Quand la pluie cesse de tomber....

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Quand la pluie cesse de tomber....

Message  Maellys le Sam 25 Avr 2015, 11:11



Perchée sur le dos du cheval, tenant difficilement assise, du regard elle cherchait où elle pouvait bien se trouver. Elle ne reconnaissait pas l’endroit, était-elle chez elle ? Pourquoi le cheval s'était-il arrêté là, pourquoi ne bougeait-il plus ? Et cette maudite pluie qui ne cessait de tremper son corps meurtri et affaibli, le cuir du mantelet qu’elle portait se faisait de plus en plus lourd, détrempé par cette eau venue du ciel. Incapable de bouger, de parler même car aucun son ne sortait de sa bouche bleuie par le froid. Pour dire quoi d’ailleurs ? Parler à qui ?

Elle était là au milieu de nulle part totalement hagarde, la pluie s'abattait sur elle en un millier de gouttes, ses longs cheveux noirs dégoulinaient et quelques mèches collées par la pluie lui barraient la figure. La pâleur cadavérique de son visage pouvait laisser penser que la mort l’avait visitée et qu’elle ne tarderait pas à l’emporter. Sa mémoire l’avait abandonnée, elle n’avait aucun souvenir, peut-être même pas d’avenir car à bout de forces elle se laissait aller doucement vers les abysses d’un puits sans fond. La jeune femme glissa jusqu’au sol. Les gouttes de pluie continuaient à s’abattre sur son visage, Viriana les yeux fermés priait silencieusement pour que la mort cesse de s’amuser et l’emporte enfin loin de tous ces tourments.

Une voix fit remonter la moribonde à la surface du trou noir.

-Dame ! Est-ce que tout va bien ?? Vous êtes blessée, avez-vous besoin d'aide ?

Les yeux mis clos, elle jeta un regard en coin en direction de la voix qu’elle ne reconnaissait évidemment pas. Une voix féminine, une image floue d’un visage qu’elle tentait d’identifier. Une main tendue vers elle qu’elle fixa sans réaction. Un son rauque sortit alors de sa bouche ... sa propre voix qu’elle entendait pour la première fois depuis ... elle ne sait même pas depuis combien de temps.

-Où suis-je ?

Parvint-elle à prononcer. Ses yeux ne cessaient de cligner d’épuisement, la main de l’inconnue toujours tendue vers elle. Devait-elle la prendre et accepter l’aide que cette femme lui proposait ? Une voix tonna à ce moment-là :

-Laisse là ! Ne la touche pas ! Elle vient de la ville. Elle va nous rapporter le malheur chez nous !
- Mais père, on ne peut pas la laisser comme ça ???


L’homme se mit à genoux, il regarda longuement Viriana puis secoua la tête.

- Le malheur s’abattra sur nous, fille. Regarde ces morsures, une bête sauvage l’a mordue, on ne peut rien faire pour cette femme. On va prendre son cheval, mais…
- Père ?! On ne peut pas la laisser mourir ici.


Sous l’assistance de sa fille, il prit donc la femme mourante dans ses bras. Arrivant à sa ferme ils installèrent un lit de fortune dans la grange. La petite Suzie veillerait ainsi sur Vi, nettoyant ses plaies, tentant de faire baisser sa fièvre.
Son père, quant à lui, gardait un regard méfiant sur cette femme, secouant la tête sachant pertinemment qu’elle ne passerait pas la nuit.

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Re: Quand la pluie cesse de tomber....

Message  Maellys le Ven 01 Mai 2015, 12:32


Enfin à l'abri dans la grange familiale, Suzie l'avait installée sur une couche de paille.
La cavalière scrutait l'intérieur silencieux tout en observant les faits et gestes de la brunette inconnue. Grelotant encore, elle ne parvenait pas à contrôler sa mâchoire que le froid faisait trembler et qui, par là même occasion, lui faisait entrechoquer les dents.
À l'extérieur, la pluie continuait à s’abattre, le vent soufflait et on pouvait entendre son sifflement  qui cherchait à s’inviter à l'intérieur par le moindre petit trou.
Elle regarda vers l’entrée, apercevant la silhouette de l’homme qui continuait de l’observer en silence, l’arme en main prêt à tirer à la moindre occasion.

-Vous venez de la ville dame ?

D’où venait-elle ? Et comment s’appelait-elle ? Autant de questions sans réponse. Viriana n’en avait pas la moindre idée. Elle réussit cependant à murmurer d’une voix faible, sans grande conviction :

-Je viens de la forêt...

Suzie  se contenta d’hocher la tête.   Elle lui ôta  l’épais manteau de cuir, grimaçant au fur et à mesure que se révélaient  les autres blessures suintantes de la dame. Malgré le poids du cuir trempé sur ses épaules, Vi avait du mal à quitter cette " carapace " qui semblait la protéger. Mais elle ne protesta pas et laissa Suzie faire. De toute façon, elle était trop épuisée.
La brunette appliqua alors une compresse imbibée d’alcool sur l’une de ses blessures,  arrachant une grimace et un cri à la demoiselle.

-Ça va aller ? …. Dame, savez-vous pourquoi vous êtes blessée ?

La moribonde trempée, sur son lit de paille, ne savait pas quoi répondre et se contenta de secouer la tête. Suzie fit boire la jeune femme tout en l’examinant, à la recherche d’un quelconque indice.

-Je ne sais pas, je ... je ne me rappelle pas ! Je ne me rappelle  pas de mon nom ! Je…

Sa gorge se resserrait à chaque mot,  la douleur était vraiment insoutenable. Elle tenta de retenir ses larmes, serrant les poings, mais en vain. Du sang se mit à couler de son nez.
Suzie fit relever la jeune femme, elle frotta son dos à l’aspect cadavérique, la détaillant du regard à la recherche d’une marque ou d’un bijou pouvant indiquer son nom, son appartenance, mais à la place d’un indice  et remarqua divers taches sur son corps meurtrit, la paroi de ses vaisseau était de plus en plus visible, la fièvre de Viriana ne baissait toujours pas et la malheureuse semblait respirer avec difficulté, d’étrange marque bleuté commençaient à apparaitre autour des divers plaies dont le contour suintantes devenaient noir.

Elle recoucha la malheureuse, pensant qu’elle ne pouvait plus faire grand-chose, à par la laisser se reposer. De toute façon, elle ne passera pas la nuit. Son père avait raison.

Néanmoins, elle décida de fouiller les poches de son long manteau, après tout elle n’importera pas ses objets dans l’autre monde, Suzie fut satisfaite elle trouva enfin à l’intérieur des choses intéressante, et de valeur de surcroit. Un magnifique collier serti d’une pierre rouge et une petite boite au mécanisme assez bizarre.
La petite Suzie trépignant de curiosité, tourna la petite chignole, une douce mélodie retentit alors.
Elle  laissa un sourire s’échapper au son de la musique, une chose était sûre, la jeune inconnue ne venait pas de la campagne, son père avait raison elle venait bien de la ville. Au vue de ses vêtements, des objets que la dame portait, elle ne devait pas vivre dans la misère.
Elle regarda la femme allongée sur ce lit, son père, lui, avait fini par partir.Vi’ quant à elle s’était endormie. 

Suzie continuait à écouter la petite mélodie, s’amusant à tourner tourner et re tourner la petite clé. C’était passionnant !
Un coup de feu la  fit sortir de ses pensées, elle laissa tomber les objets au sol, puis se précipita dehors, laissant ainsi sa convive.


Vi’ avait les yeux grands ouverts, elle scrutait le plafond, sans ciller. La douleur avait disparu, les blessures avaient cessé de saigner. Quelque chose commençait à changer en elle. Mais quoi....

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