[ Ambu ] Les théories du pandaren bavard

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[ Ambu ] Les théories du pandaren bavard

Message  Ambu le Ven 08 Déc 2017, 02:01


Je n’ai pas réellement envie de vous causer mais je n’ai pas non plus envie de rester sur cette barque plus longtemps sans rien faire. Les vagues ne veulent même pas s’agiter pour faire tâche de fond et je sens que ce voyage sera plus long si je ne cause pas. Je ne plaisante pas réellement, j’ai besoin de mon petit confort sinon je suis troublé. Et le confort, c’est le bruit de la bataille, la preuve de la vie. Bref, vous me demandiez qui je suis et d’où je viens...bah mine de rien j’avais pas remarqué mais ça fait une paie que je me balade par ici. Par où je vais commencer ? Ouai, je vois très bien…


* * *



Rappelle toi de ce nom là, je suis Ambu. Je suis né sur l’île de Shen Zin Su, la grande tortue qui vogue sur les mers et qui transporte tout un monde de pandarens s’étant écarté de la Pandarie. Je n’ai connu que ma mère, et tout ce que je sais de mon géniteur, c’est qu’il est mort pour avoir voulu pacifier une tribu de hozens avec la seule force de ses convictions, vous savez tout le charabia des moines sur la spiritualité et le contrôle de soi. Ma mère en a longtemps pleuré et s’en était retourné à ses affaires en me laissant à la charge de l’école de l’île, parce que c’était eux qui s’occupaient des orphelins ou des laissés-pour-compte. A chaque fois que je la revoyais, j’avais dans mon regard comme une braise prête à la calciner jusqu’à ce qu’elle ne soit plus que le résidu de lâcheté qu'elle était. Mais elle était bien plus forte que moi, parce qu’elle avait été éduquée par les mêmes vieux que ceux qui tentaient de me faire gober leurs inepties. Je l’agressais et sans un sourire, sans autre forme de sentiment que celui de vouloir m’apprendre à me calmer, elle me mettais à terre et me persuadait de lâcher. De ce fait, et je ne m’en suis rendu compte qu’après, mais je n’avais jamais pu apprendre à aimer quelqu’un : mon père avait été un concentré pur de naïveté, et ma mère une moniale puissante mais décérébrée par son fanatisme envers ce culte qu’elle m’obligeait à comprendre. Je leur menais la vie dure aux autres gamins, parce que je les empêchais de travailler leur « eux » et leurs techniques, toujours à me chamailler et à leur casser les dents.

Parce que oui, vous voyez, j’ai jamais compris le délire de vouloir et savoir se battre, mais juste avec son esprit et son corps forgé par l’éveil spirituel. Ou alors j’ai pas tout compris, mais je m’en fiche. Je l’ai très vite pigé en observant les hozens et les créatures marines, mais se battre c’est avant tout une expression de la vie. Quand tu frappes quelqu’un avec un bâton, le bâton est un prolongement de ta vigueur, le pinceau de ta fureur, c’est lui qui crée un lien avec celui que tu combats. Le guerrier est avant tout celui qui s’exprime à travers l’arme. Que ce soit un morceau de bois, une lame ou une masse, le but n’est pas de tuer, mais de discuter, de rédiger une histoire, des liens. De la même origine, se prendre un coup, c’est encaisser un argument, c’est avoir vu sa volonté être brisée par la faiblesse de son propre jugement. Quand tu souffres, c’est que tu prends une piqûre de rappel qui te hurle de te dépasser pour ne pas t’écrouler sous la force de l’argument de l’autre. Le mauvais guerrier est celui qui tue pour tuer, le bon est celui qui crois en ses valeurs, qu’elles soient jugées bonnes ou mauvaises par les autres. Après, il ne faut pas confondre le fait de vouloir diffuser ses arguments grâce au combat, il faut aussi savoir contre qui il faut le montrer : le faible garçon de la ferme ne veut pas expliquer en quoi ses opinions sont meilleures, il n’aspire qu’à une vie tranquille. Cette vie tranquille, c’est les guerriers les plus forts qui choisissent leurs tenants et aboutissants. Les gagnants sont ceux qui ont été les plus forts et les plus nombreux, donc représentatifs de la vérité. En ce sens, je méprise tous ces hozens de l’île malgré ce qu’ils m’ont appris : ils n’ont pas de société, ils ne sont que simple pulsion de guerre, ils ne racontent rien et ne veulent rien pour l’ensemble. Je n’aime pas trop non plus ceux qui trichent en utilisant de la magie ou des pouvoirs des éléments, ou ceux qui asservissent d’autres créatures intelligentes, car ils ne se servent pas de leurs convictions, mais d’artifices pour parvenir à leurs fins. Avec une épée, il y a contact avec la chair, il y a contact avec l’ennemi, directement. La boule de feu ne réunie pas les deux adversaires, elle les repousse. Le marteau écrase ou se fait écraser, sans délais. Je parlais de pinceau de fureur plus tôt, et je me souviens un peu tard d’une autre idée pour comparer mon discours : le sang qui inévitablement se manifeste lors d’une escarmouche représente l’encre de l’histoire du duel qui se déroule. Nul besoin de chroniqueur, il suffit d’une épée. Nul besoin d’un rouleau, seul s’engage le corps. Et nul besoin de mots, est vainqueur celui qui reste debout.

Je ne sais plus quel âge j’avais quand j’ai tenté de fuir l’école. J’avais attendu la nuit et je m’étais infiltré à tâtons dans l’entrepôt commémoratif d’un des maîtres. J’ai vu tant de merveilles ! Des armes et armures y étaient entreposées, et de toutes origines, de factures dont je n’aurai pu soupçonner les existences ! Je ne pouvais résister à la tentation de les toucher et de les brandir malgré ma faible constitution de petit pandaren, mais à peine m’emparais-je du manche d’une hache que je sentais tout le poids de mon échec : l’un des maîtres m’avait entendu et m’avait écarté d’un petit coup de paume. Frustré, je tentais de le faire taire, et ce fut une défaite. Je fus jugé pour mauvaise conduite, trouble du comportement. Je leur en ficherai moi !

Les années suivantes, j’étais toujours le premier choisi pour montrer aux autres mes progrès. Ils étaient toujours déçus. Mais je dois leur reconnaître qu’ils m’ont appris deux choses : l’importance d’attendre ( même si je déteste attendre pour rien ) et celle de réfléchir. Je ne méditais pas pour la plénitude, mais pour élaborer mes théories, ma devise, mon pourquoi. A la fin de l’adolescence, les maîtres faisaient passer des tests aux plus aguerris des enfants moines, et aussi à ceux qui avaient choisis d’autres expertises, comme les éléments ou la magie des arcanes. Bien entendu, je ne fus pas appelé...ou pas tout de suite, quel ne fut pas mon étonnement. Pris à part après tous, le même maître qui me surprit tantôt et d’autres vinrent discuter de mon avenir. Ils m’expliquèrent que la voie que j’avais choisie était la même que celle des dictateurs de Pandarie avant l’apparition des premiers moines, avant que la Pandarie ne soit pacifiée et que je risquais de devenir l’artiste de la guerre et de la mort. Ils m’avouèrent qu’ils avaient peur de ma force, peur de ce que je risquais de devenir, de ce que j’infligerai dans ma folie aux autres pandarens et à ceux que je voudrais influencer. Je sentais en eux une crainte que je n’avais jamais aperçue dans les pupilles de mes semblables, et je me rendais compte de mon erreur : je ne leur avais pas fait part de ma philosophie, certainement par peur du jugement. Ainsi outrepassai-je cela et déclara mes idées. Sans exception, ils furent choqués et attristés. Je ne compris jamais leur point de vue et devant leur refus de l’accepter, je critiquai ouvertement la faiblesse de leur société et de leur besoin de paix qui se traduisait par une isolation des autres. Les pandarens établissent de grands murs, fondent de grands temples sur ceux des autres et fuient sur leur tortue : les pandarens sont devenus des lâches. Oui, ils avaient été faibles un temps à cause de leurs défaites contre les mogus, et ils avaient crus quand l’un des notre avait su manifester une once de courage devenir des gentils guerriers prônant l’équilibre et la paix.

Sans transition, j’annonce : leur peur les a conduit à me faire passer un test. Ils m’offrirent des armes, deux longues épées émoussées d’origine humaine, ramenées des royaumes des humains par Chen Brune d’Orage, pour me voir exercer ma philosophie sur un pantin de bois. Ils n’allaient évidemment pas me donner à trucider un autre pandaren, mais de ce fait ne comprendraient ils pas mon opinion. Effectivement, ils ne le conçurent pas, en lorgnant les restes brisées malhabilement du pantin, mais ce qu’ils virent me remplit de fierté : mon rictus d’accomplissement me déchirant le visage. Bien qu’il n’y ai eu aucune effluve, je me sentais comme quand on redonne à l’artiste son outil après un long temps, à la seule différence que je n’avais jamais pratiqué. Je tenais fermement mes lames et fixais le groupe de moines devant moi, qui étaient tous prêts à me demander de leur rendre les épées. Mais je refusais ! Je ne voulais plus que l’on me prive de mes pinceaux ! Je plaçais mes armes sur la défensive et je montrais dans le regard une sorte de détermination. Une moniale s’avança pour me prévenir que je ne devrais pas tenter quoi que ce soit, mais je lui rappelais ma thèse : nous nous battrions pour imposer à l’autre la force de ses convictions. J’abattais le tranchant de mes épées sur son visage mais elle n’était déjà plus là, et me paralysa les bras en appuyant sur diverses parties de mon anatomie; je tombais.

Je fus emprisonné. Je n’étais toujours pas en mesure de parvenir à imposer ma philosophie. Mes idées étaient faibles, je devais les amener à maturation et montrer au monde à quel point la race pandarène pouvait constituer une force à ne pas sous-estimer. Je savais de par mes maîtres et les aventuriers maître-brasseurs que nous n’étions pas considérés comme une véritable race mais comme des sous-êtres faiblards, sans domicile, ils ne connaissaient pas la Pandarie. Moi, Ambu, je leur montrerai, au monde, à la Pandarie, aux autres races, comment et pourquoi il faut se battre. D’abord, je voulais m’échapper de l’île, puis trouver un refuge capable de me supporter et de m’informer sur les champs de bataille sur lesquels je pourrais officier, ensuite je brillerai et gravirais les échelons. Le jour où je pourrais enseigner le véritable art du combat, l’essence de l’affrontement, et quand les plus grands de ce monde écouteront ce que j’ai à dire, alors j’aurai réussi. Et si j’échoue, si une philosophie bien plus grande que tout me convainc d’abandonner, alors j’aurai au moins pu écrire de belles histoires dans le sang et dans mon sang.

Je suis resté pas mal de temps dans les geôles improvisées de l’île de Shen Zin Su. Souvent, on venait m’expliquer que je pouvais encore trouver la rédemption, et à chaque fois je leur soumettais que je ne renierai pas mes idées. Et un jour, ils me libérèrent ! Ils me dirent qu’ils avaient besoin de moi malgré toutes leurs idées. La grande tortue souffrait, elle était mourante et la cause de tout cela était une épine plantée dans son flanc, qui s’avéra être un vaisseau des autres races s’étant échoué. Tous les pandarens étaient demandés pour régler au plus vite le problème, même les pires apparemment. Escorté jusqu’à la forêt de Pei-Wu, j’étais privé de mes armes, et l’on me demanda d’éliminer les tigres, perturbés par l’agitation et dangereux. Je refusais d’attaquer ce noble animal de moi-même, surtout que je ne serais pas bon écrivain à mains nues.

Et toute ma vie changea quelques heures plus tard, quand un énorme être à deux cornes ressemblant trait pour trait aux yaungols m’appela : il se présenta comme un tauren et comme faisant parti de la Horde, une faction opposée à celle d’une humaine que j’apercevais au loin, l’Alliance. Il me conta le récit du voyage qui les avait menés ici et m’expliqua quelques histoires sur Garrosh Hurlenfer et son projet de débarquer sur la Pandarie. Dès que j’entendis ce nom, je sentais que je trouvais un homme capable de diriger ma philosophie du combat. De même, un être verdâtre, un orc, tenta de m’expliquer la notion d’honneur. Je l’écoutais religieusement et tirais des conclusions. Ils vénéraient quasiment le combat, je considérais tout cela comme vérité plus ou moins en accord avec mes pensées. On m’offrit alors deux larges lames et on me somma de préparer un moyen de faire disparaître le vaisseau qui entaillait Shen Zin Su. Je rencontrais un de mes semblables, Ji Patte-de-Feu, qui disait reconnaître une certaine intelligence en moi malgré mes pratiques. Je n’aurai pas supporté qu’il développe, mais le fait est que sa technique explosive eut pour mérite de libérer la grande tortue de son épine. Au Temple des Cinq Matins furent réunis les guerriers de la Horde et de l’Alliance, pacifiquement. J’hésitais à provoquer une altercation et montrer aux pandarens de quel coté il fallait se battre : si la Horde vainquait, ou si l’Alliance le faisait, alors nous rejoindrons le gagnant. Mais tout le monde était exténué, moi y compris, alors ça n’aurait été qu’une exaltation de peintures mal organisées. Je finis par accepter la proposition du tauren et je fus emmené par bateau jusqu’à la capitale de la Horde : une cité fortifiée nommée Orgrimmar.


* * *


La barque bousculait les premières parts de terre, interrompant Ambu dans son discours. Il s’était encore laissé aller dans un excès de divulgations. Ah ! Tout le monde saura qu’il est là ! Après tout, le Guerrier adorait passer son temps à conter et à s’informer sur les valeurs des autres malgré son détachement pour elles. Le gobelin qui ramait lui tendit la main pour lui réclamer les quelques pièces :

-Ainsi, vous êtes un mercenaire au service de la Horde ?

-Pas exactement. Je suis un aventurier et je ne cherche que la gloire, la connaissance et le combat ! J’accompagne celle ou celui qui me demande de sortir mes lames et je fais couler le sang de ceux qui veulent imposer leur idée contre moi. Votre bateau peut me remercier de vous avoir débarrassé de ces pirates, n’hésitez pas à en parler autour de vous. Et pas qu’à la Horde, je n’en suis que peu attaché.

-Pozzik sait ce que vous avez fait pour lui, et Gadgetzan vous attend. Soyez sans crainte.

-Merci pour la traversée, gobelin. Mais je vous donne un conseil : ne posez plus ce genre de questions à ceux qui vous demandent la traversée, vous pourriez tomber sur bien moins bavard. Adieu !

Le pandaren glissa les quelques sous dans la paume vieillissante de la créature et souleva ses épées et sa grosse armure pour les extirper en sa compagnie de la barque. Il ne se retourna pas et garda fermement ses armes tandis qu’il entendait le son des flots accueillir le retour du passeur de la Péniche de course. Devant le philosophe controversé se tenait une étendue infinie de sable.

-A ton tour Tanaris, affronte moi et que nos destins décident de qui perdurera !
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