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Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mar 05 Déc 2017, 00:02

Est-ce que l'on pouvait tout recommencer ?

Est-ce que l'on pouvait, vraiment, oublier quelqu'un que l'on pensait avoir aimé, tirer un trait sur une période pas si lointaine, et croire que l'on pouvait recommencer à vivre et peut-être même, aimer de nouveau ?

Est-ce que l'on pouvait, sans se perdre, ne rien renier, pardonner, rester soi-même, tourner la page et de nouveau vivre. Libre.

C'est ce que Lysange, la fille au chapeau, voulait croire. Et elle y croyait si fort que cela l'avait incitée à quitter le Sud pour remonter vers la capitale afin de tenter cette folle aventure, tout recommencer.


"Ah ! mais voilà pourquoi tu me sautes pas dessus !" avait lancé Joli Coeur avec un sourire entendu.
"De quoi tu parles ?" avait bougonné Lysange.
"En fait tu es toujours amoureuse du type avec qui tu as fait ce voyage, non ?”. Manifestement ça l’amusait de la voir rosir.
"Quoi !?! Mais c'est n'importe quoi !"

Roulant des yeux, la jeune femme avait tenté de contourner la question, perchée avec lui sur un immense arbre des faubourgs.

"C'est pas ça... Disons que j'ai pas compris pourquoi il avait disparu.  Qu'est ce qui s'est passé ? Qu'est ce que j'avais fait de mal ? J'ai toujours pas compris, et des fois ça me bloque encore un peu."

Le jeune homme l’avait regardée un moment. "Tu veux juste pouvoir tourner la page avant de t'engager à nouveau. Je comprends, et je trouve ça bien. T'es pas comme les autres filles."

“Bah, quand j’me donne, j’me donne à fond, c'est clair. Bon, on passe à une autre question ?"

Lysange avait relancé les dés, laissant derrière elle son passé et retrouvant le sourire. Toute une vie sans savoir qui on est, sinon la fille adoptive d’un vieux gars moins salaud que les autres, ça forgeait le caractère.

Hier était déjà loin, demain viendrait bien assez tôt et il fallait apprendre à vivre chaque moment comme si c'était le dernier. C'était la seule solution. Et ça fonctionnait puisqu'elle avait réussi à quitter le Sud avec une caravane pour aller chercher du travail dans la capitale.

"Chacun sa merde ! Si c’est pas toi qui prend ta vie en mains, personne le f’ra pour toi !” aurait dit son père adoptif avec philosophie  Et c'était bien vrai. Il fallait avancer, sans se retourner. Lysange était bien décidée à suivre les conseils du vieux Ben et trouver le chemin, le sien. Ici, dans cette ville, et nulle part ailleurs. Il suffisait de le vouloir.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mar 05 Déc 2017, 18:31

Installée depuis moins d'une semaine dans la grande capitale, la fille au chapeau irradiait depuis la veille d'une joie simple. Un faisceau de petits détails le démontrait, elle avait fait le bon choix et une nouvelle vie s'offrait à elle.

Oser parler aux citoyens présents ici et là n'avait pas été facile mais cela commençait à porter ses fruits. Et la rencontre avec Joli Cœur en était probablement l'élément déclencheur. Face à lui, elle avait osé être elle-même, sans doute parce qu'il était jeune et inexpérimenté mais comique dans ses provocations et ses vantardises de gamin désœuvré. Enjouée et libre elle avait su refuser ses avances, assez lourdes, sans le vexer ni le rebuter, ce qui lui avait permis de trouver un équilibre dans cette nouvelle amitié.

En quelques jours, au fil des rencontres, elle avait trouvé de quoi occuper son temps libre en attendant d'occuper un emploi qui lui permettrait de ne plus dépendre de la compassion d'un chevalier, de la gentillesse de Joli Coeur ou de la miséricorde d'un membre du Clergé.  

Et petit à petit la capitale l'avait transformée. Cela s'était senti lundi soir, sur la terrasse de l'auberge.

Au milieu de toutes ces personnes qui se connaissaient et s'appréciaient, ces inconnus qui l'avaient accueillie comme une des leurs, avec une curiosité bienveillante, elle s'était sentie revivre. Moins en retrait, moins intimidée, plus enjouée, plus libre, plus vraie. Le vieux Ben aurait été fier d'elle.

La petite Lyly sans histoire ni avenir qui s'accrochait aux basques du vieux Ben sur les routes du Sud, garçon manqué par manque de modèle féminin, brusque et renfermée par méfiance, souvent blessée à cause de sa naïveté, la fille dont le chapeau vissé sur la tête donnait lieu d'identité sentit alors qu'il allait falloir se définir autrement.

La rencontre annoncée pour le mardi soir avec un employeur potentiel l'obligeait à faire preuve de créativité. On ne pouvait décemment trouver un travail intéressant sans avoir un vrai nom.

Lysange Delabay n'existait pas hier mais ce nom-là sonnait bien, et juste, et il lui semblait qu'il puisse être annonciateur d'une vie pleine de promesses.

Décision fut donc prise. Et pour marquer ce jour de naissance, c'est une Lyly radieuse qui fit graver "son nom complet" sur le petit médaillon qu'elle portait déjà lorsque Ben l'avait trouvée, nourrisson terrorisé et hurlant dans un panier sur les quais du port du Sud, une vingtaine d'années plus tôt.

"C'est une bien belle médaille" avait dit l'artisan tandis qu'elle suivait des yeux son travail, plus tôt dans l’après midi. "On dirait un écusson d'noble, côté face, vous avez eu ça où ?".

Lysange avait passé des heures à regarder le dessin ouvragé d'un animal fantastique, crinière de lion et ailes d’aigle déployées sur un fond de drapeau, abîmé par le sel, mais jamais elle n'avait imaginé que cela puisse être un écusson.
"Je l'ai toujours eue….”.

L'homme l'avait observée un moment avant de reprendre son travail.
"Bah... c'est sans doute une copie. Faudrait que vous en parliez à votre famille, les Delabay, ils doivent savoir."

La toute nouvelle Demoiselle Delabay n'avait pas pu s'empêcher de rire joyeusement. "Mmh... faudrait oui !".

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mer 06 Déc 2017, 13:42

S'il existait un appareil pouvant mesurer le taux vibratoire intérieur d'un individu, combinant aussi bien la mesure de l'excitation joyeuse, l'envie de faire plaisir, la volonté de faire au mieux et l'énergie animant le tout, nul doute que Lysange aurait fait exploser tous les scores et l'appareil avec, mardi soir en quittant les locaux du Garnement.

Depuis qu'elle s'était assise dans le bureau de la Direction  pour expliquer ce qui l'amenait à postuler chez eux, les deux dirigeants semblaient beaucoup s'amuser.

Attentifs,  bienveillants, ils s'adressaient néanmoins force sourires amusés et hochements de tête, entrecoupés de rires qui ponctuaient chaque explication de Lysange sur son parcours et sa vision du monde lorsque, incité par Mairi O'Hara elle même, Andrew Forester la regarda d'un air sévère avant de lâcher."Bien. Nous vous proposons trois argentées par semaine pour commencer et, si besoin, vous pourrez profiter du canapé avant de trouver un logement".

La jeune femme en était à essayer de rattraper une de ses nombreuses bévues, peut-être celle sur "ceux qui n'ont pas les couil.., euh le courage de dire ce qu'ils pensent... " et cela l'arrêta, net.

"Hein ?!? Euh... trois argentées ?!? Mais... Euh... Alors ça veut dire que vous me prenez ?!? Ooh  !?! Ooooooh !!! Merci !!!! Merci mille fois !!!! J'vous promets que vous ne le regretterez pas !!!"

La jeune femme n'avait plus rien de l' adulte posée et réfléchie qu'elle s'évertuait à être depuis plus d'une heure, probablement sans grand succès. Tout à coup survoltée d'une joie quasi enfantine, elle se trémoussait sur sa chaise, ne sachant si elle devait leur administrer un câlin digne d'une famille complète de Bisounours ou faire le tour de la table en dansant et hurlant des Youhouhouhou capables d'attirer tous les Zoziaux des alentours plus la pluie, ou simplement jouer les blasées tellement sûre d'elle que, elle le savait, cette longue conversation ne pouvait avoir d'autre issue que son embauche.

Des trois scénarios seul le premier était à sa portée, incapable qu'elle était de jouer les blasés, comme d'ailleurs de se donner en spectacle.

Mais elle jugea bon de n'en rien faire, craignant sans doute à juste titre, que la bienséance professionnelle nécessitait de sa part une attitude certes positive mais néanmoins calme autant que faire se pouvait !

L'heure qui suivit n'en fut pas moins tendue, car déjà Lysange prenait son travail à coeur. Une Dame venait présenter son commerce, Mairi sollicitait sa nouvelle stagiaire pour un petit article éventuel sur le dit commerce, que déjà Lysange se positionnait, questionnait, donnait rendez-vous.

Quand elle rentra à l'auberge pour tenter d'y trouver le sommeil, bien malin celui qui aurait pu imaginer que la jeune femme qui dansait, chantonnait et riait tout à la fois n'avait rien bu d'autre qu'un thé agrémenté d'une larmichette de rhum.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Lun 11 Déc 2017, 18:17

Heureusement pour elle, son employeur principal, en l'occurrence la belle et libre Mairi O'Hara, avait su immédiatement cerner sa personnalité de chat échaudé et Lysange avait bon espoir de réussir à se dépêtrer de certains comportements qu’elle n’était pas sûre de toujours bien comprendre.

Elle avait débarqué en ville sans le sou mais libre, un peu naïve avec les charmeurs mais expérimentée avec les bonimenteurs, seule mais déterminée, gentille mais entière, sociable mais farouchement indépendante, jeune mais forte d'une expérience peu commune.

Et voilà que certains s'évertuaient à vouloir l'emprisonner. Oh pas vraiment, avec respect, cordialité, gentillesse, mais c'est ainsi qu'elle le ressentait. Une prison dorée qu’en d’autres temps elle aurait investie avec joie, mais plus maintenant, ou pas encore.

Ces avances de l'un ou de l'autre, car il y en avait delà plusieurs qui lui tournaient autour, n'avaient rien qui puisse comporter un danger réel. Pourtant c'est plus souvent qu'elle ne l'aurait souhaité qu'elle devait se brider, se fermer, reculer, se prémunir, par crainte de souffrir. Souffrir à nouveau.

“Un d’perdu pour la chienlit, dix de r’trouvés pour la gaudriole !”
aurait dit le vieux Ben qui n’avait pas son pareil pour mettre à sa sauce les dictons populaires. Et elle aurait ri avec lui, à n’en pas douter.

Mais là, tout arrivait trop vite, et elle n’avait pas vraiment eu le temps de se faire une raison.


Aussi, heureusement que Mairi était là.

Affutée et bienveillante, la rédactrice de la rédaction du Garnement avait tout de suite senti combien la jeune femme avait besoin de liberté et de confiance pour faire rapidement ses preuves, mais aussi d’une sorte de rideau protecteur pour qu’elle puisse épanouir au mieux.

Un premier article écrit et mis sous presse devant les amis du Garnement pour fêter l’arrivée de la toute nouvelle machine d’imprimerie. Un second dans les tuyaux et un portrait à trouver. Des rencontres suggérées et d’autres proposées. Tout un réseau qui s’offrait à elle pour développer son goût pour le croquis en mots.

Au final, pour rien au monde Lysange “Delabay” serait repartie dans le Sud. Elle devait prendre ses marques, doucement mais sûrement, s’installer, simplement mais sérieusement, et continuer à regarder le monde avec ses yeux d’enfant libre et curieuse, sans se fermer outre mesure, ni non plus s’ouvrir plus que de raison.

Et puis, bientôt allait débarquer du Norfendre celui qu’elle n’avait encore jamais rencontré, le fameux Grand Père Hiver. On disait qu’il exauçait toutes sortes de voeux, pour peu qu’on soit sincère et bienveillant. Qui sait si le vieil homme n’allait pas lui amener dans sa hotte le cadeau qu’elle attendait en secret.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mer 13 Déc 2017, 13:00

Mais c’était quoi cette histoire de cadeau désintéressé ?!? Bien sûr qu'elle ne pouvait pas accepter une bague aussi raffinée et probablement très chère !

“Foutaises !!” aurait dit le Vieux Ben. “C’gars là y veut t’mettre dans son lit, même s’il le dit pas, y’a pas à tortiller du cul ! Fuis ! Cours ma Lyly ! Dégage le vite fait sinon il va te croquer toute crue !” Et il aurait même accompagné la sentence d’un rire graveleux qui aurait ôté tout doute à la jeune fille.

Mais Lysange n'avait pas la force de caractère du vieux Ben. La jeune et tendre Lyly,  bien qu'ayant du souvent se défendre des charmeurs qui lui tournaient autour, et parfois même tentaient le diable, n'était pas préparée à cette avalanche de compliments, attentions et cadeaux.

Non pas qu'elle ne le croyait pas sincère, ce jeune homme tout énamouré, mais il était hors de question de le laisser penser qu'elle allait accepter sans broncher de se laisser ainsi enfermer.

Car cher ou pas cher, un tel cadeau était pire qu'une chaîne à son pied. La chaîne on pouvait la détester, la maudire, la rompre, s'en défaire, quitte à devoir se couper le pied s'il fallait.

Mais ce genre de chaîne qui ne disait pas son nom... jamais. Ou alors une seule et unique fois, et pour toujours.

Heureusement que Joli Coeur était dans les parages.

"Salut Chenapan ! " lui avait-il susurré en arrivant derrière son dos au marché.
"Oh ! Comment tu vas ?". Elle était ravie, de le voir là. La dernière fois ils s'étaient quittés fâchés, mais ça ne pouvait pas durer. Pas entre eux.
"Toujours bien quand j'aperçois ton chapeau !".

Sa présence discrète avait été d'un grand secours, car la situation était plus qu'embarrassante. Et de le savoir là, même bougon et chieur, l’avait très largement aidée à passer la soirée.

Mais le problème restait entier.

Il avait été question d'aller faire un article chez le jeune homme. Mais Lysange n'en avait plus envie. Bien trop risqué, bien trop embarrassant, bien trop dangereux même, car elle n'était pas certaine de savoir, encore et encore, repousser ses avances avec gentillesse.

Elle devait en parler à Mairi. Elle saurait que faire, elle. A n'en pas douter.

S'il y avait bien une chose, un fait, une personne qu'elle bénissait chaque jour en secret, remerciant tous les dieux du monde de l'avoir guidée jusque là, c'était bien la rencontre avec Mairi O'Hara.

Sans elle, elle le sentait tout au fond de son cœur, elle n'aurait peut-être pas su, ou même pu, reprendre vie.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mar 19 Déc 2017, 21:03

"Tu me donnes un baiser ?"
"Euh... mais pourquoi ?"
"Mais t'écoutes rien !! On a gagné un bon qui dit qu'on doit s'embrasser !!"
"Mais... euh... et pourquoi un bon donné par des nains devrait m'obliger à t'embrasser ?!?"
"Mais c'est un bon !!! J'en sais rien moi ! Demande leur !!!"
"Mmhh... "

Elle avait regardé les nains, qui semblaient gentils et simplement désireux de mettre sur leur stand cet esprit des fêtes d'Hiver dont on parlait partout en ville. Elle avait cherché le regard de Jacob pour vérifier qu'il n'y avait pas d'embrouilles. Il semblait déçu, tout bêtement. Alors elle avait décidé d'accepter, tendant simplement sa joue gauche vers le visage du jeune homme, ce qui avait mis tout le monde en joie, et au final elle aussi.

....

"Tu voudrais pas te mettre dans mes bras, pendant le spectacle ?"
"Euh...?"
"Un câlin quoi !"
"Mais... euh... un câlin ... genre .... juste un câlin et rien d'autre ?"
"Bah non !!! Que veux tu qu'il y ait d'autre ??!!!"
"Ben ... je sais pas !"


Elle l'avait observé, puis elle avait ri, et elle s'était retournée pour se caler gentiment dans les bras de Jacob, naturellement et sans crainte aucune, le laissant même poser sa main sur son ventre. Et elle s'en était sentie bien, contente de ce contact vaguement rassurant.


...

Ils étaient sur le chemin qui venait du port et de la fête et menait vers le centre.
"J'ai quoi comme chance de dormir avec toi ?"
"Euh... comment ça... quand ?"
"Ben ce soir ! Pas demain pour la sieste hein !"
"Zéro."


Ils avaient continué sur la place et Jacob lui avait dit qu'il avait payé pour une semaine supplémentaire, ce qui l'avait énervée mais touchée aussi. Puis devant l'auberge, il lui avait demandé de venir tout près de lui, avec douceur. Elle en avait été étonnée mais elle avait obtempéré. Et là, adossé au muret, il avait dégagé son visage d'une pichenette sur son chapeau, puis il lui avait simplement caressé le menton tout en la remerciant de cette soirée toute simple mais bien agréable qu'ils venaient de passer ensemble.

Lysange avait hésité un instant. Elle aussi, elle avait passé une excellente soirée et elle voulait le lui dire. Alors elle l'avait embrassé, sans qu'il l'ait demandé ou même suggéré. Oh un tout petit baiser de rien du tout posé au coin de ses lèvres ! Mais quand même.

Une soirée tout en douceur.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Jeu 21 Déc 2017, 18:34

Mais quelle mouche l'avait piqué ?!!!

"Il faut que tu fasses le portrait de quelqu'un que tu aimes bien, avant tout, Lysange. Il faut que ça te plaise de faire cet article".
"Ben je connais personne, ça va devoir attendre alors".
"Pourquoi tu fais pas celui de ton amoureux ? "
"Euh... il a disparu Jacob, je vais pas faire le portrait de quelqu'un qui n'existe plus."
"Qu'est ce que tu en sais ?"
"Comment ça qu'est ce que j'en sais ! Il m'a abandonnée, je n'ai plus de nouvelles, il a disparu de ma vie, tu veux quoi de plus ?"
"Et s'il n'avait pas pu te prévenir ? S'il était empêché ? Ça s'est passé quand, comment ?"
".... L'été dernier, on était en bateau, de l'autre côté de la Grande Mer, je suis allée à terre et quand je suis revenue, il avait disparu".
"Il avait laissé un mot, quelque chose ?"


Jacob souriait mais Lysange, elle, commençait à aller vraiment mal.

".... Arrête Jacob, c'est pas gentil, j'ai presque réussi à l'oublier là... pourquoi tu me ramènes la tristesse... "
"Tu l'as pas oublié du tout. T'arrêtes pas de penser à lui, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Moi je vais t'aider à le retrouver."


Il souriait encore mais Lysange, elle, ne pouvait déjà plus cacher ses larmes.

"S'il te plaît, Jacob, arrête de parler de lui. Tu me fais du mal, tu vois bien."
"Lysange, tu es adorable. Tu me plais beaucoup mais ... t'es pas libre, c'est pour ça que...
"Hum ?"
"Rien. Tu y penses toujours à ton amoureux, hein ? Tu as perdu tout espoir mais en fait tu es toujours amoureuse."
"... Oui..."
"Moi je vais le retrouver."


Il l'avait ramenée chez elle, mais le cœur n'y était plus.

Arrivée toute joyeuse en ville en début de soirée, elle rentrait le cœur bien lourd. Et Jacob qui blaguait sur un hypothétique câlin avant de le quitter à la porte de l'auberge.

"Je crois pas que tu te rendes compte de ce que tu fais, là...".

Et elle avait disparu dans l'auberge, sans un regard, sans un sourire, sans un mot. Pour se remettre à pleurer, seule dans sa chambre.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Ven 22 Déc 2017, 14:52

Normalement Lysange ne devait plus s'habiller en rouge. Une décision prise trois mois plus tôt, en signe de "deuil". Le rouge était la couleur de la passion, couleur de la folie, couleur d'un amour enfui. Elle ne voulait plus en entendre parler.

Mais voilà que les fêtes d'Hiver avaient ramené la couleur rouge partout en ville et surtout que Jacob avait déposé une toute  petite graine d'espoir dans son cœur la veille.

Il lui était devenu difficile d'y échapper.

En se couchant mercredi soir elle était triste, vraiment très triste. Mais le lendemain matin, bien malgré elle, la petite graine avait germé, et avait réanimé l'espoir totalement fou qu'elle se refusait depuis des mois à alimenter.

Alors, même si elle essayait de calmer tout emballement qui l'aurait de nouveau mise à mal, elle avait sorti une jolie tenue de soie rouge et or, jamais portée mais conservée pour une belle occasion, et elle avait rejoint Jacob à la veillée des contes de Forgefer toute de rouge et or vêtue.

Et la joie était revenue. Ils avaient écouté les histoires, puis joué dans la neige et enfin dormi dans une auberge remplie de nains, dans la même chambre mais comme deux amis, deux vrais amis.



Le lendemain en rentrant sur Hurlevent, Lysange eut envie d'écrire une chanson, cela la prenait parfois.

Et c'est en songeant à ce qui la taraudait qu'elle l'écrivit, sur un air qu'elle connaissait d'ailleurs. Ecrire faisait du bien, pourquoi s'en priver.

Viens avec moi dans la nuit, je t’écrirai une chanson ....

Viens avec moi dans la nuit
Je t'écrirai une chanson
Tu seras là, groggy
Et moi j'te dirai "Rêvons"

Sur le chemin tu riras
Pendant que moi j'écrirai
Fou de ma prose tu seras
Oubliant qui tu étais

Seulement méfie toi de moi
Surtout de mon exigence
Car j'attendrai tout de toi
Plus qu'une simple présence

Tu seras mon prisonnier
Mots et rêves emmêlés
A jamais envoûté
Ensemble pour l'éternité

Car il faut que je te dise
Je t'aime et je t'aimerai
T'envoutant à ma guise
Encore, toujours, à jamais  

Tous les jours et toutes les nuits
Tu guetteras mon passage
Aucun repos dans ta vie
Tu oublieras le mot sage

Mais si tu es encore là
Fébrile conquistador
Et mes rêves d'au delà
Tu veux les résoudre ... Alors...

Viens avec moi dans la nuit
Je t'écrirai une chanson
Tu seras là, averti,
Et moi j'te dirai "Vivons"

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Lun 25 Déc 2017, 18:01

Elle était trop fatiguée pour rester en ville pour la fin de semaine et c'est donc en accord avec Mairi que Lysange avait pris quelques jours pour se reposer.

Direction les Carmines où elle avait loué une chambre pour trois jours. Balades dans la campagne, repos, solitude, calme, elle le sentait, elle s'était emballée et elle devait se reprendre.

Malgré ce qui avait été dit, Jacob et son père, un homme qu'elle ne connaissait pas encore, ne pouvaient rien pour elle.

Nul doute que s'il avait pu, Jacob lui aurait ramené son amoureux disparu, mais c'était tout bonnement impossible. Elle l'avait cherché, elle l'avait attendu, longtemps, des semaines, des mois, et elle avait finalement réussi à se faire une raison, ou du moins à vivre avec l'idée qu'il ne réapparaîtrait plus.

Elle n'aurait pas dû laisser Jacob s'emballer avec ce désir de l'aider. Il ne savait pas ce qui s'était passé, de la douleur qu'elle avait surmontée, de celle qu'il allait forcément lui infliger après lui avoir redonné espoir en ne pouvant y donner suite, de l'état dans lequel il allait la mettre si elle baissait sa garde. Mais elle ne lui voulait pas car elle savait que jamais il n'aurait pensé lui faire du mal.

Longues marches en forêt, silence et réflexion méditative ne pouvaient être que bénéfiques.

Petit à petit le calme revenait en elle et en même temps l'évidence. Tout ça n'était que rêve et folie.

Il fallait rapidement cesser de croire à l'impossible, se contenter d'un célibat choisi et rageusement préservé, et se remettre en route sans rien attendre d'autre qu'une petite vie simple, sous peine de devoir reprendre à zéro le chemin de la rédemption. Et cette idée ne l'enchantait absolument pas, car les derniers mois avaient été bien trop compliqués à vivre.  

Une nouvelle année se profilait.
Finalement, toute cette vie avait-elle finalement un sens ?
Pas sûre, pas sûre du tout.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Jeu 28 Déc 2017, 14:53

Il y avait un petit quelque chose qui ne tournait pas rond.

Difficile de dire quoi, précisément, mais c'était certain, elle le sentait, "quelque chose" avait changé depuis sa retraite aux Carmines.

Un soupçon de rage, ou de colère, ou d'impatience, qui traînait et rôdait autour d'elle, et qui se révélait au détour d'une conversation, parfois totalement anodine ou sans réelle raison de se rebeller.

Comme avec le gnome contrôlant qu'elle aurait volontiers transformé en bouillie en l'obligeant à la bouffer lui-même, un projet impossible à réaliser mais néanmoins jouissif à imaginer.

Ou cette altercation, sur le surplomb face au terrain d'entraînement, dont elle s'était mêlée alors qu'elle n'aurait pas dû, avant d'embarquer Jacob qui s'animait à la vue... d'une rapière... portée par une femme, bien évidemment.

Et tout en même temps une sorte de lâcher prise face au même Jacob qui, quand il n'était pas dirigé par sa queue, était d'une tendresse rare qui ne pouvait la laisser indifférente.

Lysange avait décrété ne plus vouloir entendre parler de celui qui avait disparu. Pourtant, son absence continuait de la hanter, quand bien même elle avait décidé du contraire.

Soit disant que les parents de Jacob étaient partis de l'autre côté de la Grande Mer munis de toutes les informations susceptibles de le retrouver.

Et si....




Prends-moi la main, s'il te plaît,
Ne me laisse pas t'oublier...

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mar 02 Jan 2018, 09:29

“J’ai pas besoin de vous pour écrire. Pis j'aime pas vos manières et surtout j’ai pas à m’expliquer, bonne soirée.”

Le gnome la poursuivait depuis la place parce qu’elle ne voulait pas justifier son refus de travailler avec lui.

“Mademoiselle vous manquez de professionnalisme et vous êtes une jeune sotte !”.

Ce n’était décidément pas sa soirée, la lucidité ne lui réussissait pas.

Quoique… au final, dire ses quatre vérités à un gnome qui se croyait permis de la juger lui faisait le plus grand bien après s’être épanchée sur l’épaule compatissante de Jacob.

….

Tout avait démarré une heure plus tôt.

“Y’a un garde…. il a pas bougé son cul de son griffon depuis le début de l’affaire, tu te rends compte ?”.
Ils observaient une scène de crime.

“T’as bouffé quoi pour être dans cet état ? ”.
Elle avait soupiré longuement, lasse et vaguement déprimée.

“Bah.. j’ai vu ton père avant-hier et depuis j’essaye de me faire à l’idée que je reverrai plus celui qu’ils trouveront jamais…”.
Jacob l’avait observée puis prise par la main.

“Bon, viens, je t’emmène parce que là tu me déprimes…”
Puis il l’avait entraînée vers le cimetière tandis qu’elle essayait de lui expliquer.


“T’as déjà aimé à en crever ? Aimé… mais tellement, tellement…”.
Il avait bougonné.
“Je me suis jamais mis dans ce genre de situations, donc non”.

La patience de Jacob, la gentillesse un peu étrange de son père, leur volonté commune de l’aider, tout cela avait fini par avoir raison de sa folie, cette idée totalement absurde qu’elle le reverrait un jour.

“Il faut que tu fasses un grand pas en avant Lys’, pour te sortir de là. Tu peux pas rester à te morfondre comme ça”.

C’est justement parce que les parents de Jacob étaient partis en voyage et avaient promis de faire des recherches, que Lysange avait  pu commencer à faire son deuil de l’amoureux disparu.

“Tu vois, je crois qu’il a choisi de ne plus me revoir, pour je ne sais pas quelle raison, mais qui le regarde. Et de voir ton père, ben… je me suis dit que cela ne servait à rien de continuer à espérer le contraire. Alors j’ai décidé de tourner la page… “.

La tête posée sur le torse de Jacob qui l’écoutait, elle pleurait, laissant enfin la douleur couler hors d’elle.

“Mais tu sais quoi… j’espère quand même qu’il est heureux, là où il est.. c’est con hein…”.

Pleurer sur son sort dans les bras de Jacob lui avait fait beaucoup de bien. Jacob avait pu lui aussi dire combien il se satisfaisait de cette relation vraie  où “il n’avait pas besoin de faire le malin”.

Ces deux là savaient trouver un terrain d'entente, doux et tendre, quand il le fallait, mais cela ne l’avait pour autant pas calmée. Alors quand le gnome l’avait poursuivie pour tenter de la faire culpabiliser sur son soit-disant manque de professionnalisme parce qu’elle n’avait pas suivi la totalité de la veillée et surtout assisté à “son” spectacle de fin de soirée, son sang n’avait fait qu’un tour.

…..

Lysange toisait le gnome à chapeau, les sens en alerte, la rage de nouveau au bord des lèvres.

“….. Et vous …  un petit con, ça vous va comme ça ?”.

Si elle avait pu, elle l’aurait giflé, en prime, pour avoir essayé de la prendre de haut, en la gonflant avec ses avis et conseils à la petite semaine.

Le pire est qu’il l’avait remerciée de sa franchise, alors qu’elle n’avait cessé d’être franche ! Fallait-il qu'il tienne tant à avoir le dernier mot, fallait-il qu’il soit vraiment con et imbus de lui-même ….

Une fois chez elle elle s’endormit comme une souche. Il fallait tourner la page, elle le savait. C’était une question de survie. Et la survie, Lysange, ça la connaissait.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mer 03 Jan 2018, 22:11

Si elle s’attendait à ça…

C’est en allant ranger quelques affaires dans les locaux du Garnement que Lysange prit connaissance des décisions de Mairi O’Hara. Elle avait bien ressenti en elle une sorte de lassitude, depuis le départ d’Andrew Forester, en particulier, mais elle n’aurait pas imaginé que ce fut au point de fermer boutique.


Un paquet et une lettre l’attendaient.

Une fois rentrée chez elle, Lysange avait sortis de sa besace l’encrier fétiche de Mairi et une très jolie plume, cadeaux de départ qu’elle avait déposés sur le petit bureau de son appartement de location.

Elle avait ensuite pris la lettre avec elle, pliée en quatre et glissée dans une poche et  s’était promenée en ville, sans doute en quête de Jacob, le seul qui pouvait comprendre ce qui la préoccupait.

Depuis, elle ne cessait de la sortir de sa poche, sautant tous les passages explicatifs pour lire et relire à l’envi le tout dernier chapitre.



Ma chère Lysange,

Je suis navrée de ne pouvoir en discuter avec toi de vive voix, ces derniers jours ayant été particulièrement agités (….). Je l'arrête pour de multiples raisons (…..) Mais assez parlé de moi. Je suis réellement désolée de ne pas t'avoir connue plus tôt, (….).

Enfin, je te dirais simplement de suivre ton cœur, Lysange. Le chemin qu'il offre est sinueux, mais plus lumineux que celui de la raison. On risque d'y rencontrer plus d'obstacles, et l'on en distingue rarement l'horizon. Mais malgré les déceptions, je crois que les risques sont bons à prendre. Je ne doute pas que tu ne aies le goût du risque. Fais en une force, et souviens toi surtout que tu n'as besoin de personne pour t'épanouir. Ni de moi, ni d'un homme, ni celui au plus doux sourire, et encore moins des autres, si ce n'est quelques amis fidèles. Ne reste jamais avec ceux qui veulent t'enfermer et te garder pour eux, même s'ils sont dotés des meilleures intentions au monde.

Un oiseau est rare lorsqu'il vole, pas lorsqu'on s'amuse à l'admirer dans une cage.

Avec toute mon affection,

Mairi Elisabeth O'Hara



Si Lysange relisait sans cesse la lettre de Mairi, c’est que jamais, de sa courte vie, quelqu’un l’avait aussi bien cernée, n’avait eu d’aussi bons conseils, et n’avait su autant la toucher.

Qu’était donc la colère face à un gnome trop fier, qu’était la douleur face à l’absence d’un être aimé, qu’était la déception qu’apportaient parfois les uns ou les autres, face à tant de bienveillance et d’intelligence ? Rien. Absolument rien.

Et curieusement, c’est de cette lettre d’adieu que Lysange décida de puiser la force de continuer à être elle-même, tout simplement.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Sam 03 Fév 2018, 15:43

Triste premier mois d’année 18 pour Lysange.

Jacob avait dû s’en aller, lui aussi. Mais il n’avait pas disparu sans la prévenir. Il lui avait expliqué, s’était excusé, lui avait souhaité de belles rencontres. Ce n’était pas un adieu mais un au revoir. Un véritable ami s’en était allé, la laissant quelques temps triste et désabusée, mais non pas abandonnée.

Puis la vie avait repris son cours, vaguement mélancolique, et les fantômes du passé étaient réapparus, forcément. Toujours là pour combler le vide d’un quotidien morne ou la vacuité d’une vie sans projets. Plusieurs soirs de suite, elle était donc restée cloîtrée dans son petit appartement, seule et se questionnant sur le sens de sa vie.

Un soir de la fin du mois, cependant, elle était sortie avec son livre. Après avoir marché, elle s’était assise face au port,  non loin d’un soldat avec qui la conversation avait été immédiatement fluide et agréable, comme avec Jacob. Alors elle le lui avait dit, plusieurs fois, tellement cela la perturbait. Et cela avait agacé le soldat, ce qui l’avait du coup rendu intéressant aux yeux de Lysange.

Amusée, intriguée, elle l’avait alors laissé être lui-même. Et elle n’avait pas été déçue. Car le soldat, sans doute emporté lui aussi par la facilité de leurs échanges, avait eu de bien curieuses manières alors qu’ils ne se connaissaient pas. Très vite, il s’était permis de critiquer sa façon de parler, de lui suggérer de changer sa coupe de cheveux voire même son comportement hésitant, d’après lui peu en accord avec ce qu’elle était vraiment.

Autant dire qu’après tout ce temps passé à se cacher derrière un masque que seul Jacob pouvait faire tomber, avec son accord, se retrouver face à quelqu’un qui la perçait aussi bien à jour, en si peu de temps, avait eu de quoi la désarçonner mais aussi la ranimer.

C’est donc presque malgré elle qu’elle avait accepté de laisser pousser ses cheveux, de lui écrire pendant sa campagne,  et qu’elle l’avait même embrassé, la veille de son départ en mission pour le Nord. Oh, un petit baiser de rien du tout. Un baiser au coin des lèvres, donné sous le coup de l’émotion et regretté tout de suite après, mais demi-baiser quand même. Le genre de baiser que Jacob avait longtemps espéré avant de l’obtenir et de laisser à penser au monde qu’ils entretenaient une relation amoureuse sans risque de recevoir une magistrale paire de claques.

Jacob obtenait d’elle toute la tendresse qu’il désirait parce que le contrat était clair. Il ne serait jamais plus qu’un ami.  Tout simplement parce que jamais personne ne pourrait obtenir d’elle ce genre de familiarités. Pas tant que le fantôme du passé la hantait.

Étonnant que ce soit le soir où elle avait raconté son histoire à un autre, le soir où elle s'était abandonnée à la mélancolie, que justement ce soir là, elle ait baissé sa garde et oublié la promesse qu'elle s'était faite des mois auparavant. Très étonnant. Suffisamment en tout cas pour qu’elle lui envoie un colis, en espérant que le Commandant de leur compagnie le ferait passer jusqu’aux montagnes où les soldats s’entraînaient.

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Re: Une nouvelle vie.

Message  Lysange le Mar 06 Fév 2018, 12:50

« Ça va un peu trop vite, non, tu trouves pas  ? ».

Elle ne savait plus que penser de cette conversation devant la taverne, alors qu’il l’avait entraînée au dehors pour pouvoir la prendre dans ses bras avec plus de spontanéité.

Tout était tellement irréel.

Cette envie qu’elle avait eue de lui prendre la main, sans y penser, avant de la lâcher deux secondes plus tard au passage d’un des soldats de la compagnie.

Cette façon qu’il avait eu de mettre ses bras autour de son cou pour la regarder droit dans les yeux pour l’écouter raconter sa semaine.

Ce baiser posé sur ses lèvres sans donner l’air d’y toucher du haut de son mètre quatre vingt. Un baiser simple et doux, corps légèrement courbé, visage penché vers elle. Un baiser inattendu qui, pour Lysange, en appelait pourtant un autre, aussi simple, aussi doux, dressée sur la pointe des pieds pour atteindre son visage étonné.

Oui, tout semblait presque trop beau pour être réel. Actes et paroles, tout paraissait sorti d’un songe.

«Mais.... comment ça tu veux me protéger ? ... Alors... euh... c’est comme si....... tu étais mon amoureux ? ».

Le soldat avait acquiescé, parlant même de réciprocité, de contrat donnant-donnant, avec une assurance qu’elle avait reconnue comme étant celle d’un homme en qui elle pouvait avoir confiance. Un homme encore jeune, certes, mais qui donnait l’air de savoir ce qu’il faisait.

Or il ne donnait pas l’air de vouloir jouer avec elle et ses sentiments. Et c’était bien ce dont elle avait besoin. Se sentir rassurée, en sécurité, non pas physique, mais affective.

Pourtant, si elle était rassurée sur le fond, elle ne l’était pas encore sur la forme.  Elle l’avait laissé prendre sa main pour la ramener chez elle, mais n’avait pas réussi à cacher son inquiétude.

« Tu sais j’ai jamais... enfin.. pas depuis... alors… bon... faut pas me brusquer, d’accord ? ».

La soirée avait démontré qu’ils étaient bien tous deux « sur la même longueur d’onde », pourtant il valait sans doute mieux rester sur ses gardes. Elle l’avait donc quitté sur une promesse de se revoir, mais en essayant de se donner un air léger.  

Tout était tellement irréel.  Est-ce qu’elle pouvait vraiment y croire ?

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Re: Une nouvelle vie.

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