemme soulevé fut bien vite balayé pour que l’idylle resurgisse. La Prêtresse se frictionna le menton de l’index pour finalement se relever, lentement.

« Présente-moi donc celui qui rend ma chère sœur si enthousiaste, et qui me l’arrache pour la couvrir d’une joie absolue que jamais je ne saurais égaler. Plus que le revoir, j’aimerais en apprendre plus sur lui.
- Bien entendu. Nous sommes logés à quelques minutes d’ici. Il m’attend, et ta présence le ravira, je n’en doute pas un seul instant. »


Elle se leva à son tour, empoignant fermement la main de sa sœur, entamant un pas se voulant soutenu afin de s’y diriger sur un rythme propre à la bohème dont toutes deux seraient les investigatrices.
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Srem

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