Z. S. Dubois, d'un carnet fourre-tout.

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Z. S. Dubois, d'un carnet fourre-tout.

Message  Vagabond le Mar 11 Avr 2017, 00:00

Le rouquin s'installe sur un banc. Il tire sa besace à côté de lui et l'ouvre, la fouille, plonge la main dans ses viscères secrètes. Il en extirpe son vieux carnet de voyage. L'objet a vécu de nombreuses vies. Une foule de feuillets irréguliers dépasse de la couverture en cuir élimé.
Il se saisit d'un crayon, et cherche un espace où rédiger ces quelques lignes.



L'alouette est d'audace et de bonté,
Mais à pic sombre une fois heurtée.
Ne Bouscule pas l'ami, au cœur à nu;
Car dans le sous-bois repose l'arbre
Qui soulage les vauriens m'as-tu-vu.
Ils s'éveillent avec un souvenir âpre.
Le daim gazouille et broute à l'aise,
Mais disparaît tôt le bruissement là.
Pousse vers l'au-delà l'étranger qui
A ta couardise oppose un fracas !
Le courage parfois est dans la nuit.
Le courage est parfois dans l'ami.

Il plie le feuillet, et le fourre parmi d'autres. Les idées s'amassent, les souvenirs aussi. Parfois la confusion se mélange à l'inspiration. Parfois ce sont les regrets et le vide.

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Sansam et soins

Message  Vagabond le Mar 11 Avr 2017, 08:30

Un autre page, plusieurs croquis et des notes.
Elle traite du Sansam doré. Les illustrations sont d'un finesse prodigieuse.
Le papier est jauni et a connu des jours meilleurs.

Sansam doré.
La plante révèle de grandes propriétés curatives mais son goût déplaisant n'en fait pas une vedette des lits hospitaliers.
Néanmoins, certains apothicaires en font les éloges.
Je me demande si sa couleur pourrait servir à fabriquer des teintures rappelant le sourire solaire.
Aujourd'hui j'en ai récolté une quantité raisonnable.
J'avais lu que Silithus était une des zones les plus favorables à la croissance de cette plante.
La tâche s'est avérée plus compliquée que prévu.
D'abord, j'ai du faire face à des milliers d'insectes plus désagréables les uns que les autres.
Ensuite, le sable. Il est tenace, coriace. Il s'insinue partout. Entre les orteils, dans les poches et sacs, dans les yeux.
Les bourrasques n'arrangent en rien le voyage.
Il y a aussi un monde sous terre.
Des galeries creusées par les créatures plus intelligentes sillonnent toute la région.
Il faut constamment surveiller où on pose les pieds.
Malgré tout, la contrée mérite qu'on s'y intéresse.
Au crépuscule, quand la chaleur devient plus supportable, les lézards grillés sous un ciel aux couleurs changeantes sont un régal.
Toujours est-il que le Sansam doré est précieux, pas très joli ni goûteux mais efficace.
Comme on dit, ce ne sont pas les assiettes en porcelaine qui nourrissent mieux, mais un simple bol en bois, bien rempli d'une nourriture faite avec amour, suffit.


Dernière édition par Vagabond le Mar 11 Avr 2017, 20:29, édité 1 fois

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Des noms et des prénoms

Message  Vagabond le Mar 11 Avr 2017, 08:46

Quand on ouvre son carnet par l'arrière, on découvre une sorte de registre.
Des dizaines de noms, de prénoms, de titres associés à de brèves descriptions s'alignent.
Des dates et des lieux de rencontres.
Une lecture hasardeuse livre quelques noms, dans un désordre ordonné.


"
...
Achilles. Un vieillard jeune pour son âge. Un humour sans âge. Je l'aime beaucoup. Sa coupe de cheveux m'interpelle.
Dame Kiera, aime la botanique. Recommande dame Satya du verger d'Elwynn. Ses yeux lisent là où son sourire écoute.
Rick, souffre d'un œil et cligne souvent. Son chapeau semble confortable et utile. Il aime creuser profondément.
Dame et sieur de Saint Ange. Des nobles. La dame attend un heureux évènement. Monsieur son mari a apparemment bien fait la chose, vu qu'il s'agit de jumeaux.
Satya, une étrange productrice agricole. Elle cultive toutes sortes de plantes pour en faire commerce. Elle aime les troncs.
..."

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Le mendiant

Message  Vagabond le Jeu 13 Avr 2017, 20:07

Noté en toute hâte, la rencontre avec un homme étrange.

Aujourd'hui j'ai vu un homme assis, tendant la main aux autres. Je me suis donc approché.
Le pauvre avait les cheveux aussi blancs que ses yeux privés de vue.
Son odeur me rappela bien vite celle des putois de montagne.
Je lui ai proposé de l'aider, il m'a répondu qu'il ne désirait que des pièces.
Le pauvre, si seul et si perdu. Je n'ai pas eu le cœur de le laisser ainsi.
Je lui ai donné quelques gemmes, d'une valeur sans doute considérable.
J'espère que cela lui rendra la vie plus douce.
Je connais certains des sentiments qui l'animent. L'abandon. La solitude.
Par contre, il semble présenter des signes de colère, ténue, envers ceux qui se sont désintéressés de lui, de ce Royaume qui l'abandonna.
Je ne peux rien faire pour adoucir l'aigreur qui l'anime.
Je ne peux qu'espérer qu'il croisera des gens qui lui offriront amitié et considération.
Je n'avais jamais rencontré quelqu'un dans une telle détresse qu'il en a baissé les bras.
Son image ne quitte mon esprit.
Et je me sens si impuissant, mais je sais bien que je ne sauverai pas le monde entier. Je m'efforce pourtant d'essayer, dès que possible.
Un grain de sable... et un autre, bientôt le sablier sera complet.

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Ronces et plaies

Message  Vagabond le Sam 15 Avr 2017, 20:12

Deux nouveaux feuillets s'ajoutent au carnet qui déborde à craquer. Un jour pensera-t-il sans doute à s'en procurer un neuf.
Deux pages. Un dessin et des notes.
Le dessin représente un "Barbelé de ronces" en fleurs qui étreint un arbre. La finesse du dessin est pareille à tous ceux qu'il a déjà réalisés.
Le second document est un texte sans queue ni tête.

"
Il fait sombre. La ville dort. Je ne dors pas, j'ai tourné en rond.
Satya a gagné le concours.
La Sorcière a déguerpi, comme toujours.
Le mendiant, je ne l'ai pas revu.
La foule au concours était abondante. Et tout ce qui me préoccupe est le bleu de sa tenue.
A l'observer, j'étais déjà en voyage, parmi les flots tumultueux et les rapides qui mènent à Kun-Lai.
Je ne comprends rien des images qui me tourmentent.
Tout me reste interdit, surtout ce bleu déjà convoité."

Lors d'une discussion très embrouillée, d'incertitudes et incompréhensions, les deux feuillets ont été cédés et ne figurent plus dans le carnet.

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J'ai demandé à la Lune...

Message  Vagabond le Sam 15 Avr 2017, 22:11

Une nouvelle note s'ajoute.
L'homme est assis face à la mer, le regard à la dérive, l'âme meurtrie.


"
Il n'est de plus grand paradoxe que celui qui m'anime.
Me voici à contempler ta blanchâtre rondeur. Je t'aime. Tu ne m'as jamais fait défaut.
Chaque soir, tu ne me berces d'aucune illusion.
Tu me réconfortes.
Le lendemain finira par arriver.
Et tes reflets nacrés, sur les vagues en colère, n'émoussent en rien ma joie à t'admirer.
Tu m'apaises.
Pourrais-je un jour aspirer aux simples délices d'une vie rangée? Qu'est-ce qu'une vie rangée?
Je te suis reconnaissant; Vivre et sillonner le monde est en soi d'une plénitude exaltante.
Mais parfois la saveur d'une vie antérieure émerge. Un goût de presque rien.
Un manque.
Me voici à te contempler, tes silences sereins répondent à mon appel.
Parfois, pourtant, tes silences m'oppressent.
Alors, en proie au doute, je prie d'être délivré de ma condition.
Or, toute malédiction a ses bons côtés, tu me connais. Je suis du genre à voir le verre à moitié plein.
Et toi, tu es pleine de tout.
D'assurance et de bonté.
Tu te contentes d'être et d'animer les marées.
Tu te suffis et tu demeures indispensable.
La magie déborde de ton sourire parfait.
Mes confusions intestines se font la malle quand je t'imagine me grondant d'un regard désapprobateur.
Tu es ma plus vieille confidente.
Que mes lèvres remuent ou que mon cœur se libère.
Pourtant, depuis peu, le doute grandit.
J'en viens à être insolent dans mes raisonnements.
J'en viens à me dire que tu me sers d'échappatoire à la vie.
Or, tu es la vie, belle et intransigeante.
Bercée, depuis ta naissance de la pénombre, adorée jusqu'au moment du deuil qui nous étreint quand ton Roi éclaire l'aube.
Malgré tout, suis-je totalement dans le faux?
Ne suis-je pas dans le déni de moi-même depuis des années? Depuis leur perte?
Depuis quoi? Je ne sais plus.
Ecrire organise ma pensée. Mais je ne trouve pas les réponses.
T'observer m'apaise.
Alors pourquoi ai-je les yeux humides et l'estomac qui se retourne?
Je ne contrôle plus ma destinée. L'ai-je au demeurant jamais fait?
Aide-moi, Mère des damnés, mère de la nuit."

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Monstre

Message  Vagabond le Dim 16 Avr 2017, 17:54

L'homme, en proie à une multitudes de questions, suscitées par les récents évènements, arpente la ville, perdu dans ses pensées.
Il arrive fatalement au parc, et se rend à son arbre préféré. Il s'assied, s'empare en douceur de son vieux carnet et y ajoute quelques notes.
Les mots échangés avec la femme qui refuse sa condition l'ont marqué.


"
Monstre. Ce mot ne décolle pas.
Suis-je un monstre?
Je n'ai pas de grandes dents, pour mieux la croquer.
Je n'ai pas de grandes oreilles pour mieux l'entendre vivre et rire.
Je n'ai pas de grands yeux avides de tout voir.
J'ai la truffe humide et une malice insolente de candeur.
Je ne m'y abandonne jamais, à cette forme maudite. Ce serait renier mon humanité.
Mais n'en suis-je pas moins monstrueux?
Difforme. Brisé. Maudit.
Et ces grandes mains, aux griffes rasoirs? Elles font fi de toute délicatesse.
Peut-être a-t-elle raison.
La Malédiction nous prive de tout semblant de normalité.
Je veux pourtant croire que la normalité se construit grâce à l'acceptation.
Ma normalité est d'être ce que je suis, malgré tout.
Ma normalité est d'être une créature duplice.
Je suis le druide errant. Je suis la bête. Je suis le monstre."

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Doute, Raison et Folie. (1)

Message  Vagabond le Mar 18 Avr 2017, 07:55

L'homme gît inconscient. Les bandages thoraciques ont cédé. L'aventure dans les flèches d'Arak fut plus éprouvante qu'il ne l'aurait souhaité.
A présent il dort, soigné.
La personne qui s'est occupée de lui ramasse les affaires éparpillées. Le sac a abandonné le carnet à un triste sort. Entrouvert, plusieurs feuillets s'en sont échappés. Sans doute, seront-ils lus, ou pas.
L'homme est dans une douce inconscience, où la souffrance ne l'atteint pas. Rien ne pourrait l'atteindre, et ce pendant plusieurs heures.


***
Premier feuillet.
Les coins de la feuille sont rognés. Le papier, d'une blancheur fade, porte les séquelles des sévices d'un pliage soigné et des années.

"
Stan,
Je ne sais qu'en penser. Ton précédent courrier semblait rassurant.
Tu as raté la date prévue pour la rencontre. Mais tu m'as expliqué.
Le village est en effervescence. Nous nous préparons aux récoltes.
Tu le sais, nous manquons de temps et de bras vigoureux.
Je pense que nous serons néanmoins prêts. N'oublie pas. Je t'en supplie mon ami.
N'oublie pas notre dernière discussion et allège ton fardeau.
Ne laisse pas les tes craintes et tes blocages te faire renoncer si proche du but.
Je crois en toi.
Si tu doutes encore de mon engagement sincère, je comprendrais.
Quant à moi, je le sais, avec une certitude incandescente que ton retour est proche.
J'espère secrètement que tu reviendras à temps pour la fête des moissons.
Nous pourrons alors danser et rire, comme l'an dernier.
Ne me laisse pas sans nouvelles trop longtemps,
Amitiés,
Elsa."

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Doute, Raison et Folie. (2)

Message  Vagabond le Mar 18 Avr 2017, 18:48

Deuxième feuillet.

La page est incomplète, parsemée de ratures, de tâches d'encres.

"
[...illisible...] comme ça. Les voiles. Tu ne t'en tireras pas ainsi ! Ignoble farce.
C'est l'amertume que je vais boire ce soir. Tu me tiendras compagnie.
Oui. Oui. Compagnie de l'Aurore. Cavalerie des brumes. Je lève la coupe.
Santé, dédaigneuse amie ! Que la vie t'emporte. Que la mort t'abandonne.
[...nouvelle partie illisible...] douche. Et après nous ? Les Mouches.
Les vers. La terre. J'ai faim de vivre et de mourir et de renaître.
Tu gardes le silence. Insolence ! Tu gardes en [...ratures...] parfum entêtant de pourriture.
J'ai la flétrissure en haine.
Tu ne m'as pas épargné. Tu m'as besogné, jusqu'à l'ivresse. Tu m'as tout pris.
Je t'aime, détestable compagne. Je t'embrasse. Je te vomis.
Les tertres s'empilent, se multiplient. Tu n'as aucun état d'âme.
Je reste planté, en croix. Dans cette terre meuble.
Les corbeaux vont déloger de mes orbites... ces yeux qui n'en peuvent plus de larmoyer.
La salive me manque pour t'insulter.
Je m'écorche les doigts. J'ai coulé mon sang sur cette page. J'attends la Fin.
Tu ne fais que me narguer. Tu ricanes.
Je reste debout, puis je sombre. A genoux je te supplie encore.
Je vais t'arracher la langue et la tourner sept fois dans ma tête !
Pourquoi?
Pourquoi.[Fin manquante...]"

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Doute, Raison et Folie. (3)

Message  Vagabond le Mar 18 Avr 2017, 20:01

Troisième feuillet.

C'est une lettre, d'une écriture très serrée. Le papier est de bonne facture mais date sans doute de la même période que les autres feuillets.


"Cher Stan,
Tu ne me trouveras pas à tes côtés, au rassemblement matinal.
Je te laisse cette note, j'ai pris soin de la loger bien en vue.
Les mois ont passé, comme les saisons. Il est temps pour toi de quitter notre résidence.
Nous t'avons délivré tout ce que nous avions à t'offrir.
Il t'appartient de commencer le Grand Voyage.
Pour cela, nul besoin de nous infliger de sentimentaux adieux.
Tu as été et resteras mon Frère.
Notre Mère veillera sur toi.
Parfois j'ai douté. Mais à présent je sais que tu as recouvré toute ta lucidité.
Tu vas parcourir le monde, la tête haute et reprendre ta place.
Ce que tu as enduré, peu y auraient survécu et encore moins, avec toute leur tête.
Aujourd'hui, ton littoral mental est vaste et l'orage a cédé place à une clarté généreuse.
Vogue bien mon ami. Emporte-moi dans tes souvenirs.
Un jour nous nous reverrons.
X."

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Recette amicale

Message  Vagabond le Mar 09 Mai 2017, 20:18

L'homme rédige quelques mots, après un petit-déjeuner frugal. Une poignée de baies, quelques tranches de pomme, des mûres.

Ce n'était qu'un feu de camp ordinaire.
Pourtant mes os se sentent jeunes et ma carcasse, revigorée.
Je dors souvent à même la terre nourricière.
Rarement je me suis éveillé dans une telle forme.
Mes contusions et ma blessure, je les ressens à peine.
Comme le lointain bourdonnement d'une cascade dissimulée par la montagne.
Ce n'était qu'un feu de camp ordinaire.
Gilnéas avait pris le monopole des échanges. Gilnéas nous avait perdu.
Naufragés d'une muraille qui s'effondre, voici qu'autour d'un joyeux feu de camp, nous devisions.
Le poisson au thym ne m'avait jamais paru aussi bon que ce soir-là.
Peut-être n'était-ce pas un feu de camp si ordinaire.

Après ces quelques mots, l'homme glisse le courrier reçu de bonne heure entre deux pages chargées du carnet.
Une recette d'amitié. Une recette de sourire.


"Onguent cicatrisant
-2 mesures d'un corps gras (graisse animale ou végétale)
-1 mesure d'huile de Pacifique
-2 gouttes d'huile essentielle de Glaurier
-6 gouttes d'huile essentielle de Pavot de pluie
-4 gr de poudre de Feuillerêve (à adapter selon l'intensité de la douleur)
-3 graines de Songefeuille pilées

Préparation:
Mélanger tous les corps gras ensemble à température basse (les graisses solides doivent être préalablement ramollies).
Ajouter la poudre de Feuillerêve et les graines de Songefeuille pilées.
Mélanger et laisser macérer deux nuits.
Réchauffer le mélange si nécessaire afin d'incorporer les huiles essentielles, d'abord le Pavot puis le glaurier (pour éviter la décantation).
Ajouter l'huile de Pacifique.
Mélanger doucement à 35° pendant une heure, évitez les vapeurs."

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Puits de lune

Message  Vagabond le Mer 10 Mai 2017, 01:41

L'homme vient de quitter sa transe. La méditation lui a ouvert les yeux.
Il mange les fruits secs, préparés avant la méditation. Il sourit, en mâchonnant tranquillement.
Il tire son carnet de ses fontes et l'ouvre sur ses cuisses, assis en tailleur.


"Je devrais regretter. Mais je ne regrette pas.
Ce sont ces petits moments qui font d'une vie, une existence.
Ces moments où l'on s'égare et où on se retrouve.
Il m'a démontré que tous les préjugés, tous les acquis peuvent être remis en question.
Il m'a murmuré des vérités que jamais je n'aurais pu entendre, avant.
On dit que les eaux d'un puits de lune sont imprégnées de magies ancestrales.
On raconte leurs divers bienfaits. Tant sur la matière que l'esprit.
Jamais je n'aurais cru qu'un simple bain m'apporte tant de réponses.
Ou provoque tant de nouvelles questions.
Jamais je n'aurais cru pouvoir apprécier des eaux si troublantes, pour un rite si banal.
Je vais dormir serein.
Demain sera aux lambeaux d'états d'âme."

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Aux ronces les chairs !

Message  Vagabond le Mar 16 Mai 2017, 00:03

L'homme s'empare du cruchon rempli d'eau fraîche. Il y boit, à même le récipient.
La nuit a été longue, agitée. Le corps savoure la chair de poule, abandonné à la morsure d'une nuit relativement froide.
Il observe la silhouette allongée sur le lit, soulevant au rythme régulier de ses rêves les couvertures.
Il sourit et tire son carnet, en silence.
L'aube ne va pas tarder.
Plissant les paupières, il ouvre le vieux carnet et cherche un coin de page encore vierge.
La Lumière du matin vient lécher ses doigts. Il sourit et commence à rédiger quelques pensées vagabondes.



"Es-tu un supplice, qui prendra fin quand mon âme s'y sera habituée?
Es-tu la délivrance promise, à ceux atteints d'un trop grand espoir?
Es-tu la conquête du fou et de l'outragé? De l'enfant et de l'homme?
Es-tu à portée de mes mains, ou le Rêve m'a emporté?
Es-tu la louve qui à jamais m'offre ses réticences et son abandon?
Es-tu là? Suis-je ivre et perdu? Es-tu l'interrogation à la certitude?
Es-tu la rivière en crue, au dégel de la montagne?
Es-tu le rougissement de l'adolescent, qui me noue la gorge?
Suis-je un homme, ou une chose nauséabonde qui n'a de scrupule?
L'appel est une invitation incessante. Un bourdonnement fort.
Es-tu inévitable? Je le prie à chaque fois que nos regards se croisent.
Je le sens dans les pulsations du sang qui se débat dans mes veines.
Alors que j'écris ces inepties, j'ose porter mon regard sur toi.
Les couvertures ont glissé.
La courbe est sensuelle. Un régal. Et les marques zèbrent ta peau.
L'illusion se dérobe pour s'affranchir des carcans de la pudeur.
Tu as succombé à mes jardins de ronces.
Tu as soupiré mes encore et mes toujours.
Le soleil s'amuse, et te conquiert, pouce par pouce.
Je jalouse son pianotement insolent.
Es-tu l'inévitable? Celle que la Lune rappelle à mon hurlement?
Celle qui apprivoise et emporte à l'extrême?
Tu es mon inévitable cacophonie.
Le grondement du dragon qui fond sur les troupeaux.
Le feulement du traqueur des limbes.
Tu es ce qui me rend Entier.
Inéluctable.
Indéfectible.
Parfaite."

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Re: Z. S. Dubois, d'un carnet fourre-tout.

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