Quand les Flots se lèvent... [BG - Récit à lire]

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Quand les Flots se lèvent... [BG - Récit à lire]

Message  Grelot-de-Bois le Ven 21 Nov 2008, 12:46

Ce sujet constituera le BG d'Amarèd Sculptelonde ainsi que, en partie, de quelques autres personnages, une fois qu'il sera terminé. Ayant peu de temps - ou plutôt étant paresseux - je posterai les chapitres un par un pendant une durée indéterminée.

Certains passages sont directement tirés du BG officiel de Warcraft. D'autres sont déduits d'éléments du BG du jeu, mais restent des interprétation discutables, bien que possibles. La plupart, cependant, sont de totales fictions. D'autres informations similaires sur l'hydromancie sont disponibles sur cette page, et un résumé chronologique de la vie d'Amarèd sur celle-ci. Enfin, pour toutes questions/précisions/oppositions/insultes/remerciements/flâtteries, le sujet dédié vous attend !

Je vous remercie d'avance pour votre lecture. Je vous demande également de ne pas utiliser ce BG d'une quelconque manière dans vos RP, à moins bien sûr de me l'avoir demandé préalablement.

Puisse cette histoire vous plaire et vous faire rêver.


Dernière édition par Amarèd Sculptelonde le Mer 14 Jan 2009, 05:10, édité 5 fois
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Prologue : La vengeance des millénaires

Message  Grelot-de-Bois le Ven 21 Nov 2008, 13:40

Le vent ardent hurlait entre les cristaux rougeoyants... Les sables innombrables virevoltaient à sa voix de feu.

... Usurpateurs...

Il tournoyait dans le ciel tempétueux. Un insecte au dard effroyable battait des ailes avec un bourdonnement incessant. Ses yeux multiples luisaient... des milliers... ils étaient des milliers... des milliers...

Pendant tant de millénaires... enfermés dans notre propre armure... Pendant tant de millénaires... tous nous ont oublié...

Et la, sous l'ombre de la ruche grouillante, la, où s'élevait l'obsidienne maudite...

Ils nous ont oublié... et maintenant... ils nous appellent... les Très Anciens !

...Tumulte.

Oublié... oublié... ils nous ont TOUS oublié !

Clameur.

Oubliés de tous... Non... non... heureusement, certains se souviennent.

Chaos.

... Impuissants... qu'ont-ils réussi à faire, finalement ?

Carnage.

Quelle naïveté... ils pensaient que nous ne nous réveillerions jamais ?... Ils pensaient que finalement, TOUS nous oublieraient ?!

Les sectateurs psalmodiaient. Leurs voix murmuraient sans cesse... La cape bleue virevoltait... Deux filaments d'eau flottaient autour de lui, mus par une force étrange...

C'en est... ASSEZ !

"ASSEZ !" Le mot terrifiant, monstrueux, inhumain, fit écho dans tous les esprits.

...Ainsi, vous nous aviez oublié ?... Quel dommage... Car... notre retour approche...

Trolls, orcs, humains, nains... tout en répétant sans cesse leurs prières infâmes, ils s'approchaient de la silhouette azur. Les deux lances liquides perçaient, au simple mouvement de ses bras...

Et cette fois-ci... Ils ne seront plus la pour vous aider...

Les sectateurs continuaient d'avancer, nullement effrayés... le cercle se refermait sur l'homme en bleu... il recula, d'un pas, de deux... se heurta à une petite obélisque noire...

Cette fois-ci, nous reprendrons ce qui nous appartient !

Le sang coulait sur le sable... était-ce le sien, ou le leur ? Le voyageur épuisé et pourtant tenace l'ignorait... combattre, sans cesse... il fallait combattre... et survivre.

Et quand leur Lumière Usurpatrice tombera, enfin... Ce sera...


Ils tombaient... les êtres vêtus de violet tombaient... certains... Et d'autres venaient, innombrables... "Ne faiblis pas, Amarèd ; jamais."

...Le Crépuscule !


...Le combat ne cessa que lorsque le soleil disparut derrière l'horizon.


Dernière édition par Amarèd Sculptelonde le Mar 23 Déc 2008, 13:49, édité 3 fois
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Chapitre I : Les mystères de Ziata'jai

Message  Grelot-de-Bois le Ven 21 Nov 2008, 14:51

Au coeur de la vallée de Strangleronce. Il y a quinze ans.

"Brûûûû-leeeeeeez, hinhinhinhin !"

Le hurlement perça soudainement à travers la dense végétation de la jungle, accompagné d'un ricanement dément. Une rumeur tonitruante semblait vibrer, au loin. Mais nul ne pouvait deviner d'où elle venait.

Une pierre mousseuse reposait dans l'obscurité humide de la forêt tropicale. Tant de secrets y étaient gravés... des secrets que nul n'avait jamais pu lire, de mémoire d'homme. Des secrets que nul n'imaginait même, semble-t'il.

Quoique.

Une multitude de cris sauvages retentirent à travers les lianes épaisses, tandis qu'une meute étrange et hétéroclite jaillit de toute part, troublant le sommeil éternel des gravures antiques. Courant et hâletant côte à côte, raptors, tigres, singes, oiseaux, serpents et panthères fuyaient une terreur qui leur était commune, au delà de l'instinct du prédateur et de la proie. Qu'ils bondissent ou qu'ils rampent, qu'ils grimpent ou qu'ils volent, tous avaient le même regard... ce regard aux larmes de sang, ce regard de la victime affolée qui n'a plus nulle part où aller.

Et alors seulement, la mort se dévoila.

Un monstre de feu et de plomb, vomissant des torents de fumée noirâtre, écrasa avec une violence inhumaine les augustes séquoias géants qui se trouvaient en travers de son chemin. Ils tombèrent lourdement au sol, tandis que leur écorce sanglotait d'effroyables craquements et grincements d'agonie. La créature de cauchemar cessa brusquement de suffoquer son haleine de souffre, s'arrêtant devant les ruines endormies désormais touchées par les rayons du soleil, pour la première fois depuis des siècles.

D'un bond agile et plein d'entrain, Ker'bob descendit du cockpit de sa puissante déchiqueteuse gobeline. Le petit être à la peau verte, vêtu d'une tunique de lin gris et simple maculée de cambouis, rajusta ses lunettes d'ingénierie en tirant sur les deux lentilles de jade luminescente, rectifiant ainsi la position des élastiques de cuir alchimiquement modifié qui les retenaient. Il étendit en suite ses deux jambes, l'une après l'autre, dans ce qui aurait pu être un pas de danse original, avant de faire de même avec ses bras tout en sautillant énergiquement. Manifestement, Ker'bob était de bonne humeur. L'engin de destruction qui reposait un mètre sur sa gauche ronflait calmement, laissant à peine s'échapper un mince filet de suie.

Le gobelin observa les environs avec un grand sourire satisfait. Il porta ses ongles sales à son long nez pointu et recourbé. Cet endroit le démangeait souvent. Ca devait être une allergie. Sa mère lui avait toujours dit qu'il n'était pas fait pour la mécanique, que les vapeurs sulfureuses irritaient sa peau... Il ne pensait pas qu'elle avait raison à ce point. Bah, pensa-t'il, tant que c'est bien rémunéré...

Ker'bob s'avança de deux pas larges, ses lèvres toujours étirées par la joie calme et excitée à la fois du colon qui fonde un nouveau village, ou, en l'occurance, de l'archéologue qui trouve ce qu'il cherche sans être entravé par des énigmes inutiles.

"Ker'bob Jinkeeeens !" Le gobelin se retourna et leva les yeux au ciel en entendant le cri impérieux. Un autre peau-verte, se déplaçant à pieds pour sa part, s'avança de la démarche précipitée de l'homme important qui a mille choses à faire en même temps. Chacun de ses pas était ponctué du froufrou délicat de vêtements aussi riches qu'extravagants. Seule sa vieille redinguote pourpre, rapiécée par tant et tant de voyages exotiques, était adaptée aux ronces et à la boue de cette contrée indomptable. Ni son gilet brodé d'or, ni sa chemise savamment froissée avec art n'étaient cependant tâchés - c'est que, l'élégance prime, voyez-vous.

En fait... l'archéologue... c'était lui.

Ker'bob s'inclina maladroitement devant son employeur. "C'est fait, patron ! J'ai dégagé les ruines, comm'vous m'l'avez d'mandé !" Une prime n'était-elle pas chose juste, puisqu'il avait trouvé Ziata'jai avant les autres déboiseurs ? Bien sûr que si, pensa-t'il - et puis, ça ne coutait jamais rien de demander de l'argent. "Z'êtes content, hein patron, s'exclama-t'il de sa voix nasillarde en sautillant. Z'êtes content, hein ?! Alors c'est bon, j'peux avoir mon augmentation ?"

Rud'reek avait mieux, et surtout plus important à faire. Tandis que le déboiseur mécontent retournait au campement en lançant nombre de jurons typiques de Gadgetzan, l'archéologue renommé rassembla toute sa concentration, profitant du calme qui s'étendait enfin sous la canopée.

Ziata'jai... enfin... cela faisait quatre ans qu'il recherchait ces anciens vestiges de l'Empire Gurubashi. Un temple décrépi et vide d'intérêt, disaient certains. On ne pouvait que leur donner raison, une telle indifférence ayant effacé de la mémoire de tous la localisation de ses quelques murs jaunis. Auparavant, du moins. Mais Rud'reek touchait au but... bientôt, tous les mystères que renfermaient les inscriptions couvertes de moisissure et de salpêtre seraient siens, et nul ne pourrait plus ignorer son génie.

Mais une dernière épreuve restait à passer, et pas des moindres.

Lire.


Dernière édition par Amarèd Sculptelonde le Lun 08 Déc 2008, 10:42, édité 1 fois
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Chapitre I : Les mystères de Ziata'jai - suite

Message  Grelot-de-Bois le Ven 21 Nov 2008, 15:19

Le lendemain soir...

D'un coup, le plus vite possible. Ne pas prêter attention au goût. Fermer les yeux et penser à autre chose. Une chose agréable, de préférence.

Il avala le contenu de sa gourde. Peu importe les précautions qu'il n'avait cessé de ressasser pour s'en donner le courage : aucune n'avait le moindre effet. A présent, la gorge en feu, la nausée au coeur, Ker'bob maudissait cent fois et cent autres fois encore les brasseurs de Kezan. Quelle boisson dégoûtante ! Rien ne vallait le fameux rhum de Rumsey, du temps où son navire-fermentateur voguait ! Quoiqu'avec un nain aux commandes, son naufrage eût été prévisible.

Le gobelin ne put s'empêcher de recracher le liquide translucide sur l'humus tropical. Infect. Oh, ce n'était pas que du mauvais rhum, non. Simplement, le fût dans lequel celui-ci avait été transporté était particulier. Un espion de la Voile Sanglante s'y était caché, pensant qu'il était vide, juste avant que l'Espadon Rouge, goelette commerciale des Flots Noirs, ne lève l'ancre. Le pauvre avait été enfermé à l'intérieur lorsqu'on avait cloué le couvercle, n'ayant pas eu la possibilité d'en sortir auparavant à cause de l'étroite surveillance du pont. Aussi, une entêtante saveur de pourriture imprégnait-elle les papilles de Ker'bob à chaque fois qu'il en buvait.

Un gobelin comme Ker'bob Jinkens avait suffisemment d'hygiène pour éviter d'avaler une chose pareille s'il en avait la possibilité. Mais un gobelin comme Ker'bob Jinkens avait trop soif pour se priver d'alcool pendant trois jours. Or l'expédition archéologique durait depuis maintenant une semaine ; il lui fallait bien un moyen de supporter son travail interminable de déboisage, et l'ardeur à l'ouvrage était de mise si on voulait garder son poste aux ordres de Rud'reek. D'où ses efforts pour vider sa gourde.

Prenant son courage à deux mains, le petit être avala le reste du récipient - sans le recracher, cette fois. Ses traits se déformèrent en une expression tordue. S'il n'avait pas déjà un teint délicat de chlorophylle, son visage aurait changé de couleur, mais il n'en fut rien. Ker'bob se contenta de crier un juron détestable qu'il est difficile de retranscrire en commun.

Inadmissible ! Comment pouvait-on ainsi priver ses ouvriers d'alcool décent ? Un refus d'augmentation, c'était déjà dur à supporter, pensa-t'il. Surtout en considérant le travail de hobgobelin qu'il avait fourni jusqu'ici ! Mais il ne pouvait plus en supporter davantage. Furieux, Ker'bob sortit de sa tente d'un pas décidé, sans même prendre la peine d'éteindre sa lampe à huile pour ne pas gaspiller de naphte.

Il faisait déjà nuit depuis quelques heures, et la lune éclairait la clairière artificielle de ses rayons d'opale. Le pilote de déchiqueteuse ne put réprimer un frisson : malgré la chaleur du jour, Strangleronce était parfois fraîche, à cette heure-ci. Finalement, cette région détestable avait une petite ressemblance avec sa Tanaris natale, se dit-il.

Arrivant devant la large tente de son employeur, le gobelin s'arrêta. Il repoussa ses pensées dispersées pour rassembler sa volonté, mais cela se révélait moins facile que prévu. Il passa une longue minute à observer la silhouette ombreuse projetée par les lanternes situées à l'intérieur de l'abri de fortune jusque sur la paroi de toile jaunie. Une expression dubitative et suspicieuse se fixa sur sa figure d'habitude si espiègle. Il ne bougeait pas beaucoup, le Rud'reek, remarqua-t'il. En plein travail ? Non, il devait plutôt bâiller aux corneilles. Tant mieux, ainsi il ne le dérangerait pas. Ker'bob écarta le rideau de la moustiquaire et entra...

Si un de ses compagnons de travail s'était trouvé aux alentours, il aurait sans doute entendu les sévères réprimandes de l'archélogue. Néanmoins, Ker'bob ne fut pas totalement couvert de ridicule lorsqu'un coup de pied bien placé le contraint à revenir sur ses pas, car il était seul dans la nuit avec la sciure.

Rud'reek gromela... cet imbécile l'avait interrompu au milieu du déchiffrage d'un hiéroglyphe complexe datant de presque quatre-vingt-dix siècles. Il se frotta les yeux, avant de regarder sa petite montre-gousset. Bientôt quatre heures du matin. Un dernier hiéroglyphe et il s'arrêterait pour l'instant, pensa-t'il.

Âgé de presque sept décénies - ce qui équivaut à cinquante années humaines environ -, l'archéologue était encore en pleine forme. Cependant, il devait bien s'avouer qu'il fatiguait de plus en plus vite physiquement, bien que son mental gagne au contraire en vigueur. Tout en réfléchissant à tout ce qu'il venait d'apprendre, Rud'reek eut un large sourire. Oh oui, il avait bel et bien déniché une perle rare. Le gobelin se pencha avec une certaine difficulté par dessus la longue table sur laquelle étaient chaotiquement répartis divers outils, plumes élégantes, récipients d'encre, parchemins couverts d'écriture, grimmoires théoriques. Une large tablette de pierre poussiéreuse trônait au centre, couverte de symboles au sens insondable pour le commun des mortels. Passant son bras trop court par dessus celle-ci avec un petit grognement d'énervement contenu, le gobelin se saisit d'une magnifique pipe en bois de noyer, qu'il commença à bourrer de la meilleure feuillerêve que l'on puisse trouver sur les étals de Baie-du-Butin.

Lorsqu'il alluma d'un briquet de très bonne facture l'herbe bleue, celle-ci crépita quelques secondes dans un bruit agréable. Il évoquait à Rud'reek une douce soirée au coin du feu, à se reposer en buvant du rhum, loin des futilités de l'existance. Une senteur féérique se dégagea peu à peu pour emplir toute la pièce d'une brume étrange aux reflets mauves et turquoise. Le vieil intellectuel inspira une grande bouchée de cet air si appaisant, en fermant les paupières. C'était si bon...

Sur le point de tomber dans un sommeil hallucinatoire, Rud'reek se rendit compte qu'il avait oublié son travail, et se redressa brusquement, repoussant les effets de la drogue. Il avait peut-être pris une trop grosse dose d'herbes, cette fois-ci... éteignant sa pipe d'un chapeau de fer prévu à cet effet, il reporta toute son attention sur les gravures mystérieuses de la pierre antique. Et il fut très agréablement surpris de constater qu'il ne lui restait plus qu'un cartouche à traduire pour ce texte-ci. Il pourrait donc se coucher avant l'aurore, cette nuit-là.

Ak'ulmachar tor'bomo lawi she. L'archéologue répéta cette phrase intérieurement. Ak'ulmachar... oui, il avait déjà vu ce mot plusieurs fois dans le texte. En fait, c'était sans doute celui qui apparaissait le plus souvent. Difficile à traduire... sans doute était-ce un nom propre, d'après le contexte. Machar... "Bleu" est une bonne traduction. Mais la particule Ul ajoutait un effet à la fois poétique et insistant. Quant à Ak, cela faisait référence à une sorte de majesté naturelle.

Profondazur. Rud'reek eût l'intuition que ce terme était idéal pour retransmettre l'idée d'origine, et son intuition le trompait rarement. D'une écriture fine, élégante et penchée, quoiqu'illisible à moins d'utiliser une loupe ou d'avoir l'habitude de lire les manuscrits du scientifique, il complèta sa transcription de la première tablette. La plus importante de celles trouvées dans la première série de fouilles. Puis il la relut attentivement, fier de lui, avant de retrouver le monde des songes...


Dernière édition par Amarèd Sculptelonde le Mar 09 Déc 2008, 04:49, édité 8 fois
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Chapitre II : La Guerre de Profondazur

Message  Grelot-de-Bois le Ven 21 Nov 2008, 18:22



Sois comme un promontoire contre lequel les flots viennent sans cesse se briser. - Marc Aurèle





Moi, Guzmawa Nekash Man'ka, en cette ère de l'Aube des Âmes, et au nom de l'Ordre Atal'aï dont je suis le troisième Grand Prêtre, j'ai décidé, afin que nul ne puisse effacer des mémoires le Sceau Sacré qui nous lie au Dieu Sanglant, de graver dans la chair-même de cette terre le déroulement véritable de la guerre au cours de laquelle l'Empire des Profondeurs fut écrasé par la malédiction de l'Ecorcheur d'Âmes. Que cette pierre purifiée par le sang de nos ennemis témoigne jusque dans le Crépuscule des Temps que des impies notre vallée sera le tombeau et le cauchemar, par la grâce du Dieu Sanglant et pour sa plus grande gloire.

Au quatrième jour de la lune de Bethekk, la soixante-huitième année de cette ère, les Flots se sont levés contre nous, qui descendons des Elus. Les Hommes-Serpent ont surgi de toute part, guidés par celui qui se faisait appeler le Seigneur de Guerre Sakrasis, et, profitant de notre surprise, ont massacré notre peuple. Notre sang a coulé sous les astres, et les survivants ont rejoint la Cité-Temple, qui leur a accordé la protection divine de ses murs. Maudits soient les Êtres des Profondeurs ! Maudits soient les flots qui les portent !

Inconscients du blasphème qui était le leur comme de la condamnation qui les attendait, fous qu'ils étaient, ils vinrent jusqu'à nos portes et s'approprièrent nos terres. L'Ecorcheur d'Âmes entendit l'appel de ses fidèles, et il nous envoya un de ses plus puissants serviteurs, Profondazur, Prince des Sources Rugissantes. Devant lui, les marées s'inclinaient ; à ses mots, les orages éclataient ; sur ses pas, les embruns soufflaient.

Alors la malédiction du Dieu Sanglant s'abattit sur eux. Le peuple Gurubashi combattit avec ruse et audace, et repoussa l'ennemi aux côtés de Profondazur, dont le pouvoir seul suffisait à faire trembler l'envahisseur infâme et taire sa langue perfide. Les eaux elles-même se dressèrent contre l'Ost des Profondeurs, et toute sa force s'estompa sous la rage des flots qu'ils croyaient maîtriser. Mais malgré tout, leur déesse abjecte, celle dont le nom est un sifflement de haine, sut renverser à son avantage tous nos efforts.

Aussi incroyable que cela nous ait paru, Profondazur se retourna contre nos forces, et, à lui seul, réduisit à néant les défenses que nous avions érigées. Les impies crurent que Hakkar les avait abandonnés. Les idiots crurent qu'il nous mettait à l'épreuve. Les traîtres crurent qu'il n'était pas de taille face à la déesse des abysses. Tous, cependant, se réfugièrent derrière les murailles sacrées de Zul'Gurub, dans l'attente d'une mort qui leur parassait certaine. Tous, sauf un : moi.

En tant que guide spirituel de mon peuple, j'ai accompli tous les rituels prescrits par le Seigneur Sanglant. En récompense de cela, il m'accorda d'apprendre par intuitions ce qui avait causé notre défaite et comment je pouvais précipiter notre victoire. Il m'apparut clairement en rêve que la fausse déesse avait sculpté une sphère enchantée, dans la pierre-même de ce Puits qui est responsable de la chute de l'Ancien Empire et de la Grande Fracture de ce monde.

Le Fragment d'Eternité, car tel est le nom qu'elle lui donna dans son langage de fiel, conférait à celui qui le possédait deux grands pouvoirs. Le premier, du à la matière qui constituait l'objet maudit, permettait d'appeler une quantité illimitée d'énergie depuis le Puits d'Eternité, et ce à n'importe quelle distance de celui-ci, sans aucune condition. Le deuxième, autorisé par la structure cristalline de l'artefact et la manière dont il avait été taillé, faisait de ce dernier un réceptacle potentiel pour n'importe quel esprit ou âme.

Le Seigneur de Guerre Sakrasis - puisse son essence un jour repaître le Dieu Sanglant -, se vit confier cet objet, et il sut l'utiliser avec intelligence et cruauté, selon les désirs de sa reine et déesse. Profitant de la nature spirituelle de Profondazur, il enferma celui-ci dans le Fragment d'Eternité, et, puisant dans les tourbillons d'énergies chaotiques auxquels il avait accès, il fit de son propre esprit une cage que même le pouvoir du Prince des Sources Rugissantes ne saurait briser. Désormais esclave des Hommes-Serpent, ce dernier fut envoyé massacrer ceux qu'il devait sauver, et il se montra si efficace que les Êtres des Profondeurs n'eurent même pas à risquer leurs vies au combat.

Parallèlement, l'étau écrasant de sa prison indestructible finit par faire fusionner l'essence de l'esprit élémentaire et la roche limpide du cristal sphérique. Cette dernière se teinta d'un turquoise profond et fut parcourue de filaments laiteux comme l'écume. Désormais, le Fragment d'Eternité serait nommé l'Orbe de Profondazur car l'un et l'autre seraient liés.

Le siège de la Cité-Temple et la complainte de ses habitants dura trois lunes entières. Le flot grondait à nos portes, et la mousson semblait ne jamais pouvoir cesser. Les crues se multiplièrent et firent plus de morts encore que les batailles que nous avions essuyées, car nous n'avions nulle part ou enterrer nos corps, ne pouvions les incinérer, et souffrions horriblement de l'eau viciée par ce sang de plusieurs semaines. Notre espace de vie avait été réduit de plus de moitié, et les parasites proliféraient. Les épidémies furent nombreuses et meurtrières. Les récoltes pourissaient. Nous étions enfermés dans notre propre demeure, et celle-ci était devenue un enfer.

Ce n'est qu'au bout de ces trois lunes que l'Ecorcheur d'Âmes répondit à mes prières et que je pus agir. Commandant à mes plus rapides et discrets berserkers de s'emparer de l'Orbe de Profondazur, je franchis pour ma part les portes de la Cité-Temple en profitant de la noirceur particulière de cette nuit sans astre et aux pluies furieuses. Nul ne nous vit et même le Prince des Sources fut trompé, car j'avais convaincu l'Empereur d'envoyer ses derniers combattants à la mort pour nous offrir une diversion suffisante.

Je m'enfonçai dans la jungle et ne m'arrêtai que lorsque j'atteins la presqu'île vierge au sud de l'Empire, que l'on nomme aujourd'hui île des Nek'mani en l'honneur de mes disciples. Je gravis la pente raide et densément recouverte de végétation, et j'atteins un promontoire rocheux qui dominait toute la Vallée. La, j'érigeai un autel à Atal'Hakkar, l'Ecorcheur d'Âmes et notre Seigneur, et j'attendis que mes envoyés fassent leur office. Ils remplirent leur mission sacrée avec zèle et m'apportèrent l'Orbe si précieuse... le destin de deux Empires.

Invoquant le nom de l'Ecorcheur d'Âmes, j'ai brisé l'Orbe indestructible sur l'autel. Au point précis où elle s'est rompue, une source éternelle de l'eau la plus pure et limpide jaillit et emporta tous les Eclats de Profondazur dans l'océan. Il disparut entre la vie et la mort, devenant un demi-être à l'inextinguible soif d'âmes, et ne subsista que par les myriades de fragments auxquels il était intimement lié, et que désormais l'on pouvait appeler sa chair.

L'Ost des Profondeurs fut surpris par l'attaque furieuse qu'envoya l'Empereur, et il fut contraint de replonger dans les abysses, avec la malédiction éternelle du Seigneur Sanglant... qu'il sache, lui et ses allés, que plus rien ne s'opposera à la souveraineté des Gurubashi, et que nul ne parte à la recherche des Eclats de Profondazur, ni ne tente de reconstituer l'Orbe... tous ses espoirs de puissance seront assouvis.

Mais dans l'abîme il sombrera, et il en deviendra l'esclave...

Profondazur jamais ne trouvera le repos.

Rud'reek releva ses lunettes pour se frotter les yeux. Ceux-ci étaient certes rougis par la fatigue, mais jamais le vieux gobelin n'avait lu un texte si lourd de conséquences. Bondissant de son siège avec allégresse, il se saisit d'un livre enfoui sous le fouilli de matériel expéditionnaire et scientifique. Sa couverture élégante était de couleur pourpre et s'ornait de l'emblême du Kirin Tor, un oeil doré stylisé. Le titre, écrit en large, surmontait le nom de l'auteur, un célèbre archimage de Dalaran.

Légendes des Gurubashi - Volume III
Par l'Archimage Ansirem Tisserune, Membre des Six et Dirigeant du Kirin Tor.


Introduction

L'ancien empire Gurubashi fut une source de bien des légendes étonnantes et fascinantes qui nous renseignent sur l'environnement de ses sujets, car l'examen de leurs croyances et de leurs pratiques sociales montre leur grand respect pour leur environnement naturel. J'ai détaillé les aspects de leur culte des serpents dans les précédents volumes de cette étude, mais je vais aborder ici l'examen des rapports uniques et passionnants des trolls avec la mer.

La Grande Mer

L'empire Gurubashi était entouré d'océans sur trois frontières. Rien d'étonnant à ce que l'eau ait constitué un aspect important de leur société. Les trolls ont été capables de soumettre de larges pans de leur monde forestier, mais la mer leur a toujours posé problème. Elle était vaste, incommensurable, représentait sans doute un voisin déconcertant pour les puissants trolls.

De récentes découvertes suggèrent que les trolls ne se sentaient pas le désir d'explorer les terres situées au-delà de la Grande Mer. Bien que des espèces de trolls soient disséminées partout dans tout Azeroth, Khaz Modan et Lordaeron, on n'a guère trouvé de traces de leur civilisation dans les terres nouvellement découvertes de Kalimdor ni dans les îles des Mers du Sud. Cela démontre-t-il le désir des trolls de ne pas s'éloigner de leur territoire terrestre ou une incapacité à développer la technologie nécessaire à entreprendre un tel voyage ? Cela demande d'autres recherches, qui dépassent le cadre de mon étude. Mais on peut difficilement ignorer une présence si large, et de nouvelles trouvailles dans les ruines de la vallée de Strangleronce montrent un aspect de leur relation avec la mer que nous ignorions jusque là.

La Pierre des Marées

De récentes découvertes pendant les fouilles dans les ruines trolles de Strangleronce ont montré des références à un objet nommé la "Pierre des marées". De nombreux fragments des légendes des trolls peuvent être assemblés pour obtenir une image assez précise de la pierre et de son importance dans l'ancien empire Gurubashi.

Il semble que la Pierre des marées ait permis à celui qui la portait de contrôler l'eau dans ses nombreuses formes (rivières, pluie, marées). En raison des histoires narrant le fonctionnement de la Pierre des marées, je pense qu'il s'agit en fait d'une manifestation physique des puissances du seigneur des Eaux, un puissant élémentaire des mers. De quelle manière cet objet permettait-il le contrôle du seigneur des Eaux et comment est-il tombé entre les mains des trolls, c'est une autre question qui dépasse mes connaissances.

Le Porteur des Marées

Comme l'eau sur les rivages, la Pierre des marées entrait dans le monde des trolls et en repartait, ne restant jamais entre les mains des trolls pour plus d'une génération à la suite. Dans les légendes des trolls, on dit que la première fois que la Pierre des marées est entrée dans l'empire Gurubashi, elle a été trouvée par un guerrier troll errant le long de la côte de Strangleronce. Il est tombé sur une mystérieuse pierre bleue dans laquelle des fibres d'un blanc laiteux flottaient. Intrigué par la pierre, le guerrier la prit avec lui et continua sa route. Au cours des semaines et des mois qui suivirent, le guerrier découvrit que la pierre lui conférait le contrôle de l'eau. Il pouvait invoquer des élémentaires d'eau, des créatures formées entièrement d'eau, égalant par là même les plus puissants mages du Kirin Tor.

Le guerrier alla jusqu'à Zul'Gurub, au cœur de l'Empire, pour faire la démonstration de ses capacités nouvelles à l'Empereur. Il obtint facilement une audience après avoir démontré l'étendue de ses pouvoirs au centre de la capitale impériale. Ses pouvoirs éblouirent l'empereur Gurubashi, qui lui donna immédiatement une place d'honneur à la cour, surnommant le guerrier "Porteur des marées", de sorte que son vrai nom ne nous est plus connu.

Pendant des années, le Porteur des marées servit l'empire Gurubashi, invoquant ses élémentaires d'eau au combat et manipulant les flux aquatiques de la vallée de Strangleronce au profit de l'Empire. Mais alors que les années passaient, le Porteur des marées se fit plus solitaire, restant de longues périodes de temps loin de la cour. Le Porteur des marées cachait un secret aux yeux inquisiteurs de la Cour. Les capacités qui lui étaient conférées par la Pierre des marées étaient accompagnées d'une malédiction. Au fur et à mesure du passage du temps, le Porteur des marées s'effaçait. A chaque reflux de la marée, il disparaissait un peu plus, perdant sa forme corporelle progressivement. Sentant venir son agonie, il partit vers la plage où il avait trouvé la Pierre et disparut dans la mer.

Des générations plus tard, la Pierre des marées réapparut sur les rivages de Strangleronce, et un autre Porteur des marées fut choisi tandis que les trolls rapportaient la Pierre à Zul'Gurub. Cela continua ainsi pendant des générations, la Pierre venant avec la marée et le Porteur disparaissant avec elle. Des histoires contemporaines sur la Pierre des marées se font jour de temps en temps, mais on se demande toujours pourquoi un objet d'une telle puissance apparaîtrait si régulièrement, et sur la volonté de qui.

Tout était désormais clair, dans l'esprit de Rud'reek. Dès le lendemain, il donnerait ses indications pour la nouvelle phase de fouilles, conformément aux ordres de Revilgaz. La Pierre des Marées ne resterait pas longtemps sous les eaux...


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Chapitre III : A la poursuite de la Pierre des Marées

Message  Grelot-de-Bois le Lun 08 Déc 2008, 10:40

Quelques jours plus tard...

Ker'bob fulminait, accroupi dans sa tente. La haine... voila ce qui brûlait dans son coeur. Il voulait hurler, mais ne le pouvait pas. Toute sa colère, il voulait la diriger vers ses maîtres. Mille insultes couraient dans son esprit, mais aucune ne suffisait à décrire l'ampleur de ce qu'il ressentait.

Ne pouvant pas supporter un instant de plus la rage qu'il tentait vainement de retenir, le gobelin s'enfonça précipitemment dans la jungle obscure, se mettent à l'écart du camp et se protégeant des oreilles indiscrètes par l'épais rideaux de lianes.

"Que le Cartel MEURE ! Que Rud'reek MEURE ! Que Revilgaz MEURE ! QU'ILS MEURENT TOUS !" Ces mots étaient hurlés avec toute la force et la folie d'une âme à la souffrance sourde. Et ils se perdirent dans la vallée, décuplant le sentiment d'impuissance de Ker'bob.

Le soleil de plomb, dont la coupole paraissait grotesquement dilatée, semblait rire du gobelin. Il ne cessait de se moquer de lui, il était une gorge déployée et rouge, juste au dessus de l'horizon, un sarcasme vivant aux proportions gigantesques. Tout devenait insoutenable... seul, Ker'bob était seul au monde ! Même sa famille l'avait abandonné, et obligé à suivre un vieillard sénile sur ces terres cruelles et sauvages ! Le Cartel ? Pas seulement... tous les gobelins étaient identiques, à la KapitalRisk, chez les Pirates des Mers du Sud... tous, des manipulateurs qui ne pensaient jamais à lui, Ker'bob, et lui marchaient sur les pieds sans aucun scrupule !

Le gobelin poussa un grognement de dépit et de rage, tout en jetant violemment au sol la première chose qui lui vint sous la main - soit une vieille branche cassée et humide de pourriture.

Mais quelque chose le fit sursauter et écouter les alentours, un instant. Un sifflement suraigu de très faible intensité, qui bourdonnait à son oreille... il aurait pu laisser la panique l'emporter, mais il connaissait ce son, que lui seul percevait : ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait. Et bientôt, la Voix parlerait, le voix si juste et douce avec lui, qu'il avait plusieurs fois déjà entendue depuis cette nuit où il s'était perdu dans le désert, et s'était trop approché d'Uldum. Cette nuit pleine de cauchemars et de hurlements étranges...

Ker'bob se releva lentement, à peine surpris de voir qu'il avait été interrompu alors qu'il frappait le sol de ses petits poings crispés, et essuya ses larmes de haine. Et en effet, la Voix se manifesta... Dans un frisson de délice et d'adoration, le humble mécanicien tomba à genoux. Elle lui semblait à chaque fois plus puissante et divine. Toujours si impressionante.

Trois murmures prononcèrent à l'unisson une mélopée résonnante et grave, dans une langue monstrueuse aux syllabes indiscernables. Ker'bob seul les entendait ; mais ils lui semblaient être si tonitruants que même le firmament maintenant bleu-nuit devait nécessairement frémir devant eux.

"Gazban..."

De nouvelles larmes, de joie et de soulagement cette fois-ci, coulèrent des yeux jaunes et globuleux de Ker'bob. Gazban, cela était le nom que, mystérieusement, la Voix lui donnait. En langue gobeline, cela signifie Grand Destin. La Voix avait confiance en lui... comme un père... il ferait tout pour elle, pour lui montrer qu'elle ne se trompait pas, et pour ne pas la décevoir !

"Gazban, notre élu. Nous sommes contents de toi."

Ne pouvant contenir un sanglot d'extase, Ker'bob écoutait, avec dévotion.

"Tu nous as entendus, et tu as suivi nos conseils avisés. Désormais, le destin que nous t'avons promis est à un pas." Un spasme de plaisir secoua ses membres. "Il ne te reste plus qu'une seule chose à faire pour l'atteindre, Gazban."

"Qu..quoi ?", murmura-t'il dans un coassement gémissant et plein d'admiration. "Que dois-je faire ?"

"Tes compagnons ont volé quelque chose qui t'appartient. Car c'est à toi que revient le prestige de tous ces voyages, et de toute cette sueur. Hier, ton prétendu maître s'est emparé du fruit de ton labeur. Il est légitime que tu ailles le récupérer."

Ker'bob, béat, écoutait. Le sentiment de révolte qui grondait en lui s'éveillait, à nouveau. Oui, il fallait réparer cette injustice !

"Tu dois entrer dans la tente de ton maître, cet usurpateur. Sois certain qu'il dorme et ne t'entende pas. Regarde alors derrière sa couche. Tu y verras un lourd coffre de métal noirci. Ne touche à rien, pas même à ce qui te semble précieux ; seul le contenu de ce coffre t'intéresse. Approche-t'en en silence, et touche la serrure. Notre pouvoir la brisera. Ouvre le coffre, et prend ce qui se trouve à l'intérieur. Referme-le en suite, puis enfonce-toi dans la jungle le plus loin possible. Quitte les tiens, et ne tente jamais de les revoir. Demeure le plus loin possible de ceux qui t'ont causé tant de mal et ne te respectent pas. Ne fais confiance à personne ; ne parle à personne. Lorsque tout cela sera fait, et si tu as été à la hauteur de nos espérances, nous reviendrons pour te féliciter, et tu connaîtras enfin la puissance."



Le coffre s'ouvrit avec un infime grincement, presque inaudible. A l'intérieur, une pierre bleue et translucide à l'aspect irrégulier, parcourue d'étranges pulsations. Elle était en grande partie recouverte avec précaution d'un tissu grossier, comme si on avait voulu éviter de la toucher directement. Ker'bob repoussa le lin sur le côté et s'empara de l'objet mystérieux, son regard anxieux laissant place à la convoitise. Il ignorait ce que c'était... mais c'était à lui. A lui.


Dernière édition par Amarèd Sculptelonde le Mar 06 Jan 2009, 03:07, édité 2 fois
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Chapitre III : A la poursuite de la Pierre des Marée - suite

Message  Grelot-de-Bois le Mer 31 Déc 2008, 12:10

Le lendemain, à Baie-du-Butin...

"Comment ?!"

Rud'reek était tout aussi fulminant que son maître. Mais sa rage était passée, aussi se contenta-t'il d'ajouter quelques mots.

"L'Éclat a disparu. Et Ker'bob également. Il me semble évident que ces deux événements sont liés, Seigneur Revilgaz..."

Le Baron, vêtu avec autant de légèreté que de richesse et d'élégance, était d'habitude d'un calme à toute épreuve. Mais il ne supportait guère que l'on se mette en travers de son chemin. Il frappa violemment du poing sur l'ébène de son bureau, où étaient étalés cartes et sextans.

"Un pitoyable péon, s'emparer de l'un de MES Éclats de Profondazur ?! Ha ! Quelle ironie ! Le pauvre ne sait même pas ce qui l'attend !" Ses lèvres se seraient tordues en un rictus plein d'ironie si le gobelin n'était si contrarié. "A-t'il laissé l'enveloppe ?", ajouta-t'il.

Rud'reek fut pris d'une quinte de toux brève mais désagréable. L'âge avançait, et il n'y pouvait rien... il devait déjà supporter tant de désagréments, songea-t'il en étreignant le pommeau gravé de sa canne. "Oui, Monseigneur. Il ne sait donc rien."

Le Baron éclata d'un rire cynique qui ressemblait à un caquètement cruel. Puis il cracha ses mots comme du venin, plein de hargne. "L'imbécile ! En plus de nous causer des ennuis, il scèle son propre destin !" Revilgaz se leva de son fauteuil aux coussins de velours, et entama une marche déambulatoire. Après quelques instants, il s'arrêta, et se retourna vers l'archéologue, qui attendait les ordres.

"Très bien. Ce crétin sans cervelle ne nous échappera pas... Mettez Couteau Ricanant à sa poursuite. Ne lui dîtes rien pour l'instant. Nul besoin de lui révéler quoi que ce soit pour un misérable pilote de déchiqueteuse." Il s'avança alors calmement vers la fenêtre panoramique de son bureau, un fin sourire se dessinant sur ses lèvres, et son regard pétillant d'intelligence se perdant sans inquiétude dans l'horizon. "Je vais vous révéler quelque chose, Rud'reek. Quelque chose que vous n'êtes pas prêt d'oublier..."

Le gobelin observait son maître, attendant qu'il poursuive. "Je vous écoute, Seigneur Revilgaz."

"L'océan... m'appartient." Il ferma son poing sur ses mots, pour bien en appuyer le sens. "A moi, et à moi seul... Sans mes Ecumeurs, le Cartel ne serait rien. Aussi... j'ai décidé..."

Il se retourna vers son conseiller, plantant son regard acéré dans ses yeux jaunes.

"... Que vous m'aiderez à en devenir le Maître."


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Message  Grelot-de-Bois le Mar 06 Jan 2009, 02:59

Le lendemain, tôt dans la matinée...

Au dessus du foulard noir dépassait un long nez, pointu comme une aiguille. Entièrement revêtu de cuir, Hrekix, parfois appelé "Couteau Ricanant", fouinait dans les débris d'un camp abandonné, au milieu d'une clairière artificielle. La sciure humide recouvrait le sol, déjà à mi-chemin de la transformation en humus, le climat de la jungle y aidant. Quelques troncs d'arbres effondrés, détachés de leurs souches par des coupures nettes, avaient été laissés la et commençaient à pourir. Une déchiqueteuse semblait dormir, à jamais recroquevillée sur elle-même : le moteur noirci ne fumait pas, et manifestement n'était plus en état de fonctionnement : une eau boueuse le remplissait à présent, la pluie s'y étant accumulée.

Le gobelin, seul dans le silence à peine troublé par quelques oiseaux invisibles dans les branches, examinait le sol de près, à l'affût de quelque chose, s'attardant tout particulièrement sur un gros entassement de copeaux de bois. Un fin sourire, presque reptilien, se dessina sur son visage masqué, tandis qu'il laissa la grosse poussière jaunâtre glisser entre ses doigts fins et habiles. Un objet minuscule demeura cependant dans sa main, reflétant l'éclat acéré du soleil. Une clef, minuscule, et pourtant extrêmement sophistiquée. Elle avait été jetée là, dans les décombres, il y a maintenant plusieurs jours - avant que les hommes de Rud'reek ne quittent l'endroit. Volontairement, cela ne faisait pas de doute ; elle était profondément enfoncée dans l'amoncellement, et, bien qu'il eût nécessairement fallu chercher la cachette pour la trouver, Hrekix ria intérieurement du manque de précautions mises en oeuvre dans sa dissimulation. C'était bien là le fait d'un débutant.

"Couteau Ricanant" se releva et se dirigea sans attendre vers l'appareil hors service. Montant sans douceur dans la cabine étroite, il se pencha quelques instants sur l'intérieur de celle-ci, avant de trouver la serrure d'un petit coffret qui faisait partie intégrante de la carcasse métallique. Le moment de vérité était venu. Du moins Hrekix l'espérait-il... car rien ne l'assurait que Ker'bob avait mis quoi que ce soit d'intéressant dans le cockpit de son véhicule de travail.

N'étant pas particulièrement amateur de suspense, le gobelin ouvrit le coffret. A l'intérieur se trouvaient quelques outils typiques des ingénieurs de Tanaris, un paquet de biscuits qui tombaient en poussière, et un petit livre fin, à la couverture vierge, et aux pages abîmées. Hrekix s'en saisit et l'ouvrit.

Le trapeur exultait. Il se rendit vite compte, en effet, qu'il s'agissait d'un journal intime. Quelle facilité...

"A nous deux, l'ami... et tâche de me résister un peu plus lorsque je te trouverai..."

Un rire strident éclata dans la forêt, mais nul ne l'entendit, excepté les aras chatoyants et la canopée resplendissante.
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