Lysange, écrivain public.

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Mar 01 Mai 2018, 13:56



Bon, bon, bon...trois jours sans t’écrire mais pas sans penser à toi, tu sais.

Il faut dire qu’il s’est passé un drôle de truc, un gars que j’ai rencontré et qui m’a comme qui dirait tapé dans l’œil, mais justement pas du tout comme les autres. Un rageur, tu vois, le genre de gars qui te repousse d’abord, bien net, des fois que tu voudrais t’approcher trop près et prendre tes aises avec lui.

Je suis sûre que t’as déjà compris pourquoi il m’a tapé dans l’œil.

Déjà la première fois quand je l’ai vu faire avec Jacob, il a réagi au quart de tour et ils ont même failli se battre. Ça se sentait que c’était une rage qui cachait autre chose, même Jacob il l’a senti, c’est dire comme c’était perceptible. Et surtout la seconde fois, parce qu’on a eu le temps de causer, tu vois, et... et ben on va dire que ça a dû me plaire pas mal puisqu’en rentrant le soir, pas très tard parce que j’étais fatiguée, ben j’ai eu envie de lui écrire une chanson avant de dormir, ce qui m’aura finalement occupée une bonne partie de la nuit.. tu me connais.

Je la lui ai donnée le lendemain et il faut  croire que je l’avais bien cerné parce qu’il avait l’air content des paroles, comme rassuré sur le fait que j’allais pas lui nuire, amusé peut-être même, difficile de savoir. Mais du coup il m’a accompagnée une bonne partie de l’après-midi pour aller discuter avec les gens.

On a bien ri tous les deux, comme ça m’était pas arrivé depuis longtemps, je dois dire. On riait tous les deux, comme avec Keylian, mais aussi avec des gens, comme ça dans la rue et c’était bien amusant, de se promener et faire des bêtises de gosses, comme avec..... Oui ! Bon ! Pfff...  D’ailleurs, je suis plus trop sûre, mais je crois bien lui avoir dit à un moment qu’il me plaisait bien.

Oui ! Ben quoi  ?!? C’est juste des mots, pas la peine de monter sur tes grands chevaux, hein ! En plus, je lui ai dit qu’il fallait pas qu’il s’emballe parce que je lui avais écrit une chanson ! Pfff... oui, bon... j’ai quand même le droit de dire quand je suis bien,  non ?

En tout cas, tout au long de la journée je l’ai présenté aux gens que je connais, parce qu’il est pas là depuis longtemps, et j’ai vu combien il s’améliorait pour leur parler. Il m’a dit que c’était qu’il partait de tellement bas que ça pouvait être que mieux. Mais quand même, au fil des heures, il était bien plus aimable, moins méfiant et plus ouvert, tu vois. Du coup, moi, j’ai passé un très bon moment, vraiment.

Je sais pas ce que ça vaut, mais je me suis surprise à chantonner, plusieurs fois dans la journée. Peut-être que c’est le début de la guérison, qui sait !

Je l’ai même présenté à Keylian, tard hier soir, et ces deux-là avaient l’air de bien se plaire. Ils ont parlé boulot, arme, mission, ce genre de trucs de mecs, tu vois. Et j’ai remarqué que ça m’avait fait plaisir, mais je sais pas pourquoi.

Hum ? Euh.. t’as quoi dans la tête là ? J’en sais rien moi !!! j’étais bien et c’est tout ce que je vois !

Allez, je file, je te mets la chanson, tu peux la chanter sur l’air   de Joe le taxi, tu sais la chanson qui parle du gars qui se promène sur une bécane dans la ville.

Bisou !
Ta Lyly


Joe l’inconnu



Joe l’inconnu
Y ronchonne beaucoup
Donne pas l’air comme ça

Ses lunettes jaunes
Il les porte pour cacher son cœur
Ou p’t’et sa peur
Qu’on le cerne
Qu’on l’emmerde

Dans sa vie à lui
Dans ses fringues
Le style de Joe
C’est la rage
Le vieux rock des ménages.

Joe l’inconnu
C’est son style
La rage sur un fil
Dégage de là
Il est comme ça
Rage sur un fil.

Joe - Joe - Joe

Près de lui
Le style de Joe percute
C’est la rage
Le vieux rock qui cache le cœur.

Vas-y Joe
Vas-y Joe
Vas-y fonce

Dans la nuit où dans la zone,
Joe l’inconnu
Et son style à part,
Joe l’inconnu
Et sa rage au cœur.

Joe - Joe - Joe

Joe l’inconnu
C’est son style
La rage sur un fil
Dégage de là.

Joe l’inconnu
C’est pas un perdu,
Joe l’inconnu
C’est pas un vendu,
Joe l’inconnu
Gagne à êtr’ connu.

Vas-y Joe
Vas-y fonce
Dans la nuit où dans la zone.



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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Jeu 03 Mai 2018, 10:00

Bon... je m’en doutais bien hier soir, que ça allait être compliqué, je me suis endormie je sais pas trop comment, sans doute parce que j’étais épuisée de toutes ces émotions, mais là je me réveille au petit matin avec le palpitant qui sonne le tocsin à toutes volées, tellement vite et fort que ça cogne même dans ma tête  ! Ding dong ! C’est l’appel au village. Oyez, oyez, braves gens, v’nez vite !! y’a les pensées de la p’tite Lyly qui tournent à toute berzingue dans sa tête, c’est la fête !!!

Je suis sûre que c’est ça qui m’a réveillée bien avant l’heure.... je vais jamais pouvoir me rendormir, autant te raconter ce qui s’est passé.

En fait, j’osais pas trop l’espérer mais quand je suis allée au kiosque hier après-midi je pensais bien voir Joe et qu’on reprendrait notre petite conversation de la veille sur l’instinct de survie. Parce j’avais pas réussi à m’expliquer comme il faut, tu vois, j’avais pas trouvé les bons mots et je voulais y revenir... tu me connais.

Alors quand il est arrivé j’étais toute contente et je m’apprêtais à lui proposer ça, et là... là tu devineras jamais parce que  même moi, même dans mes rêves les plus fous, jamais, mais vraiment jamais, j’aurais pensé à un truc pareil.

Figures-toi qu’il m’a écrit une chanson dis donc !!! Et une longue en plus ! Sur un air connu, comme j’avais fait pour lui, tu sais la chanson qui parle d’une Lyly qui est toute jolie. C’est d’entendre Keylian m’appeler comme ça la veille qui lui a donné l’idée. Je vais te la recopier après, parce qu’il a une écriture de pattes de mouche. Elle est trop bien sa chanson. Vraiment trop bien. Tu vas voir, elle va te plaire.

Donc...  moi, ben oui, tu imagines de suite... tout a débordé, d’un coup,  partout en moi, dans le corps, dans la tête pis dans le cœur aussi, forcément, et j’ai pas pu empêcher les larmes de couler, tu parles. Lui il voulait juste que ça m’amuse, il a dit, et moi je savais pas si c’était bien mal que ça me fasse autant d’effet. Alors vite j’ai changé de sujet, parce que déjà là j’ai bien cru que j’allais lui sauter dans les bras pour l’embrasser, tu vois !!!

Parce que... ah oui... c’est vrai... je te l’ai pas dit hier, mais j’avais écrit un petit truc,  parce que ça me travaillait déjà pas mal, de l’embrasser tu vois... je te le mets là.


* * * * *

C’est un sentiment étrange
Qui m’habite et me dérange
Moitié peur, moitié envie,
Qui me tient pourtant en vie.

Du matin au soir j’y pense
Toute une journée d’errance
À me dire que c’est bien toi
Sans être vraiment sûre de moi.

Je connais trop bien mes peurs  
Et encore pire mes erreurs
Et je sais comme je suis folle
De croire à toutes ces paroles.

En moi pourtant tout s’anime
Quand je veux le dire en rimes,
C’est à toi que j’aimerais dire
Que c’est bien toi qui m’attire.

Je t’imagine, et je crains
De ne plus avoir ce frein
Qui m’empêche de t’embrasser
Sans même te le demander.

En rêves-tu, toi aussi,
Caché au fond de ton lit,
Tout comme moi empêtré
Dans la peur de nous blesser ?

* * * * *



Aaah ben, de te le recopier là, je me dis que ça doit même être pour ça que j’ai essayé de le calmer en l’embrassant comme ça, devant tout le monde, après. Sûrement, folle que je suis.

Bref ! Je reprends dans l’ordre !

Donc on a causé comme prévu de l’instinct de survie, on était pas d’accord mais c’est pas grave, moi j’aime bien. Pour une fois que je peux discuter de trucs un peu différents qui font réfléchir, ça change des conversations sur la guerre ou le dernier arrivage de feuillerêve à la Baie.

Puis ensuite on a discuté avec une drôle de fille qui prépare les morts pour l’académie et est arrivée doucement l’heure d’aller dîner. A ce moment-là tout allait bien. Je pensais que tout était revenu dans l’ordre et on a décidé qu’on irait boire un coup à la Chope, moi j’étais toute contente et je crois bien que lui aussi.

C’est à la Chope que tout a dérapé. Et là, à te l’écrire, je me demande si lui aussi, en fait, il était pas déjà perturbé de m’avoir écrit une chanson...

Donc ! Il voit arriver la serveuse qui vient du Sud, celle qui remplace Doubhée le mercredi,  et il lui parle... comme un mec lourd, tu vois, limite méprisant parce qu’elle sourit pas.

A partir de ce moment là, je te jure, j’ai eu l’impression d’être un morceau de glace dans un shaker de café bouillant ! C’est parti en vrille à la vitesse de l’éclair, du chaud, du froid, des cris, des injures, pire que l’attraction qu’on voit des fois à la foire, où on est embarqués dans un chariot qui file à toute allure dans des montagnes qui te font perdre la notion du temps, de l’espace et même de qui tu es.

Oui, c’est ça, je savais plus qui j’étais, où j’étais, pourquoi j’y étais, je savais plus rien, et c’est sûrement pour ça que j’ai voulu le faire taire en l’embrassant, comme ça, paf, devant tout le monde, sur la terrasse, comme pour me raccrocher à un truc tangible, tu vois.

Mais lui .... en fait je crois bien qu’il était encore plus débordé que moi... c’est à peine si ça l’a arrêté, il était hors de lui, littéralement hors de lui. D’ailleurs... ben oui... ça doit être pour ça qu’il a pris la mouche avec Monsieur Stan et qu’il est parti tout seul après.

Toujours est-il que moi j’ai cru que j’allais imploser, là, d’un coup, et me fracasser en milliards de morceaux. Bing bang, fini Lyly, adieu, vas te rhabiller parce que là le spectacle est terminé ! .. Je sais pas comment j’ai réussi à retrouver mon calme. Je crois bien que c’est la peur. Peur que... ben je sais pas de quoi... qu’on soit fâchés je crois... oui... voilà... que tout soit fini avant même d’avoir commencé... que j’ai tout fichu en l’air encore une fois à juste pas savoir fermer ma gueule et laisser filer... c’est bizarre... j’ai l’impression à t’écrire tout ça que j’en ai trouvé un comme moi, dis donc, nan... pire que moi, dans ce registre là...

Bref, finalement je l’ai retrouvé au kiosque. Je devais avoir une sale tête parce qu’avant j’avais vu Keylian et Melrios et ils s’étaient mis en tête de m’aider à le trouver. Allez demander à la caserne ils m’avaient dit... mais nan quoi...

Il était assis sous le petit kiosque et il est venu tout de suite vers moi. Il disait rien mais je crois qu’il était sonné lui aussi. Je crois bien qu’il était désemparé mais qu’il comprenait pas non plus ce qui s’était passé. Je crois qu’il avait peur aussi, de quelque chose, au fond de lui.  Peut-être pareil, j’en sais rien.

En arrivant au kiosque j’étais perdue, et aussi un peu en colère contre lui, mais c’était plus fort que moi, j’avais pas envie d’être fâchée, mais vraiment pas. Je crois que lui aussi, au fond, il avait peur de ça.

Il m’a demandé si je regrettais de l’avoir embrassé, tu parles, bien sûr que non, mais j’aurais tout de même préféré que ça l’arrête un peu, dans sa folie. Alors je lui ai dit, qu’il fallait faire un peu gaffe, parce que tout ça... ben ça me bouscule bien trop, je vais pas y arriver moi, si mon cœur il déborde tout le temps quand je suis avec lui. Même si... c’est tout de même bien ce dont j’ai le plus envie, là maintenant, d’être pas loin de lui. J’avoue.

Pour me prouver que je devais pas croire qu’il s’en fichait de mon baiser raté, il m’a rendu la monnaie de ma pièce comme il a dit. Un baiser... qui lui ressemble bien, tiens... abrupt et doux, tendre et moitié rageux... époustouflant je lui ai dit qu’il était, et son baiser, on va dire que c’était comme ça aussi, époustouflant. Oui, voilà, tout est époustouflant avec lui. Bah... j’ai l’impression qu’on fait la paire, dis donc !

Bon, le temps passe et la journée va démarrer, faut que j’y aille. Il me manque du sommeil du coup, je sais pas comment je vais faire pour tenir la journée. Mais ça m’a fait du bien de t’en parler, la tempête est passée, ça devrait le faire, je verrais bien. Il le faut, de toute façon !

À plus tard, je te recopierai la chanson pour que tu vois comme elle est géniale !

Bisou !

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Ven 04 Mai 2018, 17:48

Voilà, j’ai trouvé un petit moment pour te recopier la chanson que Joe m’a écrite, t'as qu'à juste changer les paroles de celle de LiLy !



* * * * *

Vous la trouv’rez sûrement jolie, Lyly
Penchée au d’ssus d’ses manuscrits, Lyly
Sur un p’tit banc vous la trouverez
Rédiger ses petits pamphlets
Avec des mots, qui vous sourit

Elle vous écrit tout plein d’histoires, Lyly
Du plus sérieux au dérisoire, Lyly
Mais pour une commande en revanche
Elle ira retrousser ses manches
Et griffonnera ses plus beaux mots.

Elle sait décrire la liberté, Lyly
Et aussi la fraternité, Lyly
Elle se défoule en écrivant
Et peut, de p’tits mots innocents,
Vous en flanquer plein les dents.

Elle sait jouer avec les mots, Lyly
Elle s’en ai fait un p’tit boulot, Lyly
Et écrit à n’importe quelle heure
Détaillant bonheurs et malheurs
Pour le plaisir de ses lecteurs.

Elle a une plume couleur de neige, Lyly
Qui l’aide à prendr’les mots au piège, Lyly
Elle vous les livre en écrivant
Du plus triste au plus amusant
Et ça les rend divertissants.

Elle a un p’tit cœur très prisé, Lyly
Et ça défile pour la draguer, Lyly
On dirait pourtant qu’elle s’en fout
Leur adressant une petite moue
Avec un peu de rose aux joues.

Elle s’essaie à la politique, Lyly
Côtoyant même le juridique, Lyly
Elle aurait pas cru sans le voir
Que tous ces gens simulent l’espoir
Et qu’ils font ça que pour leur poire.

Elle sait jouer du tournevis, Lyly
Bricoler les boutons, les vis, Lyly
Elle sait se faire bricoleur
Et tout ça ne lui fait pas peur
Ça se voit dans ses yeux rieurs.

Et pour provoquer ses lecteurs, Lyly
Elle a des fois des mots rageurs, Lyly
Elle ira secouer vos puces
Avec des mots truffés d’astuces
Méconnus des petits penseurs.

C’est dans ses écrits quotidiens, Lyly
Adressés à tous citoyens, Lyly
Qu’elle contera au jour le jour
La guerre, la haine, la paix, l’amour,
Et de la vie ses petits riens.

Vous la trouverez sûrement jolie,  Lyly
Penchée au d’ssus d’ses manuscrits, Lyly
Sur un p’tit banc vous la trouverez
Rédiger des petits pamphlets.

* * * * *



Et, tu vois, à la recopier, là, j’en ai le coeur qui déborde à nouveau tellement ça me touche, tellement c’est bien vu, tellement je m’y retrouve, tellement je me sens … je sais pas.. comprise, peut-être.

Toute la journée, j’y ai pensé, à la chanson mais aussi à celui qui l’a écrite, et j’ai ressenti des trucs en moi que j’avais pas ressenti depuis très longtemps.

Et…  je sais que tu vas te moquer de moi, mais en fait j’ai peur. Peur parce que je me sens glisser et que je sais très bien qu’une fois que je vais vraiment lâcher prise, je pourrai plus remonter. Alors, oui, ça fait peur.

Tu sais, j’ai l’impression que toute cette longue attente menait à ça. Je saurais pas vraiment expliquer pourquoi je pense ça, mais c’est ce que je ressens. Toutes les conversations que j’ai pu avoir avec les autres, depuis que je suis arrivée de la Baie, tous  ceux qui m’ont tourné autour et qui m’ont touchée, un peu ou beaucoup, depuis Jacob qui avait très bien compris que j’avais le coeur pas libre, tout ça, c’est comme un chemin qui m’amenait là.

Ben oui, ça fait peur ! Bien évidemment que ça fait peur ! Et si ce que je ressens est faux ! Si je suis mon instinct et que je me retrouve comme une conne, toute nue d’avoir dévoilé ce que je ressens, et que je me suis plantée ? Hein ! Je fais comment moi, après ?

Boarf… bien sûr qu’il faut vivre le moment présent, sans trop se préoccuper du lendemain, Keylian il a pas arrêté de me le répéter, je le sais hein. Mais bon, là, c’est pas pareil.

Ben c’est pareil ! Je peux pas mieux dire que ça ! C’est pas pareil, parce que.. mais j’en sais rien moi ! C’est pas pareil, un point c’est tout ! Tu m’agaces à la fin ! J’ai pas envie d’y réfléchir ! Voilà ! Ca te va comme réponse ?!?

Allez, pas envie de passer ma trouille sur toi. J’ai mieux à faire !

Bisou quand même, va.
Lyly

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Sam 05 Mai 2018, 08:58

Bon... encore un réveil en fanfare mais là c’est clairement la peur qui m’habite.

Deux fois ça a fait tilt dans ma tête, du côté de la boutique aux fusils, et là maintenant, alors que le soleil a à peine débarqué de sa nuit, j’ai cette idée que cette peur dont je parlais hier, ben elle est pas du tout infondée.

En fait... Avant-hier il m’a dit qu’il allait sûrement partir à la guerre parce qu’il se passait des trucs pas bons du tout en Silithus, je sais que toi tu connais. Moi je lui ai demandé quand il partirait et s’il me préviendrait, et il a dit qu’il savait pas du tout mais que ça pouvait être demain et que, oui, bien sûr, il me préviendrait.

Pis c’était l’heure de rentrer, pour moi, et .... tu vois, j’aurais aimé l’embrasser, juste comme ça, parce que j’étais bien et que, c’est vrai, je me sens bien avec lui, et lui aussi je crois, mais j’ai senti comme un mur, une vitre, et y’a quelque chose qui m’a retenue, je sais pas quoi.

Sur le moment je me suis dit que c’était parce que j’étais pas sûre de moi, mais je crois, là, dans le demi silence de la journée qui commence, que j’ai senti qu’il y avait une distance qu’il voulait conserver. Alors je suis partie comme ça. J’ai bien hésité, je suis même sûre qu’il l’a perçu, mais y’a eu comme une sirène d’alarme dans ma tête, et là je suis en train de me dire que c’était peut-être mon instinct de survie.

Et hier il s’est passé trois trucs qui m’ont travaillée depuis.

Avant d’aller dîner, on discutait sur la place et y’a une fille, un peu fofolle qu’on avait déjà vue, qui nous a demandé si on était en couple parce qu’elle nous voyait tout le temps ensemble. Et là, moi j’ai pas su que répondre, parce que, même si c’est clair qu’on est pas en couple, pour moi il se passait quelque chose. Ben oui tu le sais puisque je te l’ai raconté ! Mais lui il m’a regardée, il m’a demandé ce que j’en pensais, et là, comme je disais rien, il a dit très net à la fille « Non ». Et ce non là il m’a piquée très fort parce qu’il était sans appel, sans flou, presque sans avenir.

Et puis ensuite, après le gala qu’on a quitté très vite, on est allés m’acheter une carabine, parce qu’il m’a promis de m’apprendre à tirer. Et là il a acheté des tas de trucs pour lui, chers, compliqués, super techniques, tu vois. Il voulait même des explosifs, et je me suis dit que c’était pas juste pour chasser, ça. Pas non plus pour un simple contrat sur un mec. Et que ça sentait pas bon pour moi.

Et enfin, encore après, on est allés dans le parc avec d’autres gens, Saun, Keylian, et puis deux autres, et... tu vois c’est étrange mais quand ça c’est passé, j’étais drôlement touchée mais pas comme j’aurais pensé.

Oui bon !!! Je t’explique !!!

Un peu avant qu’on arrive au parc, on avait rencontré Saun au port qui discutait avec un type que j’ai déjà vu. Il suivait souvent Mairi, à l’époque du Garnement, Théli il s’appelle. Et là des gamins m’ont lancé une tomate sur la figure. Du coup ça m’a éclaboussée sur le gilet, je me suis essuyée et après j’y ai plus pensé.

Et donc, plus tard dans le parc, on était assis côte à côte sur un muret à écouter le type raconter ses aventures et là, il a mis sa main dans mes cheveux pour enlever des grains de tomate qui étaient restés collés. C’était doux, c’était tendre, mais c’en était étonnant de douceur en fait, sans... tu vois bien ce dont je parle, juste tendre, comme... ah ben... je crois bien que ce que j’ai senti c’est ce que devait sentir Jacob quand je me calais dans ses bras. Une envie de tendresse, de contact, mais pas plus, parce que mon cœur était pris.

Là, pour lui.... je peux pas en être sûre, mais je crois pas que c’est parce que son cœur est pris, plutôt qu’il n’y a pas de place pour des sentiments trop forts qui viendraient mettre en danger sa vraie raison de vivre, son boulot. C’est le genre de mec qui se lie pas, pas trop, pas vraiment, peut-être pour pas faire mal. Je sais pas. Il a parlé une fois de douleur morale qui cicatrise pas et qui recommence à saigner des fois. Peut-être qu’il est comme Jean et qu’il veut surtout plus se lier. Peut-être que si, alors, son coeur est pris... Je sais pas...

Bon... une heure que je t’écris et la tristesse me tombe dessus et m’écrase complètement, tandis que j’entends les premiers bruits de la rue.

Ça y est, je pleure... je ferais mieux d’essayer de me rendormir.

Quoi ? Bien sûr que je vais vérifier ! Je vais lui demander, tout simplement ! Je vais pas encore une fois attendre de couler pour mettre des mois à remonter, hein ! Là non, ça suffit, j’en peux plus moi. Je pourrais pas supporter ça encore. On peut pas indéfiniment tomber et se relever, il y a un moment où ça finit par casser vraiment. Et ... non, je préfère encore avoir bien mal maintenant et me faire une raison plutôt que de me laisser espérer pour rien.

Allez, j’essaye de me rendormir.
Oui, promis, je vais vérifier. Je te dirai.

Tu me manques très fort, là, tu vois.
Bisou.

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Sam 05 Mai 2018, 18:54

Bon ben voilà. C’est fait, je lui ai demandé. Et il veut pas me transpercer le coeur, il a dit, parce que c’est sûr, il va partir un jour. Soit disant que nos routes ne font que se croiser. Conneries, moi je dis. Il est dans ses certitudes qu’il est pas assez bien pour moi, que je vaux mieux qu’un gars comme lui, un voyou, etc, etc, etc. Ça c’est vraiment des conneries pour pas dire qu’il veut pas s’engager, ou que je lui plais pas autant qu’il le dit, même si… pour m’avoir écrit une chanson comme ça, tout de même… mais il a l’air certain que si je m’attache à lui, il va me fracasser, et qu’on va se faire trop mal.

Oui.. il a dit "on". Moi aussi alors je pourrais lui faire mal ?... Je sais pas. Vas savoir....

Je lui ai quand même dit que je regrettais de l’avoir embrassé, parce que je serais pas aussi triste, juste là, enfin je crois. Lui il dit qu’il regrette pas. Il va m’emmener dans ses souvenirs, quoi… Génial.

Du coup, je l’ai laissé là haut, je me suis enfuie au port, près du gars qui propose un tour gratuit et me voilà à t’écrire. Il y a une elfe qui est venue pour me parler, mais je l’ai envoyer paître. J’ai envie d’envoyer chier Azeroth tout entier…

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Dim 06 Mai 2018, 07:09

Encore un réveil au petit matin, la nuit se délaye à peine. Mais là j’ai soif, faut dire qu’hier on a bu. Et j’ai enfilé tellement vite mon premier rhum que j’ai été saoule tout de suite. Lui aussi, et c’était sans doute mieux, parce qu’il était presque autant perturbé que moi.

C’est bien ma veine, j’en trouve un qui me ressemble et qui me plaît vraiment beaucoup, et il s’est marié avec son boulot pour se contrôler.

Tu vois, je te disais que j’étais maudite, ben c’est vrai, c’est évident. C’est pas possible autrement.

Moi qui croyais qu’avec un comme moi ce serait le bonheur parfait, là c’est tout le contraire, j’avais l’impression que je le tuais, à ne pas pouvoir m’arrêter de pleurer.

Avant qu’on aille picoler, je lui ai demandé s’il pouvait me prendre dans ses bras, juste comme ça. Je voulais m’abandonner, me sentir protégée, arrêter de pleurer aussi. Mais je crois que je lui faisais plus de mal que de bien. Il m’a dit qu’il avait mal, que ça se voyait pas parce que c’était en dedans, mais que c’était tout aussi fort pour la douleur et j’ai senti qu’il ne mentait pas.

Pour un peu je me demande s’il aurait pas eu envie de partir de suite pour cesser d’avoir mal. Peut-être que lui aussi, il a trop peur de me faire encore plus mal.

Du coup c’est ça qui m’a permis de me raisonner et d’arrêter de pleurer. Parce que j’ai pas envie de lui faire du mal, ni là, ni demain, ni jamais, vraiment jamais.

Mais.... Il m’a fait promettre de pas me morfondre, quand il partira, et je fais comment, moi ?  

Parce que là, déjà, à l’idée que de le voir, tout à l’heure, demain, je vais être triste, je le sais, et je saurais pas faire semblant. Je vais donc le rendre triste aussi, et il vaudrait peut-être mieux que je le vois pas pendant quelques temps, qu’est-ce que t’en penses ?

Ben oui, mais il a dit qu’il me préviendrait.. mais j’en sais rien moi.... tu crois que du coup il partirait sans même un adieu ?

Je sais que j’ai promis mais là j’ai envie de disparaître... au moins quelques jours. Je vais pas savoir être moi même.

Mais je sais pas faire semblant !!!! Tu le sais, non !!! Je sais pas et j’ai pas envie...

Oui... je sais, oui ... ça l’aidera aussi... c’est vrai.... oui... oui je le sais que ça aussi c’est aimer, laisser l’autre vivre sa vie comme il l’entend même si ça nous arrange pas...

Il m’a demandé pardon, tu sais, parce qu’il le savait, lui, qu’il allait partir et qu’il devait pas me laisser m’emballer. Mais il en avait tellement envie aussi, il a dit. Il a pas su s’en empêcher...

Alors c’est ça mon destin ?!?! Aimer quelqu’un comme moi, mais de loin pour pas qu’on se fasse du mal ? Mais c’est pas possible ça !!!

Je devrais me marier avec mon boulot, tiens. Ou plutôt avec la Lumière, pour faire voeu de chasteté en même temps. Faire comme Jean qui disait qu’il voulait surtout pas de nouvelle relation, vu comment il avait déjà souffert.

Même si ça me parait compliqué, là, comme ça, de me dire que jamais plus je m’abandonnerai dans les bras de quelqu’un.

Pfff…. des fois je me demande vraiment pourquoi j’espère encore. Faut croire que c’est bien plus fort que moi. il est peut-être là, mon instinct de survie à moi.


Bon, je vais un tout petit mieux, j’essaye de me rendormir. Mais là comme ça, je le sens moyen pour faire comme si de rien n’était...

Oui... promis... je dors et je vois !

Promis, craché, juré. Mais nan je crache pas dans mon lit... c’que t’es bête... tu mériterais que je te snobe, tiens !

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Lun 07 Mai 2018, 13:31

Bon ! j’ai fait ce que tu m’as dit, Ben.

Je me suis souvenu de ce que tu me disais : "Y'a toujours un cadeau en toutes choses, même si tu l'vois pas. Cherche le et tu verras que tout ira bien !" et que peut-être y’en avait un, là, que je percevais pas.

Ensuite j’ai beaucoup dormi, j’ai dû rêver pas mal, réfléchir encore plus, et avec toutes ces pensées passées à la moulinette, je me suis réveillée en me disant que je devais profiter du présent et mettre de côté mes rêves, surtout que je supportais pas l’idée qu’il puisse avoir aussi mal que moi.

Du coup j’ai fait comme avec Jacob, je lui ai dit qu’on serait amis, juste ça mais c’est déjà bien, et qu’on allait se tutoyer, pas faire de chichis entre nous et profiter de ce qu’on peut vivre. Ça m’agace de donner raison à tous ceux qui m’ont donné ce conseil sans du tout comprendre ce que je vivais, mais je peux pas reprocher aux autres de pas être comme moi.

N’empêche, faut que j’te dise, je le dis à personne mais j’y crois toujours, à l’homme de ma vie, et pour pas être trop triste de devoir recommencer à attendre, j’ai écrit un petit truc, pour m’aider. Je te le mets là, tu verras, je suis têtue, je veux pas cesser d’y croire, mais tu me connais.

Allez, je file, tout à l’heure je vais apprendre à tirer !

Bisou



* * * * *

A toi que toujours j’attends,
Qui me trouvera sur’ment
Quand le moment sera venu,
Je dédie cet impromptu.

Depuis des mois je t’espère,
Et même quand je désespère,
Je sais tout au fond de moi
Que j’ai raison d’avoir foi.

Car Tu es là, dans ma tête,
C’en est dev’nu ma quête,
Quand bien même je le voudrais,
J’y peux plus rien, désormais.

Des rencontres j’en ai faites,
Et parfois c’était la fête.
Mais toujours tu manquais, là,
Et sans toi je n’pouvais pas.

Tu sais, maint’nant c’est patent,
Je devais prendre le temps
De comprendre ce que j’voulais
Pour qu’enfin tout soit parfait.

J’suis pas vraiment différente,
Trop d’émotions me hantent,
Et je n’peux pas promettre
De ne pas tout compromettre.

Avec moi c’est tout ou rien,
Et en ça je le sais bien,
C’est pas simple à supporter
Mais il y a des bons côtés.

Avec moi, Je t’promets
Tu regretteras pas  l’imparfait.
S’il y a une chose dont j’doute pas,
C’est que j’ferai tout pour toi.

Mais tu te demandes sans rire
Si j’n’invente pas ce désir,
Peut-être même as-tu peur
Que ce n'soit pas encore l’heure.

Alors je t’dis sans façon
Que j’ai perdu la raison
Il y a trop longtemps déjà,
Et qu’attendre ne m’effraie pas.

À bientôt, toi que j’espère,
Si d’aventure tu erres,
Sache que moi je suis là
Et que j’n’attends que toi.



* * * * *

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Mar 08 Mai 2018, 11:56

Benjamin, oui je t’appelle Benjamin parce que c’est difficile là, tu vois.  

En fait je fais des efforts pour ne pas penser au fait qu’il va partir et être moi-même sans rien montrer, mais que c’est difficile, vraiment oui, que c’est difficile.

Si tu le voyais .... il est tellement attentif à ma présence, tellement doux, tellement drôle, tellement intelligent, tellement…. tellement... il est parfait en fait. Si ! Parfait !!! Rien à voir avec le gars perturbé qui a réagi comme un fou à la Chope et dont on me parle parfois encore au détour d’une conversation. Mais ce gars là est en lui, le voyou qui réagit au quart de tour,  et ça me plaît aussi, tu vois. Donc c’est juste le mélange parfait, et c’est ça qui est dur à supporter. Pourquoi il doit partir…
 
A certains moments, je me prends à espérer, mais je vois bien, il est là, et en même temps ailleurs. Il est déjà parti, dans sa tête, et il essaye de me rendre son départ moins douloureux, je crois. Peut-être qu’il le fait aussi pour lui, peut-être qu’il engrange des douceurs pour après, quand son quotidien sera l’horreur de la guerre dont il m’a conseillé de me tenir à l’écart, le plus longtemps possible.

Mais oui, c’est dur.

En plus il me dit de continuer à voir mes amis, et surtout Keylian, qui a l’air d’espérer que je me retrouve seule sans trop oser y croire, je le vois dans ses questions. Mais comment je peux faire pour penser à l’un quand je veux être avec l’autre ?

De toute façon, pour Keylian,  y’a une fille que je sens moyen qui l’accapare de plus en plus et il a beau dire que ça reste cordial et professionnel, moi ce que je vois c’est qu’elle le coupe petit à petit du monde et que ça ressemble beaucoup à de la manipulation, je trouve. Ou alors c’est qu’elle est amoureuse de lui et qu’elle lui fait croire autre chose parce qu’elle assume pas et qu’elle le voit encore un peu attaché à moi. Je sais pas et j’y peux rien, car elle a réussi à l’accrocher, là, avec ses histoires de boulot, c’est sûr.


Enfin bref, c’est dur, parce que je suis obligée de faire un peu semblant pour ne pas penser qu’il va partir et du coup j’ose à peine réagir quand on se touche, pour une raison ou une autre. Ou alors j'en fais des tonnes dans le côté "la vie c'est génial, on rigole bien ensemble" pour ne pas qu'il voit que d'une certaine façon, mon coeur pleure.

Tu vois hier, par exemple, il m’a emmenée dans la forêt pour m’apprendre à tirer et forcément il m’a montré la posture, en me prenant la main, touchant la tête et moi, je voulais surtout pas lui montrer que ça emballait mon cœur ! Alors je me suis hyper concentrée, j’ai essayé de ne penser qu’à la cible, le fusil tout ça pour ne pas lui faire sentir combien j’aurais eu envie .... d’être dans ses bras en fait.

Mais si je me laisse aller à ça, soit je vais craquer et pleurer toutes les larmes de mon corps, et lui faire mal... soit l’embrasser et en vouloir plus et là... peut-être que ce sera inévitable... peut-être que ... enfin tu vois... parce qu’il en aura envie aussi, lui, forcément, c’est un mec avant tout, il saura pas s’en empêcher … et après … ben j’aurais plus qu’à sauter du haut des remparts pour en finir quand il partira. Parce qu’il s’en ira, c’est sûr, même si on est bien ensemble. Je refuse de penser au contraire. Ça sert à rien de rêver, là...


Enfin bref, comme ce matin c’était vraiment dur au réveil, même si j’ai mieux dormi, j’ai écrit un autre petit truc, pour essayer de faire baisser la pression qui monte en moi, à mesure que le temps passe, je le sens.

C’est comme un alphabet, ça m’a amusée de l’écrire, je te le mets.

Allez, j’ai des plantes à faire macérer ! Nan, je te dis rien, c’est un secret. Hum ? Avec lui ? Euh... ben oui... forcément...

Tsouh ! Je fais ce que je veux de ma vie d’abord ! Oui, je sais ! Et bien je verrai à ce moment-là ! Tant pis, je peux pas m’en empêcher…. et là, en plus, j’en ai pas envie.

Allez, j’y vais,
Bisou.



* * * * *

A comme ......... « Faire un premier pas »
B comme ......... « même si on a peur de tomber »
C comme ......... « au moins on aura avancé »
D comme ......... « Mais c’est pire qu’un jeu de dés »
E comme ......... « pire que la brûlure du feu »
F. comme ......... « Comme un effet »
G comme ......... « changé »
H comme ......... « en tâche »
I comme  ......... « qui abrutit »
J comme  ......... « Alors vite on agit »
K comme ......... « sans faire trop cas »
L comme  ......... « de cet appel »
M comme ......... « qui ressemble à je t’aime »
N comme ......... « mais peut finir en peine »
O comme ......... « quand on tombe de haut »
P comme ......... « parce qu’on s’est trompé »
Q comme ......... « Convaincu »
R comme ......... « en un éclair »
S comme ......... « que cette caresse »
T comme ......... « était acceptée »
U comme ......... « ou mieux voulue »
V comme ......... « Alors que tout était enjolivé  »
W comme ......... « et peux-être même rêvé »
X comme ......... « comme une idée fixe »
Y comme .........  « ou des salamalecs »
Z comme ......... « qu’on alimente sans aide ».

* * * * *


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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Mer 09 Mai 2018, 11:31

Coucou Ben.

J’étais à fouiller des cahiers ce matin, des trucs qui datent de la fin de l’été dernier, et j’ai retrouvé une chanson que j’avais écrite pour Neals, pendant que je l’attendais. C’est sans doute pour ça que je parle d’absence, d'ailleurs. C’est plus de moi dont je parlais, là, je crois bien.

Mais bon... ensuite j’ai pas pu la lui donner, vu que...  Alors je te la mets là, en souvenir, faut la chanter sur l’air du type qui sait pas s’habiller, tu verras ça colle pile poil.

Ah ! Au fait, j’ai discuté avec Messire Al’Rakim, et je vais essayer d’écrire un peu comme sa biographie mais axée sur son travail, pour expliquer à quoi ça sert, un Chancelier. C’est peut-être utile, par les temps qui courent.

Et puis va falloir qu’avec Joe on s’occupe d’un type qui se dit « bleu » de moi mais me le montre à coups de poisson malade et de limaces... Oui !!! Mais je t’expliquerai plus tard, là faut que j’y aille !

Bisou !
Ta Lyly



* * * * * * *
Le gars en chemis’rouge a des frissons dans le cou.
Le temps n'y est pour rien,
Juste un peu d’embruns.
C’est là que son trésor l’embrasse. Merde,
J’aurais dû lui r’filer un baiser,  se dit-il,
Avant qu’elle s’en aille.

Comme les trésors sont rares, lui il le veille bien.
Il est prêt à tout casser pour se la garder.
Dans un coin, tiens, y a toujours un gros marteau,
Pour si il doit s’défendre.

Dans son coeur quand il fait gris, il fait nuit,
Et quand il est tout seul, il est triste,
Mais l’absence n'a d'importance que si l'on y pense,
Il découvre tout ça.

C'est en passant devant la glace qu'il s'aperçoit
Qu'il fait une gueule de déterré.
Il est gêné, un peu,
Il sait qu'il pourra pas faire mieux.
Il n'aurait pas dû penser à son absence, comme ça.
J'peux pas sortir avec cette gueule là.
On devrait pas mettre de miroir,
On devrait vivre dans les tiroirs.

Dans son coeur quand il fait gris, il fait nuit.
Et quand il est tout seul, il est triste.
L’absence n'a d'importance que si l'on y pense.

Dans son coeur quand il fait gris, il fait nuit,
Et quand il est tout seul, il est triste.
Quand il est tout seul, il est triste.
Quand il est triste... c’est qu’il est seul.
Dans son coeur quand il fait gris, il fait nuit.
Et quand il est tout seul, il est triste
L’absence…

Dans son coeur quand il fait gris, il fait nuit.
Et quand il est tout seul, il est triste.
Mais l’absence n’a d'importance que si l'on y pense.
Il découvre tout ça.

Est-ce que je sors ? Est ce que j'sors pas ?
Et tout ça va m'servir à quoi ?
Si j'me change pas ?
Et puis il essaye un peu d’sourire,
Il est déjà un peu moins triste.
Les lames et le joli marteau,
Le gilet en peau d’croco
Les lunettes noires qui cachent ses yeux,

La vie d'ma mère comme il est beau.
C’est le sourire qui arrange tout.

La vie d'ma mère comme il est beau.
C’est le sourire qui arrange tout.
Il découvre tout ça.

Dans son coeur quand il fait gris, il fait nuit,
Et quand il est tout seul, il est triste.
Mais l’absence n'a d'importance que si l'on y pense.

Dans son coeur quand il fait gris, il fait nuit,
Et quand il est tout seul, il est triste.
Mais l’absence n'a d'importance que si l'on y pense.
Il découvre tout ça.

* * * * * * *

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Jeu 10 Mai 2018, 12:20

Coucou Ben,

Ce matin, j’ai été réveillée par un rêve tout simple, mais qui m’a donné du plaisir, un peu comme.... tu vois ?  Oui bah ! Je vais pas te faire un dessin non plus hein !!! T’es tout de même bien capable d’imaginer tout seul de quel plaisir je parle ! Et non, c’est pas comme celui de manger de la tarte aux framboises !

Bref ! J’étais dans les bras d’un gars, que j’ai jamais vu d’ailleurs, mais c’est comme ça dans les rêves, et j’y étais bien. On était dans une pièce tous seuls, assis je crois, et j’avais mon nez dans son cou, juste ça, tranquilles. Et moi, de me sentir enveloppée de sa présence, de pouvoir m’y abandonner, tout simplement, ben ça m’a réveillée avec une petite décharge qui...

Bah !!! Peut-être bien que le gars il allait passer à autre chose après !!! Mais qu’est-ce qu’on s’en fout là !!!  C’que t’es pénible des fois !!! Et alors !!! Je peux pas, moi, avoir juste besoin de ça pour....  Pfff, t’es bien un mec, tiens, tu sais pas penser avec autre chose que ta... Tu sais pas ce que tu rates !!! Voilà !!!

Re bref !!! Je disais donc que ça doit être d’avoir ressorti mes cahiers de l’été dernier, c’est pas une très bonne idée de toujours regarder derrière.

Alors je me suis dit qu’il fallait que j’écrive un petit truc pour en finir avec le passé. Sinon je vais rester bloquée et c’est pas ça qui va m’aider à affronter le départ de Joe qui se précise, puisqu’on lui a écrit pour lui demander de faire l’inventaire de son barda.

Tout ça, ça se mélange un peu dans ma tète je crois, et ça ne me fait pas forcément du bien. D’ailleurs hier soir en revenant du pique-nique avec Joe, j’avais un peu trop bu, et tandis que Joe il est allé s’allonger pour digérer, moi je suis allée parler à Keylian de sa collègue, et je crois bien que je me suis un peu trop échauffée pour le mettre en garde. Mais il avait l’air de trouver ça amusant.. donc je verrai bien.

Bon ! Donc, j’ai écrit un truc et je te promets, même si tu t’en fous, d’essayer de plus parler du passé et de penser à l’avenir, en attendant de pouvoir profiter du présent.  Et ben... en voilà une pensée drôlement fine, je m’épate moi-même, tiens.

Peut-être que pour attendre plus facilement, je pourrais ressortir les cahiers de l’automne, quand j’étais toute seule à rien faire, histoire d’en sortir un truc plus construit, ça serait une bonne idée, tu crois pas ? Oui, ben, non, tu sais pas ce que j’y dis, puisque j’en ai parlé à personne, mais ça pourrait faire un truc pas mal, je crois, parce que j’ai pas mal cogité et c’est ce que je dis dans le petit texte écrit ce matin, c’est un peu comme un trésor enfoui que je dois raconter.

Rhoooo ! Mais oui que j’en suis capable, qu’est-ce que tu crois ! Rien que pour t’emmerder, je vais m’y mettre, tiens !

Allez, je te tiens au courant, à plus tard !
Lyly (et pas que la tienne, na)



* * * * *

Souviens toi
mon amour,
Toi et moi
Chaque jour,

Sans le voir,
Amoureux,
Plein d’espoir,
Et heureux.

Comme un jeu
Dans nos vies,
Tous les deux,
Engourdis.

Ignorants
L’essentiel,
Et pourtant
Passionnels.

T’oubliais
Rage et peur.
J’irradiais
De bonheur.

Adorant,
Dans nos rires,
Cet amant
A venir,

J’avançais,
Inconsciente,
Te suivais,
Impatiente,

Persuadée,
qu’à jamais,
Ton aimée
Je serais.

Mais voilà,
J’ai failli.
La cata,
Ça m’a pris,

De partir
Dans la nuit,
Sans te dire
Mon envie.

Submergée,
D’un seul coup,
Et piégée
Jusqu’au cou,

Par cette peur
D’être privée
D’un bonheur
Piraté.

Le déclic
Fut un choc.
En un clic,
Une estoque,

J’ai rompu
Les amarres,
Te laissant
Sans espoir.

Je le sais,
Maintenant,
Tout était
Là, latent.

Car passé
Tout ce temps,
Moi peinée,
Toi absent,

J’ai compris
Que c’tait moi,
L’abrutie
Dans tout ça.

Ton absence
Racontée,
En présence
Transformée,

A construit,
Pour toujours,
Dans ma vie
Un trésor.

Aujourd’hui,
Je le sais,
Tu as fui
Un reflet.

Cette image,
Renvoyée,
D’un saccage
Annoncé.

Car Jalouse
Je l’étais,
Comme l’épouse
S’le permet.

Alors que,
J’le savais,
C’est le jeu
Qui primait.

C’est pourquoi
Aujourd’hui,
C’est à toi
Que j’dédis,

Quelques rimes
Sans façon,
Pour que prime
L’affection.

Quand le jour,
Car j’en rêve,
Sans détour
Et sans trêve,

Arriv’ra
Un voyou
Qui rendra,
D’un seul coup,

A mon cœur
Et ma vie
Un bonheur
Infini.

* * * * *


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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Ven 11 Mai 2018, 11:48

Bon, j’ai bien senti hier que tu te demandais de quels textes je parlais, dans ces cahiers de l’automne. Mais y’en a eu plein, tu sais, en fait. Tu me connais, je peux pas m’en empêcher, c’est vital pour moi. Si j’écris pas, c’est que je vais vraiment mal. Et que plus rien ne m’atteint.

Et justement c’est ce qui s’était passé pendant l’été qui m’a poussée à écrire pour comprendre ce qu’il y avait dans ma caboche. Fallait que ça sorte pour rebondir sinon j’allais cramer à l’intérieur.

Et en fait, petit à petit, j’ai compris des trucs que j’avais jamais raconté à personne, jusqu’à l’image de cette cave où je me terre quand ça va pas.

Donc voilà, comme ça t’as une petite idée !

Allez, bisou, à demain, sûrement, parce que je me rends compte que c’est devenu un peu une drogue, de t’écrire.

Tu vois un peu ça !

Lyly



* * * * *

Dans ma cave, esseulée,
J'attends juste d'aller mieux,
Au pied de l'escalier
Qui me protège d'eux.

Il fait bien sombre ici,
Et soleil tout là haut,
Mais enfant j'ai appris
A rester dans l'enclos.

Quelques marches, sept ou huit,
Me séparent du monde.
Plutôt choisir la fuite,
Que de danser leur ronde.

Tout en haut la lumière
M'attire et me fait peur,
Assise sur mon derrière
Je reste, j'attends mon heure.

Peu importent leurs cris,
Leurs rires et leurs attentes,
Je préfère ma nuit,
Silencieuse, envoûtante.

Au bas des marches assise,
Le temps passe, je m'oublie,
Solitaire, incomprise,
Dans mes rêves, je m'enfuis.

La porte s'ouvre tout à coup,
Et je me vois là haut,
Dévissant cet écrou,
Puis m'appeler, piano.

Je me vois qui sourit
Vers l'enfant que j'étais,
Mais l'enfant que je suis
N'a plus aucun projet.

Elle se dit bienveillante,
Et prête comme jamais,
À rester accueillante
À tout ce que j'étais.

Étonnée et inquiète,
Je la vois qui descend,
Puis se penche, guillerette,
Et me dire qu'il est temps.

Elle me prend par la main,
M'enveloppe de caresses,
Et me dit, à dessein,
Que jamais rien ne presse.

Que le temps des chagrins
A pris fin hier au soir,
Me délivrant, enfin,
Laissant place à l'espoir.

Dans ma cave assombrie
Là, je me sens déprise.
Sur les marches je la suis,
Étonnée et surprise.

En douceur, sans détour,
Nous montons l'escalier,
Vers le monde au grand jour,
Serons-nous enfin liées ?

* * * * *

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Sam 12 Mai 2018, 14:07

« Aaahhhh.....»

Elle avait aperçu un homme avec un drôle de chapeau arriver de la place en courant puis elle l’avait senti s’arrêter à deux mètres d’elle dans son dos et... tout s’était accéléré.

Un fracas de tonnerre avait eu lieu sur sa droite, un souffle l’avait renversée en avant, tout son être avait semblé imploser et elle était tombée à côté du petit banc où elle se trouvait dans le kiosque, tout près du passage pour surveiller les allées et venues entre le kiosque et la fontaine.

Dans les minutes qui suivirent ce fut tout d’abord le noir et le silence, puis d’incroyables piqûres à travers tout le corps et un hurlement venant du fond de son être.

« Naaaaan !!! Je veux pas mourir !!! Pas maintenant, pas comme ça !!! »

Une pensée pour Joe et le baiser qu’elle avait dit regretter alors qu’elle en rêvait sans cesse, elle avait gémi son nom puis elle avait de nouveau sombré dans un silence assourdissant et douloureux.

Dans une quasi totale inconscience elle avait senti qu’on l’entourait. Même si elle n’entendait rien de ce qui se disait, elle percevait l’air autour d’elle qui vibrait, les mains qui effleuraient son visage qui brûlait, celles qui voulaient la porter, des mouvements de plus en plus nombreux et la douleur l’avait encore emportée.

Plus tard, allongée dans ce qui ressemblait au dispensaire de la Cathédrale, elle s’était débattue, cherchant à se défaire de ces effleurements qui la faisaient souffrir, de ces vibrations qui l’angoissaient, de ces mains qui voulaient la contraindre. Elle avait appelé Joe, chaude de fièvre puis gémit d’autres noms, dont celui de Ben puis celui de Keylian. Mais nul n’était apparu qu’une main féminine couvrant ses yeux et son front, irradiant à travers la peau jusqu’à son cerveau choqué.

Puis ce fut une sorte de paradis, un bien-être étonnant l’avait envahie, peuplé de souvenirs doux.

Tard dans la nuit, elle s’endormit et s'immergea dans une danse, lointaine et magique, peuplée de fer et de monstres, et pourtant envoûtante et à jamais inscrite en elle.





Un rêve, de ceux qui cherchent une brèche dans le flot des images pour délivrer un message.

Il s’agit d’un voyage, d’un parcours, non c’est une danse.

Un homme, une femme, deux danseurs de l’impossible.

Un lieu improbable, créé par des êtres qui inventent les mondes pour sortir du leur. C’est une scène arrangée pour une danse à plusieurs, mais là elle est vide de vie, faite pour une danse à deux.

C’est une danse dans un décor improbable, magique, fou, à l’image du couple qu’ils forment.

Ils n’ont pas de nom, pas d’âge, une apparence mais pas de corps, juste deux âmes, qui se cherchent, et se complètent, de plus en plus, de mieux en mieux.

Là, sur cette scène, Elle, elle sait ce qu’elle cherche, mais sans en percevoir toutes les implications. Elle le cherche car elle l’a déjà vécu, du moins en partie. Elle le sait, c’est là, tout près, juste derrière le voile. Elle ne sait pas ce que c’est, mais c’est pourtant ce qu’elle cherche.

Elle est concentrée dans cette danse qui glisse et défile dans le décor de bric et de broc, au milieu des machines de fer et des êtres monstrueux.

Attentive, elle le suit pas à pas, mot à mot elle boit ses paroles, les imprime en elle avec une précision quasi mimétique. Elle se fond, s’immisce en lui, en douceur, elle ne raisonne pas, elle le suit, le sent, le capte. Tout son être à elle est concentré dans la captation de son être à lui. C’est une étincelle d’énergie qui en cherche une autre, un flot de pensées qui résonne avec un autre flot, c’est de la pure connexion.

Elle ne cherche ni à le pousser, ni le précéder, surtout pas l’influencer, juste le sentir, le suivre, active et volontaire dans la réponse à ses attentes, même celles qu’il ne connait pas encore, épouser le moindre de ses mouvements, la moindre de ses sensations, la moindre de ses intentions. Elle se coule dans ses pas comme n’importe quelle danseuse mais c’est son esprit qu’elle suit, le fil de ses pensées, de ses réactions, aussi vives et folles qu’elles puissent être.

Lui, le danseur, imprime sa marque, offre son expérience de la scène, il dirige en douceur, peut-être un peu timide, la partenaire est nouvelle, il faut s’y adapter. Ce genre de danse est instinctive, et doit le rester, même si l’expérience permet d’y apporter des améliorations.  La danseuse est toujours magnifiée par le danseur qui la dirige. Il en paraît le maître, quand bien même il est à son service.

Ils dansent, bougent, se parlent, mais sans rien dire de la danse.

La danseuse ne sait pas ce que le danseur comprend de cette danse, ni ce qu’il en ressent, mais elle le perçoit, lui : il est en confiance, il s’épanouit, elle le sent s’ouvrir peu à peu, elle ne force rien, ou si peu, elle est là, entière dans cette danse, avec et pour lui.

Il semble s’éveiller à son contact. Sans doute est-il dans la perception accrue des sens, cette complicité du langage des hommes, celui du désir sensuel qui s’exprime par le corps. Sans doute n’a -t-il pas conscience qu’il se joue autre chose, mais peu importe, cela la remplit.

Pourtant, parce qu’elle a peur de se perdre, de le perdre, de blesser aussi, elle se questionne sur ce qui sous-tend cette danse. Le rêve se charge de lui offrir des images à classer.

Il y a de l’impossible, une barrière, qu’elle ne visualise pas. Peut-être est-ce en elle, et non en lui. Elle ne sait pas. Mais malgré la barrière, elle le sait,  il y a du possible, à portée de main, d’esprit, d’âme. Et elle voudrait le comprendre, sinon le saisir.

Au fil des images-mots qui posent les idées le voile se déchire peu à peu.

Elle pleure. Elle a si souvent pleuré, à force de chercher, de trouver, de sentir.

Il est là, le trésor, caché dans ses pleurs qui accentuent la brèche.

Elle se sent seule, tellement seule. C’est sur la solitude de son âme qu’elle pleure. Elle se trouve pathétique, et pourtant, elle n’y peut rien, c’est elle.

Voilà ce qu’elle cherche, depuis toujours, une réponse à cette solitude intime, celle de l’âme.

Est-ce que cette réponse est dans l’Autre.  Elle l’a cru, longtemps, mais là elle ne sait pas, elle ne sait plus. Danser seul, dans un décor ou un autre, c’est la loi du genre, le lot de chacun. Ce n’est pas un entre-deux mais un entre-soi. Voilà ce qu’est l’Art. On peut dire, écrire, peindre, chanter le Désir d’Etre à un Autre anonyme et indéfini, sans crainte de blesser. Mais on reste seul face à la page blanche.

Pourtant elle est belle cette danse à deux, elle est superbe, sublime, elle remplit.

Or si elle est possible, c’est bien parce qu’il y a écho, réponse de l’Autre, accord, harmonie et peut-être même volonté similaire, parfois non consciente, de partager cette danse qui ne se dit pas, cette quête d’Ailleurs, d’Art, d’Amour, de Désir, de Vie.

Le rêve s’effiloche, le message est codé, comme toujours, la réponse est sans doute multiple.

Une seule évidence perdure, sans le danseur, la danseuse n’existerait pas, sans le danseur, cette danse-là s’arrêterait.

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Dim 13 Mai 2018, 13:12

Coucou Benjamin.

Oui, voilà, aujourd’hui c’est Benjamin, comme ça tu as tout de suite compris que c’est un peu dur, à nouveau.

Certains soirs, en me couchant, je me dis que je vais m’enfermer quelques temps, ne plus sortir, rester à attendre tranquillement que le temps passe, même des fois je pleure, comme hier soir,  et puis…  le lendemain je me réveille à nouveau pleine de vie et donc d’espoir.

Je peux me reconnaître ça, cette force de vie qui m’anime, me tient la tête hors de l’eau, me pousse à croire que tout va s’arranger, que je ne vais plus avoir cette sensation de solitude intime qui me mine, et qu’il faut croire au hasard, comme à un destin qui cherche à s'accomplir.

Tu vois, je me rappelle ce que tu m’as dis quand Neals a disparu  ! « Lyly… tu dois admettre, une bonne fois pour toutes, que tout peut arriver, du jour au lendemain, sans que tu l’aies prévu, manigancé ou même voulu. Et là tu verras, tu feras cette rencontre improbable dont tu rêves ».

Alors je m’y accroche, là, à cette jolie phrase que tu m’as dite, pour pas sombrer. Peut-être que ça m’enveloppe dans la nuit et que ça me protège, comme ça le lendemain je peux repartir, qui sait.

Hum ? Pourquoi ? Bah… rien, mais vraiment rien. Je me suis énervée contre Keylian parce que je le trouve bizarre face à sa « collègue » qui en plus fait des phrases compliquées pour dire des conneries, preuve qu’elle est pas nette.

Et de fil en anguille, avec Joe, ils se sont moqués de moi, et Joe y est allé un peu fort. Et à un moment, tout au fond de moi quelque chose a ripé. Je l’ai pas vu venir, mais tout à coup, j’ai plus été du tout sûre qu’il me charriait juste pour s’amuser, pour jouer, ou pour de vrai. Et j’ai eu peur. Peur que ce soit pour de vrai, et qu’on soit fâchés, ou moins amis, ou … je sais pas. Surtout qu’il m’a dit que si je perdais confiance en lui,  je le décevrais.

Et il me dit ça alors que je commençais à sombrer.. tu imagines, là j’ai carrément coulé. J’ai essayé de pas lui montrer, mais il m’a embrassé le nez, gentiment, juste avant qu’on se quitte, alors je crois qu’il l’a senti un peu quand même. Tant pis. J’y peux rien de toute façon, c’est comme ça.

Alors ce matin, comme c’était un peu dur, j’ai essayé d’écrire un petit truc léger, en imaginant cette rencontre improbable dont tu parlais, avec deux personnes un peu comme moi, tu sais, le genre qui a peur de se laisser déborder par ses émotions. Je te la mets, pour te faire sourire.

Et puis… ah ! oui ! je t’ai pas dit ! J’ai déposé pour la première fois de ma vie une plainte à la caserne de la Garde ! Si, si, moi ! Mais j’y suis allée avec Joe parce que je voulais pas y aller seule. Ils m’ont fouillée, et après une dame garde toute en armure bleue m’a interrogée sur ce qui s’est passé hier, avec l’explosion, et elle m’a dit que j’avais bien fait de venir, et ça m’a rassurée. Bah oui… je pensais que c’était pas si important que ça, moi.

Bref. Je vais essayer de me mettre au travail, là, tu sais, sur les cahiers de l’automne. Oui, ça avance, je suis pas trop mécontente de moi. Nan, je peux pas te faire lire, c’est beaucoup trop compliqué… Oui ! C’est ça ! Tu comprendrais pas !!! Tu me fais rire, tiens.

Allez, je file, à demain, sûrement.

Ta Lyly.




* * * * *

Imaginons la scène.
Sous une pluie diluvienne,
Elle et lui face à face
Au milieu de la place.

Ne s’étant jamais vus,
Mais déjà entretenus,
La surprise acceptée
N’est pourtant pas réglée.

La rencontre programmée,
Date et lieu pré-fixés,
Il s'agit maintenant
De prendre les devants.

Poignée de main ou bise,
La prudence est de mise.
Mais comme ils sont bien là,
Il faut un premier pas.

Tous deux en plein tourment,
Attendent le moment
Où l’autre téméraire
N’a pas peur de déplaire.

Ils auraient pu rester
Ainsi toute la soirée,
Mais la pluie qui ne cesse,
Les réveille et les presse.

Il faut bien se lancer,
Et même se bouger.
D'un regard ils décident
De quitter l'esplanade.

L'un et l'autre de concert,
Filent à deux tel l’éclair,
Pour ensemble prendre place
A l'abri d'une terrasse.

Enfin les premiers mots
Sont offerts en cadeaux.
Un sourire puis deux,
Et les voilà heureux.

La glace enfin rompue,
Et leur âmes détendues,
Ils entrevoient l'esquisse
D’un amour en coulisses.

Le temps passe en douceur,
Et bientôt voilà l'heure
De repartir à deux,
Et d'en rester heureux,

Ou de se refermer,
Voire même se persuader,
Qu'un rendez-vous raté
Vient de se dérouler.

Néanmoins c'est un fait
C'était bien jour de fête.
Et demain, ou plus tard,
Ils voudront se revoir.

Car une surprise de taille,
Derrière la pagaille,
Vient d’éclore pour eux,
Ils peuvent rêver à deux.

* * * * *

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Lun 14 Mai 2018, 12:08


Tu vois Ben, je peux pas m’en empêcher, me revoilà encore.

Pourtant j’ai pas grand chose à te raconter, vu qu’hier je ne suis pas sortie. Enfin si, juste le temps d’aller faire une petite course.

Jacob en a d’ailleurs  profité pour me déposer un petit mot et une boite de truffes au chocolat. Il a appris par sa mère qui est officier à la Garde que j’avais été attaquée et il s’inquiétait. Et comme il veut pas me déranger quand je suis avec Joe, vu qu’il croit qu’on est ensemble, comme beaucoup j’ai l’impression, ben il a profité que je sortais une minute.

Il est gentil, hein ? Choupette il m’appelle, c’est mignon. Oui, surement qu’il est un peu triste de me voir collée à Joe, comme il dit dans son mot, mais il est content de me savoir heureuse, le temps que ça dure, et ça c’est la preuve que c’est un vrai ami.

Pourquoi je ne suis pas sortie ?

Bah, je savais que Joe serait occupé et ça m’a coupé l’envie. Et comme personne ne m’attend vraiment dehors, point de vue boulot je veux dire, et bien je suis restée à travailler sur mes cahiers de l’automne. Oui ! ça avance toujours bien, je crois que j’ai retrouvé l’envie de me coltiner ce genre de truc un peu lourd. Et ça, c’est une excellente chose, non ?

Je me disais, hier justement, que ce serait peut-être bien que je me trouve un vrai travail avec des gens, pour pas toujours rester seule ou avec Joe, vu qu’il va partir. Si ! Il va partir, je le sais, ça se précise de jour en jour, me met pas de fausses idées dans la tête, ça m’aidera pas !

Donc un vrai boulot avec des gens, t’en penses quoi ?

Je sais pas moi ! Je suis pas aussi asociale que ça, tout de même ! Un truc dans la communication, ça m’irait bien, ou les relations commerciales, tu vois, un boulot où il faut à la fois écrire et voir des gens. Ça pourrait être bien.

Mais il faut que ce soit des gens qui me bouffent pas… des gens qui parlent à peu près correctement… des gens qui ont quelque chose à dire… des gens qui font pas des menteries ou des salamalecs pour t’emberlificoter comme l’autre là… des gens qui savent rire aussi, parce que c’est important, de rire… donc des gens intelligents… des gentils au fond….. des ….

Oui ben je le sais, hein, que ça court par les rues !!! C’est pas comme si j’avais pas déjà tenté ! Mais regarde, avec le Garnement, ça collait pile poil, donc pourquoi je trouverai pas un boulot qui me conviendrait ?

C’est pas toi qui disait qu’il faut y croire pour que ça arrive ? Alors ! Hein ?!? Fais pas ton oiseau de mauvais augure, ça te ressemble pas, en plus. Ton ronchon, si tu veux, mais pas ton chieur !

Allez, je t’aime comme tu es, va !

Bisou,
Lyly

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Mar 15 Mai 2018, 18:55

Hey, j’ai été bien occupée aujourd’hui, pour un peu je venais pas t’écrire, Ben, tu vois un peu.

C’est parce que hier soir j’ai rencontré un type qui a bien failli mettre le bazar à la Chope, à cause d’une histoire de poitrine qui se laissait voir. Tout le monde était contre lui, mais j’ai trouvé qu’ils étaient tous hypocrites puisque même Kérubim, qui défendait la serveuse à qui le vieux monsieur avait fait un compliment, il m’avait dit un soir lui même de servir « avec mon décolleté », pour faire plaisir aux clients, un soir.

Du coup, on a papoté, le vieux monsieur et moi, et il m’a proposé un boulot dis donc ! Ecrire sa réclame, m’occuper de ses courriers, de ses relations publiques et de la promotion de son entreprise. Enfin, c’est pas la sienne, mais celle d’un gars que j’ai pas vu. Mais je pense pas que je le verrai souvent, parce que ça m’a l’air d’être un gars de la haute qui fait pas le sale boulot, tu vois. Enfin, j’en sais rien, mais là, en tout cas, c’est le vieux qui m’a proposé.

Alors j’ai passé ma journée à écrire ma lettre de candidature. Il m’avait demandé de l’épater, un peu, il fallait donc que je me creuse les méninges. Je te la mets, là. Ce soir je vais le revoir, je te dirai si ça a marché.

Allez, à demain.

Lyly


à l’attention de Monsieur Marcel Pignac,

Maison Fossard
Faubourgs de Hurlevent


Hurlevent, le 15 du mois 6, An 38


Monsieur Pignac,

Après avoir réfléchi toute la nuit à cette proposition que vous m’avez faite, et avoir cherché manière plus amusante que d’ordinaire de me déclarer prête. Je me suis dit qu’il me fallait proposer mieux qu’un simple courrier en prose, pour vous montrer que j’ose, en espérant vous étonner, sans pour autant faire des poses.

J’aurai pu vous vanter mes écrits précédents, vous donner à entendre une ou deux de mes chansons, vous assurer de ma légitimité à devenir votre plume ou même votre voix, vous charmer de mes rires ou vous envelopper de mon babillage, tenter de vous convaincre que vous ne trouverez nulle part ailleurs partenaire aussi attentive que moi, mais je m’en suis tenue à un petit poème sans prétention, avec l’espoir de vous faire simplement sourire.

Je reste, quoi qu’il en soit, à votre respectueuse disposition pour écrire une lettre plus conforme aux usages en cours,  si cela ne vous satisfaisait pas.


Votre dévouée
Lysange Delabay


La Pie Raconteuse

Ecrire est-ce une vie ?
Peut-on s’en contenter ?
C’est ce qu’ici j’affirme
Répétant à l’envi
Que c’est mon boulot, et
que j’adore ça, en prime.

En quelques heures à peine
Du moment que j’y crois
Et que j’ai l’âme rieuse,
Je m’y mettrai sans peine
Et d’viendrai avec joie
Votre pie raconteuse.

Une chanson, un discours
Des voeux, une réclame
Je peux tout vous écrire
Car en fait, sans atour,
Je vous offre mon âme
Et n’espère qu’un sourire.

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Mer 16 Mai 2018, 16:58

Le 16/05/38

Alors là ! Tu vas pas me croire ! J’ai été embauchée, dis donc ! Si ! Hier soir, comme scribe même, tu vois un peu ça !

Scribe… ça sonne bien, non, tu trouves pas ?

Lysange Delabay,  scribe de la Maison Fossard, ça en jette !! Bon, je suis à l’essai, logique, mais y’a pas de raison que ça marche pas.

Pourtant j’ai bien cru que ça allait pas se faire parce qu’au début, il m’a fait plusieurs fois la remarque que je le laissais pas aller au bout de ses phrases. Bah, oui, qu’est-ce que tu veux, c’est pas de ma faute, à moi, si ça percute pas aussi vite dans son cerveau que dans le mien ! Il est vieux aussi, ça doit être pour ça.

Oui… c’est vrai que tu m’as souvent dit que je parlais trop, mais qu’est ce que tu veux j’étais tellement contente que j’arrivais pas à me poser. Je peux te dire qu’il a su très vite me calmer, lui.. j’osais même plus le regarder.

Mais il est gentil, il voulait juste que je l’écoute jusqu’au bout à chaque fois. Et, au final, c’était pas si compliqué.

On est allés au marché aussi, il a fait des achats et moi j’ai rencontré un type qui s’est dit qu’il aimerait travailler pas loin de moi. Mais non je le connais pas ! Jamais vu, mais le genre Joli Coeur, tu vois, beau parleur et tout, mais gentil, je pense. Lui aussi c’est un bavard et Monsieur Pignac il lui a rabattu son caquet t’aurais vu ça, c’était amusant même. Il devait écrire une lettre pour dire s’il veut vraiment travailler dans l’entreprise, mais je suis pas sûre qu’il le fasse, il avait surtout envie de me revoir, je crois.

Et puis, pour finir, j’ai pas eu de nouvelles de Joe depuis dimanche. Je sais pas trop ce qui se passe, mais je me dis qu’il serait pas parti sans me prévenir. J’ai hâte de lui raconter tout ça, et de lui montrer que je fais comme il a dit, en continuant à avancer, à écrire, à vivre quoi.

Ah ! Et puis aussi, Mr Pignac, il m’a dit que j’avais le droit d’écrire comme avant pour des gens à condition que je respecte le « secret professionnel » comme il a dit. Genre que tout ce qui se passe dans la Maison Fossard j’aille pas le raconter ailleurs, mais c’est logique.

Voilà pour aujourd’hui. Allez, je vais aller voir les autres employés, je te raconterai.

Bisou !

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Re: Lysange, écrivain public.

Message  Lysange le Jeu 17 Mai 2018, 11:37

Le 17/05/38

Oh la la, Ben, j’ai bien failli venir t’écrire en pleine nuit, de nouveau, dis donc.

Je me suis réveillée comme en rage contre moi même, il fallait que je me gratte, de partout, comme si ma peau me brûlait, c’était affreux, j’ai cru que j’allais me l’arracher à force de me griffer.

J’en sais rien moi ! Bah oui, sûr que si j’avais pas été seule dans mon lit j’aurais trouvé à m’occuper autrement ! Hum ? Hein ? Tu crois ??!?

Bah... oui, j’étais comme brûlante de... mais nan j’ai pas essayé toute seule de ... j’avais besoin de me gratter je te dis !!! Ça m’énervait mais en même temps ça me faisait du bien et...  Bon, d’accord, si tu veux !!! Oui j’aurais eu bien besoin d’un mec pour.... Et alors, hum ?!?! Ça me sert à quoi de l’admettre, hein ?!? Bah oui ça m’est pas venu comme ça, il s’est forcément passé quelque chose qui...

Ah ! Mais oui dis donc !!!

Oh... ben ça alors... Oui...

Oui, hier soir je suis restée un bon moment à discuter avec Acélia qui se morfondait toute seule et... Ah mais oui... On a parlé du comportement étrange de Keylian, qui donne l’air de vouloir être proche mais qui en fait au fond ne veut pas s’engager puisque à chaque fois qu’il fait un pas vers elle, il en fait deux ensuite en prétextant du boulot avec sa collègue. Et ça la rend triste, elle comprend pas.

Mais oui... c’est ça.... je l’ai bien senti, moi aussi, quand je le voyais tous les soirs, qu’il avait envie de plus mais qu’il restait coincé quelque part au fond de lui et que jamais il ne saurait se donner à moi comme moi je peux, je veux même, me donner à l’autre.... et ....

Oui ! à un moment, à la fin de la conversation, je lui dis, à Acélia ... « vous savez, je vous comprends parfaitement bien. Car si je n’avais pas rencontré Joe, c’est moi qui serais à votre place là, perdue devant quelqu’un qui est là sans être là. Alors c’est vrai que aujourd’hui je suis triste parce que Joe, il va partir, mais au moins c’est clair, et je ne me suis pas engagée dans une voie sans issue ».

Et .... oui... c’est cette phrase là qui m’a travaillée après dans la nuit.

Je le sais, maintenant, avec une certitude absolue, que je devais attendre, ne pas céder à une envie de tendresse parce que je me sentais seule. Moi je veux tout, et pas juste des petits bouts de ceci ou de cela. Je veux me donner comme je suis, entièrement, comme avec Neals, même s’il s’en rendait peut-être pas compte.

Alors, oui, bien sûr, j’ai eu la tête fracassée et le cœur brisé quand j’ai dû admettre que Joe allait partir, mais en même temps, ou disons un peu après, j’ai retrouvé tous mes espoirs, toute ma conviction même, que j’allais bientôt rencontrer celui qui est là pour moi, quelque part, et que j’attends de tout mon être. Et de le dire à Acélia, même si sur le moment j’étais surtout peinée pour elle, je crois que ça m’a piquée très fort au fond du cœur, ça m’a brûlée même, ça m’a embrasée et...

Bon !!! Oui !!! Ça va hein !!! C’est bon, t’avais peut-être raison. J’ai dit peut-être !!! Oh !!! Ce qui est sûr c’est que là, je le sens, je suis de nouveau libre, dans ma tête, joyeuse comme.. comme l’été dernier, tiens... pleine de vie et d’envie, et je pourrais déplacer les montagnes s’il le fallait. C’est sûr, j’y crois et ça me rend comme invincible même si je sais très bien que c’est pas vrai. Et.. oui forcément ça réveille un peu toutes mes envies et...

Oh !!! Stop ! Recommence pas ! Bon, je change de sujet, parce que t’es lourd, là !

Alors...

Il s’est passé un autre truc hier soir et il faut que je vois Monsieur Pignac parce qu’avant de voir Acélia toute perdue, j’ai vu une fille que m’a présentée Demiora, et qui veut divorcer et ne sait pas comment faire, surtout qu’elle est vraiment démunie question écriture et tout.

Alors j’ai promis de l’aider et j’ai même déjà écrit à la Chancellerie mais après avoir envoyé la lettre, j’ai eu un gros doute. Est-ce que Monsieur Pignac il sera d’accord ? Et son patron que j’ai pas encore vu, mais qui a pas l’air trop commode ? Parce qu’il m’a dit que je pouvais continuer d’écrire pour les gens mais là ça m’oblige à écrire moi même aux autorités, et montrer que j’ai cette activité libérale à côté, peut-être que ça ne va pas leur plaire du tout.

Donc faut que je lui demande rapidement. J’ai déjà prévenu la fille que si la Maison Fossard ne veut pas que j’apparaisse aussi comme conseil indépendant, je lui préparerais tout pour qu’elle recopie et fasse comme si c’était elle qui menait l’affaire. Pas question de froisser mon nouveau patron avant même de l’avoir vu !!!

Bon, et bien je peux me mettre en route. On m’attend, un truc à faire, long et ennuyeux au possible. Je vais voir si je pourrais pas m’amuser en écrivant un petit truc sur pourquoi j’ai besoin d’écrire, tiens, ça me fera passer le temps.

Allez, bisou, à demain, sûrement !

Lyly

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Re: Lysange, écrivain public.

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